BILE
Considérée au point de vue de sa composition, la bile offre un intérêt chimique très grand. Nous ne l'examinerons ici que comme un fluide pouvant intervenir dans les phénomènes de la digestion ou de la nutrition.
La bile est un liquide sécrété par le foie; chez l'homme et beaucoup d'animaux, elle est recueillie dans un réservoir particulier, la vésicule du fiel , d'où ensuite elle est déversée dans la partie de l'intestin qui suit immédiatement l'estomac.
La bile ainsi retirée de la vésicule du fiel constitue un liquide visqueux, filant, ordinairement coloré en vert jaunâtre chez Thomme. La bile du bœuf est d'un vert brun ; celle des poissons, des oiseaux et de la plupart des amphibies, d'un vert émeraude. Son odeur est particulière et nauséabonde ; sa saveur, d'abord amère, laisse souvent un arrièregoùt douceâtre. *La pesanteur spécifique de la bile du bœuf est 1,026 à 6*» (M. Thenard). Versée dans l'eau, la bile gagne le fbnd du vase, mais par l'agitation elle se mélange avec l'eau et devient mousseuse*
Examinée au microscope, elle présente habituellement des débris d'épitbélium.
La réaction de la bile est souvent alcaline et quelquefois neutre. On a observé, du reste, que ce caractère est variable, et il n*est pas rare de rencontrer la bile avec une réaction acide au papier de tournesol. C'est un fait constant chez les animaux auxquels on a pratiqué la section des nerfs pneumogastriques. Exposée à Tair, la bile s'altère et se décompose avec promptitude; elle devient d'abord fétide et passe bientôt à une décomposition complète. La bile ne se coagule que par l'ébullition. Les acides faibles ou concentrés y forment un précipité abondant.
Voici les quantités de bile sécrétées dans l'espace de vingt-quatre heures par divers animaux :
Noms Quantités de bile técréteet
des dans l'^pace
animaux. de vingt-quatre heures.
Chien 20s%0 renfermant l'SO de matières solides.
Chat lâ,5 0,816.
firebis. 25,^2 1,3/u
Lapin 137,8 2,û7.
Oie 11,78 0,816.
Corneille 72.1 5,256.
OOIIPOSITIOW CHXMZQinE I^M UL MXLM.
Ce fluide a été l'objet d'un grand nombre d'analyses de la part des chimistes, parmi lesquels il faut citer spécialement Berzelius, M. Thenard, L. Gmelin et M. Demarçay.
Aulyte «« Benellos {hUt de bœaf).
Eam 90M
Matière biliaire (y compris la graisse) 8,00
Mucus de la vésicule 0,30
Extrait de viande , chlorure de sodium et lactate de
soude 0,7/i
Phosphate de soude et phosphate de chaux 0,ûl
Analyse et M. Tkeiuird (Mie de bœaf).
Eau 87,56
Résine biliaire 3,00
Picromel 7,56
Soude 0,50
Phosphate de soude 0,25
Chlorure de sodium 0,/iO
Sulfate de soude # . • . 0,10
Sulfate de chaux 0,15
Traces d'oxyde de fer »
BILE. i&t
AnalyM de Tledenuinn et Gmclln (Mie de boraf).
i"" Un principe odorant qui passe à la distillation ;
2* La choline ou graisse biliaire, ou cholestérine ;
3* La résine biliaire ;
4* L'asparagine biliaire ;
5* Le picromel ;
6* Une matière colorante ;
7* Une matière très azotée, faiblement soluble dans Teau, insoluble dans Talcool à froid, mais soluble dans ce réactif à chaud ;
8* Une matière animale (gliadine?) insoluble dans l'eau, mais soluble dans Talcool à chaud ;
9® Une matière soluble dans Teau et l'alcool, et précipitable par la teinture de noix de galle (osmazôme?);
10* Une matière qui répand une odeur urineuse quand on la chaufTe;
11* Une matière soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et précipitable par les acides (matière caséeuse, peut- être avec de la matière salivaire?) ;
12* Du mucus ;
13* Du bicarbonate d'ammoniaque ;
1&* Des margarate, oléate, acétate, bicarbonate, phosphate et sulfate de soude (avec peu de potasse) ;
15* Du chlorure de sodium;
16* Du phosphate de chaux ;
17* De l'eau, qui s'élève à 91,51 pour 100.
AMlyte «c M. ftcmurçay ( hUt et hmmî).
Eau 876
Gioléate de soode 110
Matières colorantes , maUères grasses diverses,
mucus, etc. 5
Sels diYers. 10
Analyse «e JokB ( Mie «e tortue).
