LIÈGE
Propriétés. — Composition.
Le liège est une matière jaunâtre, élastique et poreuse, qui est formée de :
Huile odorante, acide acétique, acide gallique, gallate de fer, matière colorante, substance azotée, chaux. là, 25
Cérine et résine 15,75
Matière particulière (subérine ). ........... 70,00
(M. Chevreul.)
La subérine est blanche, compressible, inflammable; elle donne des produits huileux et ammoniacaux à la distillation. Elle se convertit partiellement en acide subérique sous l’influence de l’acide azotique. Le même acide se produit aussi, lorsqu’on traite le liège par l’acide azotique.
On obtient la subérine en épuisant le liège par l’alcool et l’éther.
Le liège traité par l’éther dans un appareil de déplacement a donné de belles aiguilles cristallines, blanches et soyeuses; la substance résineuse qui les constitue est formée de :
(M. Boüssingault.)
Carbone. .
Hydrogène Oxygène. .
Étal iialurel. — Extraction.
Le liège prend naissance sur plusieurs espèces d’arbres ; mais c’est du Quercus suber , chêne liège ou alcornoque qu’on le retire pour les besoins des arts.
Le Quercus suber se rencontre en Espagne et dans quelques départements du midi de la France. Les premiers déchirements de l’épiderme commencent quinze ans après la germination, et la couche subéreuse apparaît aux endroits lacérés. On pourrait commencer l’exploitation vers cette époque, mais la quantité de liège obtenue serait peu considérable. Ordinairement la décortication n’a lieu que sur des arbres âgés de quarante ans : une entaille est pratiquée à la hache dans toute la longueur du tronc, de manière à ne pas blesser la partie ligneuse ; deux autres entailles sont faites en travers aux extrémités de la première; puis, à l’aide de la hache, agissant comme levier, on soulève la section comprise entre les trois coupures.
Deux opérations de ce genre suffisent pour décortiquer complètement un tronc qui fournit deux plaques de liège pesant en moyenne 50 kilos. (M. .1. de Passa).
Avant d’être livré au commerce, le liège subit un traitement qui a le double résultat de le débarrasser de l’épidenne qui recouvre une de ces faces, et de lui communiquer une grande élasticité. Ce traitement consiste : 1° en une immersion prolongée dans l’eau froide, qui ramollit l’enveloppe épidermique, et permet de l’enlever facilement à l’aide d’une doloire tranchante; 2° en une ébullition avec l’eau, qui fait prendre au liège l’élasticité convenable.
EUFHORBIACÉES.
CROTON ELEUTERIA ( Cascaville ).
Voici les principales substances qu’on a trouvées dans l’écorce de cascarille :
De l’albumine, du tannin, une matière colorante rouge, une substance grasse, une essence d’une odeur agréable, de la cire, de la résine, une matière gommeuse, de l’amidon, de l’acide pectique, du ligneux, une matière cristallisable ( cascarilline ), un sel de chaux, du chlorure de potassium.
Les propriétés de la cascarilline ont été étudiées précédemment (t. IV, p. 651).
Cette substance s’obtient en ajoutant de l’acétate de plomb dans l’extrait aqueux d’écorce de cascarille, filtrant et précipitant l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré. La liqueur, évaporée à une douce eha-
ETUDE DES PRINCIPALES TIGES
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leur, laisse déposer une masse amorphe qui, lavée à l’alcool froid et traitée ensuite par l’alcool bouillant, cède la cascarilline à ce dissolvant. On purifie la cascarilline en la faisant cristalliser à plusieurs reprises, après l’avoir décolorée par le noir animal. (M. Duval.)
BUXUS SEMPERVIRENS ( Buis ).
L’écorce du buis est blanchâtre sur les tiges les plus fortes et verte sur les jeunes tiges. Elle renferme :
Chlorophylle 0,0
Matière d’un brun rougeâtre. 0,3
Cire l,Zi
Substance grasse azotée 1,1
Résine Zj,0
Matières extractives 1Z|,1
Une base particulière ( buxine ) à l’état de malate. . . 1,1
Gomme . /j,Zi
Ligneux ........................ 07,8
Cendres formées de :
Sulfate de potasse » . . .
Sulfate de chaux. i
Carbonate de chaux I
Carbonate de magnésie \ 5,2
Phosphate de chaux I
Oxyde de fer . ]
Silice ». /
(M. Fauré.)
La buxine est brune, transparente, amère, incristallisable, insoluble dans Peau, soluble dans l’alcool et en petite quantité dans l’éther. Elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides, et forme des sels parfaitement neutres, qui donnent des précipités blancs gélatineux avec les dissolutions de potasse, de soude ou d’ammoniaque. On obtient la buxine en décomposant à chaud, par un lait de magnésie, la matière provenant de l’évaporation d’un extrait aqueux d’écorce de buis. La buxine reste mélangée avec l’excès de magnésie employé. On l’en sépare à l’aide de l’alcool.