Trèfle
A* Froment.
5* Fèves.
e*" Colxa.
7' Blé.
8* Fourragea divers.
G1A1ID*J0IIAII.
1** Choux.
2" Sarrasin.
3* Froment.
W Avoine d'hiver.
5* Trèfle et ray-grass.
(y* Pâturages.
Lfa valeur d'un sol arable variant avec les proportions relatives dee éléments qui le constituent , on comprend qu'il est possible de modifier avantageusement la nature d'une terre, en y introduisant les éléipents qui y manquent ou qui y sont en trop faible quantité. Ainsi, dans un terrain trop sablonneux, il faut introduire du calcaire ou de l'argile, et presque toujours l'un et l'autre ; une terre trop forte, ^u contraire, (ioit recevoir du sable, et surtout du calcaire. En un mot , il faut toujours chercher à établir, dans un sol, des proportions convenables de ces trois éléments principaux : sable, argile et calcaire ; on arrive k ce bi|t ftu moyen des amendements.
Les amendements peuvent être siliceuXf argileux ou calcaires.
576 CHQHI VÉGÉTALE.
Certaines terres sont améliorées par l'introduction de graviers ou de sable fin: ainsi, dans quelques départements (Ain, Saône-et-Lôire, Jura), une partie des terres trop tenaces a été modifiée par l'addition d'une certaine quantité de sable ; mais cette opération a l'inconvénient d'introduire dans le sol une substance presque inerte, ne contenant pas de substances organiques, et qu'il faudrait en quelque sorte azoter par son séjour dans les écuries ou dans les cours de ferme.
L'argile pure s'emploie quelquefois pour augmenter la consistance des terres ; nous avons déjà indiqué , en traitant des sols d'argile pare, la manière d'utiliser ce sol pour le colmatage. L'argile calcinée est mélangée aux terres très tbrtes, en Angleterre et en Ecosse, dans la m^ sure de 270 à 3^0 hectolitres par hectare (M. Caillât). Cette opération se foit avec assez d'économie lorsqu'on peut faire servir à la calcination de l'argile les végétaux qui ont poussé sur le sol même, comme nous le verrons en parlant de Yécobuage, L'argile, ainsi préparée, peut encore agir à la manière du sable et du calcaire sur les terres tenaces, et si la calcination n'a pas été trop vive, elle conserve assez de porosité pour absorber quelques-uns des principes fertilisants de l'atmosphère.
Les amendements calcaires, qui sont plus importants que les précédents, par suite de leur emploi très répandu, comprennent la ohaux, la marne et les sables de mer, presque tons très riches en carbonate de chaux.
GIIAULAGB.
La chaux qu'on doit employer comme amendement est la chant grasse; celle-ci se délits beaucoup en absorbant l'humidité de l'atmosphère et du sol, et acquiert ainsi une grande ténuité, qui est la cause principale de son action mécanique comme divisant. Pour obtenir de bons résultats, il faut favoriser autant que possible cet état de division : aussi doit-on chauler avec de la chaux firatchement calcinée ou conservée à l'abri de Teau hygrométrique; sans cette précaution, on multiplierait inutilement les frais de transport, car l'hydrate de chaux contient un cinquième d'eau. Il faut s'abstenir, en outre, de chauler par un tempe humide, car alors la chaux se grumelle ; sa répartition est beaucoup plus difficile; elle absorbe moins promptement l'acide carbonique ; die conserve plus longtemps sa causticité, et elle peut dans cet état exercer une influence fâcheuse sur les racines des plantes. C'est ordinairement à la fin de Tété, lorsque les terres sont sèches, qu'on procède au chaulage. Pour certaines cultures, telles que celles de la betterave et de la pomme de terre, on chaule avant la plantation.
Pour incorporer la chaux vive dans un sol, on en forme des tas de ÎJ à 30 litres, espacés de 5 à « mètres. Lorsqu'elle wt réduite en poudre
COAULAGfi. 577
impalpable par l'hydratation, on Tétend aussi régulièrement que possible avec des pelles ; on achève la répartition en faisant passer la herse sur le terrain chaulé et en le soumettant à quelques légers labours.