Gholestérine, principe bilieax, matière jaune. • . . • 6»i6
Mucus jaune. ..... ^ ...•.•• à»17
Eau 91,67
M. Demarçay, revenant à l'idée ancienne qui assimilait la bile à un ttvon, a essayé de prouver, dans un travail remarcpiable par sa netteté,
ihi CHIMIE ANIMALE.
que la bile est essentiellement formée par la combinaison de la soude avec un acide résineux et azoté qu'il a nommé acide choléique. En traitant la bile par de la potasse ou de Tacide chlorhydrique concentré, M. Demarçay obtint deux nouveaux acides, Y acide choléique et V acide choioïdique. Comme dans ces réactions il se dégage toujours de Tammoniaque, M. Demarçay considéra les deux derniers acides que nous venons de nommer, ainsi que la taurine découverte par Gmelin, comme des produits de décomposition. Berzelius reprit ensuite le travail de M. Demarçay et trouva que lorsqu'on fait agir de Tacide chlorhydrique sur la bile, au lieu de former un seul acide résineux, Tacide choioïdique, comme l'avait admis M. Demarçay, il se produit deux acides particuliers qu'il a nommés acides felliq^xe et cholinique, et qu'il se forme en outre une substance neutre à laquelle il donne le nom de dyslysine.
Benelius admet , en outre , que dans la bile fraîche il existe une substance qu*il nomme biline, qui, en se combinant avec les acides fellique et cholinique, produit les acides bilifellique et choiinifkliique.
Lorsque la bile est ancienne, Berzelius y trouve, en outre, les acides fellique, cholinique et deux acides nouveaux qu'il nonmie acides cholanique et fellanique. Ainsi , d'après Berzelius , une bile nouvelle traitée par Tacide chlorhydrique donne un mélange de biline, d'acides bilifellique, fellique et cholinique ; une bile ancienne produit sous la métne inflilence un mélange d'acides bilifellique, fellique, cholinique, fellanique, cholanique et cholique.
M. Liebig, ayant repris après Berzelius l'examen de la bile, arrive à des résultats beaucoup plus simples, et considère ce liquide comme formé essentiellement par la combinaison de la soude avec un acide résineux qu'on nomme bilique.
Dans un travail récent, M. Mùlder est arrivé aux résultats suivants :
La bile est essentiellement formée par une substance qu'il désigne par le nom de biline,
La biline, soumise à l'influence des différents réactifs, se décompose toujours en ammoniaque AzH^, en taurine G^H'AzO^S*, et en un groupement moléculaire C^H*W , qui , suivant son état d'hydratation , produit les corps observés par les chimistes que nous avons cités précédemment.
Dyslysine * C**H«H)«,HO*
Ackk cboUnIque C^H«<0^«^0.
Acide fellanique CWH36o6,3ho.
Acide (eUique. C»H»0«,4H0,
Acide choUque C»H»o«,5HO.
M. Mulder admet en ouirt que te bi)in« peut ao o(u»biBer en diiérfiotai
PIUB. 141
proportions avec les acides précédents pour former les addeg bilifellique et bilicbolinique.
D'après Berzelius et M. Mulder, la bile fraîche se compose de biline et de bilifellate de soude; ce dernier sel prend naissance par la déoomposi* tion de la biline en présence du carbonate de soude. La bile peut donc être envisagée comme une sorte de savon.
Le travail le plus récent sur la bile est dû à M. Strecker. 11 tend à foire considérer ce liquide comme une combinaison de soude avec deux acides azotés, dont Tun, qu'il appelle acide choltque, ne confient pas de soufre, tandis que Vautre, qu'il nomme acide choléique, en renferme une proportion assez considérable.
Les propriétés de ces deux acides ont déjà été étudiées.
La bile renferme en outre de petites quantités de cholestérine, d'acides gras et de sels à bases de potasse, d'ammoniaque et de magnésie.
Sous l'influence de la levure de bière, du hile de la vessie et de la synaptase, la bile subit une putréfaction pendant laquelle elle donne naissance aux mêmes composés qu'avec les acides et les alcalis.
La potasse, ajoutée en excès dans la bile, détermine sa séparation sous la forme d'un sirop épais ; l'alcali agit dans ce cas sur la bile comme sur une dissolution de savon.
Les acides ne précipitent pas en général la bile ; toutefois l'acide acétique peut former un précipité dans la bile ancienne.
