DÉCORATION DES POTERIES
Les substances que Ton emploie pour décorer les poteries peuvent être divisées en quatre classes.
1* Les couleurs vitrifiables proprement dites.
2'' Les engobes , qui sont des matières terreuses fixées par un fondant vitreux.
3^ Les métaux à l'état métallique.
U"" Les lustres métalliques.
Les substances vitrifiables qui servent à décorer les poteries doivent remplir plusieurs conditions indispensables à leur usage. Elles doivent :
1* Être fusibles et iïtaltérables à une température rouge, ce qui exclut toute matière organique, se volatilisant et se décomposant parla chaleur ;
2'' Adhérer fortement aux corps sur lesquels on les applique ;
3* Conserver un aspect vitreux après la cuisson ;
k'' Être inattaquables par l'air, l'humidité et les gaz qui peuvent exister dans l'atmosphère ;
5"* Être en rapport de dilatabilité avec les différentes poteries ;
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6* Être plus fusibles que les poteries elles-mêmes et assez dures pour résister au frottement.
Les fondants sont des matières vitrifiables incolores qu'on ajoute aux oxides métalliques et aux métaux pour les faire adhérer aux poteries.
Les matières qui entrent dans la composition des fondants sont , le sable, le feldspath, le borax ou bien Tacide borique, le nitre, le carbonate de potasse, le carbonate de soude , le minium , la litbarge , Toxide de bismuth.
Dans la décoration des poteries, on distingue d'une part la coloration de leur pâte, et de Fautre l'aj^lication de couleurs vitrifiables à leur surface sur leur enduit.
Lorsqu'on se propose de colorer la pâte, la couleur doit résister à la température de cuisson de la poterie , sans éprouver d'altération ; aussi les poteries quisecuisent à une température très élevée, telles que la porcelaine dure, n'admettent-elles qu'un nombre de couleurs très limité.
Lorsqu'au contraire on donne de la fusibilité à la pâte par l'addition de substances vitrifiables, comme pour la porcelaine tendre ou le grès cérame, la pâte peut recevoir des colorations assez variées.
Les couleurs pouvant résister sans altération à la température nécessaire pour cuire lés vernis, les émaux ou couvertes de poteries , se nomment couleurs au grand feu. Celles qui ne peuvent supporter une température aussi élevée sans s'altéra, sont appelées couleurs de moufle ou de réverbère.
Les couleurs au grand feu ne sont pas nombreuses. Pour les porcelaines dures on ne connaît que le bleu de cobalt, le vert de chrome, les bruns de fer, de manganèse et de chromate de fer, les jaunes obtenus avec l'oxide de titane, les noirs d'urane.
Pour la porcelaine tendre, on emploie les violets rouges et bruns de manganèse, de cuivre et de fer; pour les faïences fines et communes, les jaunes d'antimoine, les bruns de manganèse, les verts de cuivre, et les bleus de chrome.
Le nombre des couleurs de moufle est au contrahre considérable ; on emploie à la manufacture de Sèvres soixante-quinze compositions différentes. Ces couleurs sont broyées dans un mortier de porcelaine, avec de Tessence de lavande ou de térébenthine épaissie à l'air et appliquées ensuite sur la poterie que Ion cuit au fourneau à moufle.
La peinture sur porcelaine se fait en général à deux feux : on cuit d'abord l'ébauche ; on la retouche et on la cuit de nouveau.
Nous croyons inutile de donner ici la composition de toutes les couleurs de moufle ; nous dirons seulement quels sont les corps qui entrent dans les principales couleurs.
Bleu. — Oxide de cobalt
fiouge. — Protoxide de cuivre , pourpre de Cassius, peroxidé de fer.
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FefH, — Oxidfi (le clu^ome , bi-oxide de cuivre, mélange d*oxid^ de cf>balt, d'acide an timon ieux et d'oxide de plomb.
Jaune. — Oxide d'uraaimu , chromate de plomb, œrtaiouss combinaisons d'argent, sous-suUate de fer , mélange d'antinaouiate d'antimoine et d'oxide de plomb.
Videt. — Oxide de nwïg^nèse', pomrpre de Cassius.
Noir. — Mélange d'oxide de fer , d'oxide de mwganèee et d'oxide de cobalt.
Blanc, — Émail ordinaire.
On donne le nom de lu9tre$ métalliqves à un f/smede décorati(m dans lequel les couleurs participent de l'éclat des métaux , ou dans lequel lés métaux apparaissent pendant la cuisson avec leur éejai uatuiel, sans élre soumis au brunissage.
Le lustre d'or s'obtient en appliquant un mâange d'or fulminant et d'essence de téréhenthiiie à la surfaoe d'une poterie , et en la passsmt au feu de moufle.
