SOLANÉES
ATROPA BELLADONA (Belladone).
Les feuilles de belladone sont ovales et velues. Elles renferment :
Cire 0,70
Chlorophylle résinoïde 5,84
Substance azotée (atropine), sels 16,05
A reporter . . . 22,59
ETUDE DES PRINCIPALES FEUILLES
Report. . . 22,59
Matière azotée 6,90
Gomme 8,33
Amidon . 1,25
Albumine 10,70
Fibre végétale . 13,70
Sulfates, azotates, phosphates, acétates et oxalates à base de potasse, de soude, d’ammoniaque, de chaux
et de magnésie
Chlorure de potassium
Eau 25,08
Perte 3,98
(Brandes.)
On emploie en médecine les léuilles de belladone. Le principe actif de cette plante a été nommé atropine. Ses propriétés ont été décrites (tome IV, p. A55). Pour obtenir l’atropine, on soumet la belladone fraîche à l’action de la presse : le suc qui s’écoule est chauffé à 80° pour coaguler l’albumine ; on le filtre ensuite, puis on l’agite avec 30 grammes de chloroforme et à grammes de potasse caustique. L’atropine impure se dissout dans le chloroforme, qui prend une teinte verte. On chauffe la dissolution dans un appareil distillatoire ; le chloroforme passe dans le récipient, tandis que l’atropine reste dans la cornue. Cette substance est reprise par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique; on filtre la dissolution, puis on y verse du carbonate de potasse, qui précipite l’atropine, il suffit alors, pour purifier ce principe amer, de le faire cristalliser à plusieurs reprises dans l’alcool. (M. Rabourdin.)
NICOTIANA TABACUM {Tabac).
La culture de cette plante et ses propriétés ont déjà été décrites. Nous donnerons ici la composition de ses feuilles.
Eau. 88,080
Fibre ligneuse. ................... à, 969
Matière extractive faiblement amère. . 2,8â0
Gomme mêlée d’un peu de malate de chaux 1,1/tO
Substance analogue au gluten 1,0Z|8
Résine 0,261
Albumine végétale 0.260
Nicotine 0,060
Nicotianine 0,010
À reporter. . . . 98,668
Report . . . . 98,668
Acide malique 0,510
Malate d’ammoniaque 0,120
Sulfate de potasse o,048
Chlorure de potassium 0,063
Potasse 0,095
Phosphate de chaux 0,166
Chaux 0,242
(MM. Posselt et Reimann.)
La substance désignée dans cette analyse sous le nom de nicotine est un poison violent. Nous avons indiqué tome IY, page 423, les principaux caractères, les modes d’extraction et de dosage de ce principe immédiat.
HYOSCYAMUS NIGER ( Jusquiame noire).
Les feuilles de cette plante renferment une substance qui présente la plus grande analogie avec celle que contient la belladone. Cette substance a reçu le nom à' hy ose y amine . Ses propriétés ont été décrites (tome IV, page 456). Pour l’obtenir, il faut comprimer les feuilles de jusquiame, faire bouillir le suc qui en découle, le filtrer et l’additionner de chaux. Ce suc est filtré de nouveau, mélangé avec du carbonate de potasse, puis traité par l’éther, qui dissout l’hyoscyamine. La dissolution éthérée est évaporée à sec; elle laisse un résidu qu’on reprend par l’eau. L’extrait aqueux est soumis à la filtration, mélangé avec de l’alcool éthérisé, et décoloré enfin par le noir animal. On l’évapore alors dans le vide; il laisse l’hyoscyamine pure pour résidu.
En général, les feuilles de jusquiame donnent peu d’hyoscyamine. 11 est préférable, pour obtenir cette substance, d’épuiser la graine de jusquiame par l’alcool aiguisé d’acide sulfurique, d’agiter à plusieurs reprises l’extrait alcoolique avec de la chaux vive, et de séparer enfin l’extrait de la chaux par décantation. On sature alors la liqueur par l’acide sulfurique, on la filtre, puis on la réduit par évaporation au quart de son volume. Le résidu de cette évaporation est additionné d’une certaine quantité d’eau, neutralisé ensuite par le carbonate de potasse et épuisé par l’éther, qui enlève l’hyoscyamine. La dissolution éthérée est alors traitée comme nous l’avons dit plus haut ; elle donne ordinairement une quantité notable d’hyoscyamine.
ÉTUDE DES PRINCIPALES FEUILLES
COMPOSEES
ARTHEMISIA ABSINTHIUM (Absinthe).
L’absinthe présente des feuilles dentelées et recouvertes d’un duvet cotonneux. Ces feuilles renferment : une essence dont les propriétés ont été étudiées tome Y, page 268 ; une substance amère (absinthine) ; une autre matière azotée amère; de la chlorophylle; de l’albumine; de la fécule ; de l’azotate, du sulfate, du succinate de potasse ; enfin du chlorure de potassium.
L’absinthine est cristallisable, d’une saveur amère, d’une odeur qui rappelle celle de la plante dont on l’a extraite. Elle est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool. L’éther, l’ammoniaque, la potasse et l’acide sulfurique la dissolvent en petite quantité : la dissolution sulfurique d’absinthine est d’abord d’un jaune rougeâtre, mais elle prend ensuite une teinte bleue. L’eau en sépare une substance d’un gris verdâtre, et qui ne présente pas d’amertume. L’absinthine se décompose lorsqu’on la chauffe, et répand des vapeurs âcres de couleur rousse.
