D'APRÈS REGNAULT
Températures
Pressions
Températures
Pressions
degrés centtgradM.
en atmosphères.
en degrés centigrades.
en atniuspiit'res*
il, 45
Les mesures de Regnault ne font pas connaître les pressions auxquelles Tacide carbonique peut se liqué6er, mais celles qui sont exercées par Tacide carbonique liquide dans un appareil Thilorier, et ces dernières sont toujours trop fortes, à cause de la présence de l'air, qui peut, même à faible dose, exercer des influences perturbatrices.
Au-dessus de 30^,92, l'acide carbonique n'est plus liquéfiable par la compression, quelque forte qu'elle soit. On peut le comprimer jusqu'à 223 atmosphères, rendre son volume 447 fois moindre qu'il n'était au début, sans atteindre ce résultat.
La température limite pour laquelle la liquéfaction cesse de se produire par simple compression a reçu le nom de point critique. Pour l'acide carbonique en particulier, ce point est très-près de 31^ (30^,92). Andrews a non-seulement mesuré les pressions de liquéfaction à diverses températures au-dessous du point critique, mais il a suivi pour diverses températures, tant au-dessous qu'au-dessus du point critique, la marche de la compressibilité de l'acide gazeux.
Représentons par t la température de l'expérience, par p la pression
exprimée en atmosphères, par - l'inverse du volume occupé par l'acide
carbonique et par r^ le rapport du volume de l'acide comprimé à t^ à
son volume à zéro sous la pression de 1 atmosphère. Pour la température moyenne de 6^,7> on a trouvé :
Pour la température moyenne de 63^,7, on a
Pour la température moyenne de 100®, on a :
La figui*e 2 traduit les résultats par des courbes (courbes d*Andrews) dont les abscisses sont les pressions en atmosphères et dont les
Fi^. 2. ~ Courkfts représentant la compressibilité de l'acide carbonique, à diTerseï leîPpéi jtiiref,
comparée à celle de l'air (Andrews).
ordonnées représentent les volumes occupés par un mcme volume initial d'acide carbonique aux pressions correspondantes aux abcisses. On obtient pour chaque température une courbe déterminée. Pour les températures au-dessous du point critique, la courbe est une ligne droite qui se rapproche plus vite de Taxe des x que celle d'un gaz permanent, tant qu*on n'a pas atteint le point de liquéfaction. A ce moment, on
CARACTÈHES MIÏSIQUES DES CORPS. '' ~- '4f"
«une diminution brusque des ordonnées. Pour les tempéra turcs s ou-d<rssus du |K>inl L'ntiijue. mnia encore rapprochées de lui, on toaitalp égalo.menl une dépression bi-usque dans le volume, suivie d'une diminution beaucoup plus lente à jinrlir d'une certaine pression. Il en trsolte <\\ie In forme générale de la courbe rappelle celles qui correspondent iiu tempéra lu res nu-dessous du point critique; mais, à mesura qu'on t'«nèloi{^v, cette dépression est de moins en moins accusée, elia courbe «rapproche de plus en plus de celles de l'air et des gaz permanents.
Supposons l'acide carbonique comprimé à 145 atmosphères, à une temiiéralure de 03*; »on volume est 327 fois plus petit qu'au début et à la pression de 1 atmosphère, mais sans la moîndi-c trace de liquéfaction. Maintenons celte pression et laissons le gaz se refroidir au-dessous du point critique; on n'observe aucun phénomène discontinu, aucun changEmenl brusque. Cependant le gaz s'est liquéfié. On en est averti par l'èbuUilion qui sui-vient lorsqu'on diminue la pression.
