NOMENGUTURE ET S\1IB0LES
(oxygène + cuivre) ne donne pas du chlorhydrate d'oxyde de cuivre, mais de l*eau et du chlorure de cuivre.
Par sels doubles on entend les combinaisons que forment les sels en s*unissant deux à deux, ou même quatre à quatre. Si Tacide des deux sels est le même, Tacide sulfurique par exemple, on dira : sulfate double d'oxyde de potassium et d'oxyde d'aluminium. Si les deux sels n'ont pas le même acide, on les nommera successivement Tun à la suite de Tautre. Exemple : sel double formé d'azotate d'oxyde de magnésium et de sulfate d'oxyde de sodium.
L'usage a introduit dans l'emploi de ces règles certaines dérogations et des abréviations assez nombreuses qu'il importe de signaler. Ainsi, pour les oxydes alcalins et alcalino-terreux et quelques oxydes terreux, au lieu de : oxydes de potassium, de sodium^ de lithium^ de calcium, de baryum^ de strontium, de magnésium, d* aluminium, de glucinium, on dit ordinairement : potasse, soude^ lithine, chauXy baryte, strontiane, alumine, magnésie, glucine.
Dans un sel, au lieu de faire suivre le nom de l'acide modifie du nom complet de l'oxyde, on se contente souvent du nom du métal de cet oxyde. Ainsi : sulfate de fer, azotite de plomb.
De semblables abréviations, consacrées par l'usage, n'offrent aucun inconvénient toutes les fois qu'elles ne prêtent pas à Téquivoquc.
L'ancienne nomenclature modifiée, ou plutôt étendue dans une certaine mesure, à la suite de la découverte des acides hydrogénés, ne suffit plus de beaucoup pour embrasser dans son cadre Tensemble des corps composés connus aujourd'hui, même en laissant de côté les combinaisons toutes spéciales du carbone. Elle offre de plus l'inconvénient grave de prendre comme points d'appui et comme fondements des idées théoriques qui ne s'accordent plus avec celles ayant coui*s actuellement sur la nature des combinaisons. C'est un édifice construit par d^habilcs mains; nous l'admirons et nous nous inclinons devant lui avec respect, mais comme on admire le Colisée et les ruines de Thèbes, car c'est un vieil édifice vermoulu qui craque de tous les côtés et que l'on est obligé d'étayer à tous les coins.
Mais» dira-t-on, pourquoi les chimistes ne s'entendent-ils pas pour le démolir et en reconstruire un nouveau? A cela nous répondrons qu'un changement dans le langage pour une science aussi vaste, qui possède une bibliographie aussi étendue, est une chose grave et sérieuse. Œuvre pareille ne peut être entreprise à la légère. Établir une barrière entre tous les ouvrages et tous les mémoires écrits depuis cent ans et ceux qui seront publiés plus tard est une responsabilité bien lourde, et pour le tenter il faudrait être sûr do faire une œuvre durable. Les idées sur la nature intime des combinaisons et la manière de les
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