‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 54 sur 206 · HUILE FÉTIDE DU PUTOIS · texte numérisé non relu

HUILE FÉTIDE DU PUTOIS

11 existe entre la queue et Tanus du putois une petite vésicule dans laquelle on trouve un liquide oléagineux, que Tanimal lance lorsqu'il est poursuivi, dans le but d'écarter ses ennemis.

Ce liquide est d'un jaune d'or, d'une odeur insupportable, insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool. 11 tache le papier à la manière des huiles grasses, et brûle avec une flamme bleuâtre en dégageant de l'acide sulfureux.

La liqueur fétide du putois est formée par le mélange d'une huile grasse inodore avec une essence sulfurée odorante et volatile. Elle renferme aussi une petite quantité d'hydrogène sulfuré et de sulfhydrate d'ammoniaque. (M. Lassaigne.)

Les premiers travaux publiés sur la constitution des œufs sont dus à HM . Dumas et Prévost MM. Baër, Vogt, Baudrimont, Martin Saint^Ànge, Gobley et d'autres savants ont publié ensuite sur cette question des recherches d'une grande importance.

L'étude des œufs a été reprise dans un travail récent, et Ton est parvenu à constater qu'il existe des différences fondamentales entre la composition des œufs des animaux, et que, sous ce nom collectif A'œuf^ désignant le produit de l'appareil ovarien destiné à concourir à la perpétuation de l'espèce, on comprend des corps très complexes, les plus différents les uns des autres.

Les détails que nous donnons ici sur les œufs sont extraits en grande partie de ce travail. (MM. Valenciennes et Frémy.)

QBUFS D*OISBADX.

L^œuf de l'oiseau se compose de trois parties : la coquille^ enveloppe dure, revêtue à l'intérieur d'une membrane ; le blanc et le jaune,

La coquille des œufs a été analysée par Vauquelin et Proust ; elle renferme, d'après ces chimistes :

Vauquelin. Proust.

Phosphate de chaux avec un peu de phosphate de magnésie, 5,7 7

Matière anhnale renfermant du soufre^ /i,7 :2

A rintérieur de la coquille est une membrane qui a pour composition :

Carbone Ô0,67A

Hydrogène 6,608

Azole 16,761

Soufre ) ^^'^^^

(M. SCHEERBR.)

Cette membrane laisse par l'incinération une petite quantité de cendres fonnées de phosphate de chaux.

Le blanc de Tœuf de Toiseau est considéré par presque tous les chimistes comme un principe immédiat pur, quoique ce blanc contienne du carbonate de soude, des sels divers et un corps sulfuré, qui peut être séparé de Talbumine par différents réactifs sans déterminer la décomposition de cette substance.

En examinant le blanc retiré des œufs de différentes espèces d'oiseaux, on reconnaît que ce corps se présente souvent avec des propriétés variables. Dans quelques espèces, il est presque fluide; dans d'autres, il possède une consistance gélatineuse. Le blanc de l'œuf de poule coagulé est opaque, et d'une couleur pure, blanche et mate. Celui du vanneau devient, après la cuisson, transparent, opalin, verdâtre et tellement dur, (lu'on peut le tailler en petites pierres employées, en certaines contrées d'Allemagne, pour la bijouterie commune.

Ces caractères ne suffisent pas pour feire admettre que le blanc des œufs d'oiseaux est formé par des albumines différentes ; mais ils semblent démontrer que des recherches attentives permettront de faire ressortir dans ces albumines des propriétés nouvelles qui jusqu'alors ont échappé aux chimistes.

Les cendres de 100 parties de blanc d'œuf contiennent :

Acide sulfarique. 0,29

Acide phosphorique 0,û5

Chlore OM

Potasse et soude en partie à Tétat de carbonate. 2,02

Chaux et magnésie id. 0,30

( Proust.)

1^ jaune de l'œuf d'oiseau est formé par un liquide visqueux, tenant en suspension une matière grasse phosphorée qui présente une certaine analogie avec la graisse cérébrale. La viscosité de ce liquide est due à la présence d'une matière albumineuse qui a été découverte par MM. Dumas et Cahours, et que les chimistes ont nommée vitelline. La vitelline se

CCUFS. 229

trouve toujours, dans le jaune d'œuf d'oiseau, associée à une certaine qu antité d'albumine.

