PISSENLIT
La tige du pissenlit se compose au mois de mai de :
Eau 86,000
Substances solubles dans Teau bouillante. ..«•.. 9,1/iO
Substances solubles dans une dissolution alcaline . • 3,091
Cire, résine, chlorophyUe 0,100
Fibre yégéule 3,669
100,000 (M Sprengbl.)
100 parties de la plante à Tétat vert, soumises à l'incinération, donnent l,(i87 de cendres formées de :
Potasse 0,300
Soude 0,080
Chaux 0,181
Magnésie 0,003
Oxyde de fer 0,341
SiUce 0,362
Chlore 0,10Zi
Acide phosphorique 0,028
Adde sulfurique 0,061
(M. SpnKNr.Ei..)
468 CBIMIB VÉGÉTALE.
AMTEIIISIA ABSINTHIIJM {Absinthe).
L*absinthe, analysée avec ses feuilles, a donné les résultats suivants :
Essence 0,150
Résine 0,238
Albumine 1,250
Amidon 0,133
Sut>stances amères /i,266
Fibres ligneuses 10,833
Azotate de potasse 0,333
Absinthate de potasse 0,917
Eau 61,263
Sulfate de potasse et chlorure de potassium q. indét
(Brâconrot.) Les cendres de Tabsinthe sont formées de :
Sulfate de potasse 1
Carbonate de chaux 59
Alumine 5
Sulfate de chaux 5
Silice 4
Oxyde de fer 3
Perte 10
(M. KunSMULLER.)
D'après les recherches de M. Zwenger, Tacide absinthique, découvert par Braconnot dans Tabsinthe, n'est que de Tacide succinique. Cet acide existe dans la plante à Tétat de succinate acide de potasse.
ARTEMISIA CONTRA {Armoise),
L*annoise n*a pas été complètement analysée; mais Braconnot a établi la composition de l'extrait aqueux que peut donner cette plante. Voici les résultats que ce chimiste a obtenus :
Résine amère li,0
Principe amer 50,1
Matière azotée insipide 22,3
Fécule 2,8
Absinthate de potasse 15,3
Chlorure de potassium et sulfate de potasse q. indét
11 est probable que l'acide absinthique retiré de celte plante par Braconnot n'est, comme pour l'absinthe, que de l'acide sucoiniquc.
Les feuilles sont des organes latéraux qui naissent sur la tige, et qui se présentent en lamelles de couleur verte.
Le rôle des feuilles pendant la végétation est de faciliter l'ascension du suc dans la plante, par suite de Tévaporation continuelle qui se produit à leur surface, et, en outre, de décomposer, sous Tinfluence des rayons du soleil, l'acide carbonique de Vatmosphère.
Voici les résultats obtenus dans l'analyse de plusieurs feuilles.
UCHiNACin.
LTGOPOMCM GOMPLANATUM {Lycopode).
Les feuilles de lycopode renferment :
Chlorophylle 5,0
Matières extractives , sels, acétate d^alamine 25,0
Sels organiques à base de chaux , de magnésie » de
manganèse , de fer, de plomb et de enivre 6,0
Fibre végétale 6A,0
L'infusion de lycopode est employée comme mordant, à cause de la grande quantité d'acétate d'alumine qu'elle contient. (John.)
BBTULA {Bouleau).
Les feuilles du bouleau présentent en centièmes la composition suivante :
Essence et cire 0,3
Extrait jaune et amer \
Acide libre ( , ^ ,
Gomme. i "•''
Albumine ]
Résine \
Chlorophylle (
are j ^^'^
Fibre végétale )
Eau 5/1,5
100,0 ( M. Grassmann.)
On les emploie comme fourrage dans certaines contrées du Nord,
A70 CfflMlB VÉGÉTALE.
OVWIàTPÈMMB,
QUERGUS INFBGTORIA.
Les feuilles de cette espèce de chêne n'ont pas été analysées ; mais on a déterminé la composition d'une excroissance {noix de galle) qui se forme à leur surface, à la suite de la piqûre d'un insecte, le Cynips quercûs folii,
lloix de falle.
La noix de galle est arrondie, d'un gris noirâtre, et de la grosseur d'une aveline. Sa surface est ordinairement garnie d'aspérités épineuses; on y trouve une petite ouverture circulaire qui pénètre jusque dans une cavité intérieure.
Cette noix est inodore et d'une saveur astringente. Elle renferme :
Adde tannique 65,0
^ Acide gallique 2,0
' Acide ellagique \
Acide lotéogaliique j *
Chlorophylle et haile volatile , . 0,7
Matière brune 2,5
Gomme 2,5
Amidon 2,0
Ligneux 10,5
Sucre
Albumine.
Suirate de potasse , chlorure de potassium , gallates } 1,3 de potasse et de chaux, oxalate de chaux et phosphate de chaux
Eau 11,0
( GUIBOURT. )
La noix de galle sert à obtenir l'acide tannique, à préparer l'encre i écrire et certaines couleurs noires employées en teinture.
