‹ Traité de chimie générale comprenant les principales applications de la chimie aux sciences biologiques et aux arts industrielsChapitre 9 sur 138 · FI · texte numérisé non relu

FI

Ga. .

Gl.

In.

La.

Mg.

Rom.

Manganèse

Mercure ou H^'d-T-Ty'iîîn . . .

Molybdène

Nickel

*Miobium

Or ou Aurum

Osmium

Oxygène

* Palladium

Phosphore

Platine

Plomb .

Potassium ou Kalium

* Rhodium

* Rubidium. .

'Ruthénium

•Sélénium

Silicium

Sodium ou Nalrium .....

Soufre

Strontium

'Tantale

•Tellure

•Thallium

•Thorium

Titane

Tungstène ou Wolfi-am ....

Uranium

Vanadium

•Yttriùm

Zinc

'Zirconium • . . •

Symbole.

Mn.

Hg.

Mo.

Ni.

Nb.

Au.

Os.

Pd.

Ph.

Pt.

Pb.

Rh.

Rb.

Ru.

Se.

Si.

Na.

Sr.

Ta.

Te.

Tl.

Th.

Ti

Yt.

Zn.

Zr

ComblniiIflOBS*

llislorique.

L'arbitraire qui a prévalu dans la nomenclature des éléments n'offre pas d'inconvénient sérieux, vu leur petit nombre, et surtout parce que chaque élément représente une individualité indépendante. 11 n'en est pas de même pour les nombreux composés que peuvent foimer les éléments en s'unissant entre eux. Une semblable liberté ne saurait subsister sans confusion grave. A une époque ou le nombre des composés était loin d'être aussi considérable qu'aujourd'hui et dès que la science commença à reposer sur des bases solides, grâce aux doctrines et aux

i> Les coriM simples les moins importants sont marques d'un astérisquet

U CUraiE GÉNÉRALE.

travaux de Lavoisicr, on sentit Timpérieux besoin de modifier le langage arbitraire adopté jusqu^alors. Guytonde Morveau proposa le premier, dès 1 782, de perfectionner le système des dénominations chimiques et donna, dans un mémoire paru à Dijon, des règles pour y parvenir et le tablcaa d'une nomenclature. Ce projet fut discuté et modifié par une commission composée des plus illustres chimistes français de l'époque, Lavoisicr, Fourcroy, Berthollet et Guyton de Morveau. Après huit mois de conférences presque journalières, Lavoisier communiqua à l'Académie des sciences, dans sa séance du 18 août 1787, les principes de la réforme et du perfectionnement de la nomenclature chimique; il les développa dans un second mémoire, lu le 2 mai suivant.

La nomenclature de Lavoisier et de Guyton de Morveau fut adoptée par tous les chimistes qui avaient abandonné l'école phlogistique. C'est une œuvre magistrale, qui marque dans l'histoire de la science comme un monument. Jusqu'à présent on n'a pas osé y toucher officiellement, et cependant on ne saurait dire qu'elle suffise encore à tous les besoins : ce serait nier le progrès et admettre implicitement que depuis Lavoisier les chimistes n'ont fait que confirmer les idées qui ont présidé à la nomeii* claturcdel787.

L'idée dominante de Tillustre chimiste et de ses collaborateurs fut de poser des règles permettant de nommer un corps composé d'après ses éléments constitutifs et d'après sa fonction chimique.

A cette époque, on reconnaissait aux corps quatre fonctions principales. Un corps pouvait être : 1" élément; 2* composé et acide; 3" composé et basique ou neutre; 4° composé et sel.

Les acides et les bases résultent de Tunion des éléments avec l'un d'eux, l'oxygène.

Les sels se forment par l'union d'un acide et d'une base.

Tout corps acide jouit au moins de Tune des trois propriétés suivantes : il possède une saveur aigre ou acide analogue à celle du vinaigre ou de Thuile de vitriol étendue; il amène au rouge la teinture de tournesol bleue; il s'unit aux bases pour former un composé salin.

Tout corps basique se caractérise par les trois propriétés suivantes : il a une saveur alcaline rappelant celle de la lessive de cendres; il ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par un acide et au vert la teinture de violette; il s'unit aux acides pour former un composé salin.

