‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 168 sur 308 · NAVET · texte numérisé non relu

NAVET

Le navet, soumis à la dessiccation, perd 25 pour 100 d’eau. Le résidu présente en centièmes la composition suivante :

Carbone. 42,93 42,80

Hydrogène 5,61 5,54

Azote 41,68 42,40

Oxygène 2,20 1,68

Cendres 7,58 7,58

( M. Boussingault.)

380 CHIMIE VEGETALE.

Il laisse à l’incinération des cendres formées de :

Soude A4

Chaux 10,9

Magnésie A, 3

Acide sulfurique 10,9

Acide phosphorique 6,1

Acide carbonique 1A,0

Silice 6, A

Chlore 2,9

Oxyde de fer, alumine 1,2

Charbon , humidité , perte 5,5

( M. Boussingault.)

Lorsqu’on exprime le navet , il en sort un suc incolore qui offre une certaine analogie avec celui de la betterave. Ce suc, chauffé vers 100°, dépose de l’albumine coagulée. Si on l’abandonne longtemps à lui-même, il brunit et dépose des cristaux de sucre , dont la proportion s’élève souvent à 6 ou 8 pour 100 du poids du navet.

FÜMAEIACEES .

CORYDALIS TUBEROSA ( CorydcUe ).

L’analyse de cette racine a donné les résultats suivants :

Albumine . 1,8A

Malate de conjdaline, sucre, chlorure de potassium. . 17,78

Résine et matière grasse 0,81

Gomme et malate de chaux, sulfate de potasse. . . . 9,21

Fibre ligneuse A9,20

(M. Wackenroder.)

La cor vda line est une base organique dont les propriétés ont déjà été décrites : elle se dépose à l’état impur, lorsqu’on ajoute un alcali dans l’extrait aqueux de la racine de corydale. Pour la purifier, il faut reprendre le précipité par l’alcool , évaporer à sec, traiter le résidu par l’acide sulfurique, et saturer la liqueur acide par la potasse; la corydaline à peu près pure est mise en liberté.

ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES

RENONCUI.ACÉES.

PÆONIA OFFICINALIS ( Pivoine).

La pivoine mâle présente une racine napilorme , de couleur rouge , d’une odeur de raifort, et qui contient :

Amidon 13,86

Sucre incristallisable 2,80

Matière albumineuse. . 1,60

Huile grasse 0,26

Gomme et tannin 0,12

Oxalate de chaux ................... 0,76

Phosphate et malate de chaux . . 1,80

Malate de potasse 0,06

Sulfate de potasse 0,02

Fibre ligneuse. . 11,66

Eau 67,96

(M. Morin.)

helleborus hiemalis ( Hellébore noir).

La racine d’hellébore noir renferme une essence , une huile grasse ,

une résine, de la cire , de la gomme , de l’acide gallique, de la chaux, de

l’alumine et une substance organique cr ist allisable , à laquelle on a donné le nom d ' helléborine .

L’helléborine est neutre aux réactifs colorés , d’une saveur âcre et amère; elle se dissout dans l’eau, l’alcool, l’éther, l’acide azotique et l’acide sulfurique; ces deux acides la décomposent lorsqu’ils sont concentrés.

L’iodure de potassium, l’acétate de plomb et le bichlorure de mercure ne produisent pas de précipité dans les dissolutions d’helléborine.

On obtient l’helléborine en épuisant la racine d’hellébore par l’alcool, étendant l’extrait alcoolique d’une certaine quantité d’eau, afin de précipiter la résine, et concentrant ensuite la liqueur filtrée.

(M. Bastick.)

2ERBÉRXDÉES.

BERBER1S VULGARIS ( Épine-vinette ).

La racine d’épine-vinette renferme une matière colorante jaune , ia berbérine , dont nous avons déjà étudié les propriétés.

On y trouve, en outre, une base organique cristallisable, Y oxyacanthine, qui a été découverte par M. Polex. (Voyez tome IV, page 457.)

