‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 150 sur 308 · OXYGÈNE · texte numérisé non relu

OXYGÈNE

absorbé

par 100 parties du poids de la graine.

Fève

Froment. . ,

Haricot

Laitue

Orge

Pourpier

( Th. de Saussure. }

L’acide carbonique produit pendant la germination se formant aux dépens du carbone de la graine, celle-ci doit perdre une partie de son poids. Or, le poids du carbone que contient l’acide carbonique dégagé est toujours moindre que celui qui exprime la perte subie par la graine ; il faut donc que cette perte ne soit pas due uniquement à l’élimination du carbone. Th. de Saussure l’attribue en partie à une évaporation d’eau , et résume , par conséquent , les phénomènes de la germination dans une déperdition d’eau et de carbone.

11 est probable cependant que les réactions qui s’accomplissent sont plus complexes : en effet, quand on met à germer des semences sur du papier bleu de tournesol , la teinte de ce papier vire au rouge et s’y maintient. Les graines qui germent paraissent donc sécréter un acide énergique. On a remarqué eii outre que si pendant la germination le volume de l’acide carbonique produit est souvent égal à celui de l’oxygène absorbé, comme l’avait reconnu Th. de Saussure, parfois aussi ce volume est plus grand ou plus petit. Or, la différence de ces résultats s’expliquerait, du moins en partie, en admettant que le carbone et l’oxygène de la graine s’unissent d’abord pour former de l’oxyde de carbone, que l’oxygène de l’air convertit ensuite en acide carbonique. ( M. Boussingault.)

Nous résumons ici une des expériences qui ont donné lieu à cette hypothèse :

Des graines de trèfle desséchées à 110° furent placées dans une assiette de porcelaine et convenablement humectées d’eau. La germination ne tarda pas à se manifester. Dès que chaque radicule eut atteint la hauteur de 1 centimètre environ, la graine fut replacée à l’étuve et desséchée de

GERMINATION

nouveau, afin d’arrêter la germination. On soumit ensuite les graines germées et non germées à l’analyse élémentaire, qui donna les résultats suivants :

gr. Carbone. Hydrogène. Azote. Oxygèn.

Graine mise à sécher supposée sèche. . . 2,405 contenant 1,222 0,144 0,175 0,864

Graine germée . . . 2,241 — 1,154 0,141 0,179 0,767

Différence. 0,164 0,068 0,003 0,006 0,097

La perte de carbone fut donc égale à 0,068, et la perte totale à 0,16à. Ce résultat permettait déjà de supposer qu’il s’était produit de l’oxyde de carbone , puisqu’il pouvait entrer dans la perte totale 0,159 de ce gaz , formés par la combinaison des 0,068 de carbone avec 0,091 d’oxygène. Voyons maintenant comment la production de l’oxyde de carbone aurait pu influer sur le volume de l’atmosphère. Pour se convertir en un volume d’acide carbonique, le carbone exige 1 volume d’oxygène ; au contraire , pour passer à l’état d’acide carbonique , 1 volume d’oxyde de carbone n’exige que | volume d’oxygène : pour chaque f volume d’oxygène absorbé, il y aurait donc eu 1 volume d’acide carbonique produit, et, par suite, augmentation du volume de l’atmosphère.

(M. Boussingault. )

Une seconde expérience exécutée sur du froment a donné des résultats analogues. Il est possible que cette analogie ait persisté tant que la graine se trouve dans la première période de la germination ; mais à mesure que la radicule s’accroît , les phénomènes changent évidemment de nature : le carbone est toujours éliminé , mais dans des proportions qui ne pourraient constituer avec l’oxygène un composé du carbone. Cette perturbation est causée, comme nous le verrons plus loin, par l’action des parties vertes des plantes, qui se développent, et qui, sous l’influence des rayons du soleil, décomposent l’acide carbonique répandu dans l’atmosphère pour s’en assimiler le carbone.

Deux forces se trouvent donc ici en opposition : l’une a pour effet la déperdition du carbone , l’autre a pour résultat l’assimilation de ce corps. Lorsque les parties vertes de la plante ne sont pas développées, la déperdition se continue; mais quand les feuilles, l’écorce, etc., sont produites , la plante , absorbant du carbone , s’accroît avec rapidité.

On a pensé pendant longtemps que la lumière était défavorable à la germination , parce que les semences germent mal lorsque, après les avoir humectées, on les abandonne à l’air sans abri contre les rayons du soleil ; mais les recherches de Th. de Salissure ont prouvé que l’action attribuée à la lumière n’est due qu’à la chaleur qui dessèche les graines. En effet , en plaçant plusieurs graines humectées sous deux cloches de verre d’une égale capacité , mais dont l’une est opaque et l’autre dût-

CHIMIE VEGETALE.

phane , et en abandonnant ces cloches dans un endroit où pénètre la lumière diffuse , on reconnaît que la germination s’opère simultanément dans les deux appareils.

Le chlore favorise la germination. Ce gaz agit-il en s’emparant de l’hydrogène et en mettant ainsi en liberté de l’oxygène qui s’unit au carbone delà graine? La question n’est pas résolue. Quoiqu’il en soit, on a constaté que des graines de cresson placées, les unes dans l’eau ordinaire, les autres dans une solution aqueuse de chlore, ont germé six fois plus vite dans cette dernière liqueur que dans l’eau. L’action du chlore est tellement favorable à la germination, que des vieilles graines dont on n’avait pu obtenir aucun signe de germination dans les conditions ordinaires , donnèrent naissance à des radicules de 0m,001, en restant plongées pendant vingt-quatre heures dans de l’eau de chlore. (M. de Humboldt.)

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