PLÂTRAGE
le plâtrage n'est effectué que tous les cinq ans environ sur un même terrain.
Le plâtre parait convenir à presque tous les terrains, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Cependant, son action parait nulle sur les terrains d'alluvion récente, ou sur ceux qui renferment une certaine quantité de sulfate de chaux (M. de Gasparin). On l'emploie sur des sols calcaires, et Ton a même avancé que la présence du carbonate de chaux était nécessaire pour que le plâtre pût agir (M. RiefFel).
Nous avons fait observer que le plâtrage produisait d'excellents effets dans la culture des légumineuses, mais était inutile pour celle des céréales. Le mode d'action du plâtre n'a pu jusqu'ici être expliqué d'une manière satisfaisante, et les meilleurs esprits sont encore divisés sur ce sujet.
On a cru d'abord que le plâtre, étant absorbé par les plantes, ne devait convenir qu'à celles dont les cendres sont riches en sulfate de chaux (Davy). Cette opinion était basée sur des analyses de trèfle récolté sur un terrain plâtré ; les cendres de ce trèfle contenaient beaucoup de sulfate de chaux. Des expériences faites depuis, dans le but d'examiner cette hypothèse, ont fait voir que de la luzerne récoltée sur un terrain plâtré ne renfermait pas de sulfate de chaux après incinération (M. de Gasparin). L'opinion de Davy n'est donc pas d'accord avec les faits.
M. Liebig n'attribue au plâtre d'autre faculté que celle de convertir en sulfate d'ammoniaque le carbonate de cette base, tenu en dissolution dans les eaux de pluie ou provenant des engrais, et qui tend toujours à se volatiliser et à priver ainsi le sol de la plus grande partie de ses principes azotés.
Cette hypothèse ne peut suffire pour rendre compte de l'action du plâtre, puis(]uece sel ne convient pas à certaines cultures, auxquelles les sels ammoniacaux peuvent être profitables. Ainsi, l'emploi direct du sulfate d'ammoniaque produit de très bons effets sur les prairies naturelles, pour lesquelles le plâtre parait inutile (H. Kuhlmann).
M. Boussingault suppose que le plâtre n'est efficace que par la chaux qu'il apporte dans le sol. Voici les faits sur lesquels repose cette hypothèse : En examinant comparativement les cendres de trèfle provenant de récoltes plâtrées et non plâtrées, la quantité de sulfate de chaux ne s'est pas trouvée en rapport avec l'amélioration produite par le plâtrage; d'un autre côté, les plantes qui éprouvent les meilleurs effets de l'emploi de ce sel ne sont pas celles dont la constitution exige l'intervention des sulfates ; enfin, en Flandre, on substitue au plâtre la chaux éteinte, les cendres de bois et de tourbe qui contiennent du carbonate de chaux en assez forte proportion.
Le sulfate de chaux se transformerait, d'après cette opinion, en sulfure de calcium par l'action des matières organiques du sol, puis en acide sulf-
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hydrique et en carbonate de chaux; ce carbonate, fermé peu à peu, se trouve par suite tellement divisé, qu'il est dans les conditions les plus favorables à être absorbé par les plantes après avoir passé à l'état de bicarbonate soluble. Aussi, dans les cendres du trèfle plâtré, on a trouvé une grande quantité de chaux comparativement à la faible proportion d*acide sulfurique qui y était contenue.
On sait, du reste, que les plantes n'exigent pas toutes les mêmes principes minéraux : dans le chaulage, qui produit de bons résultats sur les céréales, la chaux est employée en très grand excès; tandis que dans le plâtrage, qui ne s'exécute qu*à faible dose , on n'introduit dans le sol qu'une quantité de chaux relativement très faible ; il faudrait employer ces substances à doses équivalentes pour pouvoir comparer leurs eflets; enfin, l'accroissement d'efficacité du plâtre, lorsqu'on le mélange aux engrais qui renferment des substances organiques en décomposition et trte propres à favoriser la transformation du sulfate en sulfure, puis en carbonate, semble venir à l'appui de l'opinion de M. Boussingault.
(M. Malaguti.)
Quelle que soit d'ailleurs la valeur de ces diverses théories, ce qu'U importe de constater, ce sont les effets remarquables que produit le plâtre. Les plantes qui ont été soumises à l'action de ce sel se distinguent par leur vigueur, et il n'est pas rare de doubler par le plâtrage les récoltes des prairies artificielles.
Dans certaines localités, où le plâtre est d'un prix élevé, on euiploie quelquefois de Yacide sulfurique, étendu de mille fois son volume d'eau; cet acide, en présence du carbonate de chaux qui se rencontre presque toujours dans les terrains, forme du sulfate de chaux, et parait opérer en effet comme le plâtre.
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Nous avons vu comment,, dans l'écobuage, on enrichissait le sol en principes alcalins, en répandant à sa surface les cendres des végétaux qu'il avait produits. On comprend que cette pratique est limitée aux terrains recouverts d'herbes. Aussi se sert-on directement, comme stimulant, des cendres des divers combustibles.
Les cendres provenant de la combustion du bois sont formées principalement de carbonates et de silicates alcalins, pour la partie soluble ; le carbonate de chaux, les phosphates terreux, un peu de chaux et de magnésie caustiques, sont les principales substances que renferme la partie insoluble. On n'emploie généralement en agriculture que les cendres ayant servi à obtenir les lessives : l'eau enlève aux cendres une grande partie des sels solubles, mais laisse une proportion noUble