Lorsqu'on expose à l'air humide le jaune de l'œuf d'oiseau, il se durcit rapidement, parce que l'humidité atmosphérique détermine la précipitation de la vitelline ; aussi voit-on cette solidification se présenter, en premier lieu, sur les couches du liquide qui sont en contact avec l'air.

On peut donc dire que, abstraction faite de tous les caractères zoologiques et anatomiques que fournissent la coquille, sa tbrme et sa coloration variée, les membranes propres et formées au moment de la ponte ou celles qui se développent pendant l'incubation, en un mot, les deux substances essentiellement constitutives et préparées par la nature pour nourrir le poulet dans l'œuf de poule, se reconnaîtront toujours aux caractères suivants :

1* Le blanc, très riche en substance albumineuse, est nettement séparé du jaune par la membrane vitelline ;

2'* Le jaune, principalement formé de matière grasse phosphorée, d'une petite quantité d'albumine, de sels divers, donne un abondant précipité de vitelline lorsqu'on le met en suspension dans une quantité d'eau suffisante.

G^te substance, tout à fait caractéristique des œufs d'oiseaux, ne se rencontre dans ftucune autre espèce d'œufe.

Nous donnofis ici la composition du jaune d'œuf d'oiseau.

Eau 5i,t86

Vitelline 15,760

Margarine et oléine 21,304

Gbolestérine 0,438

Acide margarique et oléique 7,226

Acide phosphoglycérique - 1,200

Sel ammoniac .' ; 0,034

Chlorures de sodium et de potassinm , snlfete de potasse 6,27f

Phosphate de chaax et de magnésie 1,022

Extrait de viande. 0,400

Ammoniaque, matières azotées, matière colorante, acide lactiqae. 0,853

(M. GOBLEY.)

OBOFS BB FOISSONS.

PolMOBt à s4|oelctte cariUafflBeax*

Œufs de raie. — Les raies pondent des œufs protégés par une enveloppe forte et résistante sans être toutefois oiiloaire. En ouvrant ces œufs,

on voit un jaune a))ondant contenu dans une masse gélatineuse transpa* rente qui représente le blanc de l'œuf de poule, quoi qu*il soit totalement différent. Le jaune est au milieu de cette masse, dans une des cellules transparentes du blanc, car le vitellus n'a pas de membrane vitelline assez résistante pour que Ton puisse l'observer sous le microscope, et encore moins séparer le jaune du blanc.

\je blanc gélatineux des œufs de raie ne ressemble en rien au blanc des œufs d'oiseau : il n'entre pas en dissolution dans l'eau ; il n'éprouve pas, par la chaleur ou l'aotion des acides, une coagulation comparable à celle de l'albumine ordinaire.

En examinant cette gelée avec soin, on reconnaît qu'elle est formée par des vésicules dont les membranes élastiques contiennent un liquide très aqueux, et qui ne présente en dissolution que des traces d'albumine. Lorsque ces vésicules sont exposées à l'air pendant quelques jours, elles se vident en quelque sorte, perdent leur consistance gélatineuse et produisent alors un liquide légèrement albumineux qui tient en suspension quelques membranes transparentes.

L'alcool produit également la destruction de la masse gélatineuse et détermine la coagulation des membranes.

En soumettant ce blanc d'œuf de raie, à une évaporation dans le vide, on reconnaît qu'il ne contient que des traces de substances organiques.

On voit donc que ce blanc d'œuf, en proportion très faible par rapport au jaune, ditïère, sous le rapport de sa composition, du blanc de l'œuf d'oiseau. L'étude du jaune de l'œuf de raie établit du reste des différences encore plus remarquables entre les œufs d'oiseaux et ceux des poissons cartilagineux.

Lorsqu'on soumet le jaune de l'œuf de raie à un examen microscopique, on reconnaît qu'il est formé par un liquide assez fluide, tenant en susfension des gouttes d'un corps gras légèrement coloré en jaune, et une quantité considérable de petits grains blancs et transparents, d'une forme régulière, qui ont été décrites précédemment.

Œuft de torpille. — Les torpilles sont ovovivipares. L'oviducte de la mère contient des granules qui ressemblent à ceux des œufe de raie, quoique leur forme soit différente.

