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provieunent de la décomposition des rocties feldspathiques qui se sont transformées en silicates de potasse solubles dans Feau, et en silicate d'alumine basique qui constitue le kaolin.
M. Brongniart a observé, dans certaines carrières, des transformations successives du feldspath transparent en feldspath opaque, friable, et enfin en kaolin terreux. Il a trouvé. des cristaux de feldspath diangés complètement en kaolin, et il est parvenu conjointement avec M. Malaguti à décomposer le feldspath en le soumettant à Tinfluence de Télectricité.
n existe en France, dans les environs de Saintr-Yrieix, près Limoges , un gîte de kaolm, qui sert à alimenter un grand nombre de nuuiiufactures de porcelaine.
AR6ILBS.
Les argiles se trouvent en général à la base des formations sédimeatali^, entre le grès et les calcaires.
On donne le nom à! argiles à des substances éminemment plastiques lorsqu'elles sont imbibées d'eau.
L^ argiles étant débarrassées par des lavages des substances étrangères qu'elles contiennent , peuvent être représentées par un silicate d'alumine de composition très variable, renfermant de 18 à 39 p. 100 d'alumine , A6 à 67 p. 100 de silice, et 6 à 19 p. 100 d'eau.
Les argiles contiennent ordinairement des matières étrangères , telles que des débris de roches feldspathiques , du quartz , des pyrites, du carbonate de chaux , des traces de substances organiques , de la silice libre, etc.
La proportion de potasse contenue dans les argiles peut s'élever , d'après M. Milscherlich, jusqu'à 4 p. 0/0.
M. Brongniart divise les argiles en deux variétés principales : Y argile plastique et Y argile figuline.
L'argile plastique se trouve tantôt à la base des terrains tertiaires , tantôt dans la formation néocomienne , tantôt dans les formations carbonifères ; elle est infusible à une température de 129' (Wedg.). Son extrême plasticité sert à la désigner. Elle forme la base des poteries de grès, des pâtes de faïences fines.
L'argile figuline est moins tenace que l'argile plastique; elle contient au maximum de 5 à 6 p. 0/0 de chaux ; elle prend une teinte rouge sous l'influence d'une température élevée ; elle se rapproche des marnes par sa composition. Elle est employée dans la fabrication des faïences communes, des terres cuites , des briques, etc.
L'argile, dans son contact avec l'eau» parait grasse; mais «lie se délaie ensuite et forme une pâte liante et ductile ; cette propriété fait employer l'argile dans la confection des poteries Soumise à la calcination, elle perd
MàRNIS. — OCRES. 213 .
son eau, se fendille , éprouve un retrait considérable , et devient assez dure pour faire feu au briquet.
S Vargile était entièrement pure, elle serait infusible aux températures les plus élevées qu'on peut produire dans les foumeatix; mais la chaux , la potasse et Toxide de fer qu'elle contient toujours lui donnent de la fusibilité.
Les acides azotique et chlorhydrique agissent assez lentement sur les argiles , et dissolvent l'alumine : l'acide sulfurique au contraire les attaque rapidement.
Certaines argiles, après avoir été légèrement chauffées, sont plus faci^ lement attaquées par les acides que lorsqu'elles sont crues. Mais quand ou les calcine plus fortement , elles deviennent presque inattaquables.
Quand une argile a été soumise à l'action d'un acide qui lui a enlevé une certaine dose d'alumine, et qu'on la traite ensuite par une dissolution étendue de potasse, on dissout une quantité de silice proportionnelle à celle de l'alumine qui a été dissoute. L'argile se comporte donc ici comme un véritable silicate d'alumine.
Les dissolutions alcalines très étendues sont sans action sur les argiles ; mais les alcalis calcinés avec les argiles donnent naissance à des silicates et à des aluminates alcalins, solubles dans les acides.
Quelques minéralogistes, et principalement M. Mitscherlich , admettent que l'argile tire son origine du feldspath, dont la décomposition aurait été déterminée par l'action des pyrites. Cette décomposition doit avoirété faite loin des terrains où se rencontrent actuellement les argiles ; en effet, les kaolins se trouvent toujours près des roches feldspathiques, tandis que les argiles sont en général déposées en amas dans des terrains de sédiment, éloignés des feldspaths.
MAHNES.
Les marnes sont des matières terreuses , essentiellement composées d*argile , de carbonate de chaux et de silice, dans des proportions très variables. Elles sont employées dans la fabrication des faïences et des terres cuites. Elles font effervescence avec leS acides, donnent avec l'eau une pâte courte , et sont plus ou moins fusibles.
On les distingue en marnes argileuses^ marnes calcaires ^ marnes limoneuses.
Les marnes ayant la propriété de se déliter à l'air , servent dans l'agriculture pour diviser les terres trop argileuses; elles fournissent en outre à la terre l'élément calcaire utile à la végétation.
OCRÉS.
On doiODe le nom d'ocrés à des argiles colorées par de l'hydrate de peroxide de fer ; l'ocre ix>uge n'est autre chose que de l'ocre jaune cal*
2i& GUJCU».
cinée : on rencontre œpendant quelquefois des ocres rouges naturelles.
La composition des ocres est très variable : les ocres de Saint-Georges , de Saint-Amand ^ contiennent , d'après M. Berthier , de 23 à 26 p. 100 d'oxide de fer.