Parmi les différentes espèces de noix de galle qu'on trouve dans le commerce, on distingue :
1° La noix A'Alep, brune ou d'un gris verdâtre ; cette espèce est la plus estimée;
2*» La noix de Morée ou A* Alger ^ qui est moins riche en tannin que la précédente ;
ÈTOBB DBS PRlNCIPÀtXS PBUILLBS. 47 1
^"^ La funx du pays ou galle d'Europe^ qui se trouve en Espagne, dans le Piémont et en Provence. Cette dernière espèce de noix arrive rare* meut à sa maturité.
TOléTGOnÉMB.
POLTGONinil TINGTORIinil.
Le Polygonum tinctorium est une plante très répandue dans les climats tempérés, et dont les feuilles renferment environ 0,005 pour 100 d'indigo. (M. Baudrimont.)
L'extraction de Tindigo que contient le polygonum tinctorium a été essayée en France. D'après les expériences faites par M. Margueron, il est possible d'obtenir 60 kilogranunes de matière colorante, avec la cueillette d'un hectare de terrain ; et le prix de revient de chaque kilogramme est de 19 fr. Hais les produits obtenus offrent souvent une teinte désagréable. Cet inconvénient, auquel vient s'ajouter celui du prix élevé des matières, rend donc la culture du polygonum tinctorium peu avantageuse dans nos contrées.
Pour extraire l'indigo du polygonum, on emploie la méthode suivie dans les laboratoires pour purifier celte matière colorante, et qui consiste à la réduire à l'état soluble par l'action du sulfate de protoxyde de fer, puis à la laisser précipiter par l'oxygène atmosphérique. Dans ce but, la cueillette, réduite en pâte par son mélange avec de la chaux éteinte et de l'eau, est introduite dans une cuve de bois, et mêlée à 0,20 de sulfate de fer au minimum, 0,30 de chaux éteinte, et 0,30 d'eau. La cuve est fermée et abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, la liqueur est décantée, puis agitée au contact de l'air ; l'indigo s'oxyde, passe à l'état insoluble et se précipite. On le recueille sur un filtre de toile, où on le lave successivement avec de l'acide chlorhydrique étendu et avec de l'eau.
La cueillette n'est pas épuisée par un seul traitement ; il faut recommencer l'opération jusqu'à ce que la liqueur cesse de bleuir sous l'influence de l'air.
Voici la composition des feuilles du Polygonum tinctorium :
Eau 66,66
Lfgneux 7,/iO
Indigo (en y comprenant le gluten, le brun et le rouge
dlndlgo). 1,00
A reporter. 75,06
()72 CBIMIE VÉGÉTALE.
Report 75,06
IVfatière colorante jaune rongeâtre solable dans Teaa. \
Matière colorante rouge soluble dans Talcool et dans > b,UO
Téther )
Chlorophylle 6,10
Cire 2.32
Albumine i.20
Gomme « 0,90
Tannin 0,40
Azotate de potasse OfiU
Acétate de potasse 2,9&
Chlorure de potassium 0,60
Chlorure de calcium .* • 0,71
Sulfate de potasse 0,81
Phosphate de potasse. ... « 0,/i2
Silice 1,54
Principe aromatique , huile essentielle avec acide
acétique libre
Malate de potasse } 0,96
Chlorure de magnésium
Carbonate de chaux
roircinLAGÉss.
AGONITIJM NAFBLLUS {AconU).
Cette plante est très vénéneuse; ses feuilles ont été analysées par Bucholz, qui les a trouvées formées de :
Eau 83,76
Fibre végéule 15,00
Cire, résine, fécule, gomme, albumine, matière extractive brune , sels organiques à base de potasse et de chaux 1,25
Le principe vénéneux des feuilles d*aconit a été nommé aconitine. Nous avons indiqué ses principales propriétés tome IV, page 655. On l'obtient en épuisant les feuilles d*aconit par Talcool, saturant Textrait par la chaux et l'additionnant d'acide sulfurique, après l'avoir filtré. Il se précipite du sulfate de chaux, tandis que l'aconitine reste dans la liqueur. Celle-ci, étant évaporée doucement à sec, laisse pour résidu du siulfate d'aconitine, (|ui, décomposé par le carbonate de potasse, donne
ÉTUDE DES PRINCIPALES FEUILLES. Ul^
Taconitine impure. Pour purifier cette base, il faut la traiter par le noir animal, la convertir ensuite en sulfate, décomposer ce sel par la chaux, et épuiser enfin le précipité par Téther, qui dissout seulement Taconitine. (Hesse.)
TWÈAOÈMB, THBA 8INBNSIS (Thé).
L'arbrisseau avec les feuilles duquel on prépare le thé est très répandu entre l'équateur et le ix5* de latitude. On le rencontre dans les pays humides, sur les sols légers et sablonneux.
En Chine, le thé est propagé par semis, et de manière à laisser entre les plants un espace d'un mètre environ. L'arbrisseau fleurit au printemps, et porte des graines au mois de décembre. Sa hauteur varie alors entre 1°»,50 et 2"*,50. On attend en général trois ans avant de commencer à l'efieuiller. La cueillette se fait alors à la main ; les feuilles sont enlevées, en ayant soin toutefois d'en conserver quelques-unes sur chaque branche. Cette manière d'opérer présente l'avantage de ne pas arrêter la végétation, les organes foliacés se reproduisent rapidement, et l'on peut alors faire deux ou trois récoltes par an.
