H«0*|, C«*IP
D'après les expériences de M. Berthelot, le graphite de la fonte donnerait, dans les mème^ coudÀViv^w^, ww ^dd^ ^c;!i^hitic[ue en écailles
jaune-verdâtre mieux développées que celles de Tacide graphitique de la plombagine. Ces écailles ne s'agglomèrent pas pendant la dessiccation et subsistent avec une teinte jaune spéciale; la chaleur les décompose avec une déflagration plus vive et un boursoufflemcnt plus considérable.
Le gi*aphite électrique, obtenu par la transformation des diverses variétés de carbone sous l'influence de Tare voltaïque» donne un acide graphitique ayant Taspect d'une poudre marron, laquelle ne s'agglomère pas sensiblement pendant la dessiccation. Ce produit se décompose avec déflagration et laisse une poussière pesante^ non floconneuse, qui se rassemble dans un petit espace, et qu'une nouvelle oxydation dissout presque en entier.
Le diamant en poudre est absolument inattaquable par le mélange de chlorate de potasse et d'acide azotique. Au contraire, les diverses espèces de charbons amorphes provenant de la décomposition pyrogénéc des composés organiques sont plus ou moins facilement atLnquées par le mélange oxydant et transformées en produits solubles et gazeux, de sorte qu'elles disparaissent dans la réaction.
Les oxydes pyrographitiques se transforment partiellement par le chlorate de potasse et l'acide nitrique en acide graphitique, mais la majeure partie se dissout.
On comprend, d'après cela, qu'étant donné un mélange de carbone diamant, de véritable graphite et de carbone amorphe, on arrive à séparer nettement les trois modiGcations; par des traitements suffisamment répétés , le carbone amorphe est converti en composés solubles ; le résidu insoluble est formé d'acide graphiti(]ue et de diamant. Par la calcination, on transforme l'acide graphitique en oxyde pyrographilique, qu'une nouvelle oxydation convertit en principes solubles et en acide graphitique. La même série de réactions étant appliquée plusieurs fois, tout le graphite finit par être transformé en composés solubles; le diamant seul reste inaltéré. (Berthelot, Annales de Chimie et de Physique, (4), t. XIX, p. 392.)
Poids atomique, équivalent, — D'après l'expérience, un volume d*acide carbonique contient un volume d'oxygène. On peut donc établir l'équivalent du carbone, comme celui de l'hydrogène, en se fondant sur les densités des gaz.
Berzélius et Dulong avaient trouvé
Pour la densité de l'acide carbonique le nombre. . 1,5240 Pour celle de l'oxygène le nombre 1,1026
Différence pour le carbone 0,421^
On a
528 CHLMIË GÉNÉRALE.
en dormant à l^acide carbonique la formule CO', d'où
En prenant les densités de l'acide carbonique et de l'oxygène obt«> nues par Regnault, on a
Densité de l'acide carbonique 4,52900
Densité de l'oxygène 1,10563
d'où
Différence pour le carbone • • • • 0,42337
Berzélius avait adopté le nombre 6»42 pour l'équivalent du carbone. L'inexactitude de ce nombre se révéla par l'analyse élémentaire des ca^ bures d'hydrogène riches en carbone» tels que la benzine, la naphtaline.
M. Dumas signala le premier la possibilité d'une erreur, les analysel donnant d'une manière constante une somme de carbone (calculé d'afmi la composition de l'acide carbonique trouvé) et d'hydrogène (cakalé d'après le poids.de l'eau) supérieure au poids de la matière em] Cette différence pouvait tenir à une inexactitude dans la d^ tion de l'équivalent de l'hydrogène ou dans celle de réquivalent carbone. Nous avons vu que l'équivalent de l'hydrogène admis Berzélius fut confirmé par les expériences de M. Dumas. Il n'en fut pas ainsi pour le carbone.
La méthode employée par MM. Dumas et Stas (Annales de Chimie et de Physique)^ (3), t. I, p. 1) est la plus simple et la plus directe. Elle consiste à brûler dans l'oxygène un poids connu de carbone pur et i peser l'acide carbonique formé. Les deux illustres savants se servirent successivement de graphite naturel, de graphite artificiel et de diamant. Le graphite était purifié par une fusion à la potasse suivie d'un lavage complet à l'eau, d'une ébullition avec l'acide nitrique et l'eau régale et enfin d'une calcination au rouge blanc dans un courant de chlore.
