Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6
La chimie animale comprend l'étude des principes immédiats que l'on retire de l'oi^nisation animale, ainsi que l'examen chimique et physiologique des principaux liquides et des tissus qui constituent les animaux.
Nous ferons connaître d'abord les propriétés des principes immédiats dont nous présentons ici les noms et les formules ; nous traiterons ensuite des liquides et des tissus provenant de l'organisation animale.
Urée C»H<Az»02.
Acide orique, C«0H»A2<O<,2HO.
AUantoIne C^H^Az^O».
CysUne C«H«AzO<S2.
Xanlhine ; C^H^Az^O^.
Hypoxanthine C»«H<Az*0».
Acide rosadqoe. »
Acide hippurique. C"H«AzO«,HO.
Créatine C«B»Az«(H,2H0.
Gréatlnlne C^BUz^O».
. Inoslte C«H«»0«,/iHO.
Acide inoslque C»*H»Az«0»»,HO.
Acide cholique »
Acide cboléique. •■ »
Acide hyochollque C*<H^AzO»<>.
Adde chëDocholiqne »
Acide lithofellique G^H'^O'.
Taurine C^H^AzSW.
tl- 1
Cholestérine C'^H^.
Hématocristalline • . , . »
Uémaloïdine C»WA20*,H0.
Fibrine »
Albumine »
Paralbumine »
Globuline »
Caséine^ , , . . . »
Viiellin^ , »
Ichthine i»
Ichthuline »
Icbthidine »
Ëmydine »
Osséine »
UEÉE. C^H^Az^O».
Az*. 350,00 46,66
Ce corps , découvert en 1772 par Rouelle le jeune, a été obtenu pfbur la première fois à l'état de pureté, en 1799, par Fourcroy et Vauquelin.
Propriétés.
L'urée cristallise en longs prismes à quatre pans, incolores, inodores, d'une saveur fraiehe comme celle de l'azotate de potasse; elle est très soluble dans Teau, moins soluble dans Falcool, à peine soluble dans réther.
L'urée se comporte dans ses principales réactions comme une véritable base organique ; elle foime avec les acides des sels pariaitement définis, qui sont anhydres lorsque l'acide, comme l'acide chlorhydrique, ne contient pas d'oxygène, et qui renferment 1 équivalent d'eau quand l'acide est oxygéné (M. Regnault).
Cependant l'urée s'éloigne, sous quelques rapports, des autres alcalis organiques. Elle est sans action sur les réactifs colorés, et, en outre, elle ne peut être combinée avec certains acides , tels que les acides lactique, hippurique, carbonique, sulthydrique, etc.
L'urée , mise en contiict avec de$ sels hydratés , les déshydrate » quoiqu'ciU^ soit très peu hygrométrique. Lorsqu'on la môle, par ei^erople, av^ du sulfate de soude réduit en poudre, le mélange devient subitement liquidai : il çex yr^isemhlable que l'urée s'unit dans ce ctas aveo le sel (J^ydraté.
L'urée, en agissant sur les éléments de l'eau, se transforme Ml earbonite d'^mrowiaqwe ;
C«HM*»0« + kW =« a(AiH»,CO»,HO),
Cette déconiposition a lieu directement en exposant à IftO' unçdis^Q'^ lution aqueuse d'urée dans un tube scellé à la lampe. Elle ne s^ ipanifest^ à la température ordinaire qu'avec une extrême lenteur, lorsque l'urée est pure ; mais si ce corps est mêlé à certains ferments et particulièrement avec la matière animale floconneuse que l'urine laisse déposer après avQir été exposée pendant quelque temps à l'^ir, sa trauçfoTiufition en carbonate d'amn^onjaque se fait en peu de jours, les urines putréfiées r\e contiennent plus d'urée, mais du carbonate d'anunoniaque provenant de sa décomposition.