La première récolte a lieu vers le J5 avril ; à cette époque les bourgeons sont recouverts d'un duvet cotonneux. Elle est très peu abondante, mais le thé qui en provient est très estimé ; on lui donne le nom de thé show'^hun.
La seconde récolte, qui s'opère au mois de juin, doime un thé moins délicat, désigné sous le nom de thé urh-chun^ ou de seconde origine.
Enfin, la troisième récolte se fait en juillet ; les feuilles, dont la couleur s'est foncée, dont l'épaisseur s'est accrue, fournissent le thé san-chun, ou de troisième origine, thé grossier et fort peu estimé.
Au Brésil, les feuilles récoltées sont immédiatement introduites dans une chaudière de fer où on les dessèche rapidement à la température de 100*. Il faut les remuer constamment pendant cette dessiccation, afin d'éviter qu'elles ne s'attachent aux parois de la chaudière et ne se grillent, ce qui donnerait au thé un goût désagi*éable.
L'opération est prolongée jusqu'à ce que les feuilles, qui se ramollissent, aient acquis la souplesse du linge. On les place alors sur une espèce de claie, où on les comprime de manière à en faire sortir un suc acre et amer. Elles sont ensuite reportées à la chaudière, et on les chauffe de nouveau pendant une demi-heure, en les agitant avec les mains, pour détacher le duvet cotonneux qui les recouvre; pendant cette opération, les feuilles se crispent, se roulent sur elles-mêmes, et prennent alors l'aspect du thé du conmierce.
tnU CHimB TÉGÉTALI.
On sépare, à l'aide d'un crible, 'celles qui sont le mieux enroulées, puis on les soumet à un nouveau grillage, qui leur donne une teinte d*un gris plombé. Le produit est vendu sous le nom de thé impérial ou tbé uchin de première qualité. Les feuilles restées sur le crible sont mises à leur tour dans la chaudière, et subissent le même traitement que les précédentes ; elles fournissent le thé hyson commun. Enfin, les débris de feuilles, les résidus des vannages que Ton fait subir au thé impérial et au thé hyson, forment le thé de famille, que Ton consomme sur les lieux mêmes.
Ordinairement, après avoir subi le traitement qui vient d'être décrit, le thé présente une saveur désagréable ; mais son goût se modifie peu à peu, et il finit par acquérir la délicatesse qu'on lui connaît. Pour ajouter encore à la saveur aromatique du thé, les Chinois ont l'habitude de le laisser longtemps en contact avec des plantes odoriférantes, qui luicom* muniquent leur parfum. (M. Guillemin.)
On retire du thé une base cristallisable qui a été nommée théine ou caféine, parce qu'elle se trouve également dans le café.
400 parties de thé hyson renferment 2,6 à 3,^ parties de caféine. (M. Payen.)
Nous donnons ici la composition des feuilles de thé desséchées :
Thé Ttrl. Thé aoir.
Essence 0,79 0,60
Chlorophylle, matière verte 2,22 iM
are . 0,28 »
Résioe 2,22 3,64
Gomme. 8,56 7,28
Tannio 17,80 12,88
Théine (ou caféine) 0,û3 0,66
Matière extraclive 22,80 21,36
Substance colorante particulière 23,60 19,12
Albnmine. 3,00 2,80
Fibres ( cellulose) 17,08 23,32
Gendres (maUèret minérales) 5,56 5,2/i
(M. MCLDIR.)
L'essence de thé est aromatique. Son odeur est forte; elle causf le vertige.
L'eau enlève environ 30 à ^0 pour 100 de substances solubles au thé.
Le thé, soumis à Tincinération, laisse environ 5 pour 100 de cendres, comme le montrent les analyses suivantes :
ÉTUDE DIS PRIMCIPÂLBS PEDILLIS. kli
Cimértê UAêêétê par !• tli« Cfmêrt» Uilssécs par le tlié
de la cmne. eu lapoD.
Ghlorare de potassiam»
carbonate , sulfate et
phospb. de potasse. 2,8A 3,û0
Carbonates de chaux et
de magnésie, sulfate
et phospb. de chaux,
phosphate de fer . • 1,72 ifili
Silice 0,68 0,32
(M. MULDER.)
OSLVOIFÈSŒB.
BEA8SIGA {Choux).
Le ctioux contient en centièmes :
Eau 92,3
Matières sèches consistant en résine , matière extractive, gomme, albumine, chlorophylle, acide acétique, sulfate et azotate de potasse , chlorure de potassium , malate et phosphate de chaux, phosphates de magnésie, de fer et de manganèse 7,7
(M. GiRARDIN.)
400 parties de feuilles de choux laissent à l'incinération 1,595 parties de cendres composées de :
Potasse 0,288
Soude 0,015
Chaux 0,728
^Alumine 0,001
Oxyde de fer et une petite quantité de phosphate de
chaux 0,006
SUice 0,075
Acide phosphorlque 0,157
Acide sulfurique 0,23Zi
Chlore 0,021
Googk
ISATIS TINGTOftU {Pastel).
Les feuilles de cette plante ont pendant quelque temps fourni Tindigo employé en France dans les arts. Elles en renferment environ 1,5 pour 100.