L'appareil de la figure 248 donne une idée du dispositif employé.
La combustion du diamant ou du graphite se fait dans un courant d'oxygène pur, dans un tube en porcelaine E chauffé au rouge vif au moyen d'un bon fourneau à réverbère. La matière combustible est pesée et introduite dans le tube sur une nacelle en platine. L'oxygène dont on faisait usage était recueilli dans un lait de chaux, renferme dans un flacon gazomètre A, d'où on le déplaçait à l'aide d'eau de chaux instillée goutte à goutte au moyen d'un flacon à tubulure iniérJcuie. Le gaz traversait un tube de 4 mètre de long plein de
e en gros fragmenU imbibés de potasse caustique liquide. BSSHchail en Iraveivanl un espuce l'empli de fiiigiuciiliî de jio- K Bolide cl DU autre rum|ili de rrngments do Tcn-e imprégnés eide stilfurique. puiti un tube à ponce sul[uri(]ue. La combuslinn ■al p»H toujours complète et l'aride Ciirbouîque pouvant renfermer [l'oxyde de carbone, on remplissait de tournure de cuivre gi-illée nréniitù libre du tube eu porcelaine E; à la auile venniL un tube en lie pou lu^iLile F. chaulTc sur une griltc et rempli d'oxyde de cuivre. Iltrie des tubes absorbants G, II. I> J, K se composait : H' D'un tube à ponce sullurique G pour arrêter toute l'eau qui so ml formée.
ij* D'on lobe à boides II rempli de potassd, suivi de deux lubts en U à
p potassique I et J et d'un lube en U, K, plem d'acide snlturique, BUT arrétt^T l'eau que le gaz pouvait emprunter à la potasse. Ces quatre ■bea étant pesés avant et après l'expérience, la difl'éreuce dos deux pe- >((» équivaut k l'acide carbonique Tormé.
I ? Un dernier tube à ponce sulfurique était destiné à isoler de l'Iiulûlilé aimnspbénque les appareils condensateurs pesés.
Lex résultats très-cuiicoi'daub de ces expériences conduisirent ù moi&sr le nombre ancien. L'équivalent 6. adopté depuis lors, a fait dis- JBàln les erreurs signalées plus baut.
U|H}îd5 atomique du cuibone dans le système actuel est double de l'f^valent, par conséquent
■ La recbercbe du carbone libre est fondée sur son uit^ dans tous les dissolvants, ainsi que dans les acides et les
550 CHIMIE GÉNfiEiLE.
Un semblable résidu, s*il renferme du caiiionet est combustible àuâ Tair et dans Toxygène et fournit de Tacide carbonique facile à mettre a évidence par le trouble qu'il développe dans Teau de chaux.
Le dosage du carbone s'effectue toujours par sa conversion en adde carbonique, soit au moyen de Toxygène libre ou au moyen de l'oxyde de cuivre chauffe au rouge. L*acide carbonique est absorbé par la potasse. (Voyez Analyse organique.)
Les mémorables expériences de Davy sur la décomposition des alcalis par la pile firent soupçonner dans la silice l'existence d*un élément spécial combiné à roxygèiie. Après plusieurs tentatives infructueuses, Ber zélius parvint à isoler le silicium, en 1823.
L'histoire chimique de cet élément est due à Berzélius et à MM. Sainte- Claire Deville et Wœhler *.
Siliciui7i amorphe. — Le procédé de Berzélius consiste k mettre en présence le fluorure double de silicium et de potassium et le potassium, ce dernier en léger excès, afin de faciliter le lavage du silicium en provoquant la décomposition totale du fluosilicate de potasse presque insoluble dans l'eau. Le mél^ge introduit dans un tube et chauffé légèrement devient incandescent. La réaction étant terminée, la masse cohérente etd'uo brun hépatique, mélange de fluorure de potassium, de potassium et de silicium, est jetée dans Teau, ce qui donne lieu à un violent dégagement d'hydrogène. Berzélius pensait que la formation de l'hydrogène dérive de la présence d'un siliciure de potassium dans la masse. M. Deville attribue le phénomène à l'excès du métal alcalin libre et n'admet pas l'existence d'un semblable siliciure.