On emploie des quantités de chaux très variables sur des sols qui ont cependant quelque similitude. Ainsi, lorsqu'on France on met en moyenne annuellement de 3 à 5 hectolitres de chaux par hectare , on en répand de 8 à 10 en Allemagne, et de 100 à 600 en Angleterre. Il est prudent de ne se déterminer pour im chaulage quantitatif qu'après quelques essais préalables (M. Boussingault).
L'action delachaux n'a pas encore été expliquée d'une manière complète, mais on connaît ses e£fets nombreux et importants. La chaux détermine par sa causticité la désagrégation des matières organiques, qui se transforment en terreau après avoir subi la fermentation putride; elle préserve les plantes des insectes et des maladies. Son emploi est indispensable quand on veut livrer à la culture des terrains tourbeux où l'acidité est excessivement nuisible ; c'est par l'apparition de certaines plantes acides comme les oxalis, etc , qu'on est averti de la nécessité de chauler les terres.
La chaux, une fois introduite dans la terre, se transforme rapidement en hydrate et en carbonate de chaux, qui conserve le même état de ténuité que l'hydrate. La chaux, en décomposant les sels ammoniacaux qui se trouvent dans le sol, fournit aux plantes de l'ammoniaque ou ses éléments. Elle peut déterminer, en réagissant sur l'air atmosphérique, la formation d'azotates ; enfin , par son mélange avec la terre et ditîérentes substances organiques, elle forme un engrais fertilisant.
L'efficacité du chaulage des terrains argileux a été expliquée par la mise en liberté de la potasse et de la soude provenant des silicates alcalins, combinés avec l'alumine dans les argiles, et qui, au contact de li^ chaux, se transforment en silicate de chaux (M. Liebig).
Les efiets du chaulage se font sentir pendant un laps de temps assez considérable, bien que l'action de la chaux comme caustique doive être limitée à un temps assez court, à cause de sa rapide transformation en carbonate. Mais il faut observer que ce carbonate, très divisé, se dissout facilement dans l'eau chargée d'acide carbonique; or, le bicarbonate soluble agit sur l'argile à la façon de la chaux (H. Liebig). En outre, le carbonate de chaux lui-même transforme, par voie humide, les silicates alcalins en carbonates, et donne naissance à du silicate de chaux hydraté (M. Kuhlmann). Ces faits viennent à l'appui de l'explication que nous venons de donner, et conduisent à admettre que la chaux fait perdre à l'argile sa plasticité en décomposant les silicates doubles qu'elle renferme, et sur lesquels l'eau n*aurait qu'une action très lente; ils permettent de croire que la potasse et la soude, mises en liberté par la chaux, yiepnept augmenter la ktiWïiéi de la terre.
578 CHIMtB TiGÉTALB.
Enfin , le carbonate de chaux qui reste dans le sol décompose les sels ammoniacaux et les transforme en carbonate d'ammoniaque ; il peut, en outre, en déterminant la combinaison des éléments de Tair atmosphérique, favoriser la formation d'acide azotique, qui fixe FauMnoniaque.
L'action du carbonate de chaux est assez développée pour que dans certains cas on emploie avec avantage comme amendement de la craie poreuse et délitable ; mais, dans ce cas, il faut que ce calcaire ait subi l'influence des pluies d'automne et des gelées pour arriver à un état de désagrégation convenable.
MABNAGB.
La marne est un mélange de craie et d'argile qui se trouve dans un grand nombre de sous-sols ; c'est un amendement très précieux pour l'agriculture, et qu'on n'a pu reproduire artificiellement; en cherchante imiter cette substance, on n'a obtenu que des produits ayant des propriétés tout à fait difierentes.