En se plo^unt dans ces conditions, on commence avec un gaz et l'on fioitpar un liquide, en passant par une série progressive et rcguliciv de diminutions de volume dues â la compression également progressilEiiienl croissante, absolument comme lorsqu'on voit un liquide passer ■ l'état solide en parcourant toutes les formes de l'état pâteux. Dans d'autres conditions, au contraire, lorsqu'on comprime un gaz porlé à anc terapératurc inférieure à son point critique ou dans le voisinage de te point, il arrive un moment où il se développe brusquement un travail uitenie produisant, pour deux inlerralles de pression très-rapprocliés, le résultat que l'on n'obtient à une température plus élevée que par une différence considérable de pression. Ce travail interne fonctionne ici comme le trarail interne de crislallisalion.
Les expériences faites par Cagniard de Latour, en 1822. prouvent également qu'il n'y a pas toujours transition brusque entre l'étal liquide d l'état g.izcux. En chauffant de l'élher, de l'alcool, de l'eau dans des Inbcï de verre fermés, à parois résistantes, il a vu à une certaine température le liquide disparaître et se transformer en un gaz qui occupait 2 à 4 foia seulement le volume du liquide initial; en inodiRant légcremenL l'expérience, il aurait été conduit à la conclusion inverse, do passage d'im gaz à l'étal liquide sans changement notable de volume,
l'oar ehaque liquide volatil il existe une température à Inquelle il se Inniforme tnlalement en gnz dans un espace limité : c'est le point critiqne.
^iwc l'acide carbonique, cette température est de 51"; pour l'éthiTcliIdr- Iqdriqiip, elle est de 170°; pour l'acide sulfureux, elle est de iàù". Au Hitinage de cotte température, la surface libre du liquide n'est l^a^ 'opiétcnléo que par une zone nébuleuse tout à fait indécise et privl^^|
50 CUUIIË GÉNÉRALE.
tout pouvoir réflecteur; cette zone augmente de largeur dans les deux sens en devenant de moins en moins apparente ; enfin le tube paraît complètement vide.
Thilorier avait observé en 1 835 que la dilatation de l'acide carbonique liquide entre 0* et 30* est 4 fois plus grande que celle de Tair. Drion a montré que les coefficients de dilatation apparente des liquides très-volatils (cther chlorhydriquc, acide hypoazotique, acide sulfureux) croissent avec la température suivant une progression très-rapide ; ils atteignent, puis dépassent le coefficient de dilatation de Tair : ce qui confirme et généralise TobseiTation de Thilorier.
Les coefficients de dilatation des liquides très-volatils, tels que Tacide carbonique, Tacide sulfureux, etc. , loin d*étre paradoxaux comme le disait Thilorier, se relient aux coefficients de dilatation des gaz comprimés et prouvent, comme les faits précédents, qu'il n'y a pas de limite tranchée entre l'état gazeux et l'état liquide. Andrews a montré que le coefficient de dilatation de l'acide carbonique gazeux augmente avec la pression et diminue avec la température. Pour une pression de 40 atmosphères entre 6 et 63*, il est presque égal à 3 fois celui de l'air et par conséquent du même ordre de grandeur que le coefficient de dilatation de l'acide carbonique liquide.
Pressions CselHcienl de dilatation
en ntmospbères. ou dilatation pour 1*.
«o oft ( de 6 à 650 0.005499
^^'^^ ( de 63 à \W 0,005081
de 6 à 63» 0.00U826
de 63 à 100« 0,005876
de 6 à 630 0,00984i
de 63 à 1000 0,007194
Les expériences de Natterer établissent aussi une relation de continuité entre les propriétés des gaz fortement comprimés et les liquides.
Les liquides sont presque incompressibles; en d'autres termes, si dans un espace entièrement rempli par un liquide on introduit en plus une très-petite fraction de nouvelle matière, on développera contre les parois inextensibles de cet espace une pression considérable.
Natterer a successivement comprimé dans un espace restreint des volumes croissants d'hydrogène, d'oxygène et d'azote. Il a vu les pressions dépasser notablement celles qui se déduisent, par le calcul, de la loi de Mariette, à partir de 100 atmosphères environ pour l'hydrogène, et de 200 atmosphères pour l'oxygène et l'azote. Les différences entre le calcul et l'expérience sont d'autant plus marquées que la compression est plus forte.
