I, INTRODUCTION
logl/|iji!, réunit beaucoup de chances de s'appliquer également bien à tÏHttirt'M faitH analogues. De là Tillusion, difficile à éTiter, sur la Talenr stU^oUm d*une théorie si souvent vérifiée, tant que Ton évolue dans le |>hiri oij elle a été (;onstruilc, plan qu'elle permet d'explorer dans toutes min direetions, en retidantsous cette forme restreinte de réels services.
Il ti*v.ti VMÏ phiH de niétnc dès que Ton sort de Tordre de phénomènes qui a nervi ii édifier une doctrine partielle. Les probabilités de concwdane<; entnt Tliypothese et la réalité deviennent alors presque nulles. A Cf. moment il eonvietil de rectifier la position des jalons et de déterminer U'H pointH de contact entre le premier plan exploré et le second; |Miiti,A mvMimi que les horizons scientifiques se multiplient, on est conduit h relier par utie surface théorique de plus en plus générale et étendue leH ligiie.M et le.H surfaces partielles devenues insuffisantes.
l/évolution des idées est donc nécessairement et fatalement liée au progWsM expérimental. Nul, quel(|ue grand qu'il soit, ne peut l'enrayer en écrivant le tnot dogme au-dessus d'un énoncé.
l/histoire de la science nous offre un exemple non interrompu des IransformationM Hucitnssives des doctrines. Certes Stahl, l'éminent savant et le piitiseur profond (|ui imagina le phlogistique, ne fut pas un esprit ordinaire. Sa théorie n'était pas au dix-huitième siècle aussi inadmisMible qu'elle nous le parait aujourd'hui. Elle reliait et généralisait admirahlenuuit les faits chimi(|ues, à une époque où les relations de poids étaient reléguée.s au second plan. Ce n'est pas pour cette idée un diplùme irahsunlilé que d'avoir régné en souveraine pendant un (lemi-sieeh! vX d'avoir captivé des es|)rils aussi sérieux et aussi divers que Srlie<'li% Trirslley, Cavendish, Hergman, Wcnzcl, etc.
Lavoisier n'a délrAné Stahl (|ue parce qu'il a inauguré une nouvelle méthode expérimentale vi étudié les réactions chimiques non plus seulement au point de vue qualitatif et des circonstances apparentes qui accompagnent les phéiKunènes, mais surtout sous le rapport du poids des corps mis en présence. Uevatit une pesée bien faite, une mesure de gaz exacte, démontrant qu'un métal chauffé au contact de l'air augmente de poids et que cette augmentation est égale au poids de Tair disparu, le système édifié par Stahl, et maintenu debout pendant si longtemps, s'écroula tout entier, parce qu'il était en flagi*ante contradiction avec les faits.
Tout entier, c'est trop dire; ce n'est que la forme défectueuse que lui avait donnée son auteur, faute de connaissances suffisantes, qui dis-
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parut. Quelque chose de ce système subsiste. Ce phlogistique, cet être presque immatériel et insaisissable que Stahl supposait s'échapper des corps en combustion, nous le retrouvons dans la chaleur qui rayonne au moment de l'oxydation. Les corps qui brûlent, les métaux qui se changent en terres, perdent quelque chose : ils perdent de la chaleur, de la force vive. Mais en même temps ils gagnent de Toxygène : c'est ce que Stahl n'ayait pas vu, parce qu'il ne pesait ni ne mesurait, et ce que Lavoisier mit en lumière, la balance étant pour lui le plus sûr et le plus précieux des réactifs.
La puissante logique de Berthollet ne put empêcher que son originale conception de l'action chimique et de Faffmité, dont nous parlons dans le corps de cet ouvrage, ne se trouvât bientôt en désaccord avec les résultats expérimentaux de Proust. De ces lois et de ces principes il survit cependant un chapitre important, qu'il a suffi de mettre en harmonie de langage avec les idées nouvelles pour en former une théorie partielle, très-ulile comme guide toutes les fois que l'on entre dans l'ordre de faits que Berlhollet avait généralisé.
Un peu plus tard, H. Davy et Berzélius, séduits et entraînés par leurs brillantes découvertes électrochimiques, croyaient fonder sur des bases bien solides et bien sérieuses leur théorie électrique des réactions et l'hypothèse de la polarité, qui est venue se heurler et échouer contre des faits positifs, malgré toute l'ardeur que mit le célèbre chimiste suédois à les défendre.
Devant ce puissant mouvement de progression qui entraine les esprits, souvent malgré eux, les luttes personnelles disparaissent et s'effacent, quelque illustres que soient les noms de ceux qui les ont soutenues. Ces .uttes sont, du reste, elles-mêmes un élément de progrès.
Pour édifier de grandes choses il faut non-seulement du génie ou du talent, mais encore de la passion. Aussi est-il bien difficile à un chef d'école marchant à la tête d'une génération de travailleurs, après avoir donné à la science une puissante impulsion, élargi dans le sens de ses idées le cercle des connaissances humaines et réalisé une riche moisson de découvertes, de s'arrêter à temps et de résister à l'entraînement de la vitesse acquise.
