REPRÉSENTANT UNIQUES LE RORI
Le bore a été rangé par divers sayants, notamment par MM. Deville ot Wœliler, dans la famille du carbone et du silicium.
Un semblable rapprochement n'est fondé que sur quelques analogies de propriétés physiques et sur des similitudes apparentes de propriétés i'liimiqucs« mais il est en contradiction formelle avec Tensemble des laractcres chimiques, et surtout avec les types des combinaisons binaires (le ces éléments. Dans son mémoire sur les équivalents, M. Dumas dit que rien ne prouve que le bore, le silicium et le carbone appartiennent à la même Inmille, et se montre avec raison très-disposé à séparer le bore du silicium.
La comparaison des formules des composés binaires correspondants» formules établies par la capacité de saturation et la densité de vapeur, ne laisse aucun doute à cet égard :
Bo-e' Sie» €6»,
BoCP Si Cl* €CIN
lioFi» SiFl* €F1\
BoBr» SiBr* €Br*.
Le boi'e ne s'unit pas à Thydrogène, tandis que le silicium et le c^^ bone forment avec cet élément des combinaisons du type SiIl*,€H^
Dins une classification naturelle, le bore trouverait plutôt sa place a côté do raiuminium.
Le radical de Tacide borique a été isolé presque simultanément pr.r Gay-Lussac ot Thénard en France, et par H. Davy en Angleterre, en réduisant l'acide borique par le potassium.
rs, et pins tard MM. H. Sainte-Claire Ueville et Wœliler corn-
*histoire de cet élément.
'î procédé employé pour le retirer de ses conibinnisons, le bore
>he ou crisLnllin. Gay-Lussnc, Tliénard et Berzciius Tout vu et
18 la première forme; MM. Deviile et Wœhler ont découvert le
tallisé ou diamant de bore.
l'e amorphe. Préparation. — Gay-Lussac, Thénard et Davy lit réagir le potassium sur Tacide borique, sous Tinfluence de la rouge. On introduit dans un petit creuset de fer, muni d*un e, des couches alternatives d*acide. borique rendu anhydre par )n préalable et grossièrement pulvérisé à Tabri de Thumidité, jments de potassium aplatis. Le creuset étant chauffé à Taidc mpe à double courant, la réduction s'opère tranquillement et igement de lumière. Si lacidc borique n*est pas entièrement bserve une lumière intense et une production de gaz. Après rcnent, la masse est traitée par Teau froide, qui dissout l'acide Bt le borate de potasse et laisse le bore, que Ton sépare par des
ius préparait le bore amorphe en réduisant par le potassium le e de potasse anhydre, sel que l'on obtient en saturant à froid norhydrique liquide par de l'acide borique et en versant la |p>utte à goutte dans une solution de fluorure de potassium, tant forme un précipité. Celui-ci est bien lavé et séché au rouge. ingc avec du potassium dans un tube de fer fermé par un bout. Te au rouge, la réaction s'opère tranquillement, et en reprenant i on dissout le fluorure de potassium, tandis que le bore reste, nt d'cm])loyer un léger excès de potassium, aiin d'utiliser tout )rate, peu solublcTet difficile à éliminer par lavage. )eville et Wœhler (Annales de Chimie et de Physique^ (3), . 64) préparent le bore amorj)lie par un procédé très-simple pide, qui n'est, du reste, qu'une modification de celui de Gay-
ind 10 parlies d'acide borique iondu et grossièrement concassé, mêle avec 6 parlies de sodium en morceaux; on projelleletout creuset de fonte rougi au ieu, et l'on recouvre aussitôt la masse 5 parties de sel marin, puis on ierme le creuset avec un coulonte. 11 faut éviter avec soin l'introduction de toute substance qui fournirait du silicium difficile à séparer du bore. Grâce on du sel m.'^rin, la scorie de borax et d'acide borique devient e et perd sa viscosité. La réaction est terminée quand, après •e crépitation, la masse est fondue ; on l'agite avec une tige de 1 coule dans l'eau fortement acidulée à Tacide c\\Vot\i^<\v\(\\i&
50i C1H.\!IE Gl^>Ëf(ALE.
et contenue dans une terrine profonde. La scorie se divise en fragments très-petits, dont toutes les matières, grâce au sel marin, se désa^^r^enl rapidement dans l*eau acide, de sorte que les parties les plus denses du bore se réunissent au fond, tandis que le reste se maintient en suspension. On décante sur un liltre et on lave avec de Tcau acidulée d*abord, puis avec de l'eau pure. A ce moment, une partie du bore passe toujours au travers du filtre. Les eaux troubles peuvent être recueillies et acidulées, ce qui fournit un dépôt de bore floconneux très-divisé. Le bore doit être séché sur des briques poreuses, à la température ordinaire. Li moindre élévation de température suffirait pour en amener quelques parties à Tincandescence, par suite d*une modification moléculaire qui s*opère avec dégagement de chaleur et de lumière, et qui entraioerait la combustion de la masse.
Le passage du bore amorphe à ti'avers les filtres s*observe dans tous les procédés décrits plus haut, lorsqu'on a enlevé par lavage la majeure partie des sels ou de Tacide. Il est dû à une pseudosolution du corps très-divisé et probablement hydraté. On Tempèche en continuant les lavages avec une solution de sel ammoniac, que Ton enlève ensuite par des lavages à l'alcool.
La dissolution du bore dans l'eau est jaune-verdâtre ; évaporée à siccité, elle laisse une croûte translucide, d'un vert jaunâtre, devenant opaque par une dessiccation complète; elle se fendille alors et finit par se résoudre en une poudre grossière, semblable à celle du bore plus dense resté sur le filtre.
