CURCUMA
11 existe dans le commerce deux variétés de curcuma :
Le curcuma rond (C. rotunda) ;
Le curcuma long [C . long a).
Le curcuma rond offre l’aspect de tubercules ovoïdes ou piriformes , d’un jaune sale à l’extérieur, et d’un jaune verdâtre à l’intérieur.
Le curcuma long se présente en tubercules cylindriques, gris ou verdâtres à l’extérieur, et d’un rouge brun à l’intérieur. Son odeur et sa saveur sont aromatiques. Il contient :
Une huile volatile ,
Du ligneux,
De la fécule amylacée ,
Une matière colorante brune analogue à celle de beaucoup d’extraits, De la gomme ,
Des sels inorganiques parmi lesquels se trouve le chlorure de calcium, Une matière colorante jaune. (Vogel et Pelletier.)
John, qui a analysé la racine de curcuma , lui assigne la composition suivante :
Huile volatile jaunâtre. 1
Matière colorante jaune. 10
Résine d’un brun jaunâtre 11
Gomme \!\
Ligneux 57
Sels minéraux et organiques ............... 7
La matière colorante de la racine de curcuma a reçu le nom de cur cumin e (voy. tome V, page 539 ). Elle fait prendre une teinte brune aux sels de peroxyde de fer, et précipite en rouge brun plus ou moins foncé le protochlorure d’étain , l’acétate de plomb , les sels d’argent et de mercure.
La curcumine est la seule matière colorante jaune qui se fixe sur les tissus sans le concours des mordants : cette propriété permet de reconnaître si la racine de curcuma, que l’on vend parfois en poudre dans le commerce, a été mélangée frauduleusement avec quelque autre substance. Il suffit de plonger un tissu de soie dans un bain colorant préparé avec une petite quantité du curcuma à essayer: la curcumine se fixe sur l’étoffe, tandis que les matières étrangères restent dans la liqueur. (M. Persoz.)
GALANGA.
On connaît plusieurs sortes de galanga.
Le Galanga minor possède une racine rougeâtre marquée extérieurement d’incisions disposées comme des franges. L’odeur de cette racine est aromatique ; sa saveur présente une grande âcreté.
La racine de Galanga major est cylindrique, d’un diamètre égal à 0m,055 environ, et beaucoup moins odorante que celle du Galanga minor. Elle se rapproche, par son aspect, de la racine d’Acorus calamus.
Voici les principes que l’analyse a signalés dans la racine de galanga : Huile volatile,
Résine ,
Amidon ,
Gomme ,
Matière colorante brune ,
Matières extractives ,
Ligneux ,
Soufre ,
Oxalate de chaux ,
Acétate de potasse. (M. Morin.)
Bucholz a trouvé que cette racine renfermait sur 100 parties :
Huile volatile 0,50
Résine Zi ,50
Matières extractives 9,70
Gomme 8,20
Mucilage Al, 50
Fibre ligneuse 21,65
Eau. . 12,30
L’extrait éthéré de racine de galanga laisse par évaporation un résidu brun qui contient une matière résineuse de couleur foncée et une substance cristallisable incolore, nommée kaempféride. (Voy. tome IV, page 653.)
On isole le kaempféride en reprenant ce résidu par l'alcool, soumettant la liqueur à l’évaporation et décantant les eaux mères aussitôt que la substance résineuse s’est déposée. (Brandes.)
AMOMUM zedoaria ( Zédoaire ).
Î1 existe trois sortes de zédoaires : la zédoaire longue , la zédoaire ronde et la zédoaire jaune.
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES
La racine de zédoaire longue est grisâtre, recouverte d’une peau ridée; son odeur ressemble à celle du gingembre; sa saveur est camphrée et amère. Elle contient en centièmes :
Essence. .......
Résine
Extrait amer
Gomme
Mucilage
Amidon. .......
Substance indéterminée Ligneux. .......
Eau
99,96 (Bccholz.)
L’essence que renferme la racine de zédoaire est épaisse , trouble , de couleur jaune, d’une odeur qui se rapproche de celle du camphre, d’une saveur aromatique et amère. L’alcool et l’éther la dissolvent facilement. Elle paraît contenir deux huiles dont l’une est plus dense et l’autre plus légère que l’eau.