Les alcalis et les acides hydratés déterminent, comme les ferwiaits, la transformation dp l'urée en carbonate d'amn^oniaque ; aussi peutn^n la considérer comme de la carbamide,
L'qrée fond à 120" ; à une température un peu plus éleyée, elle se (Jécqmpose^ laisse dégager de l'ammoniaque, du carbonate 4*ftlWiû^ niaque, et se convertit en amméline. Si la température s'élève davfintag«, l>mméline donne de l'acide cyanurjque. Ce dernier acide, chauffé lui* même plus fortement , subit ur^e transformation isomérique et se change eu acide cyanique qui distille et qu'on peut obtenir pur, en le recevant dftPf^ un récipient entouré d'un mélange de glace et de ^1, Pans le cours de celte décomposition, une certaine quantité d*urée est régénérée par suita du contact de l'acide cyanjque avec le gaz ammoniac qui remplit Vappa** reil distillatoire.
L'urée dissout l'oxyde de plomb et s'unit ^ plusieurs oi^ydes Wiétalh-' ques ; elle forme aussi des combinaisons définies et eristallisables ave<i plusieurs chlorures, et particulièrement avec le sel m^rin, le sel ammar niac et le blchlorure de mercure. ïllle s'unit égalen^ent avec l§is «Wlalea d'argent, de chaux et de magnésie.
Le chlore détruit rapidement l'urée et donne naissanee k de Vaejde chlorhydrique, à de Tacide carbonique et h, de l'azote. L'acide byp(H»zo* tique la décompose avec plus de fecilité encore et en dégage des vpluweii é^^ux d'azote et d'acide carbonique.
L'azotite de mercure dissous dans l'acide azotique faible ou concentré transforme le carbone de l'urée en acide carbonique et en dégage tout
Digiti
6 CHIMIB ANIMALE.
ra7X>le à rélat de liberté. Celte réaction peut servir à déterminer la proportion d'urée renfermée dans divers liquides , et particulièrement dans Turine. 11 suffit de recevoir Tacide carbonique qui se dégage, dans un tube rempli de potasse ; on arrive ainsi au poids de l'urée en multipliant par 1,371 le poids de Vacide carbonique absorbé par l'alcali (M. Millon).
L'acétate de plomb produit, en réagissant sur une dissolution d'urée, de l'acétate d'ammoniaque et du carbonate de plomb. L'azotate d'argent forme avec la dissolution bouillante d'urée de l'azotate d'ammoniaque et du cyanate d'argent qui cristallise. A froid , l'urée donne avec l'azotate d'argent de gros cristaux incolores , qui ont pour formule AgO,Azœ,C«H*Az>02.
Éttii aatarel. — B&iraetlOD* — ProtfoetlOD artUlelelle*
On trouve de l'urée dans le sang des animaux, lorsqu'on leur enlève les reins et qu'on leur fait la ligature de l'artère rénale. Cette expérience, qui est d'un haut intérêt au point de vue physiologique, est due à MM. Dumas et Prévost.
M. Millon a constaté l'existence de l'urée dans les liquides de l'œil. L'humeur vitrée laisse par l'évaporation 1,63 pour 100 de résidu, dont l'urée constitue à peu près le tiers.
L'urée forme à elle seule près de la moitié des corps solides tenus en dissolution dans l'urine. Un homme produit, en moyenne, 30 à 40 grammes d'urée par jour, et comme cette substance contient plus du tiers de son poids d'azote , on peut en conclure qu'une grande partie de l'azote des aliments introduits dans l'économie en sort à l'état d'urée.
L'urée existe, sinon en totalité, au moins en grande partie, à l'état de liberté dans l'urine : elle cristallise souvent par une simple évaporation de ce liquide. Lorsqu'on soumet les animaux à une diète prolongée, leurs urines laissent quelquefois déposer en se refroidissant des cristaux d'urée pure. Dans tous les cas, les urines, même celles qui proviennent des animaux herbivores, sont tellement chargées d'urée, qu'il suffit, pour la séparer, de soumettre ces liquides à une légère évaporation ; ils se prennent souvent en une masse cristalline lorsqu'on y verse de l'acide azotique (MM. Barreswil et Bernard).
Pour extraire l'urée des urines, on évapore ce liquide au bain-marie, de manière à le ramener environ au dixième de son volume primitif. On y verse peu à peu, et jusqu'à ce qu'il ne s'y forme plus de précipité, de Tacide azotique débarrassé d'acide azoteux ; il se précipite une combinaison cristalline d'urée et d'adde azotique que l'on nomme azotate éTurée, Cette combinaison, qui est d'abord colorée, peut être purifiée par