Les résultats traduits par une courbe, dont les abscisses représentent les FoJumes comprimés, et les ordonnées les pressions correspondantes!
rCARACli-RES niïSIQlES DES COUl'S. „-
qnmiiMic Iradance vers une liraile de compressiliililé coïneitiatil ]
' le poiol où h courbe devient asyraploliqoe à l'ordonnée verlicale. '
•e loxygcne. une oogmeotalion de masse éyale à 637 fois celle '
:tope l'espace disponible sous une pression de 1 atmosphère, four-
tt pression de 155i atmosphères, au lieu de 057 atmosphères
^^^t la loi de Mariotlc; avec l'hydrogène, dans les mêmes
Il pression est de 1104 atmosphères, et avec l'azote de 2156
— Appireil CiilJclel pour la tlquéftclion Ôcr, gui.
Le» résultats fournis par l'acide carbonique dans tes recherches d'An- ' drews donnent l'explicntion de l'insuccès des tentatives de liquéfaction fom certains gaz. On a fait intervenir des pressions considéi-alilos de |Otisi<^nn centaines d'almosphères, en s'oîdant de Froids relativement intenses, sans amener de changement d'état, sans même obse okudirKationa brusques de volume fournies par l'acide carbonique dans lit wiisinage de 51'- On pouvait donc supposer que les moyens i reboidtsscinent dont on disposait laissaient ces gaz hien au-dessus de leur point critique: la compression seule, quelque puissante qu'elle soit, m illiVBit paa amener la liquéfaction. C'est en effet ainsi que les choses w jisE^etit.
M, (ladlelrl comprime un cerliiin volume de gaz, par l' intermédiaire
I, dans on tube capiltaîie à parois épaisses. Avec Ica gai aççeléa
Si CRDIIE CËir^RALE.
jusqu'ici permanents, aucun changement d'état n'est observé, même à des pressions de plusieurs centaines d'atmosphères, comme les eipériences antérieures l'ont démontré. Si on laisse le gaz se détendre brusquement et reprendra son volume primitif, le travail interne absorbe une quantité considérable de chaleur. Vu l'instantnnéité du phénomène, cette chaleur ne peut être, dans les premiers moments, empruntée qu'au gaz lui-même, dont la température baisse à un point qu'il serait diflicile d'atteindre par les mélanges réfrigérants.
La théorie permet de calculer approximativement cet abaissement de température; on l'évalue à 200* environ.
Dans ces conditions, le point critique est dépassé et la liquéfaction s'accuse nettement par un brouillard plus ou J Jr-ra^i# moins intense, qui se dissipe très-vite
'"l-H. ^';iià^ •'' ™csure que les parois du vase cèdent
T^ — ' de la chaleur. L'expérience a réussi
avec l'oxygène, l'azote, l'air, l'oxyde de carbone, le bioxyde d'azote, l'hy»
drogène protocarboné et même l'hydrogène.