Les proportions employées par Berzélius sont : fluosilicate de potasse 8 à 9 parties, potassium i partie.
Le silicmm qui se sépare est lavé d'abord à l'eau froide, pour enlever la potasse, puis à l'eau bouillante. Si l'on traitait tout de suite par l'eau bouillante, une partie du silicium se dissoudrait avec dégagement d'hydrogène, en régénérant de la silice ; le silicium est en effet attaqué par les lessives alcalines. 11 est probable qu'une partie de l'hydrogène formé au début dérive d'une action de cet ordre.
Ainsi préparé, le silicium constitue une poudre d'un brun foncé, ne conduisant pas l'électricité, assez facilement inflammable à l'air et brûlant avec vivacité, inattaquable par tous les acides, excepté par l'acide fluorhydrique, infusible. Ce dernier caractère n'est qu'apparent; il est,
i . Dei-zôliiis, Trotté de Chimie; Deville, Annaleê de Chimùe et de Phtfetque^ (3), t XLUlt /). oi; t. XLIX, p. Oî; WœVAct, AwtMilw de CKitute^e de P/njiique, t.XLVII, p. HO.
SIXIÈME FAMILLLE. — SIUCIUM. 531
Sety impossible de chaufTer le silicium amorphe de Berzclius sans
^*il s'oxyde plus ou moins; dès lors, la fusion d*une matière réfrac-
• intimement mélangée au silicium fusible par lui-même, s*oppose à
Kl^omération et à la réunion de la masse en un culot. M. Deville a
^^^'^Cttlièrement appelé Tattention sur les difQcultés spéciales qui cn-
Tobservation de la fusibilité des corps dont les oxydes sont
înfusibles.
I^*aprèsBerzélius, le silicium amorphe retient de Thydrogène combiné
s forme d'bydrure ; même après une dessiccation à une température
^ iae du rouge, lorsqu'on le chauffe à l'incandescence, il exhale une
'•ïUme bleuâtre, que ce chimiste attribue à la combustion de Thydrogènc.
M. Deville donne une autre explication du fait. Il est impossible d*eu-
er par des lavages même prolongés toutes les matières étrangères
M.^i accompagnent le silicium ; ces substances fluorées, étant oxydées par
^ ^^îr, dégagent du fluor qui brûle une portion du silicium, avec produc-
^^n d'une flamme bleue. Un phénomène analogue se produit avec les
^Wbules d'aluminium préparés avec la cryolithe : au moment où lu ma-
^^ÔB rougit, une flamme bleue apparaît ; il se forme de i'alujuine et de
^ leide fluorhydrique.
Le silicium amorphe chauffé très-fortement change de propriétés ; il ^ contracte, prend une teinte brun chocolat, devient à peu prèsiiioxy- ^ble et inattaquable par l'acide fluorhydrique. Pour le dissoudre, on ^oît maintenant faire intervenir une espèce d'eau régale composée avec de l'acide nitrique et de Tacide fluorhydrique. Bcraclius compare ces deux variétés de silicium au carbone presque pyrophorique qui résulte 4« la calcination du linge et au coke dense et difQcilement inflammable ^lui a subi longtemps une température élevée.
Le silicium amorphe, dense et incombustible, se prépare aisément en grandes quantités par le procédé suivant, dû à M. Deville et fondé sur Taction du sodium sur le chlorure de silicium.