Dans chaque groupe les caractères organoleptiques peuvent manquer en raison de l'insolubilité du composé, de sorte que dans un grand nombre de cas l'acide ne peut se définir que par la propriété de s'unir aux bases, et la base se caractérise par celle de s'unir aux acides.

Pour éviter un cercle vicieux ou une pétition de principe, noua

KOMENCUTURE ET SÏMBOLËS. 15

n^avons qu'à choisir dans le groupe des acides un terme nettement défini par les trois propriétés fondamentales ; de même dans le groupe des bases : par exemple, l'huile de vitriol d'une part et la potasse caustique de l'autre. On appellera acide tout corps susceptible de s'unir à la potasse et base toute substance capable de former combinaison avec Thuile de vitriol.

Le nom d'un composé devant rappeler sa fonction et les éléments dont il est constitué, on arrive à ce résultat en faisant suivre le mot qui rappelle la fonction d'un nom composé formé par la réunion des éléments constitutifs. Ainsi, acide sulfocarbonique indique la fonction acide et nomme les deux éléments constituants, soufre et carbone.

Acides.

Pour Lavoisier, la fonction acide dépendant essentiellement de la présence de l'oxygène, il devenait inutile de rappeler l'oxygène toutes les fois que l'on exprimait qu'un corps est un acide. La règle adoptée dans ce cas est fort simple : on fait suivre le mot acide du nom de l'élément combiné à l'oxygène, nom que Ton termine en ique. Exemples : acide sulfurique indique un corps acide formé de soufre et d'oxygène ; acide phosphorique signifie un corps acide contenant du phosphore et de l'oxygène ; acides manganique, chromique^ tungstique^ molybdiquCy stannique^ indiquent des corps acides résultant de l'union de l'oxygène avec le manganèse, le chrome, le tungstène, le molybdène, l'élain.

Il peut arriver que le même élément forme avec l'oxygène deux composés distincts, mais acides tous deux, la proportion d'oxygène combinée au même poids de cet élément étant plus grande dans l'un des composés que dans l'autre. Dans ce cas, on affecte le corps le plus riche en oxygène de la terminaison ique déjà indiquée, et le corps le moins riche en oxygène de la terminaison eux.

C'est ainsi que l'on dit : acides sulfurique, sulfureux ; acides phosphorique, phosphoreux; acides azotique , azoteux; acides arsénique, arsénieux; acides telluriquCy tellureux; acides sélénique, sélénieux.

Pour plusieurs corps simples remploi des deux terminaisons ique et eux est un expédient insuffisant, lorsque le nombre des composés acides qu ils forment avec l'oxygène dépasse deux. L'emploi des préfixes hyper (plus) et hypo (moins) permet de combler cette lacune dans la presque totalité des cas. On convient de considérer un acide terminé en ique comme plus oxygéné qu'un acide du même élément terminé en eux, et comme, grâce aux deux préfixes, on peut distinguer trois corps affectés de la môme terminaison, on voit facilement qu'il est pos-

sible de nommer six acides distincts formés par l'union d'un roémecorfiS simple avec l'oxygène. Exemples :

ACIDES DU CHLUHE RANGÉS d'aPKÈS LEUR TE.NEUR CROI^SAME EX OITGLxE.

Acide hypochloreux.

— chloreux.

— hyperchloreux (non connu).

— hypochlorique.

— chlorique.

— hyperchlorique.

ACIDES DE l'aZOIE RAKGÉS d'aPRÈS LEUR TE:(ECR CROISSANTE ZS OIYGÈKE.

Acide azoteux.

— hypoazo tique.

— azotique.

ACIDES DU SOUFRE RANGÉS d'aPRÈS LEUR TEKEUR CROISSAKTE EN OITCiK?*.

Acide liyposulfureux (ancien acide hydrosulfureux),

— sulfureux.

— sulfunque.

— hypersulfurique.

Cependant il peut arriver encore que certains acides échappent à une dénomination méthodique fondée sur ces principes. Ainsi, on a été obligé de partager les acides du soufre en deux séries parallèles, dont nous venons de nommer la première. La seconde a reçu le nom de série thionique (de OeTcv, soufre). Nous avons dans cette série les acides suivants :

Acide dilhioncux (ancien hyposulfureux).

