‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 2 sur 206 · S£LS D URÉE. S · texte numérisé non relu

S£LS D URÉE. S

des cristallisations et par Taction du noir animai préalablement lavé à l'acide chlorhydrique. On décompose Tazotate d'urée en traitant la dissolution par du carbonate de plomb ou de baryte ; on évapore la liqueur et Ton reprend le résidu par Talcool bouillant, qui laisse les azotates métalliques et abandonne par le refroidissement ou Tévaporation de beaux cristaux d'urée.

Nous avons déjà signalé la belle expérience de M. Wœhler, qui permet de reproduire l'urée arti6ciellement en mettant en contact de l'acide cyanique avec de l'ammoniaque.

Pour produire de grandes quantités d'urée, il faut préparer d'abord du cyanate de potasse en chauffant au rouge naissant un mélange intime de 28 parties de cyanoferrure de potassium desséché et de 14 parties de peroxyde de manganèse. Lorsque la masse est refroidie, on la lessive à l'eau froide qui dissout le cyanate de potasse, puis on ajoute dans cette liqueur 20 parties de sulfate d'ammoniaque ; on évapore la dissolution au bain-marie jusqu'à siccité, on reprend la masse par de l'alcool, qui ne dissout que l'urée et laisse pour résidu le sulfate de potasse. La liqueur alcoolique donne par l'évaporation de très beaux cristaux d'urée ; on peut, par cette méthode, obtenir une quantité d'urée égale à peu près au tiers du cyanoferrure employé (M. Liebig).

L'urée se produit toutes les fois qu'une réaction donne simultanément naissance à de l'acide cyanique et à de l'ammoniaque ; on s'explique ainsi sa présence parmi les produits de la distillation de l'acide urique, de l'oxamide et parmi ceux de l'urée elle-même.

Les corps oxydants, comme l'acide azotique, produisent de l'urée avec l'acide urique. Cette substance prend encore naissance dans la décomposition du cyanogène, au contact de l'eau et de la lumière, dans l'action de l'adde azotique sur l'allantoïne et dans celle de l'acide plombique sur l'alloxane.

SELS »'IIRÉB.

Les sels formés par l'urée rougissent la teinture de tournesol. Ils abandonnent leur base quand on les soumet à l'action des carbonates alcalins.

ckUAjéwmêm é^mrée. C^H^AzK)^,HCl. — Le chlorhydrate d'urée S6 forme directement par l'action du gaz acide chlorhydrique sur l'urée. Cette base s'échauffe, devient liquide et forme un sel cristallisé, très solubledans l'eau.

Jkmmaue d*«rée. C«H*Az«O^AzO^HO. — L'azotate d'urée s'obtient en petits cristaux grenus lorsqu'on verse de l'acide azotique dans une dissolution d'urée. Ce sel est solubledans 8 à 10 parties d'eau froide et se

i CHtMIB ANtHALB.

dépose d'une dissolution saturée à chaud en larges lames incolores et transparentes.

L'atotate d*urée se décompose vivement vers 140» ; il dégage un mélange d'aiote, de protoxyde d'azote et d*aclde carbonique, et laisse un acide atoté, solide, cristallin, qui a pour formule PH^AzH)* (Pelouze).

•«iftue d'Mvétt. -^ Ce sel forme des aiguilles ou des cristaux grehus dont la saveur est fraîche et piquante. On le produit en maintenant quelque temps, à une douce chaleur, un mélange de 100 parties d'oxa* }ate d'urée» de 215 parties de sulfate de chaux cristallisé, et d'une petite quantité d'eau. La masse, chauffée ensuite <avec k fois son poids d'alcool, cède le sulfate d'urée à ce dissolvant , qui le laisse déposer à l'état cris*> tallin par l'évaporation (MH. Cap et Henry).

Oxalate d'orée. C*H*AzK)^C20^H0. — Ce sel est comme l'azotate d^urée, peu soluble à froid dans l'eau et très soluble àchaud.

Ber^elius a proposé d'employer ce sel à la préparation de l'urée en le décomposant par la craie en poudre, en présence de l'eau ou de l'alcool ; il se forme de loxalate de chaux insoluble qui reste mêlé à l'excès de craie, et l'urée, devenue libre, reste dissoute dans l'eau bouillante ou dans l'alcool, d'où elle se dépose en cristaux par le refroidissement »

Nous avons dit que l'urée ne s'unit pas à certains acides, et particulièrement aux acides lactique et hippurique avec lesquels quelques chimistes avaient supposé qu'elle était combinée dans l'urine.

En effet, lorsqu'on décompose le lactate de chaux par l'oxalate d'urée, il se forme un précipité d'oxalate de chaux, et la dissolution évaporée dans le vide laisse déposer de l'urée qui reste libre en présence de l'acide lactique.

CRÉES OOMFOSÉES.

L'urée doit être considérée comme le type d'un groupe de corps désignés sous le nom générique iïurées composéet , et qui ont avec l'Urée proprement dite les relations suivantes :

On sait que l'urée prend naissance quand le sulfate d'ammoniaque réagit sur le cyaoate de potasse :

ÀlH3,H0,SO3 + KO.G^AzO = KO.SO» + CHt^Ai^O».

SuUate Cyanate Urét»

d'ammoniaque. de potasse.

Les Ul'ées composées se produisent lorsqu'on traite le cyanate de polaS0^ paf le sulfiite d'une ammoniaque composée, telle que Télhyt^que, la méthyliaque, l'amyliaque, la phényliaque, etc. Ainsi le sulftte

«URÉBS GOMH)SÉkS. 7

d'éthylîaque, mis eii pfésenee du cyanate de potasse, se convertit en siilftfté de potBMè, 61 il se forme une urée composée :

CWAz,H0,S03 + KO,C»AzO =- KO^SO» + C^H^Ai^CA

SolfirtA d'ëtbjttaqiie. Cyanate de potasse. Urée composée

(éthylurée).

Par une réaction analogue, le sulfate de méthyliaque donne une urée composée dont la formule est C^H^'AzK)^ t

C?H«Az,HO,SO* 4. KO,(?ÂzO = KO,S03 4. C<H«Az20»

ilrifcli di ai<<%<ia|ue> QyaaaM de poCaiM. tirée tompinéi

(méthylurée).

et Ton obtient avec le sulfate d'amyliaque une urée dont la composition est représentée pair G««tl»*A2«0^ :

CWH"Az.H0,S03 4- KO,C»AzO = KO^SO» + C«H»Mz»0>.

