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SOIE. — FILS DE LA VIERGE. — ÉPONGES

Au moment de se transformer en chrysalides, plusieurs insectes s’enveloppent de fds qui les protègent contre les agents extérieurs. Parmi ces insectes se trouve le Phalœna bombyx (ver à soie) , dont on recueille les fils, qui servent à fabriquer des étoffes.

La soie, telle que la renferme le Phalœna bombyx , est liquide et visqueuse ; elle durcit au sortir du corps de l’animal, en laissant exsuder une matière cireuse et jaunâtre qui la recouvre comme un vernis.

L’extraction de cette matière cireuse constitue une partie importante de l’art du teinturier. Nous l’avons déjà décrite sous le nom de décreusage de la soie.

La substance qui compose la soie décreusée a reçu le nom de fibroïne.

La fibroïne est blanche, douce au toucher, soluble dans les acides chlorhydrique , azotique et phosphorique. Elle contient , déduction faite des cendres :

(M. Mulder.)

Les fils de la vierge sont formés aussi de fibroïne.

La matière qui constitue les éponges présente les mêmes caractères que la fibroïne, et a pour composition :

Carbone .

Hydrogène Azote. . .

Soufre . .

Phosphore Iode . . .

Oxygène .

TOILES D’ARAIGNÉE

0,50 Cendres

(M. Crookewit.) (M. Posselt.)

Carbone . .

Hydrogène .

Azote. . . .

Oxygène . .

Soufre . . .

Les araignées sécrètent un liquide qui se solidifie bientôt à l’air, et avec lequel elles forment leur toile.

L’analyse de cette substance a été faite par Cadet , qui y a trouvé une

CHIMIE ANIMALE

matière soluble dans l’eau et dans l’alcool, un autre corps soluble dans l’eau, mais insoluble dans l’alcool, enfin des sels minéraux tels que des chlorures, des sulfates alcalins et un sel de chaux indéterminé. La toile d’araignée est azotée.

PEAU

La peau est l’enveloppe extérieure du corps. Elle se compose de trois parties :

Le derme ,

Le tissu réticulaire ,

V épiderme.

Le derme recouvre immédiatement les muscles et les os. 11 est formé par l’assemblage d’un grand nombre de fibres déliées qui se croisent en tous sens et laissent entre elles des ouvertures coniques dont la base est placée du côté interne. L’épaisseur du derme est variable : elle est plus grande sur le dos que sur le ventre. Il existe sous le derme une couche de tissu cellulaire rempli de graisse, qui s’oppose à la déperdition de la chaleur.

Quand après avoir débarrassé le derme des matières étrangères, on le soumet à la dessiccation, il devient jaunâtre, légèrement translucide, et il acquiert une certaine rigidité, qui disparaît lorsqu’on le plonge dans l’eau.

A la température ordinaire , le derme est insoluble dans l’eau ; mais il s’y dissout lentement à l’ébullition en se convertissant en gélatine. La rapidité avec laquelle cette dissolution s’opère varie avec les espèces animales. Le derme des oiseaux et des petits mammifères se dissout le plus facilement.

Les acides affaiblis et les alcalis en dissolution étendue dissolvent le derme, même à la température ordinaire. Le sulfate de peroxyde de fer, le bichlorure de mercure et le tannin forment avec le derme des combinaisons imputrescibles : c’est sur cette propriété qu’est fondé le tannage des cuirs.

L’alcool , l’éther, les essences et les huiles grasses ne dissolvent pas le derme.

Le tissu réticulaire est placé entre le derme et l’épiderme. Il est formé de fibres nerveuses et de vaisseaux qui traversent la peau et se répandent à sa surface.

PEAU

C’est dans le tissu réticulaire que se trouve la matière colorante de la peau. Quand la peau a été détruite dans un endroit quelconque du corps, le derme et l’épiderme se régénèrent au bout de peu de temps , tandis que le tissu réticulaire ne se reproduit pas ; il est remplacé par le tissu cellulaire. Ce dernier étant incolore, la place qu’il occupe reste sans couleur et forme une cicatrice.

L’ épiderme est la partie extérieure de la peau. Il contient en centièmes:

50,3Zi 6,81 . 17,22

(M. SCHEERER.)

Quand on examine avec soin l’épiderme, on reconnaît qu’il est rempli de pores par lesquels sortent les poils et les matières provenant de la transpiration. On peut le détacher du tissu réticulaire par une macération dans l’eau.

Lorsqu’on soumet l’épiderme à l’action de la chaleur, il fond, prend feu et brûle avec une flamme éclairante. Si on l’abandonne longtemps au contact de l’eau froide, il devient cassant. L’eau bouillante le convertit en gélatine.

L’acide azotique l’attaque à froid en lui faisant prendre une teinte jaune qui disparaît quand l’épiderme tombe. L’acide sulfurique concentré le ramollit, puis le dissout; aussi lorsqu’on se frotte les doigts après les avoir mouillés avec cet acide , on éprouve la même sensation que si on les avait trempés dans l’huile.

Les alcalis dissolvent facilement l’épiderme; c’est ce qui explique pourquoi la peau des personnes qui plongent souvent les mains dans la lessive acquiert une grande sensibilité.

En général, les sels durcissent l’épiderme. Les sulfures alcalins, les azotates d’argent et de mercure, certaines matières végétales lui communiquent des colorations foncées qui deviennent bientôt noires.

L’épiderme , qui est généralement très mince , s’accumule dans certaines parties du corps, comme la paume de la main, la plante des pieds, et forme alors les callosités.

La peau contient deux espèces de glandes : les glandes sudorifères , qui sécrètent la sueur, et les glandes sébacées , desquelles s’écoule le suint ,

Il existe en outre dans la peau des bulbes dépendant du système nerveux et qui donnent naissance à des productions de diverse nature, telles que les cheveux , les poils , les cornes et les plumes.

Carbone .

Oxygène î Soufre j

CHIMIE ANIMALE

La peau, débarrassée, à son côté interne, de la graisse et du tissu cellulaire , à son côté externe , des poils et de l’épiderme , contient :

Eau 57,50

Matières extractives solubles dans l’eau 7,60

Matières extractives solubles dans l’alcool 0,83

Albumine 1,54

Tissu cutané, vaisseaux et petite quantité de tissu cellulaire 32,53

(W 1ENHOLT.)

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