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GÉNÉRALITÉS SUR LES POTERIES

On donne le nom de poteries aux différents objets fabriqués avec des argiles soumises à TaCtion du feu.

L'argile, que nous avons considérée précédemment comme un silicate d'alumine, forme la base débutes les pâtes céramiques. Toutefois, les poteries ne se fabriquent pas avec l'argile seule, qui, lorsqu'on la calcine, se fendille irrégulièrement et éprouve un retrait considérable.

Pour obtenir les pâtes céramiques, on ajoute à l'argile une substance que l'on nomme dégraissante^ et qui forme, en s'unissant à l'argile sous l'influence de la chaleur, un mélange homogène pouvant , comme le grès et la porcelaine, éprouver au feu un retrait régulier et une sorte de demifusion.

Toute pâte céramique se compose donc d'une substance argileuse plastique et d'une substance dégraissante.

Les principales matières plastiques sont: les argiles, les marnes , la magnésite (silicate de magnésie], le kaolin, les talcs.

Les matières non plastiques ou dégraissantes, sont : le silex, les sabler, le quartz, le feldspath, la craie, les os calcinés, le sulfate de barite.

La nature et la proportion des bases qui entrent dans la composition d'une pâte céramique, ont une grande influence sur la qualité d'une poterie. Ainsi la silice unie à l'alumine pure formerait le type d'une pâte complètement infusible , qui conviendrait à la fabrication des briques réfractaires.

La chaux, la magnésie, l'oxide de fer ajoutés à la silice et à l'alumine produisent uàe pâte céramique qui par la chaleur peut éprouver une sorte de fritte, une demi-fusion.

La potasse et la soude donnent de la fusibilité à la pâte , la rendent propre à la fabrication de la porcelaine en la rapprochant de la composition des verres.

La préparation des différentes poteries fines se compose d'une série d'opérations dont nous donnerons sommairement les détails.

Lavage

Les argiles sont ordinairement mélangées avec des caUloux et des substances siliceuses pouvant nuire à la fabrication. On les enlève en mettant l'argile en suspension dans l'eau.

(1) Les détails que nous allons donner sur les poteries sont extraits en grande partie de l'excellent ouvrage de M. Broogniarlsur les artt céramliiues.

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Les cailloux ayant une pesanteur spécifique plus grande que celle de Targile, tombent immédiatement au fond de Teau, qui décantée rapidement laisse déposer par ]e repos de Targile pure.

Broyage.

Les substances qui entrent dans la composition de$ pâtes céramiques, telles que le quartz, le silex, le feldspath, ont souvent une grande dureté.

Pour les r^uire en poudre , on les broie à la meule , après les avoir rendues plus friables en les faisant rougir et les refroidissant subitement par une immersion dans Teau froide.

IMlMige iBtlnie dés matlèrcft.

Lorsque les matériaux des pâtes céramiques sont amenés à Fétat de ténuité voulue , cm en opère le mélange au moyen de l'eau. Les matières doivent être prises à Tétat de bouillie claire ; une trop grande proportion d'eau déterminerait la séparation, des matières solides suivant leur densité.

Le mélange une fois formé ne peut être abandonné à lui-même, d'abord parce qu'il n'est pas maniable, et ensuite parce que les substances qui le composent étant d'inégale pesanteur, pourraient se séparer.

L'opération qui enlève à la pâte son excès d'humidité porte le nom de ressuage ou raffermissement des pâtes: on l'exécute en soumettant la pâte à l'air, ou en la plaçant dans des caisses poreuses en plâtre, ou dans des cuves en terre cuite légèrement chauCTées.

La pâte amenée par le ressuage à un état de fermeté sutfisant pour être travaillée, a besoin d'être pétrie, battue, maniée, pour acquérir l'homogénéité désirable. L'opération A\x pétrissage^ essentielle pour la plupart des pâtes, est exécutée par un ouvrier marchant pieds nus sur une aire en bois ou en pierre , qui pétrit la pâte en piétinant du centre à la circonférence.