Sulfate d'amjMaque. Gyanate de potasse. Urée composée

{amylurée).

La neutralité des urées composées et la frciiité avec laquelle elles s'unissent aux acides, particulièrement à l'acide aaotique, étid)li86ant de nouveaux rapports entre ces urées et Turée simple.

Nous avons dit que Turée, traitée par la potasse, se dédouble en ammoniaque et en acide carbonique Cm*kzH)^ + 2(K0,H0) == 2(K0,C0«) + SAzH^, et que ce caractère, qui est propre aux amides, permet d'assitniler Turée (t la cari)amlde. De même les urées composées, soumises à Tinfluence de la potasse, donnent de l'acide carbonique et de l'ammoniaque ; seulement, au lieu de deux molécules de ce dernier corps, il ne s'en produit qu'une seule, la seconde étant remplacée par une ammoniaque compc^ :

C»fl»Az«Oi + 2(K0,H0) i= 2(K0,C0«) + AzH» + C«H^Az.

£lhyliirée. éihyliaque.

Enfin, à diaque urée composée, comme à l'urée simple, correspond ane amide qui lui est isomérique et qui éprouve, par l'action des alcalis, le même dédoublement que l'urée composée.

En comparant les formules des trois urées composées, dont nous >Mii& d*indkiuer )« mode de produotion^ à celle de l'urée^ il ^t facile de voir que les urées composées sont à l'urée rimple œ que réttiyliaqto, la méthyliaque, l'amyliaque, etc., sont à l'ammoniaque :

Urée. C»H<ÀzV.

Éthylurée C«H«AzK)».

Milliflwéè. .... C«tt«Ai*0<.

Anylorée cisauAtsos*

Ammoniaque AzH^.

Éthyliaque AzC^H^

MéihyUique, . « • . • AbG^U^.

AmjfUa^f. ..,,,. êM^WK

s CHIMIS ANIMALE.

Pour bien comprendre ce rapport, il faut se rappeler : l"" Qu'en remplaçant dans l'ammoniaque AzH' une molécule d'hydrogène par les groupes binaires C*H^ éthyle ou C^H' méthyle, on obtient l'éthyliaque ou la méthyliaque :

AzH» — H + C<H4 = AzC^H'.

Ammoniaque. Étbyk. Étbyliaque.

AzH» — H + C»H» = AxC»H«.

Ammoniaque. Méthyle. Mélbyliaque.

La substitution d'une molécule d'éthyle ou de méthyle à une molécule d'hydrogène dans l'urée, produit l'éthylurée ou la méthylurée :

C'HMiW — H + C<H5 = C«H«AzW.

Urée. Éthyle. Étbylurée.

C«H^Az»0» — H + C^H» = C<H«AzW.

Urée. Méthyle. Méthylurée.

2* Que si dans l'ammoniaque 2 molécules d'hydrogène sont remplacées par 2 molécules d'éthyle, il se forme de la biéthyliaque :

AzH» — 2H + 2C<H5 = A£(?H".

Ammoniaque. Éthyle. Biéthyliaque.

2 molécules d'éthyle, en se substituant à 2 molécules d'hydrogène dans l'urée, donnent naissance à la biéthylurée :

C»H<AzW — 2H + 2C<H« = C^H'^Az^.

Urée. Éthyle. Biéthylurée.

3"" Que le remplacement de 2 des molécules d'hydrogène de l'ammoniaque par 2 molécules hydrocarburées différentes, telles que l'éthyle et le méthyle, a produit l'éthylméthyliaque.

AzH» -^ 2H + CW + C»H* = MCfiHK Ammoniaque. BUiyle. Méthylo. ÉthylméthyUaqne.

L'éthyle et le méthyle, en prenant la place de 2 molécules d'hydrogène dans l'iurée, donnent l'éthyhnéthylurée :

C»H<AiW — 2H + C<H4 + C»H^= C«H«0Az»O».

Urée. Éthyle. Méthyle. Éthybnétfayhirée.

Ainsi, comme pour les ammoniaques composées, il est possible par ces substitutions d'arriver à une molécule d'urée très complexe , (nais qui

DIÉTHTLURÉE. 9

r^tre toujours dans la formule C'*H'*Âz^^, que Ton a adoptée pour représenter d'une manière générale la constitution des urées composées.

La série des urées composées paraît devoir devenir très nombreuse, car on est parvenu à faire entrer la nicotine et la conine dans la molécule de Turée simple^ et à former ainsi de nouvelles urées, dont la constitution peut toujours être ramenée à la formule générale que nous avons donnée plus haut.

La plupart des urées composées ont été découvertes par M. Wurtz.

On doit à MM. Chancel et Laurent la phénylurée et la diphénylurée.

Voici la liste des principales urées composées :

Urée- C^<A?»0».

Éthylorée C6H»Az»0» = C»H»,C<H5,Az20».

Di-étbylurée. C'^H^Az^O» = C»H»,C<H«,C<H«,Ar»0».

Éthylmélhyluirée- • . . C«H««Az20î == C»H2,C<H4,C2H3,Az>0«.

Tétrélhylorée C^H^Az^O» = C»,C<H«.C<H«,CW,C<H5,Az>0»,

Mélhylurée C*H«AzW = C^H^C'^H^hz'^K

Dimélhylurée C«H«Az»0» == C»H»,G2H3,CW,Az20».

Amylurée C«»H«*Az>0» = CW.C'OH^SAz^O».

Amyléihylurée C>«H»«Az20î = C»H2,*CWH«SC<H4,AzW.

Phénylurée C«<fl«AzW = C»H»,C«H5,Az»0».

Dlphéoylurée C»H»»Az202 = C*H»,C»W,C«H5,Az>0«.

Éthylphéoylurée. . . . C'^H'^Az^O^ = C«H»,C*H»,C»«H5,Az»0î. «

ÉTHTLUEÉB. C^H^Az^O^

L'éthylurée cristallise en prismes incolores très solubles dans l'eau et dans l'alcool.

La dissolution aqueuse de Téthylurée, traitée par le chlore, laisse déposer un composé chloré huileux, qui ne tarde pas à se solidifier.

L'éthylurée se décompose par l'action d'une chaleur de 200''. Elle s'altère sous l'influence de la potasse, donne de Féthyliaque, de l'ammoniaque, et laisse un résidu de carbonate de potasse. Elle forme avec Tacide azotique un sel très soluble dans l'eau ; aussi les dissolutions aqueuses de l'éthylurée ne précipiteut-^lles pas, comme celles de l'urée, par l'adde azotique.

