ORGANES DES PLANTES
Le carbone , Thydrogène , Tazote et Toxygène n'existent pas à l'état libre dans les végétaux , mais combinés entre eux de manière à former cette classe de principes inmiédiats dont nous avons déjà parlé.
Ces différents principes concourent à la formation des plantes , qui se les assimilent, soit directement, soit en les décomposant. Plusieurs d'entre eux se trouvent abondamment répandus dans les racines^ d'autres le sont dans les feuilles, les branches, les graines, etc., d'où on les extrait pour les besoins des arts ou de la médecine. Aussi est-il important de déterminer par l'analyse la composition des organes des plantes.
Cette détermination a été faite sur un certain nombre de végétaux. Nous reproduirons ici des résultats qui sont loin de présenter cependant l'exactitude et l'importance qu'exigerait cette partie intéressante de la chimie organique. En donnant dans cet article des analyses incomplètes» notre but est d'appeler l'attention des chimistes sur des questions qui ont été trop négligées.
La racine est cette partie de la plante qui se dirige en sens contraire de la tige, c'est-à-dire vers l'intérieur de la terre. Sa composition varie dans chaque espèce de végétal, mais elle présente une certaine analogie chez les plantes d'une même famille. Les mêmes rapports se retrouvent également dans les autres organes des végétaux. Nous rappellerons, en effet, que la tige et les brandies des arbres de la famille des conifères renferment une résine et une essence identiques ou isomériques avec la résine et l'essence de térébenthine ; qu'il existe dans les plantes appar. tenant à la famille des papavéracées des bases organiques comparables entre elles par leur énergie sur l'économie animale; que les strychnées, les solanées, etc.^ contiennent chacune des alcalis qui se rapprochent par leurs propriétés vénéneuses ; et que plusieurs des plantes de la famille des crucitères peuvent donner une essence sulfurée.
Dans ces derniers temps, M. Rochleder a constaté aussi des analogies Dwnbreuses, au point de vue de la constitution chimique, entre les plantes de la famille des rubiac^es.
L'ensemble de ces faits nous détermine à suivre, dans l'examen des divers organes des végétaux, 1^4re adopté par les botanistes.
ÉTUDE un PRINCIPALES RACINES. 35i^
rouoiBss.
A8PIDICM FILIX MAS (Fougère mdle).
Cette facine est verdâtre , d'une saveur astringente et amère. Elle renferme :
Huile grasse avec des traces d*essence 6,10
Résine ^cre et asuiDgente. • 6«32
Adde tartrique avec un peu de sucre et acide malique* dl,58
Amidon 11,11
Fibre végétale /Ï6,00
99,96 (M. Wack-enroder.)
On rettiploîe en médecine. Les propriétés thérapeutiques de la racine de fougère sont dues à la substance huileuse qui s'y trouve contenue, et qui agit oomttie vermifuge.
Cette huile est d*un jaune bfunàtre , d'une odeur et d'une saveur désagréables. Elle est plus dense que l'eau , et présente une réaction acide. Les alcalis en séparent de l'acide stéarique, de l'acide oléique et de l'acide margarique. L'alcool la dissout en partie ; la dissolution dépose de la stéarine par l'évaporation.
Pour obtenir l'huile grasse qui existe dans la racine de fougère, il faut épuiser cette racine par l'éther et soumettre ensuite l'extrait éthéré à l'évaporation.
AROJUDÉXS.
AGOftCS GALAMtJS (Acore).
La Padne d'acore est spongieuse, d'un jaune fauve à l'extérieur, d*un rose pâle à l'intérieur, d'une saveur amère et astringente. Elle contient t
tltttie volatile aukère « » 1,0
Résine . . * . ^ • . ^ i ». è ... i » 3,3
MaUère eitractive et chlorure de potaMiOm. »»».!» 8»d
Gomme et traces de phosphate de potasse. • • « • • • » 6,5
Inuline 1,6
Fibre ligneuse 22,5
Eau 65,7
(Tromusdorff.)
On en fait usage eu médecine et dans la parfumerie.
3Q0 CHIMIE VÊ6ÉTALB.
ARUM MAGULATCM {Gouet pied-de-veau).
