POUMON
Le parenchyme du poumon renferme de la fibrine , de l’albumine , une substance analogue à la caséine, de la graisse, de l’acide oléique , de l’acide margarique et de l’acide cérébrique. (M. Boudet.)
Les cendres des poumons sont formées, sur 1000 parties, de :
Chlorure de sodium . .
Sulfate \
Phosphate > de soude
Carbonate )
Silice
Oxyde de fer
Carbonate ) , ,
, , > de chaux
Phosphate )
FOIE
(M. Boudet.)
Le foie présente la composition suivante :
Tissu vasculaire 18,94
Parenchyme 81,06
100 parties du parenchyme sont formées de :
Eau 68,64
Albumine 20,19
Matière azotée 6,07
Substance grasse phosphorée analogue à celle du cerveau 3,89
Chlorure de potassium 0,64
Phosphate de chaux 0,47
Sel organique à base de potasse 0,10
(Braconnot.)
CHIMIE ANIMALE
Quand on épuise par l’eau bouillante le foie d’un animal qui vient d’être tué , il se dissout une certaine quantité de sucre dont la présence dans la liqueur est indiquée par les réactifs ordinaires.
Cette expérience , due à M. Cl. Bernard, a conduit cet habile physiolo giste à chercher si le foie de tous les animaux contient du sucre ; si ce sucre y est amené par le sang, ou bien s’il résulte d’une sécrétion particulière , et , dans ce dernier cas, si cette sécrétion est soumise aux influences de diverse nature, qui agissent sur les fonctions organiques. Nous reproduisons ici textuellement le résumé des conclusions de M. Cl. Bernard :
« 1° Il y a du sucre dans le foie de l’homme et de tous les animaux en état de santé.
» 2° Le sucre existe dans le foie des carnassiers comme dans celui des herbivores à jeun ou en digestion.
» La présence du sucre dans le foie est donc indépendante de la nature de l’alimentation.
3° Chez un carnivore, on ne trouve point de sucre dans le sang de la veine porte.
» On en trouve, au contraire, des quantités considérables dans le sang des veines hépatiques.
» Le sucre se forme donc dans le foie.
» û° Le sucre versé dans le sang se détruit successivement à mesure qu’il s’éloigne du foie, sans toutefois, chez l’animal sain, apparaître dans les urines.
» 5° Le sang qui sort du foie, en même temps qu’il contient davantage de sucre , ne renferme pas du tout de fibrine et beaucoup moins d’albumine que le sang qui y entre.
» 6° Le sucre semble se produire dans le sang aux dépens des matières albuminoïdes du sang.
» 7° La fonction glucogénique du foie subit des oscillations comme toutes les sécrétions , et en particulier comme celles qui sont liées à l’appareil digestif.
» Elle est plus active au moment de la digestion.
» Elle diminue dans les intervalles.
» Elle peut finir par disparaître à la suite d’un jeûne prolongé.
» 8° Les influences extérieures agissent sur la sécrétion du sucre.
» Le froid la fait disparaître soit complètement , soit en partie, suivant son intensité.
» La chaleur la rétablit.
» 9° Les actions sur le système nerveux retentissent sur cette fonction pour l’exagérer, pour la diminuer, pour la pervertir.
» 10° La fonction glucogénique est en sympathie d’action avec les autres fonctions de l’économie, et en particulier avec la respiration.
» 11° A l’état morbide, la fonction gl u cogénique s’exagère ou s’anéantit,
» Son exagération produit le diabète.
» Son anéantissement a lieu sous l’influence de tout état fébrile.
» 12° Le foie des individus morts de maladies ne contient généralement pas de sucre. »
En résumé, il existe dans le foie deux sécrétions distinctes : l’une, externe, produit la bile; l’autre, interne, forme le sucre, qui entre immédiatement dans le sang.
Lorsqu’un animal est à jeun depuis un certain temps, le sucre qui se produit dans le foie arrive jusqu’au poumon, où il se détruit. Si l’animal digère, la quantité de sucre qu’il sécrète est trop considérable pour être détruite tout entière dans le poumon, il en passe une partie dans le sang; et si cette quantité est considérable, l’excès sort par les urines : l’animal devient diabétique.
Lorsque la vie cesse chez un animal, la matière organisée subit aussitôt une série de décompositions dont l’ensemble constitue la putréfaction .
La putréfaction peut être locale ou générale : dans le premier cas, elle est ordinairement accompagnée de l’écoulement d’un liquide visqueux nommé pus ; dans le second cas, la matière organisée tout entière change de couleur, donne naissance à divers produits volatils dont l’odeur est fétide , perd sa consistance et se convertit en une espèce de terreau qui finit lui-même par disparaître.
Putréfaction locale , suppuration. — Lorsqu’une irritation est produite au-dessous de la peau , les nombreux vaisseaux dans lesquels circulent ordinairement des liquides incolores se remplissent de sang, se tuméfient, et il se forme un abcès. Le sang, devenu stagnant dans l’abcès, s’altère et détermine la décomposition de toute la masse , qui se change en une poche ou sac rempli de pus. En général, le pus ne tarde pas à sortir de l’enveloppe qui le renferme , soit en la perforant, soit en suintant par les pores. Cet écoulement est désigné sous le nom de suppuration.
Putréfaction générale.— Quand le cadavre d’un animal entre en putréfaction, il s’établit dans sa masse un mouvement moléculaire dont les effets sont : la désagrégation complète de la matière organisée et la production, aux dépens des éléments de cette matière, d’un certain nombre de composés inorganiques.