V Isatis tinctoria végète facilement dans le midi de l'Europe, où on le cultive en grand. Cette plante supporte sans inconvénient le froid de l'hiver, et peut servir de fourrage pour les bestiaux. On la sème au mois de mars, et Ton opère la récolte au moment où les feuilles s'affaissent, en prenant une teinte bleuâtre sur leurs bords.
Voici par quelle méthode on en extrait l'indigo.
Les feuilles recueillies sont réduites en pâte sous des meules, et placées ensuite en tas sous des hangars, où elles entrent en fermentation. Il faut avoir le soin de boucher les fentes qui se font aux tas, et d'entretenir constamment l'humidité de la masse en l'arrosant avec de l'urine mêlée au liquide noir qui s'écoule des tas en fermentation. Au bout de deux mois environ, on broie la matière pour lui donner plus d'homogénéité, puis on la moule en forme de cylindres de 6 centimètres de diamètre, et de 25 centimètres de hauteur.
Les cylindres de pastel ainsi préparés sont désignés dans le commerce sous le nom de coques. Ils servent à obtenir les cuves de pastel employées en teinture (voy. t. V, p. 575). Un hectare de terre, planté en isatis tinctoria, produit en moyenne 40 kilogrammes d'indigo, quantité inférieure à celle que donne dans Tlnde une même surface de terrain. En outre, le prix de l'indigo européen est environ le double de celui de l'indigo recueilli dans l'Inde.
La culture du pastel n'est donc pas très avantageuse.
OB
GONIVM MAGVLATDM (Ciguë).
La ciguë présente des feuilles vertes, profondément dentées, et qui répandent, par la pression, une odeur vireuse et herbacée.
Ces feuilles renferment, comme les autres parties de la plante, une base organique vénéneuse, la conine^ que nous avons étudiée tome IV, page A17.
Le suc retiré des feuilles fraîches de ciguë offre la composition suivante :
KésiQe 0,15
Matière extractive 2,73
Gomme 3,59
Albumine 0,30
Fécale 0,80
Acide acétiqae, chlorure de potassium, sulfate et azotate de potasse , malate et sulfate de chaux ,
phosphates de magnésie , de fer et de manganèse. • 92,50
(M. SCHRADER.) ZÉaVMXNKUBXB.
INDIGOFEKA (Indigotier).
Les plantes du genre /ndigofera, telles que VIndigofera anil, Y Indigofera car gentea^ etc., donnent, par la fermentation, une substance bleue nommée indigo, que Ton emploie en teinture.
Les propriétés de Tindigo ont été étudiées tome V, page 497 ; nous nous occuperons ici de la préparation de cette matière colorante, et des moyens que Ton peut employer pour découvrir les falsifications qu'elle subit parfois dans le commerce.
Les indigofères se rencontrent dans les terrains légers et humides. Us exigent une température supérieure en moyenne à SS**, et donnent d'autant plus de principes colorants, que Tannée a été plus chaude.
En Amérique la plante est propagée par semis en ligne, dans un sol sus* ceptible d'être irrigué. Chaque plant doit être écarté de 65 centimètres environ de ceux qui l'entourent, afin qu'il puisse prendre un développe* ment convenable. La graine lève ordinairement au bout de huit jours. On sarcle pendant le premier mois, pour assurer aux plantes une végétation vigoureuse. Le temps nécessaire au développement des feuilles varie avec le climat ; toutefois la première coupe a toujours lieu avant le troisième mois de végétation. L'aspect des feuilles guide le planteur : il sait que l'indigo de qualité supérieure provient des feuilles brillantes et recouvertes d'un duvet blanc, qui leur donne un reflet argenté, sous certaines inflexions.
La seconde coupe s'opère quarante-cinq jours après la première ; et Ton fait ainsi plusieurs récoltes successives, jusqu'à ce que la plante commence à dégénérer. Un indigofère végète en général dix ans. Mais comme la proportion d'indigo qu'il fournit diminue à chaque récolte, on a l'habitude, dans l'Inde, de retourner la plante tous les ans. Cette coutume avantageuse dans les pays chauds présenterait des inconvénients dans tout autre climat, où la matière colorante ne se produit pas complètement dans l'espace d'une année.
478 CHIMll YBGÉTiLB.
Les produits obtenus sont aussitôt portés aux tangues, espèce de cuves de maçonnerie disposées en. gradins, où doit s'opérer le traitement qui met l'indigo en liberté. La cuve supérieure, nommée trempoir, est remplie d'eau ; on y jette la récolte que l'on recouvre de planches pour l'empêcher de surnager. La fermentation ne tarde pas à se manifester ; elle dure environ dix- huit heures; pendant ce temps, la liqueur verdit, acquiert une odeur fétide et laisse dégager un grand nombre de bulles de gaz. Tout le soin du fabricant doit se porter sur cette fermentation, de laquelle dépend la bonne qualité des produits ; car si la fermentation n'est pas suffisamment prolongée, il reste de l'indigo dans les feuilles ; si, au contraire, elle a été maintenue trop longtemps, une partie de la matière colorante se détruit. Il faut donc de temps en temps essayer la liqueur en en agitant une petite quantité au contact de l'air, afin de précipiter l'indigo, et déjuger ainsi de la teinte qu'il présente. Lorsque la coloration est convenable, on fait écouler le liquide dans les vases inférieurs nommés batteries^ et on l'agite rapidement au contact de l'air. Enfin, au moment où l'indigo se précipite, un robinet convenablement disposé fait écouler à la fois la liqueur et le précipité dans le dernier vase (reposoir), où la précipitation s'achève.