Avec certains gaz, comme te bioxyde d'azote, l'acétylène, on peut liquéfier sans détente, en refroidissant suffisamment le tube capillaire pendant la compression. L'appareil '••*' dont se sert M. Cailletet (fig. 3 et 4),
est à peu près le môme que celui dont Andrews a fait usage dans ses recherches. Un tube l, de 1 centimètre environ de diamètre intérieur, terminé par un tube capillaire fermé en haut, à parois épaisses, contient le gaz pur et sec sur lequel on veut opérer. La partie évasée et ouverte par le bas plonge dans le mercure remplissant en grande partie la cavité d'un cylindre creux en acier Aa, à parois épaisses et capables de résister k une pression de plusieurs centaines d'atmosphères. Au-dessus du mercure se trouve de l'eau. A ta pdrtie supérieure du cylindre on fixe solidement par un pas de vis, et au moyen d'un joint formé d'une lame de plomb, une pièce métallique •», i trafen laquelle passe la tige capillaire, bien fixée et ïust-
URACTÈItES rarSIQCES KS CORPS. SS
métiquement mastiquée. La portion de ce tube élroil qui Tait saillie nu dehors et dans laquelle se font les observations, est entourée d'un manchon en Terre rempli d'eau froide et d'une cloche o. On comprime le liquide ïoteneur au moyen d'une presse hydraulique P, ou d'une vis qui pénètre dans le cylindre. Le gai est ainsi peu à |ieu refoulé dons l'espace capillaire. Les parois de la partie évasée du tube n'ont pas besoin d'être Irès-épaisses, puisqu'elles sont égniomcnt pressées en dehors et en dedans par le liquide dans lequel elles sont immergées. Les observations se font au moyen d'une lunelle.
M. Cailletet avait à peine démontré la possibilité de liquéfier roxygène et l'hydrogène, que H. Tictet, de Genève, réalisait ces expériences sur une plus vaste échelle, nu moyen d'apparcih frigoriliqiies d'une gronde puissance, lui permettant d'obtenir un abnissemcnt roiislant et régulier de température de — 140* (lîg. 5). Le froid est produit par l'évnpomtiou
Fis- s. — Apptrail PicM pour la iiqn^hclian da l'oijntn» t
de l'acide carbonique solide, sous l'inllucnce d'un système de pompeii. A travers le cylindro B (fîg. 6) qui contient cet ncide carbonique, et ipiï est enveloppé lui-même d'un manchon rempli de scinrn de \mw, pai>f>n un tube en fer C, destiné à la compression du g.nz. Il n 5 mèlreN de long et 14 millimètres de diamètre extérieur; son diniiièlrr; intérieur iwt ilo 4 millimètres. Il est relié su tube à acide carbonique B par les deux foiidH de celui-ci el le dépasse d'un côté d'une longueur d'environ 1 inèirn. Cette portion est recourbée en G et vient se visser nu col d'un grr)N«biiii en fer forgé A ayant des parois de 35 millimctreii d'é|jai»tu>iir, et (jui eut destiné à la préparation de l'oxygène au moyen du chlorate île potnsNe. nu de l'hydrogène par la décomposition du fonninlc dit (MitnfiM! en pr<'-Mf!iicn d'un excès de potasse. Un manomètre de Bourdon M, liié à l'autre extr/tmité du tube à comprimer les gaz et gradué jusr|u'à tiOO atmoHphèrMt cnuiii cisfuLX. I. - o
H CBIMrE GËNËRALE.
sert à évaluer approximativement les pressions. Enfin, le tubo est fermé par un robinet à vis R, pour l'échappement du gaz comprimé et du liquide. L'orifice d'échappement est dirigé vers le bas. Tel est le dispositif où s'opère la liquéfaction. Il nous reste à dire comment on parvient i maintenir une température régulière de — 140*.
La figure 6 donne une idée de l'ensemble de l'appareil construit par M. Pictct.
Ippireil Pirtel pour I* liquéfaction da l'oirgiDi «1 d« l'hydnfèna.
Deui pompes aspirantes et foulantes P, et P\ sont accouplées de telle sorte que l'aspiration de l'une corresponde à la compression do l'autre. L'aspiratitin de la première communique avec un tube R de 1",10 de long et del2>5 centimètres de diamètre rempli d'ncide sulfureux liquide. Sous l'influence d'un vide parfait, la température de ce liquide s'abaisse npidement jusqu'à — 65° et même h — 75', limite exlrcme obtenue.
Dans ce tube rempli d'acide sulfureux passe un deuxième tube S, de diamètre moindre, ayant 6 centimètres extérieurement et la même longueur que son enveloppe. Ces deux tubes sont réunis par leurs fonda conh muas. Dans le tube central on comprime de l'acide carbonique fàbriq» jmrJa «iécompoûtioa dn nuii4>re. Ce gaz est desséché et recueilli â* ' aibaihG.
