COMPOSTS
Nous terminerons l'étude des engrais en parlant de ces mélanges artificiels pouvant servir comme substances fertilisantes et connues sous le nom de composts. On les obtient en mélangeant entre eux les divers engrais que nous avons cités précédemment, et y ajoutant du plâtre, de la suie, de la marne, des débris de démolition, etc. Parmi les nombreuses recettes données pour fabriquer ces composts, nous citerons celle de Yengj^aîs Juuffret. Pour le préparer on réunit des mauvaises herbes, des menues branches d'arbres, des fougères, etc., et l'on en forme une meule qu'on arrose avec de la lessive pu levain d'engrais. On obtient ce levain en délayant dans l'eau, de manière à former 10 hectolitres de lessive, les matières suivantes :
Urines et matières fécales 100 Ul.
Saie de cheminée '. . • • 25
Plâtre en poudre 200
Chaux vive 30
Gendres de bois non lessivées 10
Sel marin 0,500
Salpêtre raffiné 0,320
Levain d'engrais d'une opération précédente, pouvant
être remplacé par des matières fécales 25
On arrose la meule avec cette lessive ii plusieurs jours de distance; les matières s'échaufifent, fermentent, se désagrègent et constituent un engrais qui, dans certains cas, présente de Tavantage et de l'économie.
QUANTITÉ D'BNGBAIS A EMPLOYER.
Quoique l'emploi des engrais soit justifié par la fertilité qu'ils communiquent aux sols arables et par l'abondance des récoltes, cet emploi doit cependant être limité et se répartir de préférence sur plusieurs années, au lieu d'être appliqué en une seule fois pour obtenir plusieurs récoltes successives. Des expériences précises ont prouvé qu'en doublant la quantité de guano, c'est-à dire en employant, en une seule année, pour la fumure de trois ans, 600 kilogrammes de cette substance au lieu
MB CHIMU TtoiTÀLB.
de MO par hectare, les récoltes avaient été loin d'équilibrer la dépense, puisque, dans les trois années réunies, il n'avait été obtenu qu'un exeé» dant de récolte de 400 kilogrammes de foin pour un excédant de guano de 500 kilogrammes. Un résultat tout différent eût été obtenu si les 600 kilogrammes de guano avaient été répandus par tiers chaque année.
(M. KUBLMANH.)
Pour les plantes qui puisent dans l'atmosphère les principes servant à leur développement, ou qui, devant être enfouies en vert, restituant au sol plus qu'il ne leur a fourni, les engrais doivent être ménagés, et leur quantité doit être sagement calculée par les cultivateurs, pour ne pas enfouir des valeurs qui, sans être précisément inutiles au sol, ne seraient pas payées par les produits obtenus. Il n'en est plus de même, lorsqu'il s'agit de plantes qui, tout en recevant quelques-uns des principes de Tatmosphère, s'approprient en bien plus grande quantité ceux du sol; c'est ce qui a lieu pour les céréales, les choux, les betteraves, les pommes de terre, les navets, le chanvre, le lin, le pastel, la garance. Il &ut alors réparer l'épuisement du sol en rendant aux terres par d'abondants engrais les principes organiques que les récoltes successives leur ont enlevés.
BMVLOI ras SBLS AZOTÉS.
Après avoir reconnu que les engrais ont la propriété d'apporter dans le sol l'azote^ cet élément indispensable à l'accroissement des végétaux, on a été amené à rechercher s'il ne serait pas utile de présenter l'azote aux plantes sous une autre forme et dans un état plus assimilable, en employant des azotates, des sulfates, des chlorhydrates et des carbonates d'ammoniaque.
L'agriculture pratique n'est pas encore entrée dans cette voie; nous ne pouvons donc qu'appeler son attention sur des expériences faites par des hommes dont l'autorité scientifique est encore rehaussée par l'expérience agricole.
La première idée de l'emploi des sels ammoniacaux dans l'agriculture est due à M. Liebig, qui a constaté la présence des sels anmioniacaux dans les eaux de pluie et de neige, qui ramènent oonstamment ces sàs au sol, où les racines des plantes en absorbent une partie.
L'action remarquable du guano, qui contient des urates, des oxalates, des phosphates et des carbonates d'ammoniaque, est venue encore démontrer tout ce qu'on pouvait espérer de l'emploi direct des sels asotés sur les sols en culture.
M. Schattenmann a étudié d'une manière directe les effets du sulfiite et du chlorhydrate d'ammoniaque sur la végétation.
Ses expériences, qui datent de 1863, ont été faîtes avec des dissola-
EMPLOI DBS SBLS AZOTES.
lions de ces sels marquaDt un degré à Taréomètre de Baume ; la dose était de 100 hectolitres par hectare. Les effets de ces sels si^r le froment ont été des plus prononcés, et sur des prairies naturelles ils ont été tels que les prairies ont rendu 10,000 kilogrammes de foin par hectare, tandis que ces mêmes prairies n'en donnent que 5,000 lorsqu'elles n'ont pas reçu de sels ammoniacaux. M. Schattenmann a reconnu en outre que ces mêmes sels, si efficaces sur les froments et les prairies naturelles, n'exercent aucune action sur le trèfle et la luzerne.
H. Kuhlmann s>st livré à une série d'expériences dont nous allons essayer de reproduire les principaux résultats. 11 a examiné, sur une vastQ prairie dont toutes les parties étaient dans les mêmes conditions, Taclion des sels ammoniacaux et de Tazotate de soude : les effets de ces sels ont été comparés aux productions ordinaires de cette prairie sans engrais, à c^les de cette même prairie ayant reçu pour engrais une dissolution gélatineuse, de Turine de cheval et de l'engrais flamand.
La dissolution gélatineuse provenait de l'ébullition des os dans Teau : ce liquide contenait 2,5 pour 100 de gélatine impure et altérée.
L'eau ammoniacale des usines à gaz était celle dans laquelle on faisait passer le gaz pour le purifier ; il y amenait une certaine quantité d'am* moniaque, que M. Kuhlmann a convertie en chlorhydrate par l'addition de l'acide chlorhydrique provenant de la décomposition des os pour en obtenir la gélatine : c'était donc une solution de chlorhydrate d'ammo* piaque à U"" qui a été employée dans cette expérience.
Les résultats des expériences de M. Kuhlmann sont consignés dans l^ tableau suivant :
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