Le Imtre catUharide présente des teintes vives et brillantes» à ndflets verdâtres. Ce lustre est produit par la réduction du chlorure d'argent ious l'influence dQ vapeurs combustibles. On l'obtient en appliquant d'abord à la surface d'une poterie un mélange de vernis vitriflable d'oxide de bismuth et de chlorure d'argent , en faisant rougir la pièce au feu de moufle, et en l'exposant ensuite dans cet état à la iïunée d'un combu6tibl^.
On applique l'or sur la porcelaine en précipitant ce métal du perchlorure au nM)yen du sulfate de protoxide de fer : on le mélange avec un peu d'oxide de bismuth qui sert de fondant , puis on ]h met sur la poterie recouverte de son vernis et d'un enduit d'essence de tiér^îentliine qui détermine l'adhérence de l'or.
Les métaux passés au feu perdent une partie de leur éclat ; Tor devient mat. On lui rend son poli en le frottant avec un corps dur. Ceite opération porte le nom de brunissage. On ébauche avec un brunissoir en agate, .et l'on finit avec Un brunissoir d'hématite.
Après avoir présenté des notions générales relatives aux propriétés des pites céramiques , il nous r^te à examiner maintenait les principales espèces de poteries.
Nous diviserons, avec M. Brongniart , les poteries en 7 classes :
Première classe, — Terres cuites, comprenant les briques, les carreaux, les tuiles, les fourneaux de lab(H*atoire, les chaufferettes, les pots à fleurs, les tuyaux de conduite pour la fumée, etc.
Deuxième classe. — Poteries communes.
Troisième classe. — Faiences communes ou italiennes.
Quatrième classe. — Faïences fines ou anglaises.
Cinquième classe. — Grès cérames ou poteries de grès.
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Sixième cla$$e, — * Porcelaines dares ou chinoises. Septième clause, — Porcelainti tendre ou française.
TSBKES CUITBS»
Ces produits céramiques ne sont ordinairement recouverts d'aucun vernis, leur pâte est souvent hétérogène, à texture poreuse, composée d'argile figuline ou de marne argileuse ; cette pâte est marchéeet quelquefois lavée; elle est dégraissée soit avec du sable, soit avec du ciment ou des escarbilles.
L'enduit vitreux qui recouvre les terres cuites est généralement plombeux.
Le façonnage est grossier ; il se fait à la main , et rarement dans des moules.
La cuisson) très variable, s'étend depuis la dessiccation au soleil , jusqu'à la cuisson des grès.
Le four est formé avec les pièces que l'on veut cuire.
Le combustible est la houUle, 1^ tourbe ou le bois.
BRfQUES.
On appelle briques des pierres artificielles destinées à remplacer la pierre naturelle dans la construction des bâtimenti ou des fourneaux.
Les prqniéiés des briques doivent varier suivant les usages auxquels on les applique, il faut qu'une brique que l'on destine aux bâtiments soit assez solide pour être taillée nettement, et cuite à une température assez élevée pour ne pas se laisser dégrader par les agents atmosphériques. Une bonne brique pour o(H)8truciion ordinaire supporte une pression assez forte sans s'écraser; elle ne doit pas se désagréger dans l'eau, Bien absorber upe trop grande quantité , ce que Ton constate en pesant une brique avant et après l'immersion.
La nature présente souvent des terres qui sont immédiatement propres à la fabrication des briques de construction. Aiûsi à l'embouchure des grands fleuves, on trouve presque toujours de la terre qui convient à la fabrication des iHÎques pour construciton ; du reste la terre fraodie, c'està-dire la terre végétale jaune la plus commune convient généralement à la fabrication des briques.
Les briques employées pour la construction des fourneaux doivent être réfraetaires , et résister pend^mt longtemps à l'action des cendres du coipbustible. Les briques réfi*acteires sont faites avec de l'argile plastique , ne contenant ni^ypse, ni calcaire , ni fer oxidé ; cette argile est soumise à un lavage qui la débarrasse des substances étrangères qu'elle contient On la dégraisse avec du ciment de cette argile ,' fait exprès et réduit en poussière. Le sable même le plus pur, mélangé à l'argÛe, ne
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formerait pas de briques infusibles. Une bonne brique réfractaire doit être à peine colorée , parce que Toxide de fer qui colore les briques en rouge leur donne de la fusibilité.
Les briques se façonnent à la main ou à la mécanique ; deux ouvriers en travaillant à la main peuvent faire de 6 à 700 briques par jour.
Les briques se cuisent à la tourbe , à la houille ou au bois. Le fourneau dans lequel les briques sont cuites est construit presque en totalité avec des briques que Ton destine à la cuisson ; la base du fourneau est la seule partie qui soit faite avec des briques anciennes» Un fourneau se compose d'environ iiOO milliers de briques ; il faut de vingt à vingt-cinq jours pour les cuire.
Le procédé flamand, dans lequel les briques sont cuites avec la houille , est le plus économique.