L'histoire, qui est toujours impartiale et juste, sait faire la part de ces faiblesses inhérentes à la nature humaine ; elle les relègue au second plan et £ait ressortir les services rendus.
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Parmi les questions qui ont le plus passionné Tesprit humain et donné lieu aux controverses et aux hypothèses les plus variées, se trouve celle de la nature intime des corps, de Tessence de la matière. Les anciens philosophes dissertaient volontiers et avec ardeur sur ce sujet. Lucrèce lui consacre tout un poème, De natura reimm. Aucun esprit scientifique n*échappe aux préoccupations de ce genre.
Nous croyons donc utile de donner, dans cette introduction» une idée des opinions et des hypothèses les plus saillantes sur ce point, de celles qui ont réuni le plus grand nombre de suffrages et d'adhérents» ou qui portent un certain cachet d'originalité : tout en reconnaissant, comme Ta dit notre illustre doyen, M. Dumas, que sur un sujet aussi délicat on court toujours risque d'en dire trop, quelque peu qu'on en dise.
Dans le corps de l'ouvrage, consacré surtout à grouper les faits expérimentaux et à en tirer des conséquences légitimes, nous ferons tout à fait abstraction des spéculations encore hypothétiques sur la nature des corps.
Avant d'aller plus loin, disons-le tout de suite et disons-le bien haut, afin qu'il n'y ait pas de confusion possible et que tout le monde puisse l'entendre, entre ce que l'on appelle aujourd'hui théorie atomique et notation atomique, théorie et notation que nous avons cru devoir adopter avec la majorité des chimistes, et la très-ancienne hypothèse des atomes et de la matière discontinue, il n'y a qu'un lien excessivement lâche, un nœud qu'il est loisible à tout le monde de défaire sans employer l'épée d'Alexandre.
La notion des atomes et de la matière discontinue est une hypothèse, et rien de plus.
La théorie atomique et la notation qu'elle a adoptée procèdent au contraire uniquement de l'expérience, comme l'a fait ressortir avec tant de vérité M. Wurtz dans sa Théorie atomique ; elle est fondée sur des faits certains, indéniables, dont elle tire des déductions légitimes. Elle est indépendante de l'hypothèse des atomes et ne s'y rattache que par un langage figuré et une nomenclature dont il y aurait peut-être avantage à la débarrasser.
L'atome chimique ne constitue pas nécessairement une petite masse non divisible, invariable en poids, en forme et en volume. L'atome chimique n'est pour nous que la plus petite quantité pondérable d^un éléfnent qui puisse entrer en réaction. Nous envisageons cette plus petite quantité non comme une valeur absolue, mais comme un rap-
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port; et si nous la fixons par un nombre, c'est uniquement pai* comparaison avec la base du système de notation adopté.
En prenant Thydrogène comme base et comme unité, l'expérience apprend que les proportions de chlore qui entrent en jeu dans les réactions sont toujours des multiples entiers de 55,5, et que le plus petit facteur entier est l'unité. 35,5 est ce que nous appelons l'atome de chlore.
En dehors de cette définition, il nous est loisible de nous faire de l'atome telle idée qu'il nous plaira ; nous pouvons le considérer comme un point matériel insécable et doué d'une grandeur et d'une forme réelles, ou comme une particule divisible elle-même dans une certaine mesure en particules plus petites ; admettre que cet atome n'a aucune
dimension réelle, pourvu qu'il reste avec la base dans le rapport de
35 5 masse — ~- ; ou bien encore l'envisager comme un mouvement particulier d'une portion limitée d'un fluide continu qui remplit l'espace. Tout cela importe peu ; rien d'essentiel et de vraiment scientifique ne disparaîtra des principes, des lois et des déductions de la théorie.
Dalton, que l'on considère comme le promoteur de la théorie atomique, dit dans son New System of Chemical philosophy (1808-1810) que les corps sont composés d'atomes, qu'un atome d'un élément peut se combiner avec un, deux, trois, etc., atomes d'un autre élément, mais non avec des fractions d'atome. Tout cela est parfaitement exact, et personne ne peut le contester, tant que l'on conserve au mot atome chimique la définition donnée plus haut; ce n'est qu'une traduction de la belle et féconde découverte due à Dalton de la loi des poids suivant lesquels un même élément s'unit à un poids constant d'un autre corps simple, poids qui sont des multiples simples de l'un d'entre eux. Si l'on veut aller plus loin et se faire une idée quelconque de la nature mtime et réelle de cet atome chimique, on entre aussitôt dans le champ de l'hypothèse et des discussions.
Il est certain que les atomistes qui ont suivi Dalton penchent comme lui vers l'idée d'une matière discontinue, formée de particules isolées, de grandeurs distinctes, et identifient les atomes chimiques avec ces particules.
Le chef de l'école atomique en France, M. Wurtz, s'exprime ainsi dans son dernier ouvrage : « Les forces que l'on considère en mécanique, il faut bien qu'elles émanent de quelque chose et qu'elles s'ap-
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