A la température de — 65® à — 73®, Tacide carbonique se liquéfie sous une pression de 4 à 6 atmosphères. Ce liquide se rend par écoulement dans le tube en cuivre B de 4 mètres de long et de 4 centimètres de diamètre qui enveloppe le tube à compression du gaz. Deux pompes Pj et F,, accouplées comme les premières, aspirent l'acide carbonique tantôt dans le gazomètre, tantôt dans le tube à acide carbonique liquide et solide.
Le froid est donc produit méthodiquement : 1® par Tévaporation de Tacide sulfureux liquide dans le vide; les vapeurs d'acide sulfureux sont ramenées à l'état liquide par compression dans un tube réfrigérant spécial Q entouré d'eau froide, et l'abaissement de température dû à l'évaporation est utilisé pour la liquéfaction de l'acide carbonique gazeux, avec le secours d'une pression de 4 à 6 atmosphères ; 2^ par l'évaporation dans le vide de l'acide carbonique liquide ou solide. Et le froid oui en résulte sert à la liquéfaction des gaz permanents.
Ce dispositif est une ingénieuse application industrielle des travaux de M. Bussy et des méthodes imaginées par MM. Drion et Loir pour com biner le froid produit par l'évaporation de liquides de plus en plus volatils à l'obtention de basses températures (Drion et Loir, Bulletin de la Société chimique, 1. 1, p. 184. — Répertoire de chimie pure, t. III, p. 218. — Répertoire de chimie appliquée, t. III, p. 189).
En insufflant à l'aide d'un soufOet de lampe à émailleur, et par plusieurs tubes à la fois, un courant d'air sec dans une masse d'éther, on atteint au bout de 4 à 5 minutes la température de — 54®. Un tube en U est plongé dans la masse d'éther et traversé par un courant d'un gaz coercible au-dessous de — 34* (cyanogène à — 22*, acide sulfureux à — 10®). On obtient de cette façon en très-peu de temps des quantités notables de liquide. En remplaçant l'éther par l'acide sulfureux, on atteint une température de — 50® et l'on peut liquéfier, sous la pression ordinaire, le chlore et l'ammoniaque, le point d'ébullilion à l'air libre de l'ammoniaque liquide étant de — 55®. Celle-ci, employée à son tour comme moyen frigorifique et évaporée dans le vide en présence de l'acide sulfurique, donne un abaissement de température de — 87®, suffisant pour liquéfier l'acide carbonique à la pression ordinaire. Enfin MM. Loir et Drion ont montré qu'en opérant sous des pressions supérieures à celles de l'atmosphère, ces liquéfactions se réalisent plus facilement encore.
Voici la description de l'appareil dont se servaient ces savant* pour liquéfier l'acide carbonique. On introduit environ 150 centimètres cubes d\nmmoniaque liquide dans une cloche de verre renversée; les bords de cette cloche sont mastiqués dans une virole métallique sur Inquelle s'applique exactement un plateau percé de deux ouvertures. Dan» l'oU'^
vcriure centrale est (ixé un tube de ven^e fermé inférieurement et descendant jusqu'au fond de la cloche. L'autre ouverture sert à mettre l'intérieur de la cloche en communication avec la machine pneumatique.
L'acide carbonique est produit en chauffant dans un matras de cuivre rouge du bicarbonate de soude desséché. Le col, contenant des fragments de chlorure de calcium, communique avec le tube qui plonge dans l'ammoniaque liquide et avec un petit manomètre. L'air étant chassé de l'appareil et la température de l'ammoniaque ayant été abaissée au voisinage du point de solidification ( — 81*^), on chauffe le matras, en maintenant la pression entre 5 et 4 atmosphères. On voit bientôt apparaître sur les parois du tube intérieur des cristaux transparents d'acide carbonique. Au bout d'une demi-heure on peut en recueillir 25 gi'ammes environ. L'ammoniaque liquide employée à cet usage est préparée par le procédé de M Bussy, en faisant passer le gaz ammoniac dans un ballon environné d'acide sulfureux dont ou active l'évaporation par la machine pneumatique. On arrive sans peine à obtenir par ce moyen près de 2 décilitres d'ammoniaque liquide en moins de deux heures.