— dithionique (ancien hyposulfurique).

— dithionique monosulfuré.

— dithionique bisulfure.

— dithionique trisulfuré.

Nous verrons, à propos des acides du soufre, les raisons particulières qui ont présidé à cette nomenclature spéciale.

Des travaux ultérieurs ayant appris que Toxygène n'est pas indispensable à la formation des acides, que Thydrogène uni au soufre, au tellure, au sélénium, au chlore, au brome, à l'iode, au fluor, etc., engendre des corps jouissant de toutes les propriétés d'un acide bien

NOMENCLATURE ET SYMBOLES. i^

«aclérisé, on conserva aux acides oxygénés leurs noms fondés sur la oomcDclature de Lavoisier. Pour les autres, on fit suivre le mol fonctioaoel acide d'un nom composé des deux éléments constitutifs, en terminant le dernier en ique. Ainsi Ton dit :

Acide sulfhydrique,

— sélénhydrique,

— tellurhydrique,

— chlorhydrique,

— bromhydrique»

— iodhydrique,

— fluorhydrique,

— cyanhydrique,

pour lès combinaisons acides de l'hydrogène avec le soufre, le séléonim, le tellure, le chlore, le brome, l'iode, le fluor, le cyanogène, etc. De même, pour désigner des composés acides du soufre avec le car- Inne, larsenic, l'étain, l'antimoine, le molybdène, on dit :

Acide sulfocarbonique,

— sulfarsénique ou sulfarsénieux,

— sulfostannique,

— sulfantimonique ou sulfantimonieux,

— sulfomolybdique.

Composés binaires non acides.

Les composes binaires ou à deux éléments, non doués de propriétés wides, sont ou basiques ou neutres. La nomenclature adoptée d'après laToisier n'indique pas si le corps est neutre ou basique : le mot qui nprime la fonction chimique n'intervient pas ; par conséquent on se fontenle de former un nom composé des deux éléments constituants.

Los combinaisons oxygénées sont appelées oxydes.

C'est ainsi que l'on dit : oxyde de cuivre, oxyde de plomb^ oxyde ie phosphore^ oxyde de carbone^ oxyde de fer, etc.

Quand un même élément forme plusieurs oxydes non acides, on les distingue les uns des autres par des procédés analogues à ceux employés dans la nomenclature des acides multiples. Plusieurs usages oui prévalu tour à tour, et les chimistes ne s'accordent pas toujours sur la méthode suivie. Tantôt on fait servir les terminaisons ique et eux dans le même sens que pour les acides. Exemples :

Oxyde cuivrique,

— cuivreux,

ft CSIEE GËNËRALE.

Cbyà^ nKUTDTJqtif,

— fUiXiDeux.

— ferreux.

li'sutres fois on dit s^ovs-oxyde on orydvle^ protaxyde^ sesquioxyie, bioxtfdf. f»erorifc!c. Oxydvle ou sous oxyde de cuivre représentent le ;r:éiEe cor^s que caydecvirrtux. Oxydule on êouê-oxyde de mercure cqui^slent à oxyde mcrcurevx. Protoxyde de /irr s'applique au même compof^ qu'oxyde ferreux. Gênéralemeot oxydule ou sous-oxyde sont r!<r= nom? qui s'appliquent à âe> oxydes moins oxygénés que le premier oxyde basique bien caractérisé, à des oxydes qui renfennenl 2 équivaleoU de métal uui à 1 équÏTalent d'oxygène. Protoxyde s'applique aux oxydes formés fiar l'uuion de 1 équivalent de métal avec 1 équÎTalent d'oxygène. Sfsgutoxyde correspond aux oxydes formés par I*unioa de 1 équivalent de métal avec 1 1.2 d*oxygène. fioxyde et /^rtMBj^e m; rapportent aux oxydes les plus oxygénés. Exemples :

Frotoxvdc

de fer.

Se>:qui oxyde

Prot'ixydc

Scsr|uiox\de [ de manganèse.

iSioxvdo

Sous-oxvdc

iVoloxvdr* i j 1 •

Page 1