Au bout de vingt heures environ, on sépare le précipité d'indigo et on le place sur une toile où il s'égoutte librement ; puis, dès qu'il a pris la consistance d'une pâte, on le divise en pains rectangulaires, qui sont mis à sécher à l'ombre sous des hangars.
Lorsque la culture est bien conduite, on peut obtenir annuellement un produit de 127 kilogrammes par hectare de terre.
Sur la côte de Coromandel, la culture de l'indigo a lieu dans les terres sablonneuses, sur lesquelles la végétation n'est possible qu'à la saison des pluies. On obtient des plantes fort petites et dont le rendement est très faible. Voici comment s'opère la récolte. La plante est coupée à un décimètre du sol, et battue avec des gaules. Les feuilles qui se détachent sont placées au soleil pour en achever la dessiccation, puis introduites dans un vase où on les laisse infuser pendant trois heures environ. L'infusion est ensuite filtrée, agitée au contact de l'air et additionnée d'un lait de chaux éteinte. Il se précipite alors une espèce de pâte bleue formée d'indigo et de chaux. Cette pâte est lavée à Teau bouillante, mise à égoutler sur des linges de toile et placée entre les plateaux d'une presse, afin d'en faire sortir la plus grande partie de Teau qui l'imbibe. Le résidu est ensuite découpé en pains cubiques, qu'on livre au commerce. Les pains d'indigo Caromandel pèsent en général 90 grammes.
Un hectare de terrain, sur les côtes de Caromandel, produit annuellement 53 kilogranmies d'indigo.
Tels sont en Amérique et dans l'Inde les procédés de fabrication de l'indigo.
ÉTUDE DIS PMNQPàLBS FEUILLES. 479
Dans le commerce, on distingue les indigos par le nom des pays dont ils proviennent. Ainsi, Ton dit indigo de Bengale, indigo de Manille, indigo de Madras, de Coromandel, de Bombay, de Brésil, de la Caroline, de Guatemala, de Vile de France , du Sénégal, d'Egypte , indigo caraque, etc... Chacune de ces sortes d'indigos présente des variétés auxquelles on a donné des noms qui rappellent quelques-unes de leurs qualités. Nous citerons ici les noms des variétés des indigos Bengale. Java et Guatemala, qui se rencontrent le plus fréquemment dans le commerce. Ce sont :
L'indigo surfin bleu ou bleu flottant,
L'indigo surfin violet,
L'indigo fin violet.
L'indigo fin violet pourpre,
L'indigo bon violet.
L'indigo fin et bon rouge,
L'indigo fin cuivré,
L'indigo cuivré ordinaire bon.
Les variétés du caraque et du Guatemala sont désignées par les noms suivants :
Indigo bleu flor,
Indigo sobre supérieur,
Indigo sobre bon.
Indigo ordinaire.
Indigo corte supérieur.
Indigo corte bon,
Indigo corte ordinaire.
Mais ce ne sont pas là les seuls noms donnés aux indigos du commerce ; on les distingue aussi par des dénominations indiquant leur aspect, leur pureté, leur préparation, etc.. Tels sont, par exemple, Yindigo sablé, Yindigo rubané, Vindigo piqueté, etc.
L'indigo Bengale se rencontre ordinairement sous la forme de cubes appelés pierres ou carreaux; ces carreaux happent à la langue, sont légers, présentent une cassure nette et une teinte cuivreuse quand on les frotte.
L'indigo Coromandel se rapproche beaucoup du précédent par son aspect ; mais il lui est inférieur en qualité. Ses carreaux, ordinairement recouverts d'une légère couche verdàtre, présentent des arêtes arrondies et une cassure parfaitement nette.
L'indigo Madras est supérieur à l'indigo Coromandel ; ses carreaux offrent une légère teinte rose et une cassure grumeleuse.
L'indigo Manille, moins estimé que le précédent, est en petits carreaux conservant l'empreinte des nattes de jonc sur lesquelles on les a séchés.
L'indigo Brésil a la forme de parallélipipèdes rectangulaires. U est
Googk
recouvert d'une poudre d*un gris verdâtre, si cassure est parfaitement nette et possède un éclat cuivré.
L'indigo Caroline est toujours en petits cubes de couleur grise.
L'indigo Java présente la forme de parallélipipèdes rectangulaires. Il se rapproche beaucx)up de l'indigo Bengale, mais il est moins estimé.
Les indigos caraque et Guatemala se rencontrent ordinairement en petits morceaux ou grahaux, parce qu'ils sont extrêmement friables. On ne peut les distinguer l'un de l'autre que par la différence de leur texture : l'indigo Guatemala est assez compacte, tandis que l'indigo caraque est spongieux, et présente, jusqu'à un certain point, l'aspect du pain.
(M. Persoz.)
D'après Berzelius, on trouve dans l'indigo, outre l'indigotine, une matière particulière, qu'il a nommée gluten d'indigo^ une substance brune ou brun d' indigo ^ une matière rouge, dite rouge d'indigo ou résine rouge d'indigo.
