AMALGAMATION AMÉRICAINE
Le procédé d'amalgamation américaine diffère de celui que Ton suit en Allemagne.
La description de ce procédé a été donnée d'une manière très précise par H. Boussingault.
Le minerai, bocardé d'abord à sec , est broyé ensuite avec de Feau , jusqu'à ce qu'il ait acquis une grande finesse. Les boues métalliques que Ton obtient ainsi sont mélangées avec 2 ou 3 p. 100 de sel marin, abandonnées pendant plusieurs jourâ dans une grande cuve qui peut contenir jusqu'à 1200 quintaux de minerai.
On prépare le magistral y qui est un mélange d'oxide de fer et de sulfate de cuivre, en grillant de la pyrite de cuivre réduite en poudre. On ajoute 1 ou 1 1/2 de magistral pour 100 parties de minerai.
M2 AMALGAMATION AMÉRICAIIII.
On introduit dans b masse et par fraction, du mercut^ destiné à fcnmèr Famalganie ; la quantité de mercure varie avec la richesse du minerai ; on âfnploie en général six ou huit parties de mercwe pour ^ne partie d'argent à extraire.
Les matières sont divisées et mélangées par le piétinement des chevaux.
L'amalgameur observe avec soin Taspect du mercure : si sa suriace est légèrem^t grise, «t que le métal se réunisse facilement, cest Ique Tamalgamation marche bien ; si le mercure est très divisé, et qu'il jprêsente une couleur foncée, cest qu'on a introduit trop de magistral dans le tas que Von nomme iourte ; on dit alors que la tovrte a trop chaud; il faut ajouter de la chaux pour la refroidir.
Si le mercure conserve son brillant et sa fluidité , c'est que lé magistral fait défaut ; on dit que la tourte a froid , il faut la réchaaffisr, et Ton ajoute du magistral.
Après plusieurs jours , l'amalgame est très divisé et ressemble à de la limaille d'argent ; on introduit aloi*s dans la masse une nouvelle quantité de mercure.
Lorsqu'on pense que l'amalgamation est terminée, on ajoute encore du mercure , on fait courir les chevaux pendant deux ou trois heures pour réunir l'amalgame ; on le lave à ^ande eau , on le filtre dans des sacs de coutil , comme dans le procédé allemand, et on le soumet à la distillation.
Théorie tf« l'amalffaiiMiUoii MBéricftliie.
Il est assez facile de se rendre compte de la théorie du procédé américain.
Le sulfite de cuivre, en présence <lû sel marin, se trahsforrtie complètement en bidilorare de cuivre ; ce sel réagit sut le sulftire d'argent , le change en chlorure d'argent en passant lui-même à l'état de sulfure de cuivre.
Le chlorure d'argent , une fois formé, se dissout dans le chlorure de sodium et produit un sel double qui est réduit facilement par le mercure.
Lorsque le magistral est en etcès , il se forme trop de bichlorure de cuivre qui , réagissant sur le mercure et sur l'argent , les transforme en chlorures; c'est pour éviter cet inconvénient que les amalgameurs ajoutent de la chaux qui décompose une partie du bichlorure de cuivre.
Dans l'amalgamation américaine la perte en mercure est considérable. M. Boussinganlt pense avec raison qu'on pourrait économiser le mercure en transformant d'abord tout le sulfure d'argent en chlorure par l'action du sel marin et du magistral en excès , et en ajoutant aiisuite dans la tourte , du fer qui réduirait le chlorure d'argent ; le mercure serait alors exclusivement destiné à dissoudUB l'argent réduit,
liUiTBMIlIT W PLOMB ARGINTlFtoB. — COtTPCLLATldiN. 668
TRAITEMENT DES MINERAIS d'ARGENT PAR FONDAGE.
Le traitement du minerai d'argent par fondage a pour objet àe préjiarer un alliage de plomb et d'argent, qui par la coupellation donne de l'argent pur.