On obtient l'éthylurée en évaporant un mélange d'éther cyanique et d'ammoniaque. ( M. Wurtz. )

MÉTHTLDBÉB. GiOfll^Az^.

La diéthylurée est incolore et cristalUne. Elle produit avec l'acide azotique un sel qui cristallise en prismes rhomboïdaux aplatis. On prépare la diéthylurée en traitant Téther cyanique par l'éthyliaque.

(M. Wurtz.)

lO CHIMIE ANIMÀLB.

«TIlTLttftTirrttRÉB. C«fl»Aï«0».

L'éthylméthylurée est déliquescente» On la produit en foistnt réigir la méthyliaque sur Téther cyanique. ( M. Wurtz. )

TÉTEÉTHTLUBÉB. C'^H^Az^OS.

Cette urée est cristalline. On l'obtient en faisant réagir l'acide cyanique sur Voxyde hydraté de tétréthylammonium. (M. Hoffmann.)

MÉTHTLUftÉI. G^H^Ab^.

La méthylurée cristallise en prismes incolores, qui sont déliquescents à Tair et très solubles dans Teau.

La dissolution aqueuse de la méthylurée est parfaitement neutre ; quand elle est concentrée, Tacide aîotique y produit un précipité d'azotate de méthylurée qui à pour formule C^H«AzH)^AzO^HO*

La méthylurée, traitée par la potasse caustique, donne de l'actdè carbonique, de la tnéthyllaque et de Tammoniaque.

On prépare la méthylurée en combinant le gaz ammoniac avec le cyanate de méthylène, ou bien en décomposant le cyanate de potasse par le sulfate de méthyliaque. Le produit de la réaction, épuisé parTalcool, cède la méthylurée à ce dissolvant. (M. Wurtz.)

DIMÉTHTLUBÉE. C^H^Az^.

La diméthylurée est cristallisable, fusible à 97* environ, volatile Sans décomposition, soliîble dans l'eau et dans l'alcool. Elle produit avec l'acide Rtolique' un sel qui a pour formule C'H^ÂtW, A«0*,HO. La po^ tasse Ift décompose en méthyliaque et en acide carbonique.

I^our obtenir la diméthylurée, on peut :

1* Mettre en présence la méthyliaque et le cyanate de méthylène}

î* Décomposer ce dernier éther par l'eau. (M. Wtran.)

AMTLURÉB. O^W^Az^.

Ce comixwé prend naissance lorsqu'on traite le cyanate d'amylène par l'amyiiaque. (M. Wurtz.)

AMTLÉTHTLIJBÉB. C^^à^^AzH)^.

L'améthylurée se produit ([uand on fait réagir Tamyliaque sur l'éther cyanique. (M. Wurtz. }

Ml»f!ÉNTLtTntfi. il

PHÉNTLVEÉB. C'^H^Az^O'.

La phényluféô cristallise en prismes aplatis et transparents, qui pré* tentent une teinte jaunâtre. Ces cristaux n'ont pas d'odeur ; leur saveur, ftiblement amère, rappelle par sa fraîcheur celle de Taxotate de potasse. Ils entrent en fusion vers 72", et deviennent anhydres par une dessiccation à 120**. Si la température s*élève davantage, la phénylurée se décompose et laisse un résidu de charbon très volumineux.

Lorsqu'on chauffe graduellement un mélange intime de phénylurée et de chaux potassée, il se dégage d*abord de Tammoniaque, puis, quelque élevée que sott ensuite la tenlpérature, il ne se forme plus que de l'aniline. La décomposition est donc, à n'en pas douter, le résultat de deux réactions différentes. Si l'on cherche à représenter ces deux réactions par des formules, on a :

C«<HHz«0» + KO,HO = ArH» + KO,C»<H«ArO*. Phénylurûe. Sel de potasse.

et ensuite :

K0,C»<H«A20i + KO.BO = C^^H^Az + 2(K0,C0*). Sel de potasse. Aniline.

Or, ce sel de potasse est de Tanthranllate de potasse , qui se foritië aussi dans Tactlon de la potasse sur Vindigo. La décomposition de la phénylurée par la chaux potassée oftVe donc une hôuvèlle sourtîê dWde anthranilique.

La phénylurée produit avec les acides plusieurs sels cristallisables doht voici les formules :

Chlorhydrate de phénylurét. • . 4 • C*<H«AzW,Ha.

AzoUie de phéoylurée C*<H8Az«02,AzO«,HO.

Ghlonire doable de platine et de phénylurée. . . C«^H«Az^^,HCI,Pta».

On obtient la phénylurée en ajoutant du sullhydrate d'ammoniaque dans une diftsolution de nitrobentamide. La liqueur se trouble , dépose du soufre et donne , au bout de vingt-quatre heures, par évaporation , de beaux cristaux de phénylurée. (M. Chancel.)

MPHÉNTLUEÉI. C^W^\l^.

Ce corps est identique avec là flavine qui se produit dans Taction du suUbydrate d^ammoniaque sur la benzone bi-azotique.

ÉTHTLPHÉNTLDEÉE. O^H^^AzHfl.

L'élhylphénylurée est cristallisable. Elle se dédouble, sous Tinfluence de la potasse, en acide carbonique, en aniline et en éthyliaque.

On prépare Téthylphénylnrée en versant de Taniline dans de Téther cyanique. Le mélange s'échauffe et dépose, en se refroidissant, des cristaux d*éthylphénylurée.

EIDEET. CWAZ»0^.

H* 62,50 Zi,85

Az» 525,00 /j0,77

Ce corps, découvert par M. Wiedeiuann, est cristallisable, soluble dans Teau, dans Talcool et dans Tacide sulfurique concentré. 11 fond quand on le chauffe, perd de Tammoniaque, et se convertit en acide cyanurique.

Le biuret traité par une lessive de potasse et par une dissolution de sulfate de cuivre, se colore en rouge intense.

Pour obtenir le biuret, il faut maintenir de l'urée à la température de 160'' environ, jusqu'à ce que cette substance ne dégage plus d'ammoniaque, reprendre le résidu par de l'eau, ajouter du sous-acétate de plomb dans la liqueur, filtrer, précipiter l'excès de plomb au moyen de l'hydrogène sulfuré, filtrer de nouveau et évaporer enfin jusqu'à cristallisation.

