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X.AURIKTÉES

laurus cinnamomum ( Laurier~Cannellier ).

La cannelle est l’écorce intérieure des jeunes pousses et des branches du laurier-cannellier.

On trouve dans le commerce cinq espèces de cannelles :

La cannelle de Cexylan ,

La cannelle de Chine ,

La cannelle de Sumatra ,

La cannelle de Cayenne ,

La cannelle mate.

La cannelle de Ceylan est rougeâtre à l’intérieur, d’un brun grisâtre à l’extérieur, d’une saveur chaude et aromatique, d’une odeur agréable. Elle renferme :

Une essence,

I)u tannin,

Une matière colorante,

De l’amidon,

De l’acide einnamique.

Lorsqu’on la distille avec de l’eau, il passe dans le récipient une essence formée d’un hydrure particulier, Yhydrure de cinnamyle (voy. tome Y, p. 200), et d’un carbure d’hydrogène peu connu.

L’essence de cannelle, abandonnée à elle-même, laisse déposer deux résines, qui présentent en centièmes la composition suivante :

Carbone. ..........

Oxygène

( M. Mulder.)

La cannelle de Chine est d’un rouge brun. Elle contient plus d’essence que la précédente ; mais l’odeur de cette essence est moins agréable.

Quand on abandonne la cannelle de Chine à elle-même, elle se convertit partiellement en un corps cristallisable, nommé benzhydrol .

Le benzhydrol est incolore, inodore, fusible à une basse température ; il se décompose par la distillation et donne une huile volatile qui con-

tient :

Carbone 75,35

Hydrogène 6,86

Oxygène 17,79

ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES

L'acide azotique bouillant transforme le benzhydrol en un corps analogue à l’acide nitrobenzoïque. L’acide sulfurique le dissout en prenant une teinte jaune; la liqueur, étendue d’eau, dépose le benzhydrol non altéré.

Le benzhydrol, distillé en présence de la potasse, donne une huile d’une odeur d’amande douce, et qui présente la composition suivante :

Carbone ...... ............ 69,66

Hydrogène 6,05

Oxygène 24,29

(MM. Rochleder et Hlasiwetz. )

La cannelle de Sumatra participe à la fois des propriétés de la cannelle de Ceylan et de celle de Chine.

Le cannellier de Ceylan fournit encore une cannelle mate d’un jaune foncé à l’extérieur, d’un jaune pâle à l’intérieur, d’une saveur agréable, mais très faible. On la désigne sous le nom de cannelle mate.

La cannelle de Cayenne , de première qualité, est de couleur blonde; son odeur et sa saveur se rapprochent beaucoup de celles de la cannelle de Ceylan. Il existe une seconde sorte de cannelle de Cayenne moins estimée que la précédente ; on la rencontre dans le commerce en morceaux mal roulés, rougeâtres et fibreux. Sa saveur est poivrée.

L’écorce qui porte le nom de cannelle giroflée provient du bois de girofle , bois de crabe. Elle est d’un brun clair, d’une texture compacte, d’une saveur piquante. On l’a trouvée composée, en centièmes, de :

Huile volatile 0,8

Résine 4,0

Extrait gommeux . . . £ . . 14,6

Fibre ligneuse 64,8

( Bucholz.)

Pour obtenir la cannelle, on enlève l’épiderme des jeunes branches du Laurus cinnamomum; l’écorce ne tarde pas alors à se fendiller, et à tomber sur le sol. On en recueille les fragments pour les faire sécher au soleil, après les avoir emboîtés les uns dans les autres.

LAURUS SASSAFRAS.

L’écorce de Laurus sassafras est brune, rugueuse, friable, amère et d’une odeur aromatique; elle contient :

â28 CHIMIE VÉGÉTALE.

Essence pesante

Essence légère > 0,8

Matière camphrée )

Matière grasse cristallisable 0,8

Cire et résine 5,0

Substance particulière (.s assafride) 9,2

Tannin 5,8

Albumine 0,6

Sassafricle , tannin et gomme, sels, matière colorante

rouge 9,8

Fécule souillée de tannin et de sels 3Zi,3

Ligneux 2Zi,7

Eau 9,0

(M. Reinsch.)

L’essence de sassafras a été étudiée précédemment ; nous ajouterons ici quelques nouveaux détails sur ses propriétés : les acides azotique et sulfurique concentrés réagissent vivement sur cette essence, l’enflamment quelquefois et donnent naissance à des produits résineux. L’action prolongée du gaz acide sulfureux transforme partiellement l’essence de sassafras en une huile qui bout à 235°, et qui a pour formule C10IUO3. Le perchlorure de phosphore attaque vivement cette essence et produit un corps huileux ayant pour formule C20HC190L (M. Saint-Èvre.)

