‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 158 sur 206 · rt · texte numérisé non relu

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* Les nombres ufleclés du signe — indiquent une surcharge.

(M. Is. Pierre.)

ÉC0BUA6B. 583

ÉGOBMCB.

Il est possible, dans certains cas, d'amender un terrain et de Tenrichir en principes minéraux et organiques assimilables, en employant le sol lui-môme et les végétaux qui s'y trouvent. On arrive à ce résultat par Yécobuage,

Ce procédé consiste à séparer la couche superficielle d'un sol recouvert de mauvaises herbes; cette couche est ensuite divisée en mottes qui» après avoir été séchées, sont soumises à une combustion lente; on les dispose pour cela en monceaux, la partie ^herbacée étant placée à rinté-' rieur, et Ton procède à la combustion, à peu près comme pour la fabrication du charbon de bois. Les mottes, une fois incinérées, puis refroidies, sont répandues sur le sol.

Dans cette opération, Targile du sol se dessèche, devient friable, et cesse de pouvoir faire pâte avec Teau. D'un autre côté, les cadres des plantes étant riches en principes alcalins assimilables, constituent un très bon stimulant ; enfin, dans cette combustion incomplète, une grande partie des produits organiques volatils est absorbée par l'argile devenue poreuse; de sorte queTécobuage introduit dans le sol des substances organiques azotées susceptibles d'accroître sa fertilité. Ce qui prouve qu'il faut attribuer, dans les bons eflets de l'éoobuage, une certaine part à ces principes organiques que la combustion n'a pu complètement détruire, c'est que, si l'incinération est trop complète, le sol peut devenir stérile. On peut s'assurer, du reste, en chauffant deux portions égales d'une même terre, soit à l'air libre et en remuant souvent, soit dans une cornue, que le résidu, qui contient à peine quelques traces d'aiote dans le premier cas, en renferme une quantité sensible dans le second (M. Malaguti).

Il est facile de comprendre, d'après ce qui précède, qu'il n'y a lieu d'appliquer l'écobuage qu'à des terres fortes, et où se trouvent en abondance des plantes avec tiges et racines et du terreau. Les sols légers et sablonneux ne s'améliorent pas en général par l'écobuage. Cependant, en Angleterre, on écobue certains sols crayeux ; dans ce cas, le carbonate de chaux est en partie décomposé par la chaleur, et l'on opère ainsi une sorte de chaulage.

On voit donc, en résumé, que l'écobuage rend le sol moins consistant, augmente sa porosité et sa perméabilité; il détruit aussi les insectes et les mauvaises herbes; enfin, il introduit dans le sol des principes assimilables qui ont une action très avantageuse.

Googk

Avant de traiter des engrais proprement dits, nous parlerons de remploi de certaines matières minérales comme fertilisantes. Ces substances doivent être distinguées des amendements, parce que leur action n'est pas purement mécanique comme celle de la marne ou du sable. Leur mode d'emploi dififere également de celui des amendements : les sels minéraux dont nous allons parler sont employés à une dose très faible comparativement à celle qu'on adopte pour la chaux, la marne, etc.; enfin, ces substances sont simplement répandues sur les végétaux ou sur le sol, et non mélangées à la terre, comme on doit le faire pour les amendements qui sont destinés à modifier la composition du sol. Les matières dont on se sert le plus généralement et que nous étudierons, sont : le plâtre, les cendres et le sel marin.

PLATRAGE.

Le gypse est formé de 80 parties de sulfate de chaux et de 20 parties d'eau. Il constitue alors le plâtre cru. On lui donne le nom de piâtre cuit lorsqu'on lui a enlevé par la calcinatiôn les deux équivalents d'eau qu'il contenait. On peut l'employer en agriculture sous l'un ou l'autre état ; seulement, le plâtre cuit se réduit facilement en poudre, et son expansion sur les plantes ne présente pas autant de difficultés que celle du plâtre cru. Bien que dans certaines localités on fasse usage du plâtre, en l'incorporant au sol au moment des labours d'automne, on l'emploie plus généralement en saupoudrant les plantes le matin, lorsqu'elles sont encore humides. Cette méthode a pour effet de répartir plus également le plâtre, qui ne se détache des plantes que lentement, à mesure qu'elles se dessèchent ou que le vent les agite (M. Boussingault).

Les conditions atmosphériques dans lesquelles on opère cette expansion du plâtre ont beaucoup d'influence sur ses effets. Les grandes pluies, le iroid, sont tout à fait défavorables, et l'on a reconnu qu'une gelée très faible paralyse l'action du plâtre, lors même que la température est favorable par la suite (Thaer).

C'est un fait acquis à l'agriculture que le plâtrage ne doit être pratiqué que sur des terres convenablement engraissées, et qu'il est sans aucun effet sur les terres maigres et appauvries. Il y a même de l'avantage i substituer, comme on le fait dans certains pays, à l'emploi direct du plâtre, un mélange de plâtre et de fumier. Ce fumier plâtré semble même avoir de l'efficacité dans des cas où le plâtre seul n'agit pas ; car il faut remarquer que si l'on améliore beaucoup par le plâtrage la culture des légumineuses, du trèfle, du sainfoin , de la luzerne, il paraît inutile de répandre ce sel sur les prairies naturelles, les récoltes sarclées et les céréales.

On emploie en général de 500 à 600 kilogrammes de plâtre par hectare;

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