On obtient encore le biuret en soumettant l'azotate d'urée à Faction de la chaleur.

AGI»B IJEIQIIB. G1<^U2Az^^2HO.

CW 750,00 35,71

Ai< 700,00 33,33

Propriété*.

L'acide urique pur se présente en petites lames cristallines, blanches, douces au toucher, légères, sans odeur ni saveur sensibles, qui exigent otiviron 1000 parties d*eau froide pour se dissoudre; sa solubilité dans l'eau bouillante est à peu près la même que dans l'eau froide. Il est inso-

ACIDE imiQUE. 43

lubie dans Valcool et Télher; il rougit légèrement un papier de tournesol humide.

Les borates alcalins, et particulièrement le borate neutre de soude (iorax), jouissent de la propriété de dissoudre, surtout à chaud, une proportion considérable d'acide urique. Cet acide se dépose à l'état de pureté d'une dissolution bouillante dans le borax. Cette propriété pourrait être utilisée pour la purification de l'acide urique.

L'adde urique donne avec l'acide azotique une dissolution jaune, laissant par l'évaporation un résidu rouge pourpre qui se dissout dans l'eau sans lui communiquer de couleur. La dissolution azotique de l'acide urique devient violette sous l'influence des vapeurs ammoniacales. Ces deux caractères servent souvent à reconnaître l'acide urique.

On a reconnu que l'acide sulfurique concentré et chaud dissout l'acide urique et peut même s'unir en proportions définies avec cet acide. L'eau décompose cette combinaison et en sépare les deux acides ; l'acide urique, qui est à peine soluble dans l'eau chargée d'acide sulfurique, se dépose en presque totalité. Cette propriété permet d'extraire facilement l'acide urique des calculs (H. Fritzche).

L'acide urique ne parait subir à froid aucune altération dans le chlore sec, mais il est décomposé à chaud par ce gaz, et la réaction donne lieu à de l'acide chlorhydrique, à du chlorure de cyanogène et à une proportion considérable d'acide cyanique. En présence de l'eau, l'acide urique est aussi décomposé par le chlore, et donne comme produit final une grande quantité d'acide oxalique.

Soumis à l'action de la chaleur, l'acide urique se décompose d'une manière compliquée; il donne de l'ammoniaque, des acides carbonique, cyanhydrique, de l'urée et beaucoup d'acide cyanique qui se transforme rapidement en cyamélide.

La présence de l'urée dans les produits de la distillation de l'acide urique est due à la réaction d'une certaine quantité d'adde cyanique sur l'ammoniaque ; une partie de l'urée se retrouve en combinaison avec de l'acide cyanurique : il reste constamment dans la cornue un résidu de diarbon.

L'acide urique, traité par une dissolution bouillante de potasse, se convertit en un nouvel acide, Y acide uroxantque C**^H*®Az*0**, qui diffère de l'acide urique par les éléments de 6 équivalents d'eau.

L'acide uroxanique est cristallin, peu soluble dans l'eau froide, décomposable par l'eau bouillante. H forme avec la potasse, l'ammoniaque, la baryte et le plomb, des sels cristallisables (M. Staedeler).

L'action que les corps oxydants exercent sur l'acide urique a été examinée par MM. Liebig et Wœhler : elle constitue un des points les plus importants de la chimie organique, et donne naissance à une série de corps que nous étudierons plus loin.

Eut naturel. — Extraction.

L'acide urique sa trouve, comme Tarée, dans les urines des animaux carnivores ; il est sécrété en quantité considérable par les oiseaux, les intactes et prindpalement par les serpents ; il se trouve fréquemment dans les dépôts urinaires, les calculs et les concrétions articulaires des goutteux.

On ^dmet généralement qu'une urine normale contient pour 30 parties d'urée 1 partie d'acide uriquei Du reste, la proportion d'acide urique CQntOQue dans Turine de l'homme varie avec l'alimentation; on trouvo w général oet acide en quantité notable dans l'urine à la suite de mau** valses digestions ou d'alimentations très écMulTantea.

Pour extraire l'acide uvique des différents priKluitâ de sé(mtion que Q(ms venons de signaler, on emploie une liqueur alcaline qui dissout l'icide urique; en décomposant par l'acide cblorbydrique la dissolution bouillante de l'urate alcalin, ou obtient un précipite blanc dacida urique que Ton peut laver à grande eau. Au moment de la précipitation, l'aoide urique retient U équivalents d'eau ; 2 équivalents d'eau se dégagwl par la plus fipiible chaleur et même par l'exposition de cet acide à l'air libre.

Ijm excréments de certains oiseaux qui, sur les côtes de l'Amérique, ferment des bancs considérables désignés sous le nom de ffwmo, contieun nent aussi de l'acide urique.

On en l'étiré cet acide par la méthode suivante :

Le guano est traité pendant quelques heures par une dissolution bouU-* lante de carbonate de potasse à laquelle on a ^outé de la chaux éteinte. On filtre la liqueur, puis on l'évaporé à consistance de bouillie, et Toii comprime fortement le résidu, l-a masse exprimée est délayée dans l'eau et décomposée par Tacide chlorhydrique. Il se dépose aussitôt desfloûons rouges d'acide urique, qu'on purifie en opérant plusieurs fois leur dissolution dans la potasse et leur précipitation par l'acide chlorbydriquet

iOO kilogrammes de guano ainsi traités fournissent 2,3^0 grammes d'aode urique pur. (M. Bknsc».)

OMITES.

L'acide urique eat bibasique ; les urates ont pour formule générale : (i^O)^C»«Azm^^ Les urates à base d'alcali sont seuls solubles dans l'eau. L'étude des urates est due en grande partie h M. Bensch.

Uniu) neutre de |K»t«a»e. (KO)^C'<>H^Az^O^— Ce sel présente l'aspect d'aiguilles brillantes , qui sont anhydres , déliquescentes à l'air et très solubles dans l'eau.

UiUTES. 15

i'iurate de potassa absorbe rapidement Taoide carbonique de Tair. U se décompose par un contact prolongé avec Veau bouillante. 11 fond à 150* et s'altère à une température plus élevée. On l'obtient en conoantrant, par distillation, une dissolution étendue de potasse, qui a été œu* tralisée par de Tacide urique.