D'après M. Thenard, l'acétate neutre de plomb forme, dans la bile, un léger précipité qui consiste en une combinaison d'oxyde de plomb avec les acides oléique et margarique, avec les matières colorantes et dies traces d'acide sulfuriqpe et d'acide pbosphorique. La liqueur, fi)trée et traitée par l'acétate de plomb tribasique, laisse déposer un précipité très abondant contenant de la cholestérine et le composé auquel M. Thenard avait donné le nom de picromel. Selon M. Strecker, le premier de ces précipités serait formé presque exclusivement de cholate, et le second de choléate de plomb.
M. Pettenkofer a fait connaître un réactif qui accuse la présence d'une petite quantité de bile dans les liquides de l'économie animale. Ce chimiste a reconnu que le sucre et l'acide sulfurique, mêlés à la bile, profluiaent une belle coloration violette. Pour faire l'expérience, on mélange le liquide contenant la bile ^vec les deux tiers de son volume d'acide sulfurique concentré ; il faut, dans ce mélange, éviter autant que possible l'élévation de la température ; puis on y ajoute 4 ou 5 gouttes d'une dissolution de sucre de canne, faite avec une partie de sucre et 5 parties d'eau.
L'adde azotique nitreux peut aussi être employé pour reconnaître la présence de la bile ; en agissant sur la matière colorante de la bile, il lui bit prendre des colorations vertes, bleues, violettes, rouget et jaun^.
iâ/i CHIMIE ANIMALE.
Biliverdine. — La matière colorante verte de la bile a été nommée biliverdtne,
La biliverdine desséchée est pulvérulente, amorphe, d'un vert noirâtre , insoluble dans Teau , soluble dans Ualcool , l'éther, l'acide sulfiirique et Tacide chlorhydrique. Les dissolutions de biliverdine sont rouges par transmission et vertes par réflexion : lorsqu'on les évapore doucement à sec, elles laissent la biliverdine sous forme de pellicule vitreuse. L'acide acétique et les alcalis colorent la biliverdine en jaune.
La matière colorante de la bile contient du fer ; sa composition se rapproche de celle de Thématosme. (Berzelius.)
On obtient la biliverdine en faisant bouillir la bile avec son volume de lait de chaux. La liqueur se décolore, et il se forme un précipité vert qu'on traite par l'acide chlorhydrique, après l'avoir séché. Le résidu est lavé plusieurs fois à l'éther, repris par l'alcool et enlevé à cette deraière dissolution au moyen de l'agitation avec l'éther. L'extrait éthéré abandonne la biliverdine pure en s'évaporant.
OOTBLVB -BtLOirmKANT ]>SS TBJLNBTOBMATIOVB DS 3bA BXLM.
Lorsqu'on maintient pendant plusieurs heures à une température de 40« de la bile légèrement acidulée par de l'acide chlorhydrique, on obtient un acide azoté cristal lisable, que Plattner et Gmelin ont nonmié acide choUque,
Cet acide cristallise en longues aiguilles qui sont ordinairement isolées ; il est peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool ; il se colore en violet quand on le met en contact avec un mélange d'acide sulfurique et de sucre. Il contient :
Carbone /||6,96
Hydrogène 15,90
Azote. 3,21
Oxygène 33,93
L'acide chlorhydrique concentré, en agissant sur la bile, produit la dyslysine et les acides fellique et cholinique.
Dyslysine, — Ce corps est caractérisé par son insolubilité dans l'alcool et les carbonates alcalins ; il se présente sous la forme d'une masse résineuse, blanche, friable, tout à fait insoluble dans l'eau. Il peut être représenté par la formule C^H5^0^,H0 , et d'après M. Strecker , par C«H»0«.
La potasse en fusion ou bien en dissolution alcoolique le convertit en acide choloïdioue. Pour obtenir la dyslysine, on fait bouillir l'acide cho-
BILK. il\5
1(Mque avec de Tacide cblorhydrique jusqu'à ce que le produit ait perdu sa consistance. On le reprend alors par Téther bouillant, et Ton précipite la solution par Talcool.
M. Hùlder a obtenu une dyslysine soluble dans Téther et une autre insoluble; ces deux corps diffèrent entre eux par de Teau.
Acides ckolinique et fellique. — Ces acides sont fusibles dans Teau bouillante ; leur saveur est amère. Ils sont à peine solublesdansTeau, solubles dans l'alcool, moins solubles dans l'étber.
Acide cholique, — M. Demarçay a obtenu cet acide en faisant chauffer de la bile avec de la potasse, jusqu'à ce que le dégagement d'ammoniaque ait cessé ; en ajoutant ensuite dans la liqueur de l'acide acétique, il se forme un précipité cristallin d'acide cholique.
L'acide cholique parait identique avec l'acide cbolalique , dont nous avons déjà étudié les propriétés.