On prend un large tube de verre dans lequel on introduit de trèsminces lames de mica, de manière à en tapisser tout l'intérieur, comme moyen de protection; on y dispose plusieui*s nacelles de porcehiinc garnies de sodium. Ce tube est mis en communication avec une coriuie tubulée au moyen d'un bouchon de liège. La tubulure de la cornue esl également munie d'un bouchon percé de deux trous, Tun qui laisse passer un tube amenant de l'hydrogène sec, l'autre dans lequel s'engage UQ tube à entonnoir plongeant jusqu'au fond de la panse. Quelques gouttes de mercure versées dans la cornue suffisent pour fermer l'entonnoir. On fait an'iver l'hydrogène, puis on chauffe le tube de verre au rouge ; on introduit alors dans la cornue la quantité de chlorure de silicium que Ton veut décomposer. Un seul charbon suti\\. ^(^wv \^ Vvwvt
bouillir ; ses Tapeurs en contact avec le sodium sont absoii>ées avec un dégagement considérable de chaleur et de lumière. On continue i chaufier et à distiller du chlorure de silicium jusqu'à ce que l'action paraisse épuisée et que le tube de verre soit fondu et déformé.
Le mélange de sel marin et de silicium est lavé longtemps à Tean bouillante, puis le résidu est séché. On obtient ainsi du silicium compact qui parait brillant et micacé lorsqu'on l'observe au soleil, en suspension dans Teau.
Le silicium est fusible, comme l'a démontré Despretz en soumettant ce corps à la chaleur do l'aix voltaïque. Le succès de cette expérience dépend de ce que dans ces conditions la silice elle-même est liquéfiée cl ne s'oppose plus à l'agglomération des globules de silicium. Il est, du reste, inutile de faire intervenir une température aussi élevée. En tassant la substance dans un creuset de platine garni intérieurement d'une épaisse couche de chaux caustique bien battue et préservé extérieurement par un second creuset et en chauiTant dans un fourneau i vent, on obtient le silicium sous forme de gouttelettes elliptiques.
On peut aussi introduire le produit brut de la réaction du chlorure de silicium sur le sodium dans un creuset en charbon de cornue et chauffer dans un violent feu de forge. Le sel marin est volatilisé, la porcelaine des nacelles fond en une masse vitreuse que surnagent des globules souvent volumineux de silicium, offrant des indices de cristallisation, d'une couleur gris d'acier un peu foncée, striés parallèlement à de grands ce^ clcs qui se coupent sous des angles sensiblement égaux. Ces globules rayent et coupent le verre très-facilement, et sont très-cassants.
Le silicium se prépare encore en utilisant l'action réductrice du sodium sur la silice. On attaque un verre exempt de fer, obtenu en fondant dans un creuset de platine un mélange de 98 parties de silicct avec 27 parties de spath d'Islande et 21 parties de carbonate de potasse pur. Ce verre est pilé grossièrement et introduit, avec une quantité de sodium insuffisante pour en décomposer la moitié, dans un tube de verre ordinaire que l'on chauffe au rouge. Quand le sodium a disparu, od retire la matière noire du tube, et on l'introduit dans un creuset de charbon que l'on chauffe violemment dans un fourneau à vent. Le silicium se trouve reparti dans une masse de verre noir comme l'obsidienne, sous forme de petits globules.
L'électrolyse d'un mélange fondu composé de parties égales de fluorure de potassium et de fluorure de sodium, auquel on ajoute de la silice calcinée, donne au pôle négatif du silicium, tandis que l'oxygène se dégage au pôle positif. On emploie pour cette expérience une pile de quatre éléments Bunsen et du charbon comme électrode positive; i'élcctrode négative e&l et\ i^XwVvu^ ^\^ convertit en siliciui'e fusible.
SIXIÈNE FAMILLE. — SILIGUM. 555
Silicium graphitoîde. — En décomposant par la pile un chlorure double d*aluminium et de sodium impur, M. Deville obtint une espèce de fonte grise, grenue, cassante, fusible et cristallisable, formée d'une combinaison d'aluminium et de silicium. Cette fonte attaquée par Tacide chlorhydrique laisse du silicium sous forme de lames métalliques brillantes, semblables à de la limaille de platine. M. Deville compare ce silicium au graphite.
