FABRICATION DE LA COLLE
quinze ou vingt jours ; on les expose ensuite à Tair pour les faire dessécher et pour pouvoir les expédier facilement.
Ces substances ainsi préparées portent le nom de colle-matière. On les plonge dans l'eau pour les faire gonfler et leur enlever l'excès de chaux qui pourrait, au moment de l'extraction, réagir sur la colle. Lorsque ces matières ont été complètement débarrassées de chaux, on les porte dans une chaudière à double fond, mobile et trouée ; la chaudière est munie d'un robinet entre les deux fonds. On emplit aux deux tiers environ la chaudière d'eau à SO** ; on porte vivement la liqueur à l'ébuUition ; on brasse de temps en temps pour que la dissolution soit homogène, et lorsqu'une portion, mise à refroidir, se prend en gelée ferme, on soutire dans une chaudière voisine, dont la température doit être à peu près égale à 100", pour que les substances étrangères à la colle puissent se déposer avant le refroidissement.
Après quatre ou cinq heures de repos, on introduit le liquide au moyen d'un entonnoir muni d'un tamis destiné à retenir les impuretés, dans des moules de bois de sapin bien dressés et très propres. Les moules doivent être complètement remplis et placés dans un atelier dallé maintenu à une basse température.
La colle se prend dans l'espace de quinze à dix-huit heures. On transporte les moules dans un séchoir ouvert de tous côtés et garni de persiennes ; on promène sur les parois des moules un couteau flexible et mouillé pour détacher la colle ; on renverse le moule sur une table également mouillée , et le pain de gélatine s'y dépose. On le divise en plaques horizontales au moyen d'un fil de laiton disposé de manière que ces plaques soient toutes de la même épaisseur. On les étend sur des châssis garnis de cordes qu'on transporte sur des tasseaux fixés à des montants qui se trouvent dans le séchoir : ces châssis sont placés à 5 ou 6 centimètres de distance les uns des autres, et, pour rendre la dessiccation plus égale, on retourne les feuilles trois ou quatre fois par jour.
Le séchage de la colle est la partie la plus délicate de cette fabrication. Si, dans les premiers moments de l'exposition de la gélatine sur les châssis, la température atmosphérique est trop élevée, la gelée coule et abandonne les filets ; par des temps de gelée, les feuilles se tendent et se déforment ; une influence électrique peut occasionner de grandes pertes; un vent sec et chaud dessèche trop promplement et fait fendiller les feuilles; un brouillard qui s'introduit dans le séchoir altère la surface de la colle. Pour prévenir tous ces accidents, on ne fabrique guère qu'à l'automne ou au printemps, et, dans tons les cas, on fait usage des persiennes qui garnissent le séchoir.
Les feuilles, amenées au point d'«Hre facilement maniables, sont transportées dans une étuve où elles acquièrent le degré de dessiccation convenable. Il suffît îilors de les lustrer en les plongeant dans de l'eaM
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chaude, en les frottait avec une brosse mouillée, et de les repoft^r plaidant quelques heures dans une étuve.
La coUe-matière ne s*est pas dissoute entièreTpeqt (J^ns |*Qau. Aprè^ |in premier soutirage, on verse de Teau chaude sur le résidu ; Qp f^t l)ov(ilUf de nouveau, et Ton procède pour cette seconde dissolutiqq comme poiir la première. Le résidu est encore soumis à une troisièi|)p ét)\illitiqn, pui^ porté à la presse. La liqueur est clarifiée avec ^ d'^jim; plie p§t ramenée ensuit^ à une densité convenable, et est employée coinflap prgmière eau à une nouvelle opération.
On pourrait se dispenser de ces trois opérf^^ons successives en employs^pt pour la dissolution de la colle-matière une plus grande quantité d'qai^ (ju'on ferait évaporer ; mais on remarque que, par ce procédé usité dans beaucoup de fabriques, on obtient une colle d'une moins bonne qualité. La gélatine, comme le sucre, paraît s'altérer par pne longue ébuUition. La colle çjui en provient est hygrométrique, et ^i, sous ce rapporf, olle convient à quelques industries, telles que la chapellerie, elle ne pourrt^l être employée efficacement dans les arts où elle doit agj^r e^ rajsou 4e ^ ^n^cité et de son inaltérabilité à Tair.
Nous donnerons ici :
1" Le rendement des colles-matières les plus employées.
Brocheues (pellicules minces que le mégissicr enlève
sur les peaux ) 6/1 à 45 pour 100.
Buénos-Ayres (rognures de cuirs étrangers) 56 à 60.
Patins ( gros tendons que Ton enlève avec des petits os derrière les quatre jaml>es du tuBuf ). 35.
Nerfs ( tendons tirés des jambes et des parties charnues des chevaux) i^ à 18.
Rognures des parcheminerics 62.
Surons d'indigo (peaux épaisses qui servent à emballer
rindigo) 50 à 55.
Peaux de têtes de veau /i4 à 48.
Hognures des tanneries 38 à 42.
â** La liste des colles que Ton trouve dans le commerce, en les rangeant d'après leur ordre de ténacité :
Colle Payen, première cuite ;
Colle-forte des os ;
Colle Payen, deuxième cuite ;
Colle façon anglaise ;
Colle Payen, troisième cuite ;
Colle de Flandre blonde, ou de Hollande;
Colle de Givet, façon anglaise ;
Colle façon Givet ;
Colle de Paris ou des chapeliers.