V/^m^mtidmém w^tmme. KO.HO.C^^'H^Az^O^ ^ L'urate acide de po^ tasse est blanc, peu soluble dans Teau, insoluble dans l'alcool et dans l'éther. Il est précipité par les alcalis, les bicarbonates alcalins, le oblo« rare de barymn, le chlorhydrate d'ammoniaque, les sels de plomb et les sels d'argent. On le prépare en saturant par l'acide carbonique une dissolution d^urate neutre de potasse.

MJwmUf Bcntre de aoiide. (NaO)^,C*^H'Az^O^. — L'urate de soude forme des mamelons blancs, peu solubles dans l'eau, insolubles dans l'éther et ti^ peu solubles dans l'alcool.

La dissolution aqueuse d'uratc de soude présente une réaction alcaline. Slle absorbe l'acide carbonique de Tair et dépose de l'urate acide de soude.

(l'urate de soude se décompose lorsqu'on le chauffe à 150*,

On le prépare comme le sd de potasse correspondant.

Wwmu méiém de «siide. NaO,HO,C'OH^Âz^O«. — Ce sel est cristalUsable, soluble dans 1200 parties d'eau à 15% et dans 125 parties d'eau bouillante. U n'exerce aucune action sur les réactifs colorés. On l'obtient, soit en saturant d'acide carbonique une dissolution d'urate neutre de soude, soit eu précipitant par le bicarbonate de soude une dissolution bouillante d'acide urique dans la soude.

Vnae «eide d'mmmomîmHmm. AzH',HO,C>'H'Az'0',HO. ^ L'urate acid^ d'ammoniaque s'obtient à l'état amorphe et à l'état cristallin. Il est soluble dans 1608 parties d'eau à 15**.

Pour le produire , on traite à l'ébuUition l'acide urique par une dissolution aqueuse d'ammoniaque. L'urate d'ammoniaque se dèyose alors soua la forme d'aiguilles brillantes et incolores.

Ce sel se prépare encore en versant de l'ammoniaque sur de l'acide urique. La masse, chauffée légèrement, se prend en une gelée qu'on soumet à la dessiccation après l'avoir lavée à grande eau.

Unité sevtre de teryie. (BaO)^C*^H^Az^O^ — L'urate de baryte est très peu soluble dans l'eau : 1 partie de ce sel exige 7900 parties d'eau à 15*" pour se dissoudre. On le prépare en versant peu à peu, dans une dissolution saturée et bouillante de baryte, de l'acide urique pulvérisé et

mis en suspension dans une petite quantité d*eaii. Cet acide se dissout rapidement, et si Ton en ajoute un excès, Turate de baryte se précipite. On connaît un urate acide de baryte qui a pour formule : BaO,HO, C«<>H3Az*0*,2H0.

Umte de stroatteM. (StO)^C><'H3Az<œ,/iHO. — Ce sol forme des aiguilles radiées qui sont déliquescentes à Tair, solubles dans /i300 parties d*eau froide, dans 1790 parties d'eau bouillante, et qui deviennent anhydres par une dessiccation à 165".

On obtient Turate de strontiane comme le sel de baryte correspondant.

Il existe un urate acide de strontiane, blanc amorphe, soluble dans 603 parties d'eau froide, et dont la composition correspond à la formule: StO,C»»ffAz*0*,2HO.

Urate de eham. (CaO)*,C*»H3Az*0*. — L'urate neutre de chaux est grenu, anhydre, soluble dans 1500 parties d'eau froide et dans li^O parties d'eau bouillante.

Ce sel se précipite, quand on fait bouillir pendant une ou deux heures une dissolution de chlorure de calcium dans laquelle on a ajouté goutte à goutte une dissolution d'urate de potasse, jusqu'à ce que le précipité qui se forme par chaque addition d'urate commence à devenir persistant.

Urate acide de ehaax. CaO,HO,C*^Az^H^. — Ce sel est amorphe, soluble dans 603 parties d'eau froide et dans 276 parties d'eau bouillante. On le produit en précipitant à chaud l'urate acide de potasse par le chlorure de calcium.

Urate aeide de ma^aésie. MgO,HO,C'<»H3Az«0^6HO. — L'urate acide de magnésie offre l'aspect de mamelons blancs et brillants. Ce sel est soluble dans l'eau bouillante. Pour l'obtenir, il faut mélanger deux dissolutions concentrées, l'une d'urate acide de potasse, l'autre de sulfate de magnésie, et abandonner la liqueur au repos.

Urate aeatre de plomb. (PbO)^,C*<^H3Az^O^— Ce sel est blanc, amorphe, très dense, insoluble dans l'eau et dans l'alcool. Il supporte facilement une chaleur de 160<» sans s'altérer. On le prépare en versant une dissolution étendue d'urate de soude dans une dissolution étendue et bouillante d'azotate de plomb. Il se dépose d'abord un corps jaune qu'on sépare au moyen de la filtration, et l'on continue les additions d'urate de soude jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de précipité.

Les urates de cuivre et d'argent sont amorphes et peu stables.

ALLANTOÏNB. 17

VmODUXTl »E Xi'OXTDATIOBr BE I.*ACIBS VaiQUX.

ALLANTOilll. C*\\^MKfi.

Lorsqu'on fait réagir de l'oxyde puce de plomb (acide plombique) sur de Tacide uriquemisen suspension dans de Teau bouillante, il se produit un vif dégagement d'acide carbonique, l'acide urique se dissout peu à peu, et la liqueur laisse déposer par le refroidissement une substance parfaitement cristallisée, qui avait été découverte par Vauquelin et Buniva dans les eaux de Tamnios de la vache, et qu'ils avaient nommée aliantotne.

On trouve aussi Tallantoïne dans l'urine du veau (Wœhler) et parmi les produits de la réaction d'un mélange de potasse caustique et de ferri* cyanure de potassium sur l'acide urique. Elle est accompagnée dans ce dernier cas d'un acide nouveau, Yacide lantanurique, qui a pour formule C«H*AzK)«,HO (M. Schlieper).

L'allantoïne cristallise en prismes blancs, insipides, sans aucune action sur les couleurs végétales et plus solubles dans l'eau bouillante que dans l'eau froide.

L'allantoïne, légèrement chauffée avec de l'adde azotique, s'y dissout, et la liqueur, en se refroidissant, laisse déposer une quantité considérable de cristaux d'azotate d'urée. L'acide chlorhydrique produit avec l'allantoïne du chlorhydrate d'urée.