Wœhler a indiqué le procédé suivant pour préparer le silicium graphitoîde : On fond au creuset de Hesse, à la température de la fusion de l'argent, de l'aluminium avec vingt à quarante fois son poids de fluorure double de silicium et do potassium bien sec. On maintient la masse en fusion pendant un quart d'heure, puis on laisse refroidir tranquillement. En cassant le creuset, on trouve dans une gangue blanche ou grisâtre un culot métallique, d'un gris de fer foncé. C'est une combinaison d'aluminium et de silicium, dans laquelle une grande quantité de silicium se trouve empâtée. Ces masses sont cassantes, à surface lamelleuse et à éclat métallique. On les concasse sans les pulvériser, et on les traite à chaud par Tacide chlorhydrique concentré jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène. Le résidu, introduit dans une capsule en platine, est chaufle avec de l'acide fluorhydrique moyennement concentré pour extraire l'acide silicique ; on lave et on sèche.
100 parties d'aluminium donnent 70 à 80 parties d'alliage contenant 65 à 75 pour 100 de son poids de silicium. L'aluminium détermine la cristallisation du silicium, comme la fonte provoque celle du graphite artificiel. Avec un excès d'aluminium, on peut obtenir des lamelles itolées, hexagonales. Ce silicium est très-dur, raye le verre, mais non la topaze. Densité à 10^ = 2,490. Il est bon conducteur de l'électricité.
On peut le chauffer au rouge blanc dans l'oxygène sans qu'il brûle et sans qu'il change de poids. Chauffé au rouge avec du carbonate de potasse, il en décompose l'acide carbonique avec un vif dégagement de lumière, en se transformant en acide silicique. Une solution concentrée de potasse ou de soude le dissout lentement avec dégagement d'hydrogène,
jU brûle dans le chlore sec, au rouge naissant, et fournit du chlorure de silicium. Aucun acide ne l'attaque, si ce n'est le mélange d'acides nitrique et fluorhydrique. Les caractères chimiques du silicium graphitoîde sont donc les mêmes que ceux du silicium amorphe fortement calciné, observé et étudié par Bei*zélius.
La fusion au rouge blanc d'un mélange de verre pur et de quartz avec de l'aluminium donne un siliciure caverneux, peu fusible, qui laisse, après le traitement à l'acide chlorhydrique, du silicium graphi ioîde mélangé à du silicium octaédrique.
2»54 CniHIE GÉNÉRALE.
SUicium octaidrique, — M. Deyille obtient la Yari^ octaédrique da silicium par plusieurs méthodes.
Un appareil fournissant de Thydrogène bien sec est mis en commuiii* cation par la tubulure avec une cornue de verre ; celle-ci laisse aussi passer le col d*un entonnoir effilé. Au fond de la cornue on Terse un peu de mercure qui ferme les extrémités du tube et de Tentonnoir. Le col de la cornue pénètre dans un tube de porcelaine et 8*y fixe par un bouchon. Ce tube, garni intérieurement de quelques nacelles en porcelaine contenant chacune 8 à 10 grammes d'aluminium exempt de fer, est placé dans un fourneau ; une allonge couri>e, communiquant avec un flacon refroidi et adaptée à l'autre extrémité du tube ai porcelaine, permet de condenser l'excès de chlorure de silicium qu'il est nécessaire d'employer.
Les appareils sont remplis d'hydrogène ; on chauffe au rouge trèi-vif le tube de porcelaine» et après avoir versé dans la cornue du chlorure de silicium, on le vaporise. La décomposition s'effectue avec dégagement de chaleur et de petites étincelles s'agitent dans l'intérieur du tube. A la fin de l'expérience, les nacelles sont remplies entièrement de grandes et belles aiguilles. Leur disposition dans le tube est de nature à faire croire que le silicium est volatil ; elles sont irisées et ressemblent au fer oligiste par leur couleur, qui est gris de fer fonce avec un reflet rougeâtre. Ces cristaux rayent profondément le yerre et le coupent à la manière du diamant.
On peut remplacer dans cette expérience le chlorure de silicium par du fluorure de silicium; mais alors les cristaux de silicium sont implantés sur d*autres cristaux incolores de fluorure d'aluminium, beaucoup moins volatil que le chlorure de ce métal.
Voici un autre procédé de préparation du silicium cristallisé. On fait rougir un creuset de terre et on y verse un mélange fait avec soio, composé de :
Fluosilicate de potasse bien sec. • 15 parties.