Le bore amorphe constitue une poudre brun-verdàtre, excessivement ténue, tachant fortement les doigts et ne conduisant pas l'électricité. Sa chaleur spécifique est égale à 0,255 (H. Kopp). Il est insoluble dans Teau acidulée, l'alcool et Téther, un peu soluble dans l'eau pure. Chauiîé au rouge dans un gaz incite, il se contracte, devient plus foncé, assez dense pour tomber au fond de l'acide sulfurique et perd sa solubilité dans Teau, en prenant quelquefois une couleur brun-chocolat qui permettrait de le conibndre avec le silicium ; en même temps il acquiert une plu^ grande résistance aux réactifs chimiques. Ainsi il ne s'enflamme plu^ spontanément au contact du gaz chlore, comme le fait le bore floconneux et h''ger.
2" Dore cristallisé ou diamant de hore^. — Le bore amorphe prend naissance toutes les fois que l'on réduit un composé binaire de cet élément, oxyde, fluorure, chloinire, par un métal alcalin qui, n'étant p^^ susceptible de le dissoudre, le laisse dans l'état moléculaire souslequ^' il se sépare au moment de la réaction. En opérant, au contraire, la rcduc-
f. Wœljlcr et DeviUe, Annalw At CWwie et de PK>J%iq[tt^A^\^^ l^H, p. 09.
CINQUIÈME FAMILLE. — mWE, 505
lion au moyen d'un métal fixe» tel que ralumlnium employé en excès, le bore mis en liberté s*y dissout à liaute température et se sépare en cristallisant par refroidissement.
Les auteurs emploient le procédé suivant :
On met dans un creuset de charbon de cornue 80 grammes d*alu minium en gros morceaux et 100 grammes d'acide borique fondu en fragments. Le creuset de charbon est introduit avec de la brasque dans un creuset en plombagine de bonne qualité et le tout est mis dans un fourneau à vent pouvant fondre facilement le nickel pur. On maintient la température à son maximum pendant cinq heures environ, en ayant bien soin d'enlever avec un ringard les scories qui obstruent la grille. Apres refroidissement, on casse le creuset et on y trouve deux couches distinctes : Tune vitreuse, composée d'acide borique et d'alumine; l'autre métallique, caverneuse, gris de fer, hérissée de cristaux reconnaissables à leur éclat. C'est de l'aluminium imprégné dans toute sa masse de cristaux de bore adamantin. La partie métallique est traitée par une lessive de soude moyennement concentrée et bouillante, qui dissout Taluminium, puis par l'acide chlorhydrique, qui enlève le fer, enfin par un mélange d'acides fluorhydrique et nitrique, pour éliminer des traces de silicium.
Le bore ainsi isolé est encore mélangé à des plaques d'alumine, qu'on enlève en partie mécaniquement et, quand cela n'est pas possible, au moyen du procédé suivant : Le bore mélangé d'alumine est fondu avec de l'acide phosphorique vitreux, au rouge, dans un creuset en porcelaine, en ayant soin de s'arrêter lorsqu'il commence à se dégager de l'hydrogène. La masse, encore pâteuse, retirée du creuset, est traitée par l'eau acidulée à l'acide chlorhydrique ; le résidu est chauffé au rouge sombre nvcc de la potasse monohydratée ; enfin on reprend par l'eau, qui dissout un mélange de phosphate et daluminate de potasse; le bore restant est digéré avec de l'acide chlorhydrique, puis lavé à l'eau.
Les cristaux de bore varient dans leur couleur, leur éclat et aussi dans leur forme, suivant les conditions de l'expérience. Ces modifications semblent con*espondre à des différences de composition; en cfiet, le diamant de bore contient toujours du carbone et souvent des proportions notables d'aluminium; il ne représente donc pas l'élément pur, comme on aurait pu s'y attendre.
Le bore adamantin oiTre des couleurs très-différentes, depuis le rougo grenat, foncé au point de produire l'opacité, même sous une faible épaisseur, jusqu'au jaune de miel presque incolore. Par son éclat et sa réfringence il est comparable au diamant; il est à présumer que si l'on obtenait le bore incolore et en gros cristaux, il présenterait exactement l'aspect du diamant, avec tous ses icux de lumvèreYétLècVv\^ftV.\yx'^^Vfc^.
rm GiirMiE générale.
MM. Deviile et Wœhler signalent trois variétés distinctes de diamant de bore.
Une première est en lames, d*un éclat métallique au moins égal i eehi (lu diamant; elles paraissent noires et opaques et n'offrent de transparence que dit lis les portions les moins épaisses du cristal. Ces Umr^ sont clivables et assez fragiles; leur dureté est considérable; elles son! lormces de
Boi-e 97,6
Gurlx>iio 2,4
iOO,00
Une seconde variété constitue des cristaux parfaitement limpides et Iransparenls, groupés sous forme de prismes longs et échanci'és, de manière à figurer les dents d'une scie; leur éclat adamantin est très^grandi mais leur dureté est un peu moindre que celle de la première espèce. Les acides, et surtout Teau régale, ne semblent pas tout à fait dépourvus d'action, coininc sur les cristaux précédents.
La forino (M'istniline est le prisme droit à base carrée, dont les paramètres sont dans le rapport de 1 pour les axes horizontaux à 0,578 pour l'ave vertical. Les formes simples sont deux octaèdres (1 . 1 . 1) (2 . 2.1) appuyés sur les arêtes de la base, et deux prismes (1 . 1 . 0) (1 .0 .0). D'après la mesure des angles :