On distingue diverses variétés de marne : la marne siliceuse ou sablonneuse^ où le sable remplace l'argile, car elle ne renferme souvent qu'un tiers d'un mélange d'argile et de craie ; elle ne s'emploie que pour diviser certaines terres fortement argileuses; la marne argileuse ou forte ^ qui convient surtout aux sols sablonneux ; enfin, la marne calcaire ou pierreuse, qui est la meilleure et la plus employée. Cette marne se délaie assez facilement dans l'eau et se dissout dans l'acide chlorhydrique en laissant un très faible résidu. Si on la calcine, puis qu'on la mette en contact avec j'eau, elle s'échauflfe et se délite beaucoup.
11 est important, avant d'employer cet amendement, de constater par l'analyse du sol à marner et par celle de la marne la nature et la quantité des éléments qu'ils renferment respectivement ; car ce serait une opération inutilement dispendieuse d'introduire dans un sol calcaire, argileux ou sablonneux, une marne qui ne lui apporterait que des éléments dont il est suffisamment pourvu.
Pour arriver à connaître par l'analyse la valeur d'une marne , on commence par déterminer la quantité d'eau qu'elle perd par la dessiccation. Traitant alors un poids connu de cette marne par de l'acide chlorhydrique , on chasse l'acide carbonique. La perte de poids indique la proportion de ce gaz, et permet par suite de calculer la quantité de carbonate de chaux que contient la marne proposée. Cette analyse très simple ne conduit pas toujours à apprécier exactement la richesse relative d'une marne , car certaines marnes renferment des noyaux calcaires qui ne se désagrègent pas et ne produisent par conséquait aucun effet. Aussi faut-il foire une analyse par lévigation pour détâ^
tniner la partie de la marne qui se délite dans Teau et avoir ainsi la proportion de marne réellement efficace. Ce n'est que par cette méthode que Ton pourra déterminer la quantité relative de marne que demandent divers terrains.
Il est donc très important, dans le choix des marnes, d'observer la facilité avec laquelle elles se divisent; quelquefois elles subissent les influences atmosphériques en très peu de temps, tandis qu'on en trouve qui ne se délitent qu'après une exposition à l'air d'une année et plus. On remarque que ce ne sont pas les marnes compactes, à aspect marbré, qui présentent cet inconvénient, mais celles à forme de poudingue, dans lesquelles le calcaire se réunit ainsi en noyaux.
Il n'existe pas de documents positifs sur la quantité de marne à employer; souvent même on abuse de ce moyen. M. Puvis, dans d'excellents mémoires sur cette question, établit qu'il est inutile de recourir au mamage pour tout sol qui contient plus de 3 pour 100 de calcaire. D'ailleurs, pour fixer la quantité de marne nécessaire, il faut avoir égard, en outre, à la richesse de la marne en calcaire et à l'épaisseur de la couche labourable du sol à marner.
On a constaté qu'une marne renfermant 67,5 pour 100 de carbonate de chaux devait être employée à la dose de 20 mètres cubes par hectare, pcmr produire en général de bons résultats (M. de Gasparin).
La marne cède à l'eau du bicarbonate de chaux et des traces d'azotate de chaux ; on y a trouvé aussi des carbonates alcalins (M. Kuhlmann). Cet amendement apporte enfin dans le sol des matières azotées ; les marnes du Bas- Rhin, du Gers et de l'Yonne renferment 1 à 2 millièmes d'azote (MM. Boussingault et Payen).
Voici les résultats de l'analyse de marnes employées comme amendements :
Argile, sable et oxyde de fer. 84,525 82,830 76.827 74,325 69,570 64.214 00.065
Carbonate de chaux ... . 42,275 i4,i11 18,808 20,246 25.176 32,143 36,066
Carbonate de magnésie. . . 0,975 traces 1,228 3,211 2,223 1,544 1,106
Potasse 0,087 0,08« 0,092 0,091 0,105 0,101 0,163
Eau 2,036 2,146 2,111 1,311 1,934 1,520 1,555
Ammoniaque 0,004 0,007 0,098 0,076 0,073 0,095 0,097
(M. Krogkcr.)