Dans quelques cas les minerais sont assez riches en argent, et assez simples dans leur composition, pour qu'en les introduisant dans une coupèlte qui contient du plomb en fusion , il s'opère une véritable scorlfication qui entraîne les matières étrangères et laisse de l'argent pur. Mais loi^ue'le minerai est très pauvre en argent et mélan^'é à une grande quantité de corps étrangers, on le fond avec de la pyrite qui par sa fusion entraîne les sulfures métalliques et tout l'argent contenu dans le ftrtnerai.
On obtient ainsi une motte crue argentifère et des scories qui contiennent la gangue, les otides métalliques, etc.
La matte crue est grillée à plusieurs reprises pour séparer le soufre et le fer; oh la fond de nouveau avec une portion de minerais riches, qui forme des scories et augmente la richesse de la matte.
Par une fusion avec du plomb et des fondants terreux , il se produit des mattes de plomb qui, grillées et fondues de nouveau avec du plomb, donnent un plomb argentifère assez riche pour pouvoir éti'e passé à la coupelle.
auvent, en ajoutant des matières plombeuses à chaque font« , on obtient à chaque opération un plomb d'œuvre et une matte. D'autres fois on désargente partiellement les mattes en les brassant dans le creuset kvec du plomb métallique ; ce procédé constitue la méthode pur imbibi" (ion, qui est employée principalement en Hongrie.
TRAITEMENT DU PLOMR ARGENTIFÈRE. — COUPELLATION.
La coupellation permet de retirer l'argent contenu dans le plomb d'œuvre et daiis le plomb argentifère , provenant soit du fondage des minerais d'argent, soit de la liquation, soit du traitement des cendiies d'orfèvres.
La coupellation a encore pour but de débarrasser le plomb, du soufre, du cuivre, du fer, de l'antimoine, de l'arsenic ,, qu'il contient presque toujours , et de l'amener à l'état de protoxide (litharge), dont le prix est ordinairement supérieur à celui du plomb lui-même.
Pour obtenir ce résultat, il suffit de chauffer l'alliage au rouge et de l'exposer à l'action d'un courant d'air ; la litharge qui se forme étant plus légère que le plomb, se porte à la surface du bain, et s'écoule focilement, tandis que l'argent pur reste au fond de la coupelle.
Cette opération s'exécute dans un four à réverbère particulier, dont la
66À TftAITfiBIfiNT DU VLOm ARGENTIFÈBE. — CODPBLLATION.
sole est remplacée par une vaste coupelle (pi. 33, fig. 1 et 2) ; cette coupelle qui se faisait autrefois en cendres d'os ou en cendres de bois mélangées de i/4 de chaux , se construit actuellement avec un mélange d'argile et de calcaire, ou avec de la marne. Elle doit présenter une grande résistance à Térosion, et s'imbiber difficilement d'oxide de plomb; il faut éviter avec soin qu'il ne se trouve dans le calcaire aucune substance réductive qui s'opposerait à l'action oxidante de l'air.
La partie supérieure de la sole présente une échancrure qui laisse couler Toxide de plomb fondu .
La voûte du fourneau est ordinairement mobile; on l'enlève avec une grue pour pouvoir reconstruire la sole à chaque opération.
La voûte est d'ailleurs assez basse pour que la flamme darde constammenfsur la surface du bain métallique et détermine son oxidation ; pour activer l'oxiilation, on se sert d'une ou de plusieurs tuyères qui amènent un courant d'air forcé sur la surface du bain métallique.
Lorsque la coupelle est préparée , on la couvre d'un lit de paille pour empêcher le plomb de la déformer pendant le chargement ; on abaisse la voûte et l'on fait lé feu peu à peu ; la fusion du plomb dure environ 18 heures.
Il se forme d'abord sur le bain une croûte épaisse de sulfure qui se grille peu à peu ; on enlève au bout de 2 ou 3 heures les parties qui sont restées solides et que l'on nomme abzugs. Bientôt les sulfures qui sont dissous dans le plomb s'unissent aux oxides qui se forment pendant le grillage, ht produisent des oxisulfures à base de plomb, de cuivre , d'antimoine et d'arsenic.