Lorsqu'on abandonne à l'air, pendant un temps très long, de la bile, il se dégage de l'ammoniaque et il se dépose un acide cristallisable qui parait être de l'acide cholique.
Acide ammoni fellique, — Lorsqu'on abandonne la bile à l'air, pendant un mois environ, on retrouve dans la liqueur un acide azoté qui peut être représenté par 2 équivalents d'acide fellique et 1 équivalent d'ammoniaque :
(C50H36o«,/iHO)»,A2H».
Cet acide a été nommé acide ammoni fellique. Biline. — Cette substance , d'après Berzelius et M. Mûlder , existerait dans la bile firaîche. Elle n'est pràc^ipitée ni par l'acide sulfurique ni par le sous-acétate de plomb ; elle se décompose très facilement. M. Liebig considère la biline comme une combinaison de soude avec un acide résinoïde préexistant dans la bile, et qu'il nomme acide bilique.
M. Redtenbacher a reconnu que la bile, traitée par l'acide azotique, donne naissance à des produits volatils et à des corps fixes. La partie volatile contient des acides caprique, caprylique, valérianique, butyrique, et, de plus, une huile pesante qui se dédouble facilement en un acide, Vacide nitrocholique, et en un corps neutre, le cholacrol.
11 suGBt, pour opérer ce dédoublement, d'abandonner quelque temps le corps huileux au contact d'une dissolution concentra de potasse, qui s'empare de l'acide nitrocholique ; le cholacrol peut alors être enlevé par décantation. En évaporant ensuite dans le vide la dissolution de nitrocholate de potasse, on obtient ce sel en beaux cristaux jaunes. L'adde nitrocholique a pour formule C^HAz^O^,HO.
Le cholacrol est un corps neutre, d'une odeur forte, peu soluble dans Teau, très soluble dans l'alcool, l'étber, et qui, lorsqu'on le chauffe, se VI. 10
ikt CHIMIE éNIMALB.
décompose en foisant entendre une 3or(e d'explosion, ga fonnulfi is^
Le cholacrol peut se dédoubler en acide cholestérique e| en aeide bypo-azotique :
C«H«A£20»a = C«H<CM,HO + 2AbO<.
Cholacrol. Acide cholestérique.
La partie fixe provenant de la réactipD de Vacide «azotique 9ur h bU^ est formée par 4^ux acides qui ont été nommés acides çholoidanique et cholestérique.
L'acide cboloï^anique est soluble dans Teau et cristallise en Iop^q; aiguilles prismatiques. Il a pour composition C*^H*^'.
11 existe assez fréquemment chez Thomme des copprétions biliaires qui se logent dans la vésicule du fiel ou dans les conduits de la bile, de p^anière à devenir quelquefois la source d'accidents en s'opposant à Técoulement de la bile. Ces concrétions biliaires varient dans leur volume, leur forme, leur consistance et leur densité : elles sont tantôt de couleur brnne et se brisent en une poudre amorphe; tantôt elles sont blanc})^tres §( |^ cassures cristallines , etc. Les concrétions biliaires les plus mQ)|es contiennent plus de cholestérine.
Anmlyie ëe calculs Mllalret*
6Unih«. Brandes.
Cholestérine 66 81,25 *69?76^81,^
Résine biliaire 8 3,13 6,66 8,88
Matière colorante. 15 9,88 11,28 7,57
Albumine coagulée. 9 » é é
Mucus 12 6,25 18,80 f
Albuqnine soluble , mucus et sels. . . » » » 8»fl3
Analyse ëc divers calculs bUlatrcs.
Perte par la dessiccation. . /i,878 19,179 8,263 2,88» 1,974 8>7t6 Matière soluble dans Teau
e^ perte 8,210 10,139 6,014 7,5^7 ^,l^^ i0,/ii72
Cholestérine 82,815 8,250 82,274 78,058 84,948 76,902
Graisse saponifîable .... 1,499 2,700 1,113 4,272 2,095 7.513 Aésidu soluble dans Tarn-
moniaque 0,457 1,116 0,695 0,517 0,127 0,834
Résidu insoluble dans Tarn-
moniaque 1,563 62,837 6,063 6,213 4,719 1,205
Cendres 0,588 6,779 1,578 0,497 S,â48 #,279
(M. HBiir.)
BILE. ikl
Quelquefois on rencontre dans les calculs biliaires des carbonates de chaux et de magnésie et d'autres matières minérales.
AaalyM «'on calaU Mllalre umr mi. BaUy et Henry UjMne.
Carbonate de chiiqx avec t|-ace de carbonate de magné^a • • • 72,70
Phosphate de chaux 13,51
Macus, matières colorantes , oxyde de fer 10,81
GAlcol MUaIre «'une traie.