Voici la composition de quelques-uns de ces indigos :
ln«lto Mca Ootunc
Eaa 5,7
Gluten 00 matière azotée 1,5
Brun d'indigo kfi
Résine rouge 7,2
Matières minérales 19,6
IndigoUne 61,4
100,0 (MM. GiRARDiN et Pbessbr.)
bkUfo GMtaïuita «eMédié.
Ammoniaque, matière yerte, extractif, gomme. .... 12
Résine rouge 36
Carbonate de cbaux 2
Oxyde de fer et alumine 2
Silice 3
Indigotine A5
(M. Cbevrbul.)
Indlffo ûu commerce orétaaire»
Indigotine kl
Gomme 12
Résine 6
Terre 22
( Bergmamn.)
Quelle que soit leur provenance, les indigos ne renferment jamais la môme proportion de matière colorante ; et souvent, dans une même caisse, la richesse en indigo des carreaux varie entre 15 et 30 pour 100.
Les causes de cette différence sont dues : 1"! A certains accidents de fabrication : ainsi une fermentation trop brusque ou trop lente amène rindigo à un tel état de déshydrogénation, qu'il perd la propriété de teindre les tissus. 2 ' A une addition frauduleuse de substances étrangères dans rindigo.
Un bon indigo du commerce renferme de l'eau, des matières salines ou terreuses en quantité variable, des substances organiques telles que de la fécule, de la résine, du gluten, du brun et du rouge d'indigo, enfin de l'indigotiue pure.
La proportion d'eau que contient un indigo de bonne qualité ne doit pas dépasser 5 à 6 pour 100. On l'évalue par la perte de poids que subit l'indigo dans une étuve chautïée à 100**.
Les matières salines ou terreuses proviennent, soit de la plante ellemême, soit des eaux employées pendant la fermentation, soit enfin d'une addition frauduleuse.
Il existe plusieurs méthodes pour découvrir la nature et la quantité de ces substances.
1<> On traite l'indigo en poudre par l'acide chlorhydrique étendu et bouillant : si l'indigo renferme du carbonate de chaux, ce qui a souvent lieu, il se dégage de l'acide carbonique. On filtre la liqueur et on l'évaporé à siccité. Le poids du résidu représente la quantité de matières inorganiques contenues dans l'indigo à essayer. Ce résidu est traité par l'eau légèrement aiguisée d'acide chlorhydrique ; la liqueur est filtrée et additionnée d'ammoniaque, qui doit précipiter l'alumine à l'état de flocons gélatineux, solubles dans la potasse. L'alumine étant séparée par filtration, on ajoute dans la liqueur de l'oxalate d'ammoniaque, qui précipite la chaux à l'état d'oxalate, insoluble dans l'acide acétique.
Si la chaux se trouvait à l'état de sulfate, le chlorure de baryum don* nerait dans la même liqueur un précipité de sulfate de baryte, insoluble dans l'acide azotique.
2" L'indigo est soumis à l'incinération; il laisse des cendres qu'on analyse parles procédés ordinaires. En général, 100 parties d'indigo de bonne qualité et bien desséché ne laissent que 7 parties de cendres. Pendant cette calcination, les indigos purs entrent en fiision, en répandant de belles vapeurs pourpres, tandis que les indigos impurs brûlent sans se fondre.
Pour constater la présence de la fécule introduite frauduleusement dans l'indigo, il faut le traiter par l'acide sulfurique faible et déterminer ensuite la fermentation du moût qui s'est produit. La quantité d'alrool VI. 31
gué Ton obtient , indique la proportion de fifeule que contenait lln-
digo.
La présence de la résine se reconnaît en traitant l'indigo par raloool bouillant, qui dissout la matière résineuse. La proportion de résine contenue normalement dans Tindigo est trop faible pour qu'on en tienne compte dans cette opération.
On constate les additions de catopéche en formant une pâte avec l'indigo et une dissolution d'acide oxalique; un papier blanc, appliqué sur cette pâte, se colore en rouge si elle renferme du campéche.
Le bleu de Prusse se reconnaît en traitant l'indigo par une dissolution bouillante de potasse. La liqueur filtrée, étant saturée par un léger excès d'acide, et additionnée d'un sel de peroxyde de fer, donne un précipité de bleu de Prusse.
L'indigo est quelquefois falsifié avec de l'amidon. Cet indigo impur est pâle, et forme une espèce de colle avec l'eau dans laquelle on le délaie.
La présence du sous-oxyde de plomb dans l'indigo est facile à constater. Il suffit de calciner cet indigo : il laisse des cendres contenant du plotnb métallique.
Parfois aussi on mélange l'indigo avec de l'iodure d'amidon. Ce derhiet eorps se rèoonnatt en traitant l'indigo par la potasse caustique : il se formé dé l'iodure de potassium, qui précipite en jaune les sels de plomb, et en rouge les sels de mercure au maximum.
Les matières organiques inhérentes à l'indigo sont, comme on
l'a vu:
V One résine ronge, insoluble dans l'eau, les acides et les alcalis étendus, soluble dans l'alcool, l'éther, l'esprit de bois, l'acétone, l'acide iulfiirique concentré et l'acide nitrique fumant; la dissolution de cette résine dans ces deux derniers acides est d'une belle couleur rouge.
La résine que contient l'indigo est volatile : elle se sublime en partie en beaux cristaux incolores. (M. Cbbvrbdl.)