Sodium en petits fragments 4 ~^
Zinc distillé et grenaille 20 —
Une réaction très-faible accompagne la séparation du silicium ; la chaleur développée ne suffirait pas pour déterminer la fusion des matières en présence ; on doit donc continuer à maintenir le creuset au rouge, jusqu'à ce que la scorie soit parfaitement liquide; il convient, d'un autre côté, de ne pas distiller le zinc employé comme dissolvant et milieu de cristallisation. Le creuset est cassé après un refroidissement lent; on y trouve un culot de zinc pénétré dans toute sa masse et surtout à la partie supérieure de longues aiguilles de silicium. On dissout le zinc dans
SIXIÈME FAMILLE, — RIUC11151.
l'acidu chlorhydriquc ; le residu insoluble! est li-aîté par l'acide nitrique bouilIanL, hivé et séché avec soin, puis encore une lois repris par l'acide lluorhydrique. cnlin lavé et séché. Si l'on volatilise peu à peu le zinCi en évitant une ébullition trop brusque, ce qui occasionnerait des projections, le silicium reste sous forme d'un régule fondu.
Les sigillés de silicium sont habituellement des prismes hexaèdres, terminés soit par un pointcment trièdi-e dont les laces reposent symétriquement sur les arêtes alternes, soit par un poinlement hexaèdre très- .Tigu cl dont les faces reposent Bjmélriquemcnt sur celles du prisme. U'auli-es aii.'uilles présentent des liles recliligiies cl groupées en faisceau de pelits cristaux en appiirencG rhoinboédriques, entés l'un sur l'aulro suiTant leur nxe de figure et dans une situation parallèle
Fig. SI». - Criitil du lilic
(lig. 249) (De Sénarmonl, Annales de Chimie et de Physique, t. XLTIT, p. 109 ) Les cristaux presque microscopiques sont trcs-éclatnnts. Les angles lux arêtes culmmantes. mesurés sur les pointements trièdi-es de.< prismes ou sur les rhomboèdres, ont donné Hi°~\^'. ce qui conduit au tétraèdre régulier. On doit donc rejeter la lorme rhomboédrique comme forme primitive et adopter l'octaèdre régulier. Lorsque deux faces parallèles d'un octaèdre régulier disparaissent par l'exlension anormale des sis autres, cet avorlement partiel change le solide en un véritable rhomboèdre bous l'angle du tétraèdre régulier. On rencontre du reste, outre les chapelets de pseudo-rhomboèdres, des chapelets (fig. 250) d'octaèdres parfaits enliléa sur une même normale commune à deux de leuni faces parallèles. Le cristal extrême est alors le seul qui simule 1 pointcment rhomboédrique; enfin on a obtemi des orlnèdres
556 CUIMIË GÉNÉRALE.
presque isolés avec l'angle de i 09^ 28'» et dans certains cas des boacatures sur les arêtes foimées par les faces du dodécaèdre rfaomboidiL Le prisme hexagonal lui-même doit être enyisagé comme mi dodécaèdre rhomboidal très-allongé parallèlement à l'une des. diagGfnala qui joignent les angles trièdres, surmonté par trois faces d'un tébraèdn régulier.
Ces observations ne laissent subsister aucun doute, malgré des appirences contraires, sur le système auquel appartiennent les cristaux de silicium, dont Tisomorphisme avec le diamant se trouye établi.
11 se pourrait que les beaux cristaux à base hexagonale obtenus par M. Wœhler et décrits à propos du silicium graphitoîde dépendissent aussi du système régulier. Le silicium cristallisé par fusion sous la forme d'une pyramide à 6 pans, entièrement semblables aux diamants à faces courbes, peut aussi être rapporté au solide à 68 faces (bexakisoctaèdre). Les propriétés physiques et chimiques des cristaux sont du reste absolument les mêmes pour le silicium cristallisé en octaèdres» ou pour celui en lamelles désigné sous le nom de graphitoîde.
Le silicium cristallisé peut être fondu à haute températore et coulé comme de la fonte ; il cristallise en se solidifiant, et sa surface brillante offre des lignes qui se coupent sous un angle voisin de 60 degrés.