On ne connaît pas encore la composition de la zédoaire jaune et de la zécjoaire ronde.
AMOMUM ZINGIBER ( Gingembre ).
On trouve dans le commerce deux variétés de gingembre : le gingembre gris et le gingembre blanc.
Le gingembre gris se compose, en général, de deux ou trois tubercules ovoïdes articulés, que recouvre un épiderme d’un gris jaunâtre marqué d’anneaux peu apparents. Cette racine possède une odeur aromatique et une saveur désagréable. Elle provoque l’éternument lorsqu’elle s’introduit à l’état de poudre dans les fosses nasales. Sa composition n’a pas encore été déterminée.
Le gingembre blanc est plus allongé, plus plat et plus ramifié que le gingembre gris. Il est recouvert d’une écorce jaunâtre que l’on enlève facilement. Son odeur est aromatique, sa saveur brûlante. 11 renferme :
Huile volatile ........
Extrait soluble dans l’alcool .
Extrait insoluble dans l’alcool Gomme ...........
Amidon
Mucilage 8,30
Ligneux 8,00
Matières solubles dans la potasse 26,00
Eau 11,90
Résine 3,60
( Bucholz.)
CUCURBZTACÉES.
BRYOMA ALBA ( Bryone ).
La bryone possède une racine blanche et charnue qui contient une essence, de la résine, de l’albumine, de la gomme, du malate et du carbonate de chaux, divers autres sels inorganiques, enfin une substance particulière, la bryonine , dont nous avons déjà décrit les propriétés.
La bryonine se précipite quand on verse du sous-acétate de plomb clans un extrait aqueux de racine de bryone. Elle est alors combinée avec l’oxyde de plomb. Pour l’isoler, il faut décomposer le précipité par l’acide su 1 l'hydrique, évaporer à sec la liqueur filtrée , et reprendre le résidu par l’alcool.
On peut encore obtenir la bryonine par la méthode suivante : La racine de bryone est fortement comprimée ; il en sort un suc, qu’on laisse éclaircir par le repos. Le suc est ensuite porté à l’ébullition, filtré et soumis à l’évaporation. 11 donne un résidu, qu’on fait digérer avec de l’alcool. L’extrait alcoolique est à son tour évaporé à sec. La bryonine impure forme le résidu. On reprend cette substance par de l’eau; enfin on évapore convenablement la dissolution aqueuse. (Dulong.)
Voici la composition de la racine de bryone :
Bryonine avec traces de sucre 1,90
Résines et cire 3,à0
Matières sucrées 10,00
Gomme là, 90
Amidon 2,00
Acide pec tique 2,50
Fécule 1,00
Albumine 6,20
Mucilage 0,27
Matières extractives 1,70
Phosphates de magnésie et d’alumine 0,50
Malate de magnésie 1,00
Fibre végétale 15,25
Eau 20,00
(Braindf.s et Firnhaber.)
ETUDE DES PRINCIPALES RACINES
ARISTOZiOCHIÉES.
asarum EIJROFEUM (Cabaret).
La racine de cette plante est grise, d’une odeur et d’une saveur poivrée. Elle présente la composition suivante :
Mucilage 0,976
Albumine. 0,036
Matière extractive 3,972
Acide titanique (sans doute accidentel) 1,072
Asarine 1,172
Essence souillée d’arsenic 0,630
Résine 0,156
Acide citrique 0,316
Citrate de potasse 0,962
Citrate de chaux . 1,502
Citrate de magnésie 0,118
Chlorure de potassium. . 0,117
Sulfate de potasse 1,090
Phosphates 0,256
Fibre végétale 12,800
Eau 76,600
L’essence contenue dans cette racine, nommée essence de cabaret (voy. t. V, p. 276), peut s’obtenir par distillation de l’extrait alcoolique de la racine; il cristallise en même temps, dans le col de la cornue, une matière camphrée que l’on peut obtenir en distillant la racine de cabaret avec de l’eau.
Les propriétés de l’asarine ont été décrites tome V, page 266. Nous indiquerons ici quelques nouveaux caractères de cette substance.
Quand on maintient pendant quelque temps P asarine à la température de 280°, elle entre en ébullition et perd la propriété de cristalliser par le refroidissement. L’asarine passe également à l’état amorphe lorsqu’on la fait bouillir avec de l’alcool.