La terre d'ombre est un hydrate de peroxide de fer , mélangé à des proportions variables d*argileet d'hydrate de peroxide ou de sesqui-oxide de manganèse.
T£RRE A FOULON.
On emploie , dans le dégraissage des laines et des draps , une argile qui porte le nom de terre à foulon ; avant d*ôtre appliquée à cet usage, la terre à foulon est soumise à un lavage , qui la débarrasse des cailloux qu'elle contient ordinairement.
En mettant de la terre à foulon sur un drap graissé que l'on passe ensuite au cylindre , Targile absorbe par sa capSIarité toute la matière grasse du drap.
GLUCINIUM.
Ce métal a été obtenu par M. Wœhler, en décomposant le chlorure de glucinium par le potassium. On le désigpe quelquefois sous le nom de Glucium et de Béryllium.
Le glucinium ressemble beaucoup à l'aluminium; il ne s'oxide pas à l'air, et ne décompose pas l'eau môme bouillante* II brûle dans l'oxigène avec un vif éclat , comme l'aluminium.
OXIDE DE GLUCINIUM. — GLUCINE. GllO*.
La glucine a été découverte par Vauquelin en 1797. On la retire en général de Témeraude et particulièrement de Témeraude de Limoges, qui doit être considérée comme un silicate double de glucine et d'alumine basique (GlW,Si03),(AP03^SiO^) contenant en outre de la chaux , du chrome et du fer.
Pour préparer la glucine , on réduit Témeraude en poudre fine , et on la calcine avec trois fois son poids de potasse caustique. La masse est reprise par l'acide chlorhydrique, et la liqueur est évaporée à siccité; on sépare ainsi une grande quantité de silice. En ajoutant ensuite un excès de carbonate d'ammoniaque dans là liqueur filtrée, on précipite la chaux , l'alumine et les oxldcs de chrome et de fer, tandis que la glucine reste en dissolution à l'état de pureté.
M. Berthier a proposé la méthode suivante pour obtenir la glucine complètement exempte d'alumine : les bases terreuses sont d'abord {Hrécipitées par l'ammoniaque; le précipité est traité par une dissolatkm cou-
CARàCTÈRBS DBS SBLS DE GLUCINE. 215
centrée de potasse qui dissout les terres et laisse le peroidde de fer. La dÎMohition est saturée par l'adde chlorhydrique , puis décomposée par raniinoniaque ; il se forme un précipité de glucine «t d'alumine que l'on traite par de l'adde sulfureux; les deux oxides se dissolvent ; en faisant ensuite bouillir la liqueur, toute Talumine se précipite tandis que la lancina reste en dissolution dans l'excès de cari>onate d'ammoniaque : une ébuUition suffisante détermine ensuite le d^t du carbonate de glucine : ce dernier sel, soumis à la calcination, donne la glucine pure.
La glucine présente une grande ressemblance avec l'alumine ; elle est blanche, insoluble dans l'eau, infusible. Sa densité est de 2,9 : elle se dissout dans les alcalis fixes. Cette dissolution étendue d'eau laisse déposer complètement la glucine quand on la fait bouillir pendant un certain temps.
La (^ucine, exposée à l'air, se carbonate ; ce que ne fait pas l'alumine.
Elle décompose à chaud les sels ammoniacaux et se substitue à l'am* moniaque.
GAKÂCTÈRB8 DBS SBLS DB 6LUGINB.
Les sels de glucine ont une saveur douce et astringente. Us sont précipités par la potasse , la soude et les carbonates alcalins ; le précipité est soluble dans un excès de ces réactifs.
La propriété caractéristique des sels de glucine est de former avec l'ammoniaque un précipité blanc ^ gélatineux , soluble dans un excès de carbonate d'ammoniaque; on peut ainsi les distinguer des sels d'alumine qui , sous l'influence du carbonate d'ammoniaque , donnent un précipité insoluble dans un excès de réactif. Le cyanoferrure de potassium ne précipite pas les sels de glucine.
Les sels de glucine ne forment pas d'alun quand on les traite par le sulfate de potasse ; ils ne deviennent pais bleus comme les sels d'alumine lorsqu'on les calcine avec l'azotate de cobalt.
CHLORURE DB GLUCINIUM. GlKll^.
Ce chlorure ressemble au chlorure d'aluminium , et on on le prépare d'une manière semblable. Il est blanc, fusible, volatil, déliquescent ; sa dissolution se décompose par l'évaporation en acide chlorhydrique et en glucine. Le chlorure de glucinium cristallise avec 12 équivalents d'eau.
«OLFCRB DB GLOCINICltf. G1*S*.
Le i^Qcinium s'enflamme dans la vapeur de soufre , et produit une masse grise, aggluthiée, qui a pour formule Gl^. Le sulfiire de glucinium hjéMé se prépare en versant un sulfhydrate de sulfure alcalin dans du
216 ZIMGONIUM.
chlorure de glucinium; il se dégage de l'acide sulfhydrique, et on voit se précipiter une matière blanche , gélatineuse , qui parait être du sulfure de gluc'mium hydraté.
SULFATE DE GLDCINE. GP0S(S0^Sl2H0.
Ce sel cristallise en gros octaèdres, très solubles, qui contiennent 12 équivalents d*eau. Il existe plusieurs sulfates basiques de glucine.