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DÉSIGNATION DES BOIS

ÉLÉMENTS

Carbone.

Hydrogène.

Cendres.

/ Hêtre ....

BOIS

\ Chêne. . . .

du

< Bouleau. . .

: tronc.

j Tremble. . .

V Saule . . . .

f Hêtre ....

BOIS

i Chêne. . . .

de

< Bouleau . . .

branchages.

) Tremble. . .

* Saule ....

(M. Régnault.)

Le bois vert contient environ 40 pour 100 d’eau : il en perd 25 pour 100 à 10°.

Lorsqu’on traite successivement le bois par les réactifs, on en extrait les divers principes qui le constituent.

Le Morus tinctoria et le bois de gaïac, soumis à ce traitement, ont cédé aux dissolvants les quantités suivantes de principes immédiats.

Bois jaune ( Morus tinctoria).

Ligneux 74,0

Matière colorante contenant de l’acide gallique 9,1

Tannin 4,0

Gomme 2,0

Lésine 9,0

( Georges.)

Gaïac (Gaiacum officinale).

Lésine 26,00

Extrait amer 0,80

Matière colorante jaune 1,00

Extrait mucilagineux avec sulfate de chaux 2,80

Ligneux 64,40

(M. Guicoürt.)

Le bois ayant une composition variable, comme le montrent les expériences précédentes, scs propriétés, et par suite ses usages, doivent nécessairement changer avec son espèce.

En effet, les bois peuvent être divisés en cinq classes distinctes, auxquelles correspondent cinq genres différents d’application :

1° Bois blancs ou légers,

2° Bois durs ou lourds,

3° Bois de travail.

4° Bois colorants ,

5° Bois résineux et odorants.

|. Bois blancs. — Parmi les bois blancs, le peuplier est employé, à cause de sa légèreté, pour fabriquer les objets d’emballage, les tonneaux, les voliges des toitures. Le bouleau , dont le tissu est plus compacte, sert à confectionner des boîtes, des tabatières, etc., et, en général, des objets capables de résister à l’humidité. Son écorce donne par la distillation une matière goudronneuse qui, mélangée avec du jaune d’œuf, peut, en étant appliquée sur diverses peaux animales, leur communiquer l’odeur et les qualités du cuir de Bussie. Il existe en outre dans le bouleau une matière résineuse dont nous avons déjà parlé, la bétuline , qui s’oppose à la décomposition du bois. L’aune, le bourdaine , le tilleul , le fusain , ser-

ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES. 415

vent à préparer un charbon très combustible, qui entre dans la composition des poudres.

La sciure de bois blanc peut se convertir en glucose sous l’influence des acides.

Bois durs. — Les bois durs sont utilisés dans le chauffage, la menuiserie et les constructions. Nous citerons principalement le chêne , dont on se sert pour alimenter les foyers, dans les constructions, la fabrication des meubles, la teinture, le tannage, et qui fournit en outre le liège.

Bois de travail. — Les bois de travail sont ordinairement très durs ; ils rentrent donc, jusqu’à un certain point, dans la classe précédente. On fait principalement usage du charme , du hêtre , du noyer , du frêne , du châtaignier et du merisier dans l’ébénisterie. Y! orme est employé dans le charronnage, et l’ érable, pour confectionner les instruments de musique. L 'acacia, que sa dureté, sa croissance rapide et son prix modique ont classé en première ligne parmi les bois de travail, sert à fabriquer certaines pièces mécaniques soumises à un frottement considérable, les bobines des filatures, les pavés de bois, et les traverses des voies ferrées.

Le cormier est employé dans la confection de certains outils et des roues d’engrenage.

Bois colorants. — Le campôcbe ( llematoxylum campée hianum), le santal ( Pterocarpus santalinum ), le bois jaune (il foras tinctoria ), le fustet et le quercitron , fournissent une partie des matières colorantes employées dans la teinture.

Bois résineux. — -Les bois résineux, tels que le pin, le sapin, le mélèze , le cèdre, qui sont peu altérables à l’air, s’emploient dans les constructions exposées à l'humidité.

Ils fournissent en outre la térébenthine, dont on extrait l’essence de ce nom, et qui sert à préparer la poix.

Les colonies produisent certains bois odorants, tels que le bois de rose , (Convolvulus scoparia), le Cedrela odorat a, YAmyris balsamifera , avec lesquels on fabrique des meubles de luxe.

Nous allons maintenant examiner les bois les plus connus.

UILTICÉES.

bois jaune ( Morus tinctoria ).

Le bois jaune provient d’un mûrier particulier, le Morus tinctoria , qui se rencontre au Brésil et dans les Antilles.

Ce bois renferme souvent des cristaux jaunes ou couleur de chair, dont

la dissolution est employée en teinture pour obtenir de belles teintes jaunes.

Le principe colorant du Morus tinctoria a été étudié par M. Chevreul, qui l’a nommé morin. Ce chimiste, l’ayant obtenu sous trois modifications différentes, a désigné chacune de ces modifications sous les noms suivants :

Morin blanc ou incolore,

Morin j aune ,

Morin rouge.

D’après M. Wagner, la matière cristalline du bois jaune se compose de deux acides différents, Y acicle morique et Y acide morintannique .

Les propriétés de l’acide morintannique ont été étudiées (tome IV, p. 316). Nous examinerons maintenant l’acide morique.

ACIDE MORIQUE. C36tl13017,3H0.