La modification amorphe de l’asarine se décompose vers 300° et n’est pas entraînée par la vapeur d’eau.
L’acide sulfurique colore l’asarine en rouge.
( Blanchet et Seul ; M. Schmidt.)
ARISTOLOCHIA SERPENTARIA ( Aristoloche , ou Serpentaire de Virginie).
La serpentaire possède une racine rampante et fibreuse composée de filaments blanchâtres dont l’odeur et la saveur se rapprochent de celles du camphre des laurinées. Elle contient les principes suivants :
Huile volatile ,
Résine ,
Extrait jaune ( aristolochine ou serpentarine impure) ,
Gomme ,
Amidon ,
Albumine ,
Phosphate et malate de chaux ,
Ligneux. (M. Chevallier.)
L’analyse quantitative a donné :
Huile volatile 0,50
Résine 2,80
Matières extractives 19,80
Ligneux 62, ZiO
Eau . . . l/i, 50
(Bucholz.)
La racine de serpentaire, dont on se sert en médecine, est employée par les sauvages de l’Amérique du Nord pour guérir de la morsure des serpents. La substance, qui agit dans ce cas, est contenue dans l’extrait jaune que l’on obtient en précipitant une décoction aqueuse de cette racine par l’acétate de plomb, lavant le précipité, le reprenant par l’alcool, évaporant la liqueur jusqu’à siccité et épuisant le résidu par l’eau bouillante. La solution ainsi préparée est d’un beau jaune d’or, amère et irritante. Elle brunit sous l’influence des alcalis et donne un précipité abondant avec le sous-acétate de plomb. Elle laisse, quand on l’évapore, une matière résineuse et amère nommée aristolochine ou serpentarine. (M. Chevallier.)
On vend quelquefois dans le commerce, sous le nom de serpentaire de Virginie , une racine qui présente une certaine analogie avec celle de V Aristolochia serpentaria : cette fraude se reconnaît au peu d’odeur et à la texture intérieure de la fausse serpentaire. (M. Guibourt.)
ETUDE DES PRINCIPALES RACINES
POIYGONÉES.
RHEUM PALMATUM (Rhubarbe).
La racine de rhubarbe se trouve dans le commerce en morceaux arrondis, cylindriques et veinés comme du marbre : elle est rouge à l’intérieur et d’un jaune sale à l’extérieur; son odeur est désagréable, sa saveur acre et amère. Elle colore la salive en jaune orangé.
Voici la composition de la racine de rhubarbe :
Pectine et amidon. 10,55
Sels et fibres végétales 56,00
Acide ehrysoplianique (rumicine, jaune de rhubarbe). 7,50
Phaïorétine, aporétine, érythrorétinc 15,9Z|
Acides gallique et tanniquc 6,50
Sucre et eau 3,51
Les propriétés de l’aporétinc , de la phaïorétine et de l’érythrorétine ont été étudiées précédemment.
RUMEX PATIENTIA ( Patience ).
Cette racine présente la composition suivante :
Cire et matière grasse 1,A0
Résine 0,A0
Gomme, mucilage, sucre 16,00
Amidon 1,60
Acide tanniquc 3,00
Substance particulière 11,80
Matières extractives 17, hO
Malates, sulfates et phosphates de potasse et de chaux. 1,80
Oxalate de chaux 0,80
Soufre 0,20
Fibre végétale, huile volatile, eau, perte Ao,60
(M. IIerberger.)
Edc contient une substance particulière cristal hsable, a laquelle on a donné le nom de rumicine. (Geiger.)
La rumicine parait identique avec l’acide ehrysoplianique que renferme la racine de rhubarbe.
CHIMIE VEGETALE.
BETA ALTISSIMA ( Betterave ).
Nous avons déjà fait connaître la composition chimique et le mode de culture de la betterave. Il nous reste, pour compléter l’étude de cette racine, à décrire quelques nouveaux procédés employés pour en extraire le jus.
Pendant longtemps le lavage méthodique de la betterave, opéré dans le but d’en retirer le suc, n’a pas donné de résultats satisfaisants. Mais, dans ces dernières années, on est parvenu , en combinant l’ancien procédé des presses , avec le système de lévigation, à retirer de cette racine une proportion de jus plus considérable que celle obtenue par la compression seule.