THYMÉUEACÉES.

daphne mezereuüi ( Bois gentil).

La substance connue dans le commerce sous le nom de garou est l’écorce du bois gentil ; on y trouve :

De la cire,

Une résine âcre,

Des matières extractives et colorantes,

De l’acide malique,

Une base particulière (la daphnine ),

Des malates de potasse, de chaux et de magnésie,

De l’alumine,

De l’oxyde de fer,

De la silice.

La substance résineuse extraite du garou est d’un vert foncé ; elle renferme une huile vésicante d’un jaune d’or, qui paraît être phosphorée, car elle donne de l’acide phosphorique lorsqu’on l’incinère en présence de l’azotate de potasse.

La daphnine est cristallisable, peu soluble dans l’eau, plus soluble

ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES. /|29

dans l’alcool et l’éther. On l’obtient en distillant avec de la magnésie un extrait aqueux de garou.

D’après Yauquelin, la daphnine se trouve également dans l’écorce du Daphné alpina. Elle y existe même en quantité plus considérable que dans le Daphné mezereum.

MAGBIOÏ.SACÉES.

CANNELLA alba ( Cannellicr blanc).

La cannelle blanche ou fausse écorce de Winter a été analysée successivement par M. Henri et MM. Pétroz et Robinet. Elle renferme :

Une essence,

Une résine aromatique,

Une substance sucrée,

Un principe amer,

De la gomme,

De l’amidon,

De l’albumine végétale,

Divers sels de chaux et de potasse.

Du ligneux.

Le principe sucré présente de l’analogie avec la mannite. Il est cristal lisable, soluble dans l’eau, dans l’alcool étendu. L’acide azotique le convertit à l’ébullition en acide oxalique. Il brûle en répandant une odeur aromatique particulière.

Le principe amer est brun, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool anhydre.

L’essence que renferme la cannelle blanche est jaunâtre, d’une odeur forte et d’une saveur aromatique. Elle laisse déposer spontanément un stéaroptène cristallisé. (Cartheuser. )

On emploie en Amérique la fausse écorce de Winter comme stomachique. Elle entre dans la préparation du vin diurétique amer,

Bïffî AB.OUBÉES .

Quassia SM1AREBA ( Simarouba ).

L’écorce du Quassia simaruba contient :

Une huile volatile,

Une résine,

Divers sels minéraux et organiques à base de potasse, de soude et de chaux,

Du ligneux,

Une substance amère (la quassme).

/l 3 0 CHIMIE VÉGÉTALE.

La quassine a été étudiée (tome IV, p. 646). Elle existe non-seulement j dans le simarouba, mais encore dans le bois de Surinam (Quassia arnara). Pour l’en extraire, on fait digérer avec de la chaux éteinte un extrait aqueux de bois de Surinam. La liqueur qui surnage est ensuite soumise à l’évaporation. On reprend le résidu par de l’alcool à 90°, et l’on concentre la dissolution. Il se dépose alors une matière cristalline jaune, de laquelle l’alcool absolu sépare facilement la quassine. On additionne la liqueur alcoolique d’une certaine quantité d’éther, puis on la verse dans l’eau. La quassine se dépose à l’état cristallin.

XARTTMOXITIiÉES.

XANTHOXYLUM CLAVA HERGULIS ( Clavalier jaune ) .

Le clavalier jaune , ou bois des Caraïbes , donne une écorce dans laquelle MM. Chevallier et Pelletier ont découvert une substance cristallisable, la Xanthopicrite , que nous avons étudiée précédemment (t. IV, p. 647).

Pour obtenir la xanthopicrite, on épuise la racine de clavalier par l’alcool bouillant , puis on évapore à sec l’extrait alcoolique. Le résidu est traité successivement par l’eau froide et l’éther. On le dissout ensuite dans l’alcool, qui laisse déposer des cristaux de xanthopicrite par l’évaporation .

HIPPOCASTANÉES.

Æ8CULGS HIPPOCASTANUM ( Marronnier d’Inde ).

Le marronnier d’Inde a une écorce noirâtre. Elle a été analysée par Pelletier et Caventou, qui l’ont trouvée composée de :

Huile grasse verdâtre,

Résine d’un rouge brun,

Matière jaune amère,

Matière rouge,

Tannin,

Ligneux.

