INTRODUCTION
Dans sa marche continue et ascendante vers le progrès, la chimie. Tune des sciences expérimentales les plus vastes et les plus importantes, accumule chaque jour des données nouTclles et, en augmentant ses richesses, subit des yariations et des changements périodiques dans les théories et dans les doctrines au moyen desquelles on cherche à expliquer, à grouper et à relier la masse considérable de faits révélés par l'observation.
L'étude de ces fluctuations est du plus grand intérêt philosophique. Elle donne une haute idée de la portée de Tesprit humain et accuse en même temps son côté faible, sa tendance à céder aux entraînements et aux illusions, à accepter souvent comme démontrés des principes qui concordent avec les données du moment, mais qui demain disparaîtront sous la marée montante de nouvelles découvertes. Elle nous apprend combien il est nécessaire d'être défiant et sceptique dès que Ton sort du domaine des faits pour entrer dans celui de l'hypothèse qui doit les interpréter.
Loin de nous la pensée de condamner, en écrivant ces lignes, les puissants efforts des penseurs qui cherchent à utiliser les vastes matériaux mis à leur disposition par leurs devanciers et augmentés par leurs propres découvertes.
La théorie est non-seulement utile, mais encore indispensable au chimiste; c'est le phare qui le guide vers l'inconnu, qui lui permet de poursuivre sa route au milieu des ténèbres et l'empêche d'osciller au hasard et sans suite. Mais, il faut bien le reconnaître et l'avouer, ce phare West encore incomplètement éclairé et ne peut servir qu'à courte dis- 0tance. A chaque étape il convient de l'orienter à nouveau; car la voie "^qui nous conduit à la vérité est une ligne brisée.
Une idée d'ensemble, une théorie en un mot, née de la comparaison ^d'une série étendue de données du même ordre et appuyée sur elles avec cannE GiNiBAU. i. — a