2* Du gluten, que l'on peut isoler en traitant l'indigo par l'acide sulfùrique et en saturant ensuite la dissolution par du carbonate de chaux. Il se produit du sulfate de chaux peu soluble, tandis que la liqueur r«ttent le gluten. (Berzelius.)
S» Une matière colorante brune, nonunée brun d'indigo, qu'il est flieile d'obtenir en traitant, par une dissolution concentrée de potasse, l'indigo déjà épuisé par les acides. La Kqueur laisse précipiter le brun d'indigo quand on y verse un léger excès d'acide.
En résumé, lorsqu'on épuise les indigos du commerce par l'eau, l'alcool, et l'acide chlorhydrique, on peut en extraire un produit ammoniacal odorant (gluten de Berzelius) , une combinaison de deux subslanoea jaunes, une résine rouge, un principe odorant particulier, des
ETUDE DU MlKâtfiUi PiUILLSS. tAi
lAosplMM de èhaM et d« tnagtiésié, du sulfate de poiêaèè et du chlo^ rure de potassiuifi^ des aoétttteA de potasse, de chaux, de tuagnésië et ûé fer; de l'indigotine pure.
Gomme cette dernière substailcS est la seule, parmi celles que nous venons de citer, qui jouisse du pôuVoif titictorial, il est important de la doser avec exactitude. Voici comment on peut y parvenir :
Première méthode, — On traite successivement l'indigo par l'eau, l*ftfeidô ehlorhydrtquë et la potasse. Le résidu lavé, desséché et pesé, ^pt^èSetite à la fois la matière colorante et les substances minérales insolubles dâtts les réactifs employés. On incinère ce résidu ; il laisse des cen- &t^ dont le t)oids fait cohtiattre par différence celui de l'indigotine pure.'
Deuxième méthode. — 30 grammes d'indigo desséché et réduit en |)oUdl*é, tout introduits aVec 60 grammes de sulfate de protoxyde de fer, daUi^ UU tase de fonte contetiant S litres d'eau. Ce mélange est maintenu éll ébuUitioh pendant quelques minutes, puis additionné peu à peu, et éti fëmuaht continuellement la masse avec une spatule de fer, de 120 à iSO graUimesdé chaux hydi*dtée. L'Indigo absorbede l'hydrogène et entré en dissolution. Dès que la surface du bain s'est recouverte d'une pellieblé iflséé) oU WtïtB le vase du feu, et après avoir laissé déposer les matières insolubles, on décante la liqueur dans un vase dé grès. Lé dé- |k4t est traité de nouveau h l'ébuUitloti par b litres d'eau ; la liqueur dbtëttUë eSi décantée comme la première fois ; enfin on fait agir sur le dêpdt provenant de cette nouvelle décantation 30 grammes de sulfate de protoxyde de fer et 60 grammes de chaux. L'opération est alors continuée comme il a été dit précédemment, et répétée jusqu'à ce que là liqueur tle se colore plus en bleu au contact de l'air, en présence des Acides. Les eaux provenant des diverses décantations sont saturées par Fàcide chlorhydrique, qui précipite Tindigotltie. Cette substance est recueillie, lavée et pesée après dessiccation. (Pungh.)
Ce procédé est long et souvent inexact : d'abord, parce que l'indigo fbfme avec la chaux deux combinaisons, l'une soluble et l'autre inso-* Inble daUs l'eau ; et, en outre, parce qu'il est difficile de faire passer à l'état soluble la totalité de l'indigo soumis à l'expérience. Pour dimi* nuer le nombre des lavages, on peut placer l'indigo porphyrisé dans un flacon à l'émeri, que l'on remplit d'eau. Le flacon étant ensuite porté à la température de 9^'' environ, on y ajoute successivement de la chaux eUdu sulfate de protoxyde de fer. L'indigo se dissout Au bout d'un certain temps, on laisse reposer la liqueur, puis, au moyen d've ÉiidlAn, on en décante la partie claire dans un vase gradué. Cette liqueur est saturée par l'acide chlorhydrique, qUi prtcîplte l'tadigo pur. Le précipité, recueilU sur un filtre dont le poids est connu, est lavé, séché et pesé à rétuve. Si en employant 1 gramme d'indigo et 2 litres d'eau, on a trouvé OP',6 d'indigcf pti^, dans i*»'-,5 de la dissolution décantée, on arrivera k
àM CHimS VÉOÉTALI.
oonnattre la quantité d'indigotiDe pure que renfermait le gramme d'indigo soumis à Fessai au moyen de la proportion suivante :
Souvent la richesse d'un indigo est déterminée par une opération de teinture faite en petit, par un procédé analogue à celui que nous avons indiqué en parlant de la garance. (M. Persoz.)
Les procédés le plus généralement employés sont fondés sur la propriété que présente Tindigo de se dissoudre dans Tacide sulfurique concentré. L*indigo, réduit en poudre et préalablement desséché, est traité par un grand excès de cet acide. L'excès d'acide favorise la dissolution de l'indigo, et empêche la formation de l'acide sullbpurpurique, qui est insoluble; la dissolution peut s'effectuer, soit en exposant le mélangea la température de AO* à 50°, pendant quelques heures, soit à la tempàrature de 20" à 25", pendant un jour.