Dans les fabrications de poteries communes, telles qUe celles des briques, des tuiles , de la faïence commune , etc., on emploie la pâte dès qu'elle a subi les préparations précédentes ; mais pour les fabrications de poteries fines , on soumet la pâte à une façon préparatoire qui porte le nom d'ébauchagej et ensuite au battage et au coupage.

Une demik^ opération contribue à donner à la pâte céramique une homogénéité parfaite ; elle consiste à abandonner pendant plusieurs mois la pâte dans des caves humides : on l'appelle pourriture des pâtes, ♦

Un séjour dans un lieu humide fait éprouver aux matières organiques contenues dans la pâte une sorte de putréfaction, les noircit et détermine probablement dans la masse un dégagement de gaz qui rend le mélange plus homogène. Nous devons dire cependant que l'utilité de la pourriture des pâtes n'est pas parfaitement établie; il arrive souvent que dans une

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fabrique de porcelaine, iK)tir les nécessités de la fabrication, on est obligé d'employé les pâtes peu de temps après leur préparation ; on a reconnu que les objets fabriqués avec cette pâte nouvelle ne sont pas plus défectueux que ceux qui ont été faits avec la. pâte ancienne.

Lorsque la pâte céramique ^t faite , on procède à la façon.

Nous ne décrirons pas ici les procédés qui sont employés pour façonner les pièces. Nous dirons seulement que la façon se dortne soit en plaçant la pâte humide sur un tour à potier qui est mis en raouvetnent par le pied, et en façonnant la pièce avec les mains, c'est ce que Ton nomme Yébauchage; soit en appliquant la pâte dans des moules poreux qui sont ordinairement en plâtre; cette opération porte le nom de moulage. On façonne aussi les pièces à l'aide du cordage qui consiste à couler, dans un moule poreux , une pâte formant une botiillie très claire et qui en raison de la porosité du moule s'applique contre ses parois et ai épouse la forme.

VEBNIS.

Lorsque les pièces sont façonnées, et parfaitement sèches, tantôt on les passe immédiatement au four pour leur donner une demi-cuisson ou une cuisson complète ; tantôt avant toute cuisson ou après la demi-cuissoti, on les recouvre d'im enduit vitreux, qui se nomme emails vernis, couverte, et qui est destiné à rendre les poteries imperméables aux liquides, à détruire leur rugosité, à masquer leur couleur rougeâtre, et à leur donner des teintes agréables à Toeil.

Un bon vernis doit s'étendre uniformément à la surface de la poterie , sans pénétrer trop avant ; sinon il s'effacerait et deviendrait ce qii'on appelle un vernis terne ^ desséché, ressuyé.

Le degré de fusibilité d'Un vernis doit être approprié à la pâte; trop d'infusibilité l'eftipéche de s'étendre.

Une des conditions importantes et aussi la plus difficile à remplir dans l'application d'un vernis , est de mettre sa dilatation en rapport avec celle de la pâte, sans quoi le verliis forme ce que l'on appelle des iressailiures. Ces tressaillures nuisent beaucoup à la qualité de la poterie, surtout lorsque sa pâte est poreuse ; elles permettent les infiltrations de liquides et de substances grasses. Cependant lorsque les tressaillures sont disposées symétriquement connue dans certaines porcelaines de Chine, elles donnent du prix aux pièces, qui portent alors le nom de Porcelaines ô^itées. '

Les principaux vernis sont le feldspath , les ponces , le sel marin , les alcalis, l'acide borique , le phosphate de chaux , le sulfate de barite, les silicates de plomb, l'acide stannique , les sulfates métalliques, les oxides de plomb, de manganèse, de fer, de cuivre.

Les vernis transparents sont produits par des corps alcalins et vitreux ,

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par le feldspath, l'oxide de plomb. L^ vernis opaques s'obtiennent aiï moyen de Tacide stannique ou du phosphate de chaux. Les vernis colorés se font avec les oxides et les sulfures métalliques.

