SOLS SABLONNEUX
La silice prédomine dans ces terrains ; elle s'y trouve presque toujours mélangée avec de petites quantités d'açgile et de calcaire, et est colorée en général en brun, en jaune ou en gris par l'humus et l'oxyde de fer. Ces terrains sont peu consistants, perméables et s'échauffent très facilement; ils exigent une plus grande quantité de fumier que les autres terres : on les reconnaît au dépôt considérable de sable qu'on obtient en les délayant dans l'eau.
Si le sable pur constitue un sol végétal à peu près infertile, il est bon d'observer néanmoins que la silice parait indispensable à la végétation :
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on en retrouve en effet toujours dans les cendres des plantes, et surtout dans les feuilles; la silice forme des concrétions aux nœuds des graminées; elle constitue presque seule le squelette des végétaux. On conçoit qu'elle ait pu y être introduite, en observant que les eaux de nos sources en renferment presque toujours, ce qui prouve que la silice peut se rencontrer dans un état où elle est légèrement soluble. Mais son peu de solubilité empêche qu'elle ne soit dissoute et entraînée de nouveau, une fois qu'elle s'est déposée; c'est pour cela que la proportion de silice que renferment les végétaux augmente avec leur âge.
Sol de sable p«r. — Cette variété de sol ne se rencontre que sur les bords de la mer, où elle forme les dunes : elle est peu Cbtimée des cultivateurs, car elle réunit tous les inconvénients des sols sablonneux en général. Le sable, en raison de sa forme granuleuse, ne retenant pas l'eau, les racines des plantes qu'on y cultive se dessèchent promptement. La facile circulation de l'air dans un pareil sol, et son état de division, le rendent impropre à absorber et à conserver les principes fertilisants de l'atmosphère et des engrais : aussi Ton ne peut y cultiver que des plantes prenant directement à l'atmosphère, au moyen de leurs organes aériens, les principes qui leur sont nécessaires.
Les pins, les genêts, réussissent bien dans le sable pur, et il est même indispensable d'avoir recours aux plantations de ces végétaux ou à 1'^gazonnement, pour arrêter la marche envahissante des sables mouvants dans certains pays. Le sol acquiert dans ce cas un peu de consistance, parce que la terre végétale est retenue à sa surface.
Sol ^puurtsevx. — Le quartz constitue presque exclusivement ce sol, qui prend les noms de sol caillouteux, graveleux ou granitique^ selon la grosseur des fragments de silice qu'on y rencontre. Ces sols sont d'ailleurs peu favorables à la culture.
Le sol granitique est le plus souvent complètement stérile ; mais quelquefois le granit est feldspathique, comme dans les prairies de Pompadour par exemple, le sol présente alors une grande fertilité.
La vigne, les arbres verts, et surtout les châtaigniers, viennent parfaitement bien dans les sols quartzeux.
Sol Toieanique. — : Les terrains volcaniques sont en général noirs et pulvérulents. Parfois aussi ils présentent une teinte rougeâtre ou grisâtre, due à la forte proportion de ponce qu'ils renferment. On leur donne alors le nom de tufs ponceux. Bien qu'un pareil sol ne contienne pas la moindre trace de matières organiques, il se fait remarquer par sa fécondité : cela tient à la grande quantité d'alcalis qu'il renferme.
5k8 CHIMIE tÉCÉTALE.
Sol Mbio-Argliettx. — Ce soi est un des plus fôconds et dès pldft faciles à cultiver. 11 se trouve ordinairement dans les vallées et sur les boi*ds des rivières.
Les sols sablo-argileui qui offrent le plus de fertilité sont les terrataè d*alluvion submergés par les eaux à Vépoque des crues. Cette fertilité est due surtout à la couche, souvent très épaisse, de limon argileux qtll léë recouvre, et à la grande quantité de débris organiques que les eaux laisseiit déposer à la surface de ces terrains. C*est ce qui a lieu pour les rives du Nil, de la Loire, de la Seine, en un ttiot pour tous les terrains submersibles.
IM MU»u»«ttiP8ii4i*iemi«iii««x. — L'aridité de ce Bol tient princtpd^ ment à la facilité avec laquelle les particules qui le constituent s'agglo* mërent en poudingues compactes. On n'y fait en général qne dès phmte* tiens de bouleaux et de châtaigniers.
8«l ■afeio^h«mirér«. — On désigne également ce sol sous le nom de terre de bruyère; il est composé d'un sable plus ou moins ferrugineux et de terreau provenant de la destruction des bruyères, des genêts ou d'autres plantes renfermant beaucoup de fer et de tannin.
La terre de bruyère n'est pas très avantageuse pour les grandes cultures, à cause de sa faible consistance et de son peu de profondeur. De plus, elle s'échauffe facilement en été, et devient fort aride. On ne l'emploie que pour certaines plantes cultivées dans les jardins.
SOLS ARCILBCX.
Les sols argileux sont tout à fait opposés aux terrains siliceux. Ils absorbent l'eau abondamment, et l'espèce de pâte qui se forme alors se dessèche difficilement et est en quelque sorte imperméable. Aussi les terres qui contiennent une trop forte proportion d'argile sont parfois inondées; elles sont froides et ne peuvent guère être cultivées qu'au printemps. La grande compacité de ces terrains les rend d'une culture difficile ; ils adhèrent fortement aux instruments aratoires, et le labour les partage seulement en grosses mottes consistantes, qui se prêtent peu à l'ensemencement ; l'agriculteur doit employer tous les moyens propres à diviser ces sols, à y faciliter l'écoulement des eaux. Les terres fortement argileuses doivent recevoir une forte proportion d'engrais, surtout à cause de cette propriété particulière qu'elles possèdent d'absorber et de retenir les gaz, l'oxygène de l'air, par exemple, et surtout les vapeurs ammoniacales, ce qui neutralise l'action de la première dose d'engrais qu'on y introduit ; mais bientôt, sous l'influence de Feau et d'un excès d'engrais, ces vapeurs ammoniacales se dégagent et les plantes peuvent se les assimiler.