Deux appareils ont été proposés pour opérer cette extraction : le premier est dû à M. Glaëz; le second, à M. Schützembach.
Appareil «le M. ciaëz. — La pulpe est introduite, au sortir des râpes , dans des vases dont la partie inférieure, fermée par une toile métallique , permet l’écoulement du jus. Ces vases sont suspendus dix par dix à des tringles fixées horizontalement, par leurs extrémités, aux anneaux de deux chaînes sans fin verticales, s’enroulant sur des poulies animées d’un mouvement de rotation lent et uniforme. Un filet d’eau , arrivant d’une certaine hauteur, tombe dans les vases de la première rangée, épuise la pulpe qui s’y trouve, passe dans les vases de la deuxième rangée, dont il enlève partiellement la matière sucrée, puis dans ceux de la troisième rangée, et ainsi de suite; de façon qu’en sortant de la dernière, il se trouve presque aussi chargé de sucre que le jus naturel. Par suite du mouvement de la chaîne, les vases de la deuxième rangée prennent la place de ceux de la première, puis sont remplacés par ceux delà troisième, et ainsi de suite. À mesure que la pulpe des diverses rangées est épuisée, on la mêle avec de la betterave nouvellement râpée, à laquelle elle fournit une certaine quantité d’eau. Le mélange des deux pulpes est comprimé sous la presse, où il donne un jus presque aussi riche en matière sucrée que celui qu’on obtiendrait avec des betteraves non lavées.
En résumé, dans l’appareil de M. Claëz, la pins grande partie de la pulpe est épuisée par l’eau; et le mélange, que bon fait en dernier lieu, de la pulpe épuisée par le lavage avec celle qui ne l'a été que par la compression, n’a d’autre but que de diminuer la quantité d’eau que contient la première de ces pulpes , et de la rendre propre ainsi à la nourriture des bestiaux.
Apparcia «le M. Schützembach. — L’appareil de M. Schützembach présente une certaine analogie avec celui que l’on emploie pour épuiser,
ETUDE DES PRINCIPALES RACINES. 375
au moyen d’un lavage méthodique, les soudes ou les matériaux salpêtres. 11 se compose de douze vases étagés de 1000 litres environ de capacité, et qui déversent leur contenu de la partie inférieure de l’un dans la partie supérieure de l’autre au moyen d’un tube en S. Un robinet, placé au bas de ce tube, permet d’interrompre l’écoulement; et un second robinet, adapté au fond du vase, en laisse vider à volonté tout le liquide dans le réservoir à jus. À une certaine distance du fond de chaque vase, se trouve un clayonnage en toile métallique destiné à supporter la pulpe. Le centre de ce clayonnage est disposé de façon à laisser passer une tige de fer dirigée suivant l’axe du vase et pouvant être animée d’un mouvement de rotation. Une barre transversale, garnie de dents montantes, et fixée à cet axe au niveau du clayonnage, remue en tournant la pulpe de betterave, ce qui facilite sou contact avec l’eau. Entre les dents de celte barre transversale s’insèrent les dents d’une autre barre placée au niveau supérieur de la couche de pulpe, et destinée également à renouveler le plus possible le contact des surfaces. Cette seconde barre est mise en mouvement par le même axe. Elle est surmontée d’un couvercle percé comme une écumoire et qui empêche la pulpe de s’élever au-dessus des dents. Deux brosses de chiendent, fixées transversalement au meme axe, et tournant avec lui, passent, l’une au-dessus, l’autre au-dessous des faux-fonds, détruisent la mousse et dégagent les ouvertures. En un mot, chaque vase est muni de deux faux fonds immobiles, de deux brosses et de deux râteaux tournants.
Pour procéder à répuisement, après avoir placé 300 kilogrammes de pulpe entre les deux faux fonds, on fait arriver de l’eau jusqu’aux deux tiers du premier vase, et l’on met l’axe en mouvement. Au bout d’un certain temps, le robinet du tube en S est ouvert, le liquide s’écoule dans le deuxième vase , épuise ia pulpe qui s’y trouve, et passe dans le troisième, où il opère le même épuisement, et ainsi de suite jusqu’au huitième. Le liquide est alors presque aussi chargé de sucre que le jus naturel; on en fait écouler 330 litres dans la chaudière à défécation, tandis que le reste est versé sur le neuvième vase rempli de pulpe nouvelle.