De quelque nature que soit une marne destinée à modifier un sol, elle doit avoir pour principale propriété de se déliter promptement ; car, soit qu'elle agisse mécaniquement en s'interposant dans un sol trop argileux ou trop sablonneux, ou chimiquement, en raison de la faculté absorbante de son calcaire ; soit enfin qu'elle apporte avec elle une proportion notable d*azote, ces effets seront d'autant plus assurés que la marne sera dans un plus grand état de division.
L'emploi de la marne exige le même soin que celui de la chaux; on
580 CHIMIB YÉ6BTALB.
doit en faire des petits tas placés à égales distances, et ne les répartir sur le sol que lorsqu'ils sont complètement délités, ce qui exige assez souvent le concours alternatif de la chaleur de Tété et des gelées; Teau pénètre alors les marnes, les divise et les fait éclater.
L'effet du raamage est incontestable : on a vu les récoltes de céréales sur un sol marné doubler et presque tripler après cette opération agricole ; mais Teffet de cet amendement doit être limité par la quantité de chaux que les plantes enlèvent au sol marné, et par la richesse de la marne en élément calcaire. La production du sol augmentant par le n^rnage, il est nécessaire d'augmenter aussi la dose des engrais ; les avantages de cet amendement ne se manifestent souvent qu'après un ou dewt ans.
On utilise quelquefois comme amendement calcaire des débris de démplitions : en Italie, par exemple, et dans le dépaitement de l'Ain, on obtient des résultats excellents et de longue durée, en employant ces plâtras qui doivent leur efficacité à la grande quantité de sels solubles,et en particulier, d'azotates de chaux et de magnésie, qui s'y trouvent mélangés au carbonate de chaux.
Pour compléter l'étude des amendements calcaires, il nous reste à parler des amendements spéciaux qui ne se trouvent que dans certaines localités, et dont l'emploi se trouve par suite assez restreint. C'est ainsi qu'on substitue à la marne, en Angleterre et dans quelques départements de la France, des débris de coquilles fossiles, connus sous le nom de falun ou calcaire coquillier. Cet amendement est presque exclusivenoent composé de carbonate de chaux et de débris de matières organiques.
On trouve aussi au fond de la mer, près des côtes, ou sur le rivage même, des sables calcaires, très avantageusement utilisés pour l'agriculture. Ces sabies de mer comprennent le maori et le treaz^ qu'on trouve près des côtes du Finistère, et la tangue, si répandue sur les plages da département de la Manche.
MABIL.
Le mae}*l ou merl est un mélange de concrétions i^alcaires et de débris de coquillages ; on distingue la variété rameuse et la variété en rognons, qui renferme une grande quantité d'annélides dont on n'a pas tenu compte dans les analyses suivantes , et qui cependant augmentent Tefficacité du maerl par la matière animale dont ils l'enrichissent. Cet amendement parait aussi augmenter l'efficaeité des fumiers sur les terres où on l'emploie. Le merl se drague près de l'embouchure des rivières dans les rades de Brest et de Morlaix, et s'emploie presque aussitôt après son extraction. Voici la composition du rpaerl de la rade de Brest :
TANGUl.
Variété ramaotê.
Carbonate de cbaux 79,90
Carbonate de magnésie traces
Sabie accidentel
Silice combinée 1,75
Sulfate de chaux. traces
Oxyde de fer traces
Eau de combinaison 17,02
Sels solubles de l*ean de mer . • . traces
Matières organiques azotées. • • • 1,05
TMEAZ.
VwriéU an rognoM.
traces
accidentel
traces
traces
traces
(M. Besnou.)
Le treazou irez est un sable caillouteux, mélangé de débris assez gros de coquillages ; on en emploie jusqu'à 40,000 kilogrammes par hectare; il se trouve sur les plages en pente douce du Finistère.
Nous donnons les résultats de l'analyse de ce sable calcaire, et en outre de la vase de rivière , beaucoup moins riche en calcaire que le treaz, et qu'on emploie aussi comme amendement.
Carbonate de cbaux
Sable
TREAZ do la rade