La méthode de M. Pictet pour la liquéfaction des gaz permanents (oxygène, hydrogène, etc.) est donc une extension heureuse de celles de M. Bussy et de MM. Drion et Loir.
M. C. Vincent a tout récemment utilisé le froid produit par l'évaporation rapide du chlorure demélhyle liquéfié par ses procédés (voirCnLOnuRE DE méthyle). L'éthcr méthylchlorhydrique liquide bout à — 23'*, sous la pression ordinaire. Si l'on active son évaporation par le vide ou à l'aide d'un rapide courant d'air, on peut atteindre des températures de — 55^
L'appareil suivant permet de maintenir pendant plusieurs heures un bain de près d'un litre de liquide incongélable, tel que l'alcool, soit à — 25% soit à — 50%
Le frigorifère Vincent (fig. 7) se compose d'un vase cylindrique en cuivre AM, à double paroi, entre les deux enveloppes A, A duquel on peut introduire du chlorure de méthyle, à l'aide d'un robinet BC forme d'une tige d'acier filetée, terminée par un cône s'appliquant sur un siège en bronze, et que l'on peut facilement manœuvrer à l'aide d'une poignée D. Une vis métallique S, qui s'applique sur une rondelle en plomb, feime un second orifice mettant l'espace annulaire en conmiunication avec l'air ambiant ; au moment de remplir l'appareil, on desserre légèrement cette vis, pour laisser échapper l'air.
Le chlorure de méthyle se trouve en provision dans un cylindre en
emyre P servant à son transport, et portant un robinet à vis fr, sen^
Ahble à celui du frigoritère; on fait facilemoat ]^«SQr le Ucyiide dans et
^Plemi
lier appareil au inojen d'un tube en caoutchouc renforcé par des toiles. On peut introduire ainsi 2S500 environ de chlorure de métbylc dans le frigorirère. Le vase central M retjoil un liquide incongêlable, tel que l'alcool, pour former un bain dans lequel on peut plonger les corps à rtfî'oidir, et notanimenl le tube K, à travers lequel on fait circuler les gaz destinés à lu liquéfaction. Le cylindre est entouré d'une luattère peu conductrice de la chaleur, telle qu« de la râpure de liège, maintenue par une enveloppe E.
Pour abaisser la tempél'alurc du bain à — 23", il suflit d'ouvrir le robinet:
veut-on au contraire l'amener à — 50°i on relie le robinet du frigorifére à une bonne machine pneumatique.
Un appareil double, composé de deuï frigorifèrea et d'une pompe aspirante et foulante mue par l'iutermc* diaire d'un volant, permet d'éviter la perte du chlorure, et de le condenser
à nouveau après évapora- , ^ m ji. v.ikcjh,
tion.
Faraday a réalisé la liquéfaction de certains gaz. tels que l'acide cur boniijue. l'ammoniaque, le cyanogène, le chlore, en produisant ceux-ii par réaction chimique dans un espace relativement restreint lernic pai des parois résistantes. Le Ouîde élastique se comprimaif de plus en plus, à mesure qu'il s'accumulait dans la chambre à air, et rmiasaît par atteindre, pour la temiHJraturc de l'expérience, la tension maximum à partir de laquelle il se liquéiiait. L'appareil dont il a fait un Iréquent et heureux usage, se compose d'un tube en verre à parois épaisses, courbé en son milieu à angle obtus et fermé à la lampe â ses deii\ extrémités. Dans l'une des branches se trouve la substance ou le mélange de
ibslances qui doivent produire le gaz sous l'inDuence de la chaleur; Hotre brandie est refroidie dans un mélange réfiigéi'ant. La tension Il d'un gai dans un espace inégalement chaud ébut celte qui