La pulpe du premier vase est retirée, soumise à l’action de la presse, et portée aux silos, jusqu’au moment où les bestiaux la consommeront.
On fait arriver dans le deuxième vase de l’eau, qui passe ensuite dans le troisième , et successivement jusque dans le neuvième. Dès que le neuvième vase est rempli , on enlève la pulpe épuisée du deuxième, pour la porter aux presses ; 330 litres de jus sont soutirés du neuvième vase et versés dans les cuves a défécation, tandis que l’excès de ce jus se rend dans le dixième vase.
En opérant ainsi, les quatre premiers vases sont vides lorsque le jus arrive dans le douzième. A ce moment, le liquide ne se trouvant plus assez concentré pour être traité dans la cuve à défécation,
on l’élève an moyen d’une pompe jusqu’au premier vase , qui a été rempli de pulpe nouvelle, et l’opération recommence comme la première fois.
Ce nouveau lévigateur présente, sur tous ceux qui l’ont précédé, l’avantage d’épuiser uniformément la pulpe et de faire éviter les pertes causées par les fermentations lactique et visqueuse. Les fabricants qui l’ont introduit dans leurs sucreries l’emploient avec grand avantage.
Procédé de m. Tîiioy. — M. Tilloy place les betteraves dans des sacs de toile, les soumet à l’action de la presse , plonge ensuite les sacs dans une eau chargée de tannin, les comprime de nouveau, et se sert du jus qui en sort pour immerger d’autres sacs. 11 obtient ainsi :
Pour la première pression 78 de jus.
Pour la deuxième pression 10
Pour la troisième pression 7
En tout, pour 100 de betteraves 95 de jus.
Nouveau mode de traitement du jus de betterave , par M. Rousseau.
On se rappelle que pour éviter l’altération du sucre il faut additionner le jus qui sort de la presse d’une petite quantité de chaux et le porter ensuite, aussi promptement que possible, à la température de 95°. Alors les acides se précipitent à l’état de sels de chaux, et l’albumine, qui aurait pu agir comme ferment, devient inactive. Le petit excès de chaux employé dans cette opération forme avec le sucre du sucrate de chaux, qui est éliminé pendant les divers traitements que subit le sucre avant d’être livré au commerce.
En remarquant la fixité du sucrate de chaux, M. Kulhmann eut l’idée de se servir d’un excès de chaux dans l’opération précédente et de soumettre ensuite le sucrate de chaux à l’évaporation par les procédés ordinaires. Ce chimiste espérait ainsi éviter les pertes qui ont lieu pendant la concentration, et supprimer en outre l’emploi du noir animal. Le sucrate de chaux, décomposé par un acide, devait fournir du sucre pur et d’une grande blancheur. Mais les essais opérés dans l’industrie ne donnèrent pas de résultats satisfaisants, et le procédé de M. Kullnnann fut abandonné.
Dans ces dernières années, M. Rousseau a repris les expériences de M. Kulhmann, et il est parvenu à déterminer les conditions favorables au traitement du jus de betterave par la chaux.
Voici comment ce traitement est conduit daus un certain nombre d’usines :
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES
Le jus, extrait des betteraves par les moyens ordinaires, est additionné de 2,5 pour 100 de chaux éteinte et mise en suspension dans une petite quantité d’eau. On porte le mélange à la température de 95°, puis on le fait écouler dans une caisse dont le fond, d’étoffe pelucheuse, est chargé de noir animal. Le sirop limpide qui filtre est reçu dans une chaudière à double fond échauffée par la vapeur, et dans laquelle doit s’opérer l’élimination de la chaux par de l’acide carbonique.
Dans ce but, un mélange de coke et de charbon de bois enflammé est placé sur la grille d’un four clos, et maintenu en combustion par l’air qu’une pompe lance continuellement sur le foyer. L’azote et l’acide carbonique produit sortent par un tube de fonte, traversent un flacon laveur où se déposent la cendre entraînée et les vapeurs condensables , puis se rendent dans la chaudière remplie de sucrate de chaux. La décomposition s’opère rapidement ; il se précipite du carbonate de chaux, et le sucre, mis en liberté, reste dans la liqueur. La mousse qui se forme au commencement de l’opération diminue peu à peu et finit par disparaître complètement. On porte alors la masse à l’ébullition pour chasser l’excès d’acide carbonique, puis on la filtre sur du noir animal.