Œufs de roussette, — Les œufs de roussette présentent une coque dure, résistante, jaunâtre et d'apparence cornée. Le vitellus en remplit la plus grande partie. Sa membrane vitelline est encore plus difficile à voir que celle des œufs de la raie : le blanc est plus visqueux, les membranes qui le contiennent sont beaucoup plus délicates ; le liquide cependant ne renferme aussi que des traces d'albumine. L'alcool produit de même la destruction de la masse gélatineuse, en déterminant la coagulation de ces membranes.

CEUFS. 231

On Toit donc que le blanc d*an œuf de roussottc ressemble beaucoup à celui d'un œuf de raie.

Le jaune de cet œuf présente aussi une grande ressemblance avec celui d'un œuf de raie. Le liquide très fluide qui le compose tient en suspension dtô gouttelettes d'huile jaunfttre, et une quantité de petits grains blancs transparents, d'une forme régulière, mais différente de celle des granules deg diverses espèces de raies.

Œufi d9 milandre. — Si les roussettes présentent les mômes conditions ovologiques que les raies, les autres squales en offrent avec les torpilles, car ils sont comme celles-ci, ovovivipares.

La coque des œufs de milandre est formée d'une membrane mince comme de la baudruche. Elle contient des granules ayant une forme différente de celle des granules de raies, mais cependant visiblement analogue.

Œuf$ de l'ange, — Le vitellus de Tœuf de l'ange contient une matière grasse divisée en gouttelettes, nageant dans un liquide visqueux et albumineux, avec un grand nombre de granules d'une forme spéciale et en grande abondance.

En résumé, le vitellus d'un œuf de poisson cartilagineux est formé par un liquide albumineux, tenant en dissolution quelques sels minéraux, principalement des chlorures et des phosphates, et en suspension des grains blancs de forme constante et régulière dans chaque espèce, mais variable d'une espèce à l'autre, et mélangés à une petite quantité de graisse phosphorée.

Cette matière grasse est soluble dans l'alcool et l'éther; elle forme, avec l'eau, une sorte de mucilage ; elle présente de l'analogie avec l'acide gras qui existe dans le cerveau, l'acide oléo-phosphorique.

Quant aux grains blancs, ils constituent un principe immédiat nouveau, Yichtine^ dont nous avons déjà fait connaître les propriétés et la composition.

Œufs de carpe, — Lorsqu'on étudie sous le microscope un ovule de carpe peu avancé, on reconnaît que le liquide tient en suspension beaucoup de gouttelettes de graisse légèrement colorée, au milieu desquelles on voit nager des granules transparents, en tablettes qui rappellent tout à fait ceux du vitellus de la raie.

Ces granules différent cependant de ceux de l'ichtine. Ils constituent un principe immédiat nouveau, nommé Vichtidine,

11 existe en outre dans ces œufs un autre principe immédiat, qui a reçu le nom d*icktuline.

232 CHIMiB ANIMALE.

Les propriétés de Tichtidine et de richtuline ont déjà été étudiées.

L'ichtuline se rencontre aussi dans les œufs du Bar (Labrax lupus), du Muge à grosses lèvres (Mugit chelo, Nob.), du Maquereau {Scomber scombrus)y du Turbot {Pleuronectes maximus. Lin.) , de la Sole commune {Pleuronectes solea, Lin.), de la Sole bretonne {Solea ormorica. Val.) , du Saumon.

Quand on examine ces œufs à Tétat d'ovules et après leur entier développement, on reconnaît que leur composition subit des modifications profondes pendant le séjour qu'ils font dans Toviducte. En effet, les œuis de carpe entièrement formés ne contiennent plus de traces d'ichtidine, richtuline disparaît aussi peu à peu, et quand ils sont devenus tout à fait transparents, ils ne renferment plus qu'upe liqueur fortement albumineuse tenant en suspension de la graisse phosphorée.

Il paraît donc démontré que la composition des œufs change avec Tàge de leur développement.

Œuf$ de saumon. — Les œufs de saumon ne contiennent pas de grains rectangulaires solubles dans l'eau. Ils renferment beaucoup d'iclituline et fort peu d'albumine. Leur couleur jaune rougeàtre est due à la présence d'une quantité considérable d'huile phosphorée.