Parfois, au commencement de la putréfaction, le cadavre devient lumineux : cette phosphorescence n’est pas expliquée; on sait seulement qu’elle continue dans l’oxygène et l’azote , qu’elle diminue d’intensité dans l’acide carbonique, et qu’elle cesse complètement dans le vide , dans le chlore et dans l’hydrogène phosphoré.
CHIMIE ANIMALE
Pour que la décomposition de la matière organisée s’opère, il est indispensable que l’air et l’humidité agissent sur le cadavre; alors l’hydrogène se convertit en eau, le carbone passe à l’état d’acide carbonique et l’azote à l’état d’ammoniaque. L’odeur fétide qu’exhale le cadavre est due probablement à la présence de certains composés sulfurés et phosphorés.
L’acide carbonique et l’ammoniaque qui proviennent de la putréfaction se dégagent à l’état de carbonate d’ammoniaque. Ce carbonate, qui se répand d’abord dans l’air, est continuellement ramené par les pluies à la surface du sol.
Si, en outre, la putréfaction s’effectue en présence d’un alcali, il se produit de l’acide azotique, qui s’unit aussi à l’ammoniaque et qui est également entraîné par les eaux.
Tous les produits de la putréfaction retournent donc à la terre, d’où ils proviennent, et où ils servent à l’accroissement des végétaux. Déplus, les nombreux animaux qui se nourrissent de la matière cadavérique en opèrent la dispersion, de sorte que l'azote, qui pourrait se concentrer en excès dans un seul point du sol, se trouve répandu sur une grande surface.
Certains corps, tels que la fibrine, la caséine, le sang, etc., qui s’altèrent rapidement , activent la putréfaction ; il en est d’autres, au contraire, qui la retardent : ces derniers corps ont reçu le nom de substances antiseptiques.
Les substances antiseptiques les plus employées sont : le chlorure de sodium, les sels d’alumine, de fer, de mercure, l’alcool, l’essence de térébenthine et la créosote. Elles agissent de trois manières différentes : 1° en s’emparant de l’eau que contient la matière organisée ; 2° en contractant le tissu et en facilitant ainsi la dessiccation; 3° en formant avec la matière organisée des combinaisons inaltérables.
Pour préserver un cadavre de la putréfaction, il suffit d’injecter par la carotide gauche 5 à 6 litres d’une dissolution d’acétate d’alumine marquant 6° à l’aréomètre Baumé. Ainsi préparé, le corps d’un animal se conserve six mois environ au contact de l’air, propriété précieuse pour la dissection.
L’acétate d’alumine peut être remplacé par une dissolution formée de 1 kilogramme de sulfate d’alumine pour U litres d’eau ; mais alors , la durée de la conservation se réduit à deux mois. Lorsqu’il s’agit de pièces d’histoire naturelle , on élève la dose du sulfate d’alumine à un tiers du poids de l’eau que l’on sature en outre d’acide arsénieux. (M. Cannai.)
En remplaçant le sulfate d’alumine par le sulfite de soude et en plongeant ensuite les cadavres dans une dissolution de chlorure de zinc , on conserve aux chairs leur souplesse et leur volume. Le sulfite de soude
peut même arrêter la putréfaction des cadavres qui ont déjà subi une décomposition avancée. (M. Sucquet.)
On a proposé aussi de se servir de l’hyposulfite de zinc (M. Robin); mais ce sel ne paraît pas avoir été employé.
Le sulfate de zinc convient très bien à la préparation des pièces anatomiques. à à 5 litres d’une dissolution de ce sel, injectés par une des artères, suffisent pour préserver longtemps un cadavre de la putréfaction. (M. Falcony.)
Le bichlorure de mercure dissous est employé depuis un grand nombre d’années pour conserver les cadavres. On injecte ce sel dans le système vasculaire, ou bien on plonge le corps dans une dissolution alcoolique de bichlorure de mercure, et l’on remplace ce sel à mesure qu’il est absorbé. Quand on opère par cette dernière méthode, il faut avoir soin d’enlever les viscères et de pratiquer en outre des incisions profondes dans la chair, afin de faciliter l’absorption du sel de mercure. Au bout d’un mois, le cadavre peut être retiré de l’alcool ; il se dessèche au contact de l’air sans perdre sa couleur naturelle.
Les corps destinés à la dissection ne doivent pas être conservés au moyen du bichlorure de mercure, qui se décompose au contact des instruments d’acier, et qui, en outre, rend dangereuses les blessures que les opérateurs peuvent se faire.
Quant aux procédés de conservation en usage dans l’antiquité chez les Egyptiens, ils consistaient à plonger le mort pendant soixante- dix jours environ dans une dissolution de carbonate de soude, à le laver, puis à le sécher. Lorsque la dessiccation était complète , on vidait le cadavre, on y introduisait ensuite des substances goudronneuses et aromatiques, enfin on l’entourait de bandelettes de toile enduites de résine et au-dessus desquelles on plaçait une enveloppe ayant la forme du corps. (Rouelle.)
Des expériences récentes ont fait voir que le chlorure de baryum, le café, les carbures d’hydrogène, l’acide cyanhydrique, divers éthers, le sulfure de carbone, la liqueur des Hollandais, le chloroforme , l’huile de houille, etc., jouissent de propriétés antiseptiques remarquables, et que l’huile de houille , en particulier, à cause de son prix de revient si modique, peut être employée à la conservation des cadavres. (M. Robin.)