Sous rinfluence de ces deux acides, l'allantoïne se dédouble en urée et en nn corps complémentaire, X acide allanturique C*®H^Az*0®, qui prend aussi naissance quand on soumet l'acide urique ou l'allantoïne à l'action de l'oxyde puce de plomb (Pelouze). L'acide allanturique est amorphe, déliquescent, presque insoluble dans l'alcool concentré, qui le sépare de ses dissolutions aqueuses. Il forme des précipités insolubles dans les sels de plomb et d'argent.

L'eau bouillante dédouble l'allantoïne, comme l'acide aaotique, en acide allanturique et en urée ; seulement cette dernière substance, en agissant à son tour sur les éléments de l'eau , se change en carbonate d'ammoniaque.

L'acide sulfurique bouillant décompose l'allantoïne.

L'allantoïne produit dans une dissolution d'azotate d'argent ammo* niacal un précipité qui a pour formule AgO,(?H*Az*0^ 2 équivalents VI. 2

d'allantoïne changent donc 1 équivalent d'eau contre 1 équivalent d'oxyde d'argent. Cette réaction semblerait indiquer que l'équivalent de l'allantoïne devrait être exprimé par la formule C®H^Az*0^,HO.

L'allantoïne correspond par sa composition à 2 équivalents de cyanogène et 5 équivalents d'eau : C^Az^H^O» = 2(CUz) + 3H0. On peut aussi la considérer pomme de l'oxalate anhydre d'ammoniaque, moins 3 équivalents d'eau :

2(AzH3,C203) — aHQ = C^H^Az^O»,

Oxalate AUantoïne.

d'ammoniaque.

l)u reste, l'allantoïne se comporte avec les alcalis et les acides hydratés comme une véritable amide, et se change peu à peu, sous leur influence, en acide oi^alique et en ammoniaque. (MM. Liebig et Wqehler.)

Un^ dissolution d'allantoïne dans la potasse, préparée depuis plusieurs jours, laisse précipiter un sel de plomb particulier, Vhydantoate de piomà^ quand après l'avoir sursaturée par l'acide acétique, on y verse de l'acétate de plomb. L'hydanloate de plomb donne Vacide hydantotque lorsqu'on le décompose par l'hydrogène sulfuré. L'acide hydantoïque est incristallisable, déliquescent et insoluble dans l'alcool. 11 a pour formule

C'Wkz^. (M. SCHLŒPER.)

ALLOXANB. CWAz^O*».

Az» 350,00 17,50

0>o 10QO,OO 60,00

L'alloxane est cristallisable ; une dissolution boiiiillante et sat^i*^ d'alloxane dépose à chaud cotte substance en octaèdres rhomboïdau)^, qui sont quelquefois anhydres (MM. Liebig et Wœhler), ou qui fenpernient 2 équivalents d'eau (M. L. Gnie|in). La même dissolution abandonne Valloxane par le refroidissement à l'état de prismes rectangulaire efljorescents qui contiennent 8 équivalents d'eau de cristallisation.

Les cristaux d'alloxane ont une saveur salée et astringente. Ils s^UÏ très solubles dans l'eau ; leur dissolution rougit le tournesol et colqre ja peau en poj^rpre.

Par l'actiop prolongée de l'eau bouillante, l'alloxane se cpnvertit en acide parabanique C^^Az^OS'SHO.

Pour obtenir l'alloxane, on place dans l'eau froide plusieurs verre$ k pied contenant chacun 120 grammes environ d'acide azotique d'une densité égale à 1,^, et l'on verse peu à peu dans ces verres de l'acide urique pulvérisé. Une vive effervescence se manifeste, l'acide urique se

(jjsscmt , et , sj 1^ chf^lpur prqdpiffi par la v^actipi) a été s^ffisayrimep^ modérée au moyen de l'eau i'roi(|e, des cristaux grenus d'allQî^î^îlp sjB ^épo^ppt- iJP f^pd des vprres. pi| esspfp ces cristaux sur ^uq }>nqp^» q|j 1p§ fli^îîPMt di||)s (Je }>^m » §0% pt Vpi] filtre rgpidcfi^pn^ J^fl jjflHeji? dépose de l'alloxane pure par le refroidissement,

}.>|lpxane çp préparp PBPore ep tfqUapt l'acide priflue p^r pp ïï}é|aiîge 4'jc|f}p pUlofhyflrjque pf dp pf^jqr^fe de pp^as§e. Qp pl^e 4ws HHP ^P" shIp 2Ù0 gf3pmjes 4'^PMfi cfilorhyclfique pt 12^ gr^ijpnes d'acj^p ijfiqup EHl^^riS^î ppiÇ op jijppte au ynpl^ge, par petites pprtiopg et pp agitant g3P§ ce§§p, 2^ grampiP^ dp cljjorate (je potassp ep poudrp. Lpfscjup l'^fjdjfîpp (}i} clijpj-^te, qpi clenjapde 30 piipqtp* enyirpn, m ftïJPFP»» % étend la masse de deux lois sqp yû}uipe d'eau et op J'^apdpnpp à pllp-r ip0p)p : rallpî^pp prftdpjfp sp fJjssputj tapdis qpp }'^ci4p prjçfHfi pon %l\^^\iéi §p fl.^ppsp j op pplèye cp|. api^e p»r 4pc40tatfpp , pt , ^pfè§ l'^ypjr chauffé à 50" en présence d'une petitp rjpifpf^ité iJ'acidp pJilprijyflFiqpej pp l'oxyde, comme nous ravflps c}if, par 7 gpap^p^s ^p p}}}pra(f| ^P R^fà^se.

Quand l'opération est bien conduite, la décomposition de l'acide urique a Heu sans flpg§gpp)ppt (|p gaz, et ij pp se prp4pi^ qpe de l'alloxane et de Tur^. {^. ScawiTiR.)

i*. ai*B,0Q ....•.,. dd^o

H 12,50 Ma

Az 175,00 19,71

0< àOÔ,00 . 46,09

L'alloxane, traitée à froid par les alcalis, se transforme eu un acide, V acide alloxanique, qui a pour formule C^HAzO*. Dans cette réaction, la molécule de l'alloxane se dédouble et perd 1 équivalent d'eau.

On obtient ordinairement Tacide alloxanique en décomposant l'alloxanale de baryte p^r l'acide sulfurique.