Soumis à la cuisson, ils deviennent opaques, mais en restant toujours mous, môme en les tenant dans l'eau bouillante. Cela se comprend, puisqu'ils ne renferment qu'une quantité très faible d'albumine. Leur opacité est causée par l'eau introduite dans leur intérieur qui détermine alors la précipitation de l'ichtuline.

Œufs de l'anguille, — Les œufs, ou plutôt les ovules de l'anguille, contiennent peut-être encore plus de graisse que les œufs de saumon. Ils ne paraissent pas avoir plus d'albumine, car ils ne durcissent pas par l'ébuUition; ils ne renferment pas la moindre trace d'ichtidine.

On voit donc que les œufs de poisson contiennent des substances msolubies dans l'eau, Tichtine, Tiditidine et l'ichtuline, qui ont des propriétés différentes de la vitelline des oiseaux. L'albumine des œufs de poissons paraît être également différente de celle des œufs d'oiseaux.

En effet, l'albumine des œufs de certains poissons se dissout sans aucune coloration dans l'acide chlorhydrique, et elle commence à se coaguler vers Zi5°; tandis que l'albumine des œufs d'oiseaux se dissout, comme l'on sait, dans l'acide chlorhydrique, en donnant au liquide une couleur bleue violacée, et elle ne se coagule que vers 60°.

Googk

OBUFS. 233

«BIIP8 BB BBPTILBS.

Œufs de tortue. — Les œufe de tortue se composent d'un blanc gélatineux, peu abondant, à peine albumineux, enfermé dans les cellules des grandes membranes transparentes. Le jaune , très riche en albumine, contient en outre une quantité considérable d'huile phosphorée, et de plus, des grains particuliers constituant un nouveau principe immédiat, nommé émydiney dont nous avons déjà décrit les propriétés.

Œufs de lézard. — La composition des œufs du l^rd vert piqueté et de ceux du lézard des souches présente une certaine ressemblance avec celle du jaune des œufs d'oiseaux. On n'y trouve pas de grains d'ichtine ou d'émydine.

Œufs de cotdeuure. — Le vitellus des œufs de couleuvre est à peine entouré d'une couche très mince d'albumine. Le jaune est formé d'albumine et de graisse phosphorée, et il paraît laisser précipiter de la vitelline lorsqu'on l'étend d'eau.

Œufs de vipère. — Les œufs de la vipère commune diflèrent sous plusieurs rapports de ceux de la couleuvre.

Ils contiennent un blanc qui est semblable à celui des œufs de la raie, d*une consistance gélatineuse ; il est formé par des membranes élastiques, hyaloïdes, retenant une eau légèrement albumineuse.

Le jaune d'œuf de vipère se présente, comme celui de la couleuvre, sous l'aspect d'un liquide très albumineux, tenant en suspension une quantité considérable de graisse ; lorsqu'on met ce jaune en contact avec l'eau, il s'épaissit peu à peu, et devient bientôt complètement gélatineux. Ce changement d'état dans la liqueur est dû à un corps semblable à la vitelline qui, se trouvant d'abord en dissolution dans l'albumine, devient insoluble par l'action lente de l'eau, et finit par la faire prendre en

OBUFS BB BATEACIBNS.

Œufs de grenouille. — La matière gélatineuse des œufs de grenouille se compose d'un tissu de membranes hyaloïdes, contenant de l'eau absorbée peu après la ponte. Elle se modifie par la cuisson, devient légèrement opaline, et le vitellus durdt, ce qui donne la preuve de l'existence de l'albumine.

Le vitellus est noirci par un pigment noir propre à ces œufs et colorant la membrane vitelline, qui est excessivement mince : il contient dans son liquide une très petite quantité de matière grasse réunie en gout-

23& CHIMIB ANIMALE.

telettes transparentes, une matière qui se présente sous le microscope comme un pointillé noir d'une extrême ténuité, et enfin une grande quantité de granules vitellins d'une excessive petitesse, transparents, de forme variable, mais plus communément arrondis, insolubles dans Teau et solubles dans Tacide acétique.

Les œufs des tritoyis offrent la même composition. La matière blanche extérieure est semblable à celle de Tœuf de la grenouille.