Le sirop filtré est évaporé jusqu’à ce qu’il marque 31°, passé encore une fois sur le noir animal, et soumis enfin à la cuite.
Le sucre obtenu est blanc, plus abondant et d’une saveur plus agréable que celui qui a été fabriqué par la méthode ordinaire. En outre, la quantité de noir animal employée pour le clarifier est réduite à 0,2 de ce qu’elle est dans l’ancien procédé. Enfin les incrustations calcaires des appareils se trouvent totalement évitées.
Procédé de M. Du brun faut pour extraire le sucre des mélasses.
Dans ces derniers temps, M. Dubrunfaut a trouvé le moyen d’extraire du sucre cristallisable des mélasses brunes et impures, dont la plupart des fabricants ne trouvent l’emploi que dans les distilleries où l’on prépare l’alcool. Voici par quel procédé cet habile industriel arrive à ce résultat.
La mélasse est additionnée d’un excès de sulfure de baryum dissous et de soude : il se produit du sulfure de sodium et du sucrate de baryte qui se précipite, parce qu’il est insoluble dans le sulfure de baryum en excès. Ce sucrate de baryte est recueilli sur un filtre, lavé, comprimé et décomposé par l’acide sulfureux, qui met le sucre en liberté. La liqueur filtrée, soumise à l’évaporation, donne du sucre presque pur qu’on raffine par les procédés ordinaires.
Le précipité de sulfite de baryte, débarrassé par des lavages du sucre
CHIMIE VEGETALE.
qu’il renferme, est converti en sulfure de baryum, qui sert à produire de nouveau sucrate de baryte.
Cette méthode a été appliquée dans plusieurs usines, où elle a donné des bons résultats.
M. Dubrunfaut l’a simplifiée en remplaçant le sulfure de baryum par la baryte hydratée, et en décomposant ensuite le sucrate de baryte par l’acide carbonique. Toutefois l’extraction du sucre des mélasses a été abandonnée depuis que le sucre ainsi obtenu a été taxé comme celui qui provient directement du jus de betterave.
Nous indiquons , en terminant l’étude de la betterave et des produits qu’on en extrait, les quantités de sucre trouvées dans cette racine.
Tableau de la quantité de sucre contenue dans 100 parties de betterave.
Betterave blanche de Botrdues. 5,8
Betterave blanche de Bondues. 6,2
Betterave blanche de Bondues. 6.3
Betterave blanche de Bondues. . 7,2
Betterave blanche de Bondues 7,2
Betterave blanche de Bondues. 7,5
Betterave blanche de Bondues, 8,0
Betterave blanche de Bondues. ................ 8,0
Betterave blanche de Bondues. 8,3
Betterave blanche de Bondues 8,5
Betterave blanche de Bondues. 9,0
Betterave blanche de Bondues. 9,2
Betterave rose 9,8
Betterave rose de Bondues 9,8
Betterave blanche de Famars , près Valenciennes 7,2
Betterave rouge (même champ) . 6,6
Betterave blanche à peau rose (même champ) 9,2
Betterave rose de Famars. 9,8
Betterave blanche de Famars 8.5
Betterave jaune, dite de Castelnaudary, de Famars. ..... 9,0
Betterave rouge de Famars 9,0
Betterave petite graine de deux ans 0,0
Betterave rose montée de un an . . 7,5
Betterave blanche des environs de Dunkerque 8,2
Betterave à peau rose des environs de Dunkerque 9,5
Betterave blanche de la fabrique de M. Crespel , à Arras . . 9,5
Betterave à peau rose de la fabrique de M. Crespel, à Arras. 10,0
(Peloüzë.)
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES
Betterave blanche de Silésie
Betterave de Sibérie
(M, Hermann.)
CARYOPEmUÉES.
SAPONARIA officiivalïs ( Saponaire ).
La saponaire possède une racine jaunâtre couverte d’un épiderme gris. Cette racine a une saveur qui paraît douce d’abord et ensuite d’une âcreté insupportable. Elle est composée, en centièmes, de :
Résine 0,25
Saponine impure 34,00
Gomme . 33,00
Fibre ligneuse 22,25
Extrait 0,25
Eau 13,00