L’oxyacanthine est contenue dans l’extrait alcoolique de la racine d’épine-vinette. Pour l’isoler, il faut ajouter de l’eau dans cet extrait, évaporer l’alcool, afin de précipiter une matière résineuse, filtrer et concentrer la liqueur. Il se dépose des cristaux de berbérine , tandis que l’oxyacanthine reste dans les eaux mères. Celles-ci, étant mélangées avec de l’eau et additionnées de carbonate de soude, laissent précipiter l’oxyacanthine. On purifie cette base en la transformant en sulfate et en décolorant ce sel par le charbon animal. Un alcali versé alors dans sa dissolution aqueuse en sépare l’oxyacanthine pure.

Voici les différentes substances que renferme la racine d’épine-vinette:

Huile,

Cire,

Graisse,

Chlorophylle,

Résine,

Berbérine,

Oxyacanthine,

Gomme,

Malates et phosphates,

Fibre ligneuse.

(MM. Buchner et Herberger, M. Polex.)

MÉNISPERBïACÉES.

MENISPERMUM PALM at lai ( Racine de Colombo).

Cette racine se trouve dans le commerce en rondelles de 3 à 8 centimètres de diamètre et de 5 à 6 centimètres de longueur. Elle est recouverte d’un épiderme brun ou d’un gris jaunâtre. Sa saveur est amère et son odeur désagréable. Elle renferme :

Substance amère combinée avec de la berbérine. . . . 12,2

Berbérine et résine 5,0

Cire. 1,2

Gomme 4,7

Amidon 25,0

Pectine 17,4

Fibre végétale 21,6

Eau , sels et perte. 12,9

(M. Buchner.)

La substance amère que contient la racine de Colombo a été nommée

ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES

tolombine (voy. tome IV, page 642). Pour l’obtenir, il tant épuiser la racine de Colombo par l’alcool à 75°, évaporer l’extrait alcoolique au bain-marie et reprendre le résidu par l’eau. La liqueur, agitée avec de l’éther, cède la colombine à ce dissolvant.

On purifie la colombine par des cristallisations répétées dans l’éther.

POLYGALÉES.

KRAMERIA triandrâ ( Ratanhia ).

La racine de ratanhia est ligneuse, d’un rouge brun, d’une saveur amère. Elle contient un acide particulier, l’acide kramérique , dont les propriétés ont été décrites précédemment.

POLYGALA SENEGA.

La racine du Polygala senega est grisâtre à l’extérieur, blanche à l’intérieur, d’une odeur désagréable et d’une saveur fade, qui devient âcre et piquante.

Cette racine, soumise à l’analyse, a donné les résultats suivants :

Résine 7,50

Sénéguine ( acide polygalique) . . G, 15

Matière extractive 26,85

Gomme et albumine 9,50

Ligneux „ 46,00

Perte. 4,00

(Gehlen.)

Les principales propriétés de l’acide polygalique ont été indiquées (t. IV, p. 348). On obtient cet acide en épuisant la racine de polygala par l’alcool, évaporant l’extrait à consistance sirupeuse et agitant le résidu avec de l’éther. Le dépôt qui se forme quand le mélange est abandonné à lui-même se compose d’acide polygalique impur. Pour purifier cet acide, on le met en suspension dans l’alcool étendu et froid, puis on le reprend par l’alcool bouillant. La solution décolorée par le noir animal abandonne l’acide polygalique à mesure qu’elle se refroidit. (M. Quevenne.)

MA&IFACISES.

ALTHÆA OFFICINALIS ( Guimauve ).

La racine de guimauve est charnue, blanche à l’intérieur, et recouverte d’un épiderme jaunâtre. Son odeur est douce, sa saveur faiblement sucrée.

Cette racine contient une substance cristallisable que Ton a crue longtemps particulière à la guimauve, et à laquelle on avait donné le nom d 'althéine; mais on sait aujourd’hui que l’althéine est identique avec l’asparagine , découverte par Vauquelin et Robiquet dans les asperges. Voici la composition de la racine de guimauve :

Huile grasse

Gluten

Sucre incristallisable et asparagine Matière végétale et gomme. . . .

Amidon

Pectine

Phosphate de chaux

Fibre végétale

GRANATÉES.

(M. Buchner.)

punica GRAIVATUM ( Grenadier ).

La racine de grenadier renferme une matière cristallisable nommée grenadine. On y rencontre en outre une substance amère qui a reçu le nom de punicine. (M. Righini.)

Page 1