Le vitellus citron ou vert., suivant les individus, contient de la graisse et un nombre considérable de granules vitellins arrondis, qui ont été étudiés dans Toeuf pris dans Toviducte près d'être pondu, et dans l'ovule encore renfermé dans l'ovaire. L'examen de ces derniers prouve ce fait remarquable, que les granules vitellins grossissent avec l'âge de leur formation. Ils sont infiniment plus petits dans l'ovule que dans le vitellus de l'œuf. Ces granules sont aussi insolubles dans l'eau et solubles dans l'acide acétique. L'œuf devient dur par la cuisson dans l'eau bouillante ; il contient aussi de l'albumine comme celui de la grenouille.

Les caractères que nous venons d'exposer conduisent à conclure que les granules contenus dans ces œufs sont de la nature de l'ichtine, c'està-dire qu'ils sont de la même nature que ceux des œufs de raie ei de squale.

OBUFS BB GIIIBTACÊB.

Les œufs de crustacés ne contiennent pas d'ichtuline; leur albumine parait di£Gérer, sous quelques rapports, de l'albumine des autres œufs. Sa coagulation ne commence que vers Ik^.

ceUFS D'ABAGHNIDBS BT D*III8BGTB8.

Les œufs de Y araignée contiennent de l'albumine, des corps gras et une grande quantité d'une substance précipitable par l'eau.

Les œufs de fourmis présentent les mêmes résultats.

Œufs de mollusques. — Les œufs de mollusques paraissent s'éloigner complètement, par leur composition, de ceux des autres animaux. iLinsi les œufs de colimaçon ne contiennent aucune trace de graisse ; ils sont exclusivement formés par des membranes hyaloïdes renfermant un liquide visqueux incolore. Ce liquide tient en dissolution une substance organique azotée qui n'est pas de Talbumine, car elle ne se coagule pas par la chaleur, elle est précipitée par l'acide acétique, et elle se dissout dans l'acide chlorhydrique sans produire de coloration violette.

VENIN Df LA YIPÈRB. 235

Il résulte donc des recherches entreprises sur la composition des œufs dans la série des animaux :

Que parmi les animaux vertébrés, les œufs d*oiseaux, de reptiles, de poissons, présentent dans leur composition des différences que l'analyse la plus simple permet de constater, et cependant que les œufs des sauriens et des ophidiens ont une grande analogie avec ceux des oiseaux, tandis que les œufs des batraciens se rapprochent de ceux des poissons cartilagineux ;

Que les œufs d'arachnoïdes et d'insectes s'éloignent complètement, quant à leur composition, des œufs des autres animaux ;

Que ceux de crustacés, organisés pour éclore dans l'eau, ne ressemblent nullement à aucun de ceux des poissons ou des autres vertébrés amphibies ;

Qu'il en est de môme de ceux des mollusques ;

Que ces différences ne correspondent pas seulement aux classes ou aux ordres, qu'elles s'étendent jusqu'aux familles naturelles sans môme s'y arrêter, puisqu'un œuf de poisson cartilagineux n'a pas la môme composition qu'un œuf de poisson osseux ; mais, de plus, qu'un œuf de carpe est très différent d'un œuf de saumon, et qu'un œuf d'ophidien, tel qu'une couleuvre, ne contient pas les mômes principes que ceux des chéloniens ;

Qu'il existe dans les œufs plusieurs prmcipes immédiats différents : la vitelline, l'ichtine, l'ichtuline, l'ichtidine et l'émydine, que l'on désigne sous le nom générique de substances vitellines ;

Que si la composition des divers principes immédiats est la môme dans des espèces très voisines, la forme et la grandeur des granules viteUins varient d'une manière assez appréciable pour pouvoir ôtre reconnue et assignée à chaque espèce ;

Que les substances albumineuses provenant des œuis d'oiseaux, de reptiles, de poissons, de crustacés, présentent, dans leurs propriétés chimiques et dans leur point de coagulation, des différences qui permettent de supposer que ces corps constituent des principes immédiats différents ;

Qu'un ceuf change de nature, que ses liquides se modifient considérablement aux différentes époques de sa formation, en, se détachant de l'ovaire et en séjournant dans l'oviducte avant d'être pondu.

(MM. Ch. Valbncibnnbs et Frêiit.)

236 CHtMtK ANIMALE.

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