L 'acide morique , ou morin blâme , est cristallin, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther. Il se colore lentement en jaune au contact de l’air. Les acides faibles le dissolvent sans se colorer. L’acide azotique fumant le transforme en acide oxypicrique. L’acide sulfurique concentré le dissout en prenant une teinte jaune ; la solution, soumise à l’action de la chaleur, dégage de l’acide sulfureux et de l’acide phénique.

Les alcalis et les carbonates alcalins dissolvent l’acide morique en se colorant en jaune.

Quand on verse du perchlorure de fer dans une dissolution d’acide morique, la liqueur prend une coloration brune ou d’un vert noirâtre.

La dissolution aqueuse d’acide morique réduit, à chaud et en présence de la potasse, le sulfate ou l’acétate de cuivre ; il se forme un précipité de protoxyde de cuivre anhydre. L’azotate d’argent, additionné d’ammoniaque, donne de l’argent métallique, sous l’influence des dissolutions bouillantes d’acide morique.

Les morates de chaux et de baryte ont été obtenus à l’état cristallin.

Pour extraire l’acide morique du bois jaune, il faut étendre de dix fois son volume d’eau un extrait alcoolique bouillant de ce bois; il se précipite du morate de chaux, qu’on recueille sur un filtre, et qu’on dissout ensuite à chaud dans l’alcool. La solution est additionnée d’acide oxalique, filtrée à chaud pour séparer l’oxalate de chaux, et mélangée avec une certaine quantité d’eau qui précipite l’acide morique. On purifie cet acide en le dissolvant à plusieurs reprises par l’alcool et en le précipitant ensuite par l’eau. (M. Wagner.)

ETUDE DES PRINCIPALES TICES

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FUSTET ( Jllius cotinus).

Les parties ligueuses du llhus cotinus , arbrisseau cultivé en Provence, renferment une substance cristallisable de couleur jaune, qui est employée en teinture.

Cette substance, que l’on a nommée fustine , est d’un jaune orangé ; elle se dissout dans l’eau, l’alcool et l’éther. Les dissolutions de fustine se colorent en rouge sous l’influence des alcalis ou des terres alcalines; elles prennent une teinte d’un vert-olive en présence du sulfate de protoxyde de fer, et précipitent en jaune les acétates de plomb et de cuivre.

On obtient la fustine pure en ajoutant une petite quantité de gélatine dans une décoction de fustet. Le tannin se précipite, tandis que la matière colorante reste dissoute. La liqueur, étant évaporée à sec, laisse un résidu d’un jaune verdâtre, qui est repris par l’éther, puis séparé de ce dissolvant par distillation. On le traite alors par de l’eau tenant en suspension de l’oxyde de plomb; il se forme une laque qui, décomposée par l’acide sulfhydrique, donne la fustine pure.

bois de campêche ( Hematoxylum campechianum).

Le bois de Campêche est rougeâtre à l’extérieur, jaunâtre à l’intérieur ; très dense, d’une odeur douce, qui ressemble à celle de la violette. Il renferme :

Une essence,

Une matière colorante ( hématoxylinc ),

Une substance azotée,

De la résine,

De l’acide acétique,

Du chlorure de potassium,

Des acétates de potasse et de chaux,

Du sulfate de potasse,

De l’oxalate de chaux,

De l’alumine,

De l’oxyde de fer,

De l’oxyde de manganèse. (M. Chevreul.)

L’hématoxyline a été découverte par M. Chevreul, et étudiée avec soin parM. Erdmann. Les propriétés de cette matière colorante ont été décrites (tome Y, p. 526).

1 kilogramme d’extrait de campêche contient environ 125 grammes d’hématoxyline pure.

Dans le commerce, on trouve le bois de Campêche en poudre ou plus

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souvent en morceaux, parce que, sous ce dernier état, l’extraction de la matière colorante est plus facile.

L’eau n’enlève qu’avec difficulté l’hématoxylineau bois de Campêche : un gramme de ce bois réduit en poudre exige, pour être épuisé, environ deux litres d’eau bouillante, et la liqueur, soumise à l’évaporation, ne donne que 0sr,25 à 0?r,30 d’extrait coloré. (M. Chevreul).

Le commerce livre des extraits de campêche qui ont été préparés en faisant agir simultanément la vapeur et l’eau sur le bois colorant réduit en poudre. L’eau chargée d’hématoxyline est ensuite évaporée à sec, ou bien à consistance sirupeuse : le résidu de cette évaporation constitue l’extrait.

La poudre de campêche destinée à la teinture est parfois soumise à un traitement qui a pour but d’augmenter son pouvoir colorant, tout en diminuant la quantité de matières qui accompagnent l’hématoxyline et qui altèrent souvent la blancheur des parties réservées du tissu.

Une couche de campêche, de plusieurs centimètres d’épaisseur, est étendue sur les dalles d’une chambre dans laquelle on peut facilement établir un courant d’air. Cette poudre est humectée d’eau avec un arrosoir, puis recouverte d’une nouvelle couche de campêche pulvérisé, qu’on mouille de la même manière, avant de placer une troisième couche. La superposition du bois colorant est continuée ainsi jusqu’à ce que l’on atteigne la hauteur de 1 m , 5 0 , moment où la masse est abandonnée à elle-même. La température s’élève rapidement, la fermentation commence et détruit les matières autres que l’hématoxyline. Si l’on ne prenait soin alors d’établir un courant d’air dans la chambre et de déplacer de temps en temps le campêche pour éviter une trop forte élévation de température, la matière colorante se décomposerait inévitablement. Quand la température a été bien ménagée, le bois est, au bout de trois ou quatre semaines, d’un beau rouge de sang ; et malgré toute l’eau qu’il renferme, son rendement en matière colorante est égal aux 5 huitièmes de celui du bois non traité.

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