VENIN BB LA VIPÈBB
Au-dessus de la racine des dents de la vipère se trouve un réservoir ayant une capacité suffisante pour contenir trois ou quatre gouttes de liquide extrêmement vénéneux. Lorsque Tanimal mord, cette espèce de glande se comprime, le venin s'écliappe par deux conduits existants à l'intérieur des dents, pénètre dans la plaie et cause la mort.
L'étude du venin de la vipère n'est pas encore complète. Nous donnons ici quelques observations faites sur ce liquide.
Fontana a examiné le venin de la Vipera Redi, C'est un liquide mucilagineux, jaunâtre, inodore, insipide, miscible à l'eau, et qui se convertit par la dessiccation au contact de l'air, en une masse vitreuse et brillante. Ce résidu est insoluble dans l'alcool. Lorsqu'on le traite pat* l'eau chaude, il se gonfle peu à peu et finit par se dissoudre.
Comme le curare et la plupart des virus animaux, le venin des serpents n'agit que lorsqu'il se trouve en contact avec le sang. On peut l'avaler sans inconvénient.
ENGBE DB SÈCHE.
Ce liquide, dont on se sert eu peinture, est contenu dans une vésicule particulière des animaux du genre Sepia,
Il laisse par évaporàtion un résidu noir et brillant formé par le mélange d'une substance organique nouvelle , la mélaîne , avec divers sels minéraux. (Bizio.)
Voici en centièmes la composition de l'encre de sèche ; on voit que la mélaîne s'y trouve en forte proportion :
Sabstance organique {méUiine) 78,00
Carbonate de chaux 10,/iO
Chlorure de sodium • 7,00
Sul&te de soude 2,16
Mucus 0,84
Perle 1,60
100,00 (Prodt.)
La mélaîne est pulvérulente, noire, inodore, insipide, infiisible et décomposable par la chaleur. Elle laisse à l'incinération un faible résidu
PUS, PYINE. 237
de Gendres, contenant du peroxyde de fer. Elle est insoluble dans Teau, Talcool et Téther, soluble dans Tacide sulfurique et les alcalis. L'acide azotique Tattaque en dégageant du bi-oxyde d'azote.
Pour l'obtenir, on traite par l'eau le résidu provenant de la dessiccation à l'air de l'encre de sèche. Le liquide entraîne une poudre noire qui se dépose dans l'espace de huit jours. Cette poudre, épuisée successivement par l'eau, l'alcool, l'acide chlorhydrique et une dissolution étendue de carbonate d'anunoniaque, constitue la mélaïne pure.
Les liquides dont l'étude vient d'être faite existent normalement dans l'organisation animale, et plusieurs d'entre eux sont indispensables à l'entretien de la vie; mais il en est d'autres qui se produisent accidentellement par suite de la décomposition des fluides ou des tissus de l'économie et que nous examinerons maintenant.
P08» PYINB.
Le pus est le liquide que sécrètent les plaies ou le tissu cellulaire d'un organe enflammé. Il peut être de bonne ou de mauvaise nature : un pus de bonne nature est visqueux, jaunâtre, neutre aux réactifs colorés, à peu près inodore et d'une saveur fade; sa densité est égale à 0,103. Le pus de mauvaise nature est très fluide et alcalin au papier de tournesol ; son odeur est repoussante. Les deux espèces de pus s'acidifient au contact de l'air.
Examiné au microscope, le pus oflre l'aspect d'un liquide séreux, incolore, tenant en suspension des globules pâles, transparents, plus volumineux que ceux du sang, mais de forme moins régulière. Ces globules ont un diamètre compris entre 0'"",00902"et O^^jOI 128 ; ils se composent d'un noyau insoluble dans les acides, et d'une pellicule albumineuse, soluble dans l'acide acétique (M. Gueterbock).
Le pus n'est pas entièrement soluble dans l'eau : si après l'avoir délayé dans ce liquide, on filtre l'émulsion, elle retient en dissolution une matière précipitable par l'acide acétique et que l'on a nommée pyine,
La pyine est soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool. L'alun forme dans les dissolutions de pyine un précipité insoluble dans un excès de réactif. Le cyanoferrure de potassium n'y produit aucun trouble , après addition d'acide chlorhydrique. Ces caractères permettent de distinguer la pyine de la caséine.
Outre la pyine, le pus contient divers sels minéraux, des matières grasses et de l'albumine.
238 CHIMUS ANIMALE.
Voici les résultats obtenus dans Tanalyse du pus de bonne nature :
Eau 89,1
Matières grasses. ••«••• 2,0
Albumine , pyiae , globules • • • • « • 7,/||
Perte . 0,6
(M. GOETERBOCK.}
Soumis à Tincinération, ce pus laissée pour 100 decendres, composées principalement de chlorure de sodium et de faibles quantités de phospliates et de carbonates alcalino-terreux. Ces cendres contiennent en outre des traces de fer.
L'action caractéristique de Tammoniaque sur le pus permet de distinguer ce produit du mucus. Lorsqu'on mélange le pus avec de ranmnH niaque, la masse devient gélatineuse par suite du gonflement. (M. Donné.)
at»AT»BS.
Il se forme dans plusieurs parties du corps des vésicules remplies de liquide, et auxquelles on a donné le nom d'hydatides.
Le liquide contenu dans les hydatides est jaunâtre, neutre aux réactifs colorés. 11 répand une odeur désagréable lorsqu'on le chauffe, et parait être sulfuré. Voici sa composition :
Albumine 2,90
Sels (chlomre de sodium en grande partie ) 0,60
Eam 96,50
100,00 (Bl* (XNliLÂIIJ) OB MARTIGNT.)
KTSTB*
Le kyste est ulie Vésicule molle qui se forme dans cei'taines pai*ties du corps , grossit et se remplît d'un liquide particulier dont voici les propriétés i
Le liquide du kyste est jaune, filant et d*Une odelir fade. Il laisse 12,8 pour 100 de résidu à Tévaporation. Il est miscible à l'eau ; l'alcool en sépare une matiète jaune, dense et soluble dans l'eau. Les acides étendus