La racine à* Arum maculatum est jaunâtre à Textérieur, blanche à Tintérieur, d'une saveur acre et amère. Elle laisse exsuder, lorsqu'on la comprime, un suc laiteux qui irrite vivement la peau.
L'analyse de cette racine a donné les résultats suivants :
Huile grasse 0,6
Extrait sucré A,/il
Gomme 5,6
Mucilage 18,0
Amidon liumide 71,/ii
100,0 (BUGHOLZ.)
On s'est longtemps servi de la racine à* Arum maculatum comme pur^ gatif; mais on l'a presque complètement abandonnée aujourd'hui pour cet usage , à cause de sa grande énergie.
En soumettant cette racine à une légère torréfaction, on peut lui enlever son àcreté et l'employer ensuite comme aliment.
TRITIGIJM ftBPBNS (Chiendent).
La racine de chiendent donne par décoction 15,6 pour 100 d'un sirop agréable et sucré.
M. Semmola est parvenu à extraire de la racine de chiendent une substance cristallisabie qu'il a nommée cynodine.
Le chiendent est employé dans certaines maladies aigués.
On a pensé h Cabriquer de l'alcool en se servant de la racine de chiendent, mais il parait difficile de se procurer une quantité convenable de cette racine, sans que les frais d'approvisionnement absorbent la plus grande partie des bénéfices d'une telle fabrication.
ÉTUDE DBS PRINCIPALES RACINES. 36t
CTBÈBLAOÈMB.
GTPBRliS B8GIILBMTIT8 {Chu fa, Souchet alimentaire).
Le tubercule du souchet est brun , d'une saveur sucrée , d'une odeur agréable qui se rapproche de celle de la noisette. 11 renferme :
Huile grasse .'" àfi
Albumine végéule 1,5
Amidon 22,4
Inuline /i,3
Gomme 17,8
Sucre 12,5
Principe colorant 1,4
Sels de potasse, de chaux et de magnésie, silice. ... 5,5
Fibre végétale 21,0
Eau et perte* 8,8
100,0 (M. Semmola.)
D'après M. Ramon Luna, le tubercule de souchet contient :
Huile grasse 28,06
Fécule 29,00
Sucre cristattisable 14,07
Eau 7,10
Albumine 0,87
Cellulose 14,01
93,11 Gomme, matière colorante , sels et perte 6,89
Depuis longtemps le souchet est employé en Espagne comme aliment. A Madrid on en consomme environ 12 000 kilogrammes pour la préparation de l'orgeat. Il donne, par compression entre deux plaques métalliques chaudes , une huile d'excellente qualité. La pulpe provenant de cette opération peut fournir 12 à 14 pour 100 de sucre cristallisable , et en outre une grande quaCntité de fécule.
L'huile grasse extraite du souchet est jaunâtre, inodore, transparente, d'une saveur analogue à celle de l'axonge, d'une densité égale à 0,919. Elle se solidifie, comme l'huile d'olive, sous l'influence de l'acide hypo-
862 CHIMIB ViôÉTALB.
azotique. L'éther la dissout facilement Elle brûle avec une flamme lumineuse.
Les alcalis la saponifient avec rapidité ; le savon produit renferme de Tacide oléique et de Tacide margarique.
Lorsqu'on abandonne Thuile de souchet à elle-même, elle laisse déposer une matière grasse cristalline dont la nature n*est pas encore déterminée.
(M. Ramon Luna.)
MÉ&AVTBAOÉBS.
YBftATftCM ALBUM (Ellébore blanc).
La racine d'ellébore blanc contient de Toléine, de la stéarine^ du gallate de vératrine, une matière colorante jaune, de Tamidon, du ligneux et de la gomme. Les cendres de la racine d'ellébore blanc sont formées de carbonate de potasse, de sulfate de chaui, de phosphate de chaux et de silice. (Pelletier et Caventou.)
Quand, après avoir ajouté de l'acide chlothydfique dans un extrait alcoolique de racine d'ellébore blanc, on additionne la liqueur de carbonate de soude , il se forme un précipité qui contient , outre la vératrine signalée par Pelletier et Caventou, une base organique nouvelle, la jervine, dont la découverte est due à H. Simon. En épuisant ce précipité par l'alcool, décolorant la dissolution par le noir animal, et la faisant cristalliser, on obtient des cristaux de jervine; la vératrine reste en majeure partie dans les eaux mères.