On obtient l’absinthine en épuisant par l’alcool à 80° les feuilles desséchées de l’absinthe. L’extrait alcoolique est évaporé à consistance sirupeuse, puis agité avec de l’éther qui dissout l’absinthine et une matière résineuse. Pour séparer ces deux corps, on chasse l’éther par évaporation, puis on traite le résidu par l’eau ammoniacale. La résine se dissout, tandis que l’absinthine presque pure reste à l’état insoluble. On achève de la purifier en la lavant avec de l’acide chlorhydrique faible, la dissolvant dans l’alcool, et ajoutant de l’acétate de plomb dans la liqueur, jusqu’à ce qu’elle cesse de se troubler. Cette liqueur, soumise à la filtration, dépose F absinthine à mesure qu’elle s’évapore.
AGHILLEA MILLElOLîUVl ( Achillêe , mille feuille).
Les feuilles d’achillée, récoltées en septembre, présentent la composition suivante :
Substances solubles dans l’eau. ...... ......
Substances solubles dans une lessive alcaline caustique.
Cire, résine et chlorophylle . . . . . . , . . , , . . .
1 due végétait
SPR ENGELs)
100 parties de ces feuilles, soumises à l’incinération, laissent 1,624 pour 100 de cendres formées de :
Potasse 0,425
Soude. 0,152
Chaux 0,303
Magnésie 0,072
Alumine 0,012
Silice avec un peu de charbon 0,393
Oxyde de fer 0,025
Oxyde de manganèse 0,010
Chlore „ 0,162
Acide sulfurique 0,028
Acide phosphorique 0,043
(M. Sprengel.)
On trouve dans l’achillée un acide cristallisable, X acide achilléique , dont les principaux caractères ont été indiquées tome IV, page 347.
Pour obtenir l’acide achilléique, on précipite par l’acétate de plomb une infusion d’achillée très concentrée. Le précipité est lavé, mis en suspension dans l’eau, et décomposé par l’acide sulfhydrique. On filtre pour séparer le sulfure de plomb, puis on sursature la liqueur bouillante par le carbonate de potasse. 11 se dépose du carbonate de chaux, tandis que l’acide achilléique reste dans la dissolution, à l’état d’achilléate de potasse. On enlève le carbonate de chaux, et après avoir décoloré la liqueur par le charbon animai, on y verse de l’acétate de plomb. L’achilléate de plomb insoluble qui se produit est placé dans l’eau et traité par l’hydrogène sulfuré, qui met l’acide achilléique en liberté. La dissolution de cet acide est filtrée et concentrée au bain-marie jusqu’à ce qu’elle ait une densité égale à 1,015. On l’abandonne alors à elle-même : elle dépose, au bout de plusieurs jours, des cristaux incolores d’acide achilléique.
(M. Zanon.)
ÉTUDE DES PRINCIPALES FLEURS
On donne le nom de fleur à cette partie complexe de la plante qui se compose des organes sexuels et des enveloppes florales.
Les fleurs ont été peu étudiées au point de vue de leur composition chimique ; aussi ne rapporterons-nous que les résultats les plus importants et les mieux établis.
IRIDÉES.
CROCUS SATiVUS {Safran).
Les stigmates de la fleur de cette plante constituent une matière d’un beau jaune d’or, comme sous le nom de safran. Le safran est employé en médecine, en parfumerie et dans quelques préparations culinaires : on ne peut s’en servir en teinture à cause de son peu de solidité. Les stigmates du safran contiennent, outre des huiles fixes et volatiles, de la gomme et de l’albumine, l\2 pour 100 de cette matière colorante, la safranine , que nous avons déjà étudiée (tome Y, p. 5àà).
Pour préparer le safran du commerce, on détache les stigmates de la fleur lorsqu’elle est épanouie ; on les sèche en les exposant au soleil, ou mieux en les plaçant sur des tamis dont le fond est recouvert de papier, et qui sont suspendus au-dessus du feu. Quand le safran est bien sec, on le ramasse avec soin dans des boites hémétiquement fermées. La consommation de ce produit est fort restreinte.
Le safran est souvent falsifié avec la matière colorante du carthame connue sous le nom de safran bâtard.
FAPAVÉRACÉES.
PAPAVER RMOËAS ( Coquelicot ).
On a extrait des fleurs de coquelicot V acide papavérique et X acide rhéadiqne (tome IV, p. 3à8). Ces fleurs sont employées en médecine comme diaphorétiques ; elles renferment :
Matière colorante rouge ZlO
Matière grasse jaune . 12
Gomme 20
Fibre végétale 28
(M. Riffard.)
HYPÉRICINÉES.
HYPERICUM perforatum ( Millepertuis ).
Les fleurs de millepertuis contiennent, d’après Buchner, 32 pour 100 d’eau, et 68 pour 100 de principes solides. Ces principes renferment de l’acide pectique, du tannin, et 0,18 d’une résine rouge particulière. Cette résine est insoluble dans l’eau; elle donne avec l’alcool, l’éther et les huiles des dissolutions rouges. Elle est fusible au-dessous de 100°, et se décompose à une température peu élevée. Elle forme avec les alcalis des combinaisons ordinairement verdâtres, et avec les autres bases et oxydes métalliques, des combinaisons jaunes, solubles dans l’alcool, qu’elles colorent en rouge. (Berzelius.)