L'acide al|pxapique cristallise ep afgpilles solubles dftps l'eau, dans ralcool et daps J'éther. 11 dissout Ip zinp en dégageant f|p Thydrogène. C'est un acide puissant, qui forme avec plusieurs bases des sels neutres et des sels acides.

|.'^llp:j^pate peutrp de ppt^§se ^ ppe çayppr gp^firp; jl est |rèf «plpble ()apg rp^u pt insolpjîlfî daps l'alpppj p^ dap§ j'étlier.

Le bi-alloxanate de pot^^se est peu ^olpbje d^ps Teau. ^hé daps le

vide, il se présente sous l'aspect d'une poudre blanciie et cristalline qui se colore en rouge par le contact de Tair.

L'alloxanate neutre de soude est déliquescent; il en est de môme de Valloxanate acide. On connaît encore des alloxanates d'ammoniaque, de baryte, de chaux, etc.

L'alloxanate de baryte est cristallin et soluble dans l'eau. Pour l'obtenir, on ajoute 2 volumes d'une dissolution d'alloxane à 3 volumes d'une dissolution de chlorure de baryum, et après avoir chauffé le mélange à 60°, on y verse goutte à goutte une dissolution de potasse, jusqu'à ce que le précipité qui se forme par chaque addition d'alcali cesse de se dissoudre par l'agitation. La liqueur dépose alors de l'alloxanatede baryte qu'on essore sur une brique poreuse.

Lorsqu'on fait bouillir une dissolution aqueuse d'alloxanate de.baryte, ce sel se transforme en carbonate de baryte et en un sel nouveau, qui a reçu le nom de mésoxalate de baryte.

Voici les formules des principaux alloxanates :

Alloxanate de potasse KO,G^HAzO<,6HO.

Bi-alloxanate de potasse . . . KO,(G^HAzCH}^HO.

Bi-alloxanate d'ammoniaque . AzH3,HO,(C^AzO^>.

Alloxanate de baryte BaO,G^HAzO^,/iHO.

Bl-alloxanale de baryte. . . . BaO,{C*HAzO*)»,2HO.

Alloxanate de strontiane . . . StO,G^HAzCH,8HO.

Alloxanate de chaux GaO,G<HAzO*,iOHO.

Bi-alloxanate de chaux. . . . GaO,(G^HA^O^)^ôHO.

Alloxanate de magnésie. . . . MgO,G^IIAzO^10HO.

Bi-alloxanate de zinc ZnO»(G«HAzO^)^ZiHO.

Alloxanate de plomb PbO,G«HAz0^2HO.

Bi-alioxanate de plomb. . . . PbO,(G^UAz04)>,2HO.

Alloxanate de cuivre GuO,G^HAzCH,8HO.

Alloxanate d^argent. AgO,G^HAzCH.

Alloxanate de mercure . . . . HgO,G^HAzCH.

ACIDE MÉSOXALIQUB. G^,2H0.

(HOp. 225,00 26,47

L'acide mésoxalique est solide, cristallin et soluble dans l'eau. Combiné avec l'ammoniaque, il précipite les sels de baryte, de strontiane, de chaux en blanc, et l'azotate d'argent en jaune.

ACIDE MTGOMÉLINIQUE. 21

L'adde mésoxalique perd ses deux équivalents d'eau sous Tinfluence des bases, et doit être êonsidéré par conséquent comme un degré parti* culier d'oxydation du carbone.

Les mésoxalates de baryte, de chaux et de plomb, ont pour formulea :

(CaO)»,C»0*,4HO ; (PbO)^CW.

Pour obtenir Tacide mésoxalique, on fait bouillir une dissolution d'alloxanate de baryte. Il se forme un précipité blanc , composé en majeure partie de carbonate de baryte. Oa sépare ce précipité en filtrant la liqueur, que Ton évapore ensuite jusqu'à ce qu'elle se couvre de croûtes cristallines formées d'urée et de mésoxalate de baryte. En enlevant alors ce mélange à mesure qu'il cristallise, et le traitant par L'alcool qui dissout l'urée, on isole le mésoxalate de baryte qui, décomposé par l'acide sulfurique, donne de l'acide mésoxalique.

On prépare aussi l'acide mésoxalique en mélangeant peu à peu deux dissolutions bouillantes d'acétate de plomb et d'alloxane. Il se précipite du mésoxalate de plomb, dont l'hydrogène sulfuré sépare l'acide mésoxalique.

kCËBM LBDeQTOBlQOB. - DIFLUANB.

L'addealloxanique, soumis à l'action de l'eau bouillante, laisse dégager de l'acide carbonique, et se dédouble en deux corps solides, Y acide leueo^ turique et la difluane.

Vactde leucoturique C^H^Âz^^ est une poudre blanche, cristalline et grenue, insoluble dans l'eau froide, soluble dans l'eau bouillante. 11 forme avec l'ammoniaque uu sel cristallisable, qui précipite en blanc l'azotate d'argent.

La difluane C^^AzH)* est pulvérulente, neutre, soluble en toutes proportioiis dans l'eau, insoluble dans l'alcool anhydre, d'une saveur amère et en même temps un peu salée. Elle précipite en blanc les sels de plomb et d'argent, et donne de l'alloxane par l'action de l'acide azotique.

A01»B MTGOMÉLINIQIIB. C^UiOAz^Oi^

Lorsqu'on chauffe doucement un mélange d'alloxane et d'ammoniaque, la masse prend une teinte jaune, et dépose, par l'évaporation, un sel ammoniac gélatineux, dont l'acide sulfurique sépare un acide azoté, nommé acide mt/comélinique C*®H*oAzK)'*^.

L'acide mycomélinique est jaune, gélatineux, pres(]ue insoluble dans l'eau froide, soluble (Juns l'çau bouillant^*. Ses sels sont colorés q} jaun^î.

ii CtlIMlE ANIAIàLE.

AOIM PAEABANtQUB. CfihtH)^,iuO.

En évaporant à consistance sirupeuse un mélange (ornié de 1 partie d'allbxàhè oii d'acîdë ùnqile et de Ô parties d'àclde azotique, on obtient, au bout de quelques jours, des cristHu^t i'ûtide parabanique.

L'acide parabfinique présente râst)éct de (irismes hexagonaux incolores, qui sont fusibles, décomposables pkt râctiôH de la chaleur et très solublés dans Teau.

Le paràhanate d'argenl a pour formiile (AgO)^,C®Az^O*.

ÂGItiË OtALOEtOOlS; — OXALOfejtMlLlilE:

L^acide parabanique, soumis à l'influence de Tammoniaque bouillante, donne un sel ammoniacal, Yoxaluraie d* ammoniaque, dont l'acide sulfurique sépate Vacidc oxalurique C^H^O'Az^,HO.