Les principales propriétés de la jervine et de la vératrine ont été décrites dans le tome IV, pages /i56 et U51.
C'est à la présence de la vératrine dans la racine d'elléborô blanc que l'on doit attribuer les effets violets de cette racine sur les ahimaux.
JU&lAdÉtt.
GOLGHIGIIM AtTDMNALB {Colchique d'automne),
La racine de cette plante est blanche et connue farineuse à l'int^iettr. Elle contient de l'oléine^ de la stéarine, une matière colorante jaune, de la gomme, de l'amidon , de l'inuline^ du ligneux, un adde organique volatil et une base particulière, la cokhicine , dont les propriétés «e rapprochent de celles de la vératrine.
La oolchicine a été étudiée précédemment. On l'obtient en épuisant la racine , la fleur ou lA graine de colchique par de l'alcool contenant une petite quantité d'aoide feulfurique : l'extrait , saturé par le carbonate de
ÉTUDE MS l»ftTMPàLE9 lUCINBS. lt6S
chaux , additionné d'acide sulfurique et soumis à l'évaporation , donne , lorsqu'on y verse une dissolution de earboiiate de potasse, un précipité blanc , auquel l'alcool absolu enlève la colchicine.
Cet alcali est purifié par des cristallisations successives dans l'alcool.
Pelletier et Caventou, qui analysèrent les premiers la racine de colchique d'automne , confondirent la colchicine avec la vératrine. Ce fut en 1833 que Geiger et Hesse, en constatant la solubilité de la colchicine dans l'eau, et la propriété qu'elle présente de se colorer en brun-jaunâtre sous l'influence de l'acide sulfurique, établirent une distinction entre ces deux bases : nous rappellerons ici que la vâratrine est insoluble dans l'eau et se colore en violet rougeàtre au contact de l'acide sulfurique.
8HILA1 BAftSAPAiiiLLA [StskepareilU).
La salsepareille présente une racine ligneuse qui est tantôt blanchâtre, tantôt d'un rouge orangé^ quelquefois d'un noir roussâtre, et qui contient, sur 100 parties :
Résine ftcre et amère ..... v 2,8
Extrait gommeiuc • • . . . • . i i . * « . . 5,5
Amidon i . 6A,2
Fibre ligneuse . • • S7,8
(Ganobbio.)
On a trouvé en outre dans la racine de salsepareille une substance cristallisable, la tmilachie^ dont nous avons déjà étudié les propriétés.
La smilacine se dépose à l'état cristallin par l'évaporation de l'extrait alcoolique de salsepareille.
aLfctM BAtilrtJii {Âïl).
L'ail donne par expression un suc incolore, mudlagineux, acide, d'une odeur désagréable et caractéristique.
Le suc d'ail laisse déposer de l'albumine Iqrsqu'on le chauffe ou bien quand on l'additionne d'acide sulftiriqueou d'acide chlorhydrique. Il est précipité par le tannin, le sulfate de protoxyde de fer et l'azotate de mercure au minimum.
L'ail, distillé avec de l'eau, donne une huile essentielle sulfurée que nous avons déjà décrite; c'est à la présence de cette huile qu'il doit son odeur.
ALLIUM GBPA (Oignons).
Lorsqu'on broie les oignons, il en découle un suc incolore dont Todeur est pénétrante et excite le larmoiement.
Le suc d'oignon est acide ; il se trouble lorsqu'on le chauffe, et donne un dépôt albumineux imprégné d'une essence sulfurée soluble dans l'alcool.
8GILLA MAftlTIMA (^ScUle),
Les bulbes de la scille sont ovoïdes ou arrondis, blancs à l'intérieur et recouverts d'un épiderme brunâtre. Leur saveur est acre et amère. Ils renferment :
Matière acre et volatile, quantité indéterminée.
Gomme 6
Sclllitine 35
Tannin 2k
Citrate de chaux
Sucre
Ligneux 30