58 OIIMIE CÉ^ËRALE.
correspond à la température la plus basse, la liquéfaction commence lorsqu'on a atteint la tension limite pour la température du mélange réfrigérant. Pour l'ammoniaque, on emploie comme source la combinaison ammoniacale de chlorure d'argent ; il est nécessaire de la chauffer d'autant plus fortement qu'elle e.st moins saturée d'ammoniaque. Pour le chlore on utilise la combinaison de ce gaz avec l'eau; l'hydrate decblore est un corps solide qui se dissocie au-dessus de 20*. Le cyanogène se préparc eu chauffant le cjiinure de mercure. L'acide carboniqueestmis en liberté par la décomposition du bicarbonate de soude par l'acide snlfurique.
L'appareil imaginé par Thilorier pour liquéfier de grandes quantités d'acide carbonique est fondé sur ces principes et n'en est qu'une af^lication étendue. Il se compose, eu effet, de deux cylindres métalliques à parois résistantes, reliés l'un à l'autre par un lubc métallique, dont on
nS.Kr-A||nr-jldrTbi
interrompt à volonté la communication nu moyen d'un robinet spécial, susceptible de résister à de fortes pressions. L'un des cylindres est veilical et peut recevoir un mouvement de bascule autour de son axe horizontal de sustentation, connue le montre la figui-e 8. On y met la dose voulue de bicarbonate de soude. Un cylindre ))lus petit en cuivre est placé dans l'intérieur du vase et contient de l'acide sulfurique étendu. Par un mouvement régulier d'oscillation on déverse peu à peu te liquide acide sur lo iHçarbonatc,
CARACTÈnES PBTSIQUES DES CORPS, 30
L'acide carbonique se comprime dans le premier cylindi'e et finit par
s'; liquéfier à la température ordinaire. A ce moment on établit la communication entre le premier et le second récipient horizontal, qui est
vide et refroidi extérieurement. La difTcrence de
température détermine la distillation de l'acide carbonique du premier cylindre générateur dans le
second. En fermant de nouveau te trajet du tube,
on est maître de renouveler dans le générateur les
substances réagissantes et de préparer une nouvelle
dose de liquide que l'on distillera à son tour dans
le récipient. L'appareil primitif de Thilorier, dont
la figure 8 donne une idée, a été modifié depuis
pour augmenter sa force de résistance. Au lieu de
faire usage de fonte coulée, on compose les cylindres
d'enveloppes métalliques superposées. Une première
enveloppe intérieure en plomb, puis une seconde
en cuivre sont supportées par des lames de fer juxtaposées et fixées par de forts cercles en fer forgé. La
rupture de l'appareil, si elle survenait, se ferait 8101*5
sans projection et sans danger.
Natlerer liquéfie l'acide carbonique et le pro-
loxyde d'azote en puisant le gaz dans un réservoir
et en le refoulant dans uu récipient métallique
très-solide, en forme de poire, vissé sur la pompe et
muni d'une soupape s'ouvrant de bas en haut (fig. 9).
Pendant la compression, le réservoir est refroidi
avec un mélange de glace et de sel. Avec le pro-
loxyde d'azote, il est indispensable d'éviter l'introduction de graisses
dans le corps de pompe et do lubrifier le piston avec de l'eau.
TIMP^AATCRB DE UQUÉPACTIOH DBS DIVERS GAI k LA PRESSION DE 1 ATHOmta
ET AD-DBSSCS.
Pressiont
en aUDOspbères. Tenpéralfl^^
Cyanogène i — 22*
2,2 ot •
Aôde fulfareux i . . . iO*
1,5 ; . ; . Où
Ammoiiiaqae i 350 7