Des travaux plus récents ont fait découvrir dans l’écorce du marronnier d’Inde une substance cristallisable, qui a reçu le nom d ’esculine. Les principaux caractères de l’esculine ont été indiqués (t. IV, p. 633).

SAPOTACÉES.

CHRYSOPHYLLUM GLYCYPHLÆUM.

La monésia , écorce de cet arbre, présente des propriétés fébrifuges. Elle renferme :

ETUDE DES PRINCIPALES TIGES. â31

Principe aromatique , stéarine, chlorophylle, cire. . . 1,2

Glycyrrhizine ..................... 1,4

Matière particulière (monésine ). . 4,7

Tannin 7,5

Matière colorante rouge 9,2

Gomme indéterm.

Acide pectique \

Ligneux 71,7

Silice , oxydes de fer et de manganèse )

Phosphates de chaux , de magnésie , sulfate de potasse,

chlorure de potassium , malate de potasse. 3,0

Acide malique, malate de chaux 1,3

MM. Bernard, Derosne , Henry et Payen.)

Nous donnons ici la composition de l’écorce de Burcmhem. On remarquera qu’elle est presque identique avec celle de la monésia; les arbres qui fournissent ces écorces appartiennent d’ailleurs tous deux à la famille des Sapotacées.

Matière grasse, cire, chlorophylle 1,2

Glycyrrhizine 1,4

Matière analogue à la saponine ............ 4,7

Tannin 7,5

Matière colorante rouge 9,2

Bimalate de chaux 1,3

Sels de potasse, de chaux, silice. ........... 3,0

Pectine et ligneux 71,7

(MM. Payen et Henry.)

LOGABJIACÉES.

CUSPARIA febrifuga ( Angusture vraie).

L’écorce d’angusture est rougeâtre ou d’un jaune fauve à l’intérieur, et d’un gris jaunâtre à l’extérieur. Sa texture est compacte, son odeur désagréable, sa saveur amère et piquante. Cette écorce se trouve dans le commerce en morceaux de 0m,20 de longueur, et de 0m,40 à Um,50 de largeur.

CHIMIE VEGETALE.

Ll?>2

D’après l’analyse de Fischer, elle contient :

Huile volatile âcre 0,3

Résine dure 1,7

Résine molle 1,9

Caoutchouc 0,2

Principe amer 3,7

Comme 5,1

Ligneux ....... . » 89,1

Le corps désigné par Fischer sous le nom de principe amer est d'un jaune brunâtre ; il précipite les sels de fer, le protochlorure d’étain, l’acétate de plomb, l’azotate de protoxyde de mercure et le tannin.

i¥. Saladin a extrait de l’écorce d’angusture vraie une base cristallisable à laquelle il a donné le nom de cusparine.

La cusparine est incolore, fusible à â5°, et décomposable par l’action d’une chaleur de 133°. Elle se dissout dans 8,7 parties d’eau bouillante et dans 3,3 parties d’alcool froid. Elle est insoluble dans l’éther et dans les essences.

Les acides étendus dissolvent la cusparine et la laissent déposer par la concentration. L’acide azotique colore cette substance en jaune verdâtre ; l’acide sulfurique lui lait prendre une teinte brune ; l’azotate de protoxyde de mercure, une teinte d’un beau rouge pourpre.

Pour obtenir la cusparine, il faut traiter par l’alcool l’écorce d’angusture vraie, évaporer la liqueur jusqu’à siccité, et purifier le résidu par pl usieu rs cri stal lisation s .

ÂFÔCYNEES.

STRYCHïVOS mjx vomira ( Fausse angusture).

L’écorce de fausse angusture est rougeâtre à l’extérieur, ou bien d’un brun jaunâtre et inarquée alors de points noirs et blancs. Sa cassure est résineuse, sa saveur amère et son odeur extrêmement faible.

Eette écorce renferme :

Une matière grasse,

Une substance colorante jaune,

De la gomme,

Du sucre,

Du ligneux,

Une base organique (< brucine ).

ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES

Les propriétés de la brucine ont été décrites (t. IV, p. /* 1 4) . Voici comment on peut extraire cet alcaloïde de l’écorce de fausse augusture. Après avoir épuisé l’écorce par l’alcool, on soumet l’extrait alcoolique à l’évaporation, puis on reprend le résidu par de l’eau. La liqueur fdtrée est additionnée d’acétate de plomb, jetée une seconde fois sur un filtre, et soumise enfin à l’action d’un courant d’hydrogène sulfuré ; il se précipite du sulfure de plomb, tandis que la brucine reste à l’état d’acétate dans la liqueur. En ajoutant alors de l’acide oxalique, il se produit de l’oxalate de brucine, qui cristallise par évaporation. Ce sel est lavé à l’alcool faible, puis décomposé à l’ébullition par un lait de magnésie : il abandonne la brucine pure.