L'acide oxalurique est cristallisabîe et soluble dans Teau. Saturé par l'ammoniaque, il précipite le chlorure de baryum, le ichlorure de strontium et l'azotate d'argent.

L*aniline, versée dans une dissolution bouillante d'acide parabanique, y produit un précipité cristallin A'oxaluranilide C^^H^Az^O**. (MM. Laurent et Gerhardt.)

Le même composé prend encore naissance quand on chaufle un mélange d'acide parabanique pulvérisé et d'aniline desséchée. L'oxaluranilide obtentie par ce dernier procédé contient ordinairement de l'aililine ou dé l'acide parabanique, que l'on erilève à l'aide de l'alcool.

L'oxaiuranilide est inodore, insipide, insoluble dans l'eau bouillfttlte^ presque insoluble dans l'alcool bouillant. Elle etitre en fusion à uhe haute tém|5ératurè, et se décompose ensuite eU dégageant des vapeurs d'acidt eyauhydriqUe.

ACIDE THIONURIQIJB. -— ACIDE ALLOXANOSDLFIJREIJX.

Lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans une dissolution d'alloxttUe, Jusqu'à be (|ue le mélange commence à dégager de l'acide sulftirèUXi fet qu'après ilvolr neutralisé la liqueur pat» le carbbnfttë de potâsSë; On la fait bouillir pendant trente minutes, il se dépose par le refroidissement des aiguilles incolores d'dh sel qbr à ëtë Hbtritnfe tàibhbrate d'ammoniaque.

Le thionurate d'ammoniaque produit dans une dissolution d'acétate de fildiiib iiii {)récipllé de thioHurate dii ploirib qiiî, décoinposé par l'iiydfogèiie sullui'ë; donne Va'ctâe thwnurique.

Vàctde thionurîqùe C^HÙz^O^^S^ cristallise en aigaiiles. Sa saveur est acide.

Les thioniitates â base d'alcali sbiit tous solubles et cristallisables. Les autres thiônùrates paraissent peu solubles. (MM. Liebig et Wgehler.)

Une dissolution aqueuse et saturée d'allo);ane, mêlée avec une dissq*

àLLOXANTINE. 53

lution saturée d'acîdê stillureux dans Tëau, produit tin nouvel acide, qui i reçu le nom d'acide àtloxànosul furieux. (St. Gregory.)

CBAMILB. C*H«Az30«; — âOlBB tlBâlilLIflJB. (^W^\tfiO^\

L'acide iHionîiriqué dissous se décompose par rébutlîtion en acide §ul(urique et en une ndiivelle substance cristalline, (jui a reçu le nom Û'uramile, ei dbiit là formulé est C^H^Az^O®.

L'uramile cristallise en houppes soyeuses qlii se colotènt en rose sous l*ihfluèhcë des vapeurs ammoniacales, se dissolvent dans l*eàii et dans les alcalis.

La dissolution àinmoniacale d*uramilè se colore à l*air en l'ouge pourpre, et abandonne des aiguilles cristallihes d'un beau vert [murexide).

Le même produit vert se forme encore lorsqu'on fait réagir l'oxyde d'argent ou l'oxyde de mercure sur de Turamile mise en suspension dans de l'eau bouillante.

L'acide azotique attaque l'uramile et la changé en allo^ane. L'acide sulfurique la dissout à froid sans l'altérer.

La potasse caustique, ajoutée dans une dissolution d'uramile, détermine l'absotjition d'une certaine quantité d'oxygène de l'air, et il se forme an corps cristallin de couleur pourpre [purpurate de potasse),

(ML LlÈBlG et WOEHLER,)

Lorsqu'on ajoute de '.'acide sulfurique à du thionurate d'ammoniaque, il se dépose au bout Je quelque temps un acide particulier, Y acide ùrà" hulique C**Az^H^®0*^ qui cristallise en prismes à quatre paîis incolores (El. Gregory).

ALLOXANTINE. C^ll^Az^O^^

Az». 350,00 17,39

O". i . . 1000,00 Zl9,70

L'alioxanè, soumise à Faction dès corps désoxydants, produit une nouvelle sulistdhce, Yalloxnntine, ^ui à pour formule C^ri'Az^O*®, et qui ne diffère de l^àlloxârle qtie par 1 équivalent d'hydrogène.

L'alloxanthie eristallise en prismes obliques à quatre pans , qui se colorent en rouge sous l'influence de l'ammoniaque en prenant un reflet niétailicfhe.

Les cristaux d'alloxantine sont très solubles dans l'eàti; leur dissolution rougit la teinture bleue de tournesol ; elle précipite les sels de baryte, et dévient d'un roUge pourpre par une addition d'ammoniaque.

En agissant sur l'àlloxantine, les agents d'oxydation, tels que l'acide azotique et l'azblate d'argent, régénèrent T^llo^iane,

Lorsqu'on mélange deux dissolutions bouillantes, Tune d'alloxantine et l'autre de chlorhydrate d'ammoniaque, il se produit de Turamile et de l'alloxane.

On prépare ordinairement l'alloxantine en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers une dissolution froide d'alloxane. Il se dépose du soufre et de l'alloxantine. On décante les eaux mères et l'on épuise le dépôt par l'eau bouillante, qui dissout l'alloxantine et la laisse cristalliser par le refroidissement.

Une dissolution d'alloxane, additionnée de protochlorure d'étain, laisse déposer de l'alloxantine.

L'alloxantine se produit encore lorsqu'on plonge une lame de zinc dans une dissolution d'alloxane aiguisée d'acide chlorhydrique.

AG»B DIALUBIOUB. (fiH*Az^.

Az* 150,00 9,37

Quand on fait arriver du ^^az hydrogène sulfuré dans une dissolution bouillante d'alloxantine, il se précipite du soufre, et la liqueur s'acidifie. Si, après l'avoir neutralisée par du carbonate d'ammoniaque, on l'abandonne au refroidissement, elle laisse cristalliser un sel ammoniacal nouveau, le dialurate d'ammoniaque, qui, traité par l'acide chlorhydrique, donne l'acide dialurique.

L'acide dialurique est peu soluble dans l'eau. Il produit avec la potasse un sel cristallisable.

Le dialurate d'ammoniaque précipite les sels de baryte et de plomb.

IILRBIIBB. C»»H«AZ!K)«.

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