Ces oxisulfures , que l'on nomme abstrichs , sont noirs et visqueux ; on les enlève avec un ràble , en les épaississant toutefois avec de la brasque formée d'argile et de charbon ; ce dernier corps détermine la séparation du plomb contenu dans les abstrichs.
Peu à peu les abstrichs se décolorent, parce que les sulfures disparaissent, et après 6 ou 8 heures on obtient des premières litharges que l'on nomme litharges sauvages. A ce moment les fumées blanches qui s'étaient d'abord produites et qui sont dues principalement à la volatilisation des sulfates, disparaissent, et l'on peut voir distinctement des taches huileuses de litharge qui se réunissent les unes aux autres à la surface du bain et que le vent des soufflets pousse continuellement sur le devant du fourneau. L'affineur doit alors pratiquer, à l'aide d'une espèce de scie, sur le devant de la coupelle , une ouverture assez profonde pour laisser passer la litharge qui recouvre le plomb.
Lorsque la plus grande partie du plomb est oxidée , la litharge ne se forme plus que lentement;, on élève la température, et l'argent devient tout à coup très brillant; c'est ce phénomène que l'on connaît sous le nom de l'éclair et qui indique que la coupellation est terminée.
HArViNÀGK BË L*ABGKNT. 665
Les produits de la coupellation sont donc l'argent, les abzugs , les abstridis , les litharges et les coupelles imbibées.
Les abzugs , les abstrichs , les débris de coupelles ne sont pas perdus: on les passe à des fontes spéciales; quelquefois on les mêle aux minerais pour servir de fondants ou pour les enrichir en plomb quand ils sont trop argentifères.
Les litharges provenant de la coupellation présentent plusieurs variétés.
Les premières litharges qui se forment après les abstrichs, contiennent, d'après M. Berthier, des traces d'antimoine, d'arsenic et de cuivre.
Les litharges marchandes présentent des couleurs assez variables ; elles peuvent être jaunes ou rouges. Les litharges jaunes ne se vendent pas facilement ; elles se forment en général par un refroidissement brusque. Les litharges rouges , qui sont beaucoup plus estimées, se produisent en soumettant les litharges à un refroidissement très lent.
Pendant le refroidissement des litharges , il se manifeste souvent dans la masse , des sortes d'explosions volcaniques qui sont dues au dégagement subit de l'oxigène que cet oxide avait dissous pendant sa fusion : on se rappelle, en effet, que la litharge fondue peut, comme l'argent pur, dissoudre l'oxigène et le laisser dégager par le refroidissement.
Quand on approche du terme de la coupellation , il se forme des litharges que l'on appelle riches , qui renferment de l'argent métallique et que l'on doit réduii-e pour en retirer de nouveau l'argent par coupellation.
Lorsque le plomb d'œuvre est impur, et que l'on trouve facilement à placer les litharges dans le commerce, on charge en une seule fois tout le plomb sur la sole du four, qui doit alors avoir de grandes dimensions ; toutes les matières étrangères passent dans les abzugs, les abstrichs et les litharges noires.
Quand au contraire le plomb est très pur, et môme quand on trouve difficilementàécouler les litharges, on emploie de petits fours à coupelle (méthode anglaise) (pi. 3^ , fig. 1 et 2) ; au fur et à mesure que la litharge se forme et s'écoule hors du fourneau , on file du plomb , c'està-dire qu'on introduit dans la coupelle de nouvelles quantités de plomb d'œuvre ; l'opération , au Ueu de durer un ou deux jours , se prolonge pendant plusieurs semaines ; si le plomb est très pur , on obtient encore des litharges marchandes ; dans le cas contraire, on réduit les litharges à l'état de plomb marchand dans des fourneaux à manches oixlinaires , des fourneaux écossais ou des fours à réverbère dont la sole est recouverte d'une couché de charbon.