La théorie de ces opérations et du mode de cristallisation du silicium est fort simple. Le métal alcalin, le sodium, enlève au chlorure de silicium ou au fluorure simple ou double l'élément comburant électronégatif et forme un corps fusible salin. Le silicium devenu libre rencontre un dissolvant, aluminium ou zinc, qu'il sature à température élevée et dont il se sépare par un refroidissement ménagé, comme le graphite se sépare de la ionte.
Dans Taction du chlorure de silicium en excès sur l'aluminium, on comprend moins aisément la volatilisation apparente du silicium ; les expériences de M. Troost sur l'eflet de transport qu'exercent de petites quantités de chlorure ou de fluorure de silicium sur le silicium et la théorie qu'il a donnée du phénomène peuvent être invoquées pour rendre compte du résultait singulier observé par M. Deville.
L'étincelle électrique éclatant entre des pôles de silicium donne un spectre dont les raies sont (fig. 251) : a 657 (vive); a 655 (très-vive); P 599,3 (vive); 597; y 505,8; 504
Les propriétés chimiques ont été é rites a propos des diverses variétés du silicium.
Le silicium est l'un des éléments le$> pluo répandus et les plus abondants. Sous forme de silice, d'acide siiicique libre ou combiné à diverses bases, il constitue le principe essentiel d'une foule de roches et de minéraux (voyez Acide silicique et silicates).
SIXIÈME FÀIOLLE. ~ SILICIUM.
nt, poids atomique. — X)mique du silicium a à de nombreuses disles divei^nces d'opient surtout sur la forconyient d'adopter pour ïique, le chlorure et le silicium.
fait obserrer que la 1 du feldspath est telle l'alun anhydre, SO»KO PO*, on remplace le souuantité de silicium néur former de l'acide sie l'oxygène de l'acide on obtient le feldspath, ribue la formule Si O'K 0
mt à l'acide silicique la )f le silicate d'alumine 1 renfermerait 9 atomes mbre peu admissible, rmule SiO*, le silicate enfermerait 4 atomes 1/2 ique ou 2 atomes d'alu- 9 atomes d'acide.
Tormule SiO*, qui semis probable à Berzélius, calculé d'après l'augle poids éprouvée penation du silicium califié par l'acide fluorhylé trouvé égal à 22,22.
1 silicofluorure de hait au nombre peu éloimalgré l'influence des ibles dans la déterminaiva lents du fluor et du
idant sur l'état de conts éléments dans le fluo- »um et le fluorure de
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La HUrmitMion de I^équiraleot do silîciiini a été bîte pv M. #m partanl du chlorure, que Ton analfse de b mcoie bçoo que ks chbntrt^ de phfmçhort et d*arseuîc . Du cbkMive de sîlidnn paiCûteawal pTt limiilbnl loul entier â 59 degrés sous b pieaRoo de Cr*,760, cd intraUt ^ft peM^ daiH une ani|K>ule qui en est remplie, afin d^aroir âne corrediea t'xsicin relative à Tair déplacé. L*anipouIe est brisée dans un flacon pkin ireau« et Tacide clilorhydrique fonné est dosé par le nitrate d'argeoL IjSi précipitation de Targent n'est pas gênée par la présence de b siliee. I>a moyenne des analyses conduit à un nombre très-Toisin de 14.
Le (Kiids atomique de Toxygène étant pris égal à 16, on est amené i adopter |four le poids atomique du silicium un nombre double deTéqui valent, comme pour le carbone.
On a donc
Si = 14, Si = 28.
Ià*» principaux composés binaires du silicium sont alors :
nsiO']
jSiO»
ISiCI'l Si Cl»
[SiFl'l SiFl*
Anaîijite, — Lo Hiliciiim ost reconnaissable à ses propriétés physiques. C.liiniiÏÏ! «limH un coiirnnt de chlore sec, il donne du chlorure de silicium volnlil (|ue IVnu décompose en acide chlorhydrique et en silice gélati nouHti <lont nouH indi(]ucrons plus tard les caractères analytiques (voyez Silicr. Acide tilicique).