Nous exposerons trois des méthodes employées pour apprécier la richesse des indigos.
Première méthode. — On dissout 1 gramme d'indigo pur dans 6^,12 d'acide sulfurique concentré, et l'on étend la liqueur de façon à l'amener au volume de 2 litres. 20 centimètres cubes de celte dissolution contiennent donc 08%01 d'indigo pur. Chaque indigo à essayer est traité de la même manière. On teint alors divers écheveaux de laine, pesant 1 gramme, en les plongeant dans 20 centimètres cubes des différentes liqueurs : l'immersion doit avoir la même durée dans tous les essais. Lt richesse relative des indigos s'évalue en comparant la couleur et le ton des écheveaux.
On a constaté que, dans les conditions précédentes, Ok^OI d'indigotine peut teindi'c successivement, par une immersion de vingt-quatre heures, et en rapportant les nuances à une gamme composée de 28 tons à partir du blanc :
i gramme de laine au ton de 18 1 — — 7,6
Où bien
1 gmnine de loie au ton de 16 i — — 9
( M. GHIV1B0U)
ÉTDDB DBS PRINCiPALBS FBUILLKS. 485
Deuxième méthode. — 1 gramme d*indigo est dissous, à la température de 40*, dans 20 grammes d acide sulfurique ; on ajoute assez d*eau dans la dissolution pour former environ trois litres de liqueur, et après avoir filtré sur du verre pilé, on examine cette liqueur au colorimètre.
Troisième méthode. — La quantité de matière colorante que renferme l'indigo du commerce peut être déterminée au moyen d'une dissolution titrée d'hypochlorite de chaux. Ce procédé de dosage n'est pas toujours d'une exactitude parfaite, parce que l'acide sulfurique employé pour dissoudre l'indigo renferme souvent de l'acide sulfureux, qui se produit par l'action de l'acide sulfurique sur les substances étrangères qui accompagnent l'indigo. Une portion de l'hypochlorite est alors employée pour oxyder cet acide sulfureux, et l'on obtient un titre trop élevé pour l'indigo à essayer.
Pour éviter de titrer la dissolution d'hypochlorite de chaux au moment du dosage, on peut opérer comparativement sur l'indigo à essayer, et sur de l'indigo pur. Dans ce but, on dissout séparément, à la température de 50", 1 gramme des deux indigos dans 12 grammes d'acide sulfurique de Nordhausen. Les deux liqueurs sont additionnées de la quantité d*eau nécessaire pour former 1 litre. On prend alors un volume constant, 5 centimètres cubes par exemple, d'hypochlorite de chaux, et l'on détermine exactement la quantité de dissolution d'indigo que ces 5 centimètres cubes de liquide décolorent. 11 est bien évident que la richesse de l'indigo est en raison inverse de la quantité de dissolution colorée qui aura été détruite par l'hypochlorite de chaux. L'opération doit être conduite de la manière suivante : On verse, à l'aide d'une pipette, 2'"*^-,5 d'une dissolution d'hypochlorite de chaux à 1", dans un yase où se trouvent 50 centimètres cubes de la dissolution sulfurique de l'indigo à essayer. Si la teinte du liquide passe au jaune, il y a excès d'hyjKKîhlorite ; si, au contraire, l'indigo est en excès, la liqueur reste bleue. On y verse alors une ou plusieurs pipettes d'hypochlorite de chaux, jusqu'à ce quelle jaunisse; puis, afin de savoir quelle est la proportion excédante d'hypochlorite, on ajoute peu à peu de la dissolution sulfurique d'indigo dans cette liqueur, de manière à ramener la teinte du jaune au verdàtre, coloration que prend toujours le mélange quand l'indigo est en léger excès. Supposons que la seconde pipette d'hypodilorite ait produit la teinte jaune, et que, pour ramener à la teinte verdàtre il ait fallu 46 centimètres cubes de dissolution d'indigo; les deux pipettes d'hypochlorite ont donc déaoloré 96 centimètres cubes de dissolution d'indigo, et, par suite, une pipette d'hypochlorite en a décoloré 48 centimètres cubes. On devra vérifier ce dosage en introduisant dans un vase 48 centimètres cubes de la dissolution d'indigo, et en y versant, en une seule fois, une pipette d'hypochlorite de chaux qui devra, si le dosage a été bien fait, amener la liqueur à une teinte verdàtre telle,
htfi CIUIIII VÉGItAU.
qu'une goutte d'hypochlorite la jaunisse, ou qu'une goutte de dissolution d'indigo la fasse passer au bleuâtre. Dans le cas où cet oonditioiis ne sont pas renlplies, il faut recommenoer l'opératicoi.
Lorsqu'on est certain de ce dosage, il est facile h Taide d^uiie simple proportion d'arriver à connaître le titre de l'indigo. Adnaettoiis, par exemple, que par l'essai comparatif de l'indigo pur et de l'indigo du eommerce, on ait trouvé que les 2««-,5 déoolorent :
4S ceotlmètrss cul)e8 de la dissolution tolfarique normale dtnfUgo , {)7 cenUmètres cube^ d*ui)e dissolution sulfurique d'indigq du GOinmm<ei
Qq aura la richesse de ce dernier indigo pa^ \% proportioq :