Gholeatérine. 6,00
Bésine blanche ,. . • /i/i,95
BUe '. . . 3,60
Matière animale et résine verte altérée /i5,/ii5
400,00 ( M. Lassaigre.)
M. Thenard a trouvé que dans la chlorose la bile perd ses caractères et se transforme en un liquide albumineux.
On donne le nom de bézoards orientaux à des calculs biliaires qui proviennent de Testomac de certaines antilopes et qu'on employait autrefois comme médicament. Ces calculs contiennent un acide qui a été examiné récemment par M. Wœhler, et que Ton nomme acide lithofellique. Cet adde a la plus grande analogie avec les corps gras. Il a pour composi- Uon ^H«K)».
Ambre «rit.
Vambre gris est une concrétion intestinale du cachalot.
Cette substance se rencontre sur les côtes du Coromandel, des lies d« Sumatra et de Madagascar, en masses rugueuses d'un gris veiné de ilbir et de jaune, dont l'odeur est douce et pénétrante.
L'ambre gris présente la composition suivante :
Adlpocire, ou maUère grasse (ambréine) 20,16
Résine. il,6?
Acide benzolque • â«9i
Matière charbonneuse 4 • t4d
( BOUILIiOU^LAGRAlVeB.)
Lorsqu'on le traite à chaud par Talcool, il cède à oe dissolvani une substance que l'on a nommée ambréine.
L'ambréine est cristallisable, inodore, insipide, fusible à 80«, volatile
en partie, insoluble dans Teau, solublc dans ral(*x)ol, Téther, les essences et les huiles grasses. Elle est formée de :
Carbone. 83,37
Hydrogène 18,32
100,00 (Pelletier.)
L'acide azotique la convertit en un acide cristallisable et jaune, auquel on a donné le nom A' acide ambréique. Cet acide est peu soluble dans l'eau, très soluble dans Talcool et Téther. 11 renferme :
Carbone 51,96
Hydrogène 7,07
Azote. 8,59
Oxygène 32,38
(Pelletier.)
Les ambréates à base d*alcali sont très solubles dans l'eau ; les autres sels formés par Tacide ambréique sont peu solubles ou insolubles. On se sert de l'ambre gris dans la parfumerie. (Pelletier.)
WÊLOvmxiTiM fhtizoiiOoiquss xt rowonomi us iol mam.
Depuis longtemps les avis des physiologistes sont partagés relativement aux fonctions de la bile dans l'acte de la digestion. Les uns soutiennent que le fluide biliaire est entièrement destiné à être évacué et qu'il ne concourt en rien à la modification des aliments ; les autres r^;ardent, au contraire, l'existence de la bile comme indispensable aux phénomènes de la nutrition. D*après les expériences de Schwann, les animaux dépérissent et meurent rapidement quand on fait écouler leur bile au dehors par le moyen d'une fistule. La bile, mise en contact avec les matières grasses alimentaires neutres, n'exerce sur elles aucune modification. On observe, du reste, la même inactivité du fluide biliaire à l'égard des substances alimentaires amylacées et albuminoïdes. Ce ne serait donc point en agissant directement sur les aliments que ce fluide interviendrait dans les phénomènes digestifs. Mais il est prouvé qu'une partie des éléma[its de la bile sont réabsorbés dans l'intestin, et Ton ne retrouve jamais l'acide choléique dans les matières excrémentitielles. Il est très probable dès lors
suc PANCRÉATIQUE. 169
que les éléments biliaires qui sont reportés dans le sang doivent plutôt concourir aux phénomènes de l'assimilation ; touteibis leur rôle n*est point encore précisé.
SXA
]>SXABX&S
ISS AHIMAVX.
La bile de porc a été examinée par MM. Strecker et Gundelach, qui y ont trouvé un acide particulier qu'ils ont appelé acide hyocholéique : cet acide y est uni avec la soude et a pour formule C^H**AzO'®,HO.
La bile de porc est un liquide visqueux d'une couleur jaune tirant sur le brun, d'une saveur d'abord douceâtre, puis très amère. Elle contient en moyenne 88,8 pour 100 d'eau, tandis que la bile de bœuf en contient 92 à 93.
La quantité de soufre contenue dans la bile de porc est très faible.
M. Bensch a analysé la bile de différents animaux. Nous donnons le résultat de ses analyses :
Cmbon», Anie. .
Soofro. .
Oijgèuo.
POISSOIC.
Analysct ëe bliet ëlverfcs par Kenp*
Carbone
Hydrogène.
Azote
Oxygène.