RUBIACÉES.

CINCHONA ( Quinquina, ).

Les nombreuses variétés de quinquina que l’on trouve dans le commerce peuvent être classées en trois groupes distincts :

Quinquinas gris ,

Quinquinas jaunes ,

Quinquinas rouges.

Les quinquinas gris comprennent les écorces, peu fibreuses, d’une saveur astringente et amère, d’une odeur faiblement aromatique. Ils renferment :

Du quinate de cinchonine,

Une matière grasse,

Des matières colorantes jaunes et rouges,

Du quinate de chaux,

De la gomme,

De l’amidon,

Du ligneux,

Peu ou point de quinine.

Les quinquinas jaunes sont fibreux, plus amers et moins astringents que les quinquinas gris. Ils contiennent :

Du quinate de quinine,

Du rouge cinchonique,

Des matières colorantes rouges et jaunes,

Une matière grasse,

De l’amidon,

Du ligneux.

vu

kVx CHIMIE VÉGÉTALE.

On peut en extraire 1*2 à 16 pour 100 de cinchonine.

Les quinquinas rouges participent à la fois des propriétés des quin- : quinas gris et de celles des quinquinas jaunes. On y trouve :

Des quinates de cinchonine, de quinine et de chaux, du rouge cinchonique,

Une matière colorante jaune.

Du ligneux,

De l’amidon.

On rencontre en outre dans le commerce des écorces dont l’épiderme est blanc, uni, non fendillé et adhérent aux couches corticales.

Ces écorces, désignées sous le nom de quinquinas blancs, sont peu fébrifuges. Elles renferment une base nommée cinchovatine.

Le quinquina est fréquemment employé comme tonique et fébrifuge. On l’administre depuis la dose de 30 à âO centigrammes, jusqu’à celle de I 20 à 30 grammes. Son action sur l’économie varie avec son espèce. Nous donnons ici la liste des quinquinas les plus actifs.

1° Le quinquina calisaya ou jaune royal ( Cinchona calisaya ), qui renferme du quinate de chaux, de la quinine, et de petites quantités de ! cinchonine. Ce quinquina est presque le seul qui soit propre à la fabrication du sulfate de quinine.

2° Quinquina jaune orangé.

Cette écorce renferme plus de cinchonine que de quinine.

3° Quinquinas pitaya. 1 kilogramme de cette écorce a donné 23 grammes de cinchonine.

U° Quinquina rouge vrai , verruqueux. Ecorce d’un gris rougeâtre.

5° Quinquina rouge vrai non verruqueux.

6° Quinquina rouge de Lima.

7° Quinquina gris de Lima.

Les arbres du genre Cinchona végètent dans des forêts situées à une i grande hauteur, sous une température douce (19° à 25°), et dans un terrain pierreux. Le moment favorable à la récolte est celui où la face interne de l’écorce se colore au contact de l’air ; ce dont on s’assure en j détachant un petit fragment de cette écorce sur l’une des branches, et en l’abandonnant à lui-même pendant quelque temps. L’abatage des arbres commence deux jours avant la décortication, afin d’éviter que l’épiderme ne se détache. L'écorce du tronc et celle des branches sont enlevées à l’aide d’un couteau, placées ensuite sur des bandes de drap tendues, où elles se dessèchent sous l’influence des rayons solaires. 11 j est indispensable, pour empêcher la décomposition de 1 écorce, d’isoler chaque morceau sur le drap. Quand l’humidité est chassée, les bandes de quinquina, qui se sont roulées sur elles-mêmes, sont introduites dans des espèces d’enveloppes de peau de bœuf qui servent à les trans- 1 porter.

ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES

S@I»AMÉSS.

SOLANUM PSEUDOQUINA.

L’écorce du Solarium pseudoquina renferme :

Résine 2,00

Matière grasse. o,10

Principe amer 8,00

Gomme 3,16

Amidon indéterm.

Oxalate de chaux, malates de potasse, de chaux, de

magnésie, de manganèse et de fer 6,00

Ligneux 66,70

(Vauquelin.)

Cette écorce est employée au Brésil comme succédanée du quinquina.

Voici la liste de quelques écorces moins connues, et desquelles on a retiré des principes actifs :

NOMS DES ÉCORCES

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