On applique les vemis de différentes manières : lorsque les pâtes sont encore poreuses , on les vernit en les plongeant dains de l'eau qui tient en su^nsioB la couverte. SI la pâte à été cuite , on pose le vernis par arrosement ou aspersion.

Quelquefois on appliqtie le vemis par volatilisation, en dégageant dans le four une vapeur saUne ou métallique comme le sel marin, qui, s'étendant sur les pièces portées à Tincandescence , est décomposé par l'action de la sUic^ et de la vapeur d'eau , et forme du silicate de soude qui vitrifie leur surface.

Souvent le vemis se cuit à la même température que la pâte comme dans les poteries communes ; mais souvent aussi le vemis doit être cuit à une température beaucoup plus basse que la pâte ; la pièce exige alors une cuisson double. On cx)mmence par faire ctiire complètement la pftte, et on la transforme en ce qu'on appelle un biêcuit ; on cuit en second lieu le vemis que l'on applique sur le bis6uit par arrosement ou aspersion .

Cuisson des i>ates.

La cuisson des poteries a pour effet de leur donner assez de solidité pour qu'on puisse les manier sans les briser ; elle les rend en otitre imperinéables aux liquides.

L'échelle de température de cuisson est très étendue ; elle va depuis 50 degrés du thermomètre centigrade jusqu'à IZiO* du pyromètre de Wedgwood, c'est-à-dire au point de fusion de la fonte.

La forme des fours à cuire les poteries est variable ; cependant pour les poteries fines , telles que la porcelaine , la faïence , on a généralement adopté les fours à cdandier, du nom des bouches qui sont placées à leur base (pi. 22, fig. i).

On donne le nom d*encastage à l'opération qui met les pièces en état de subir , sans être déformées , l'action du feu de cuisson. Pour encaster, on place les pièces, dans des espèces de supports ou dans des étuîs de terre , nommés cazettes^ et par corruption gazettes; qui sont faits en terre réfràctaire , moins fusible que la pâte céramique. La manière d'encaster les poteries varie suivant leur espèce. Lorsque les poteries sont recouvertes d'un vemis qui doit se vitrifier par le feu , on les fait porter par les points les plus petits et les moins nombreux possible. Le fond des cazettes est toujours couvert de sable, pour que les pièces ne puissent pas y adhérer.

On donne le nom A' enfournement à la manière dont les pièces sont placées dans le four.

Les combustibles employés dans la cuisson des poteries sont le bois , la houille et la tourbe. Les combustibles destinés aui fours à poterie

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doivent brûler avec flamme. Le bois est le plus généralement adopté pour les poteries fines.

Pour juger de la température d'un four à poterie, on introduit dans son intérieur- de petites pièces nommées montres^ qui sont de même nature que les poteries que Ton veut cuire. On retire de temps en temps les montres qui indiquent, par les altérations qu'elles ont éprouvées, l'état de cuisson de la pâte.

L'action du feu produit sur les pâtes céramiques les modifications suivantes: l'eau est d'abord chassée des pâtes cénuniques sous l'influence de la chaleur. Lorsque les pièces ont été préalablement desséchées avant la cuisson^ elles restent poreuses et perméables : c'est ainsi que l'on fabrique les vases servant à rafraîchir l'eau que l'on nomme alcarazzas. Si la composition des pâtes permet aux molécules de se rapprocher les unes des autres par la cuisson, les poteries éprouvent alors une diminution de vo* lume qui porte le nom de retraite.

La retraite est différente selon la température de cuisson, la nature des pâtes et le mode de fabrication ; elle varie depuis un douzième jusqu'à un cinquième en dimension linéaire. La retraite n'est pas la même dans toutes les dimensions ; elle est ordinairement plus grande dans le sens vertical^que dans le sens horizontal.

Le calcul de la retraite qu'une pièce doit éprouver pendant la cuisson, pour qu'elle ne perde rien de l'élégance et de la régularité de sa forme est un des points les plus délicats de l'art du potier.

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