POIDS D’OXYGÈNE
absorbé
par 100 parties de terre.
Humus »...
Terre de jardin
Terre arable d’Hoffwyll
Argile pure.
l'erre arable du Jura
Terre argileuse
Argile grasse ......
Terre calcaire fine .
Argile maigre
Sable calcaire
Sable siliceux
CJoiraposïtiora «le l’air eorafîlraé «taras la terre vég étale. — Nous avons dit que M. Schübïer avait reconnu que l’humus transformait l’oxygène absorbé par les terres arables en acide carbonique. Ce phénomène a été étudié récemment par MM. Boussingault et Léwy, qui ont publié à ce sujet un travail remarquable auquel nous empruntons les détails qui suivent.
Il s’opère à l’intérieur du sol une véritable combustion des matières organiques qui constituent l’humus et les engrais; c’est là ce qui détermine l’appauvrissement d’une terre, primitivement riche en humus, quand on n’y renouvelle pas les engrais. Cette combustion se fait aux dépens de l’oxygène de l’air contenu dans le sol ; les racines des végétaux se trouvent ainsi au milieu d’une atmosphère très riche en acide carbonique et contenant en outre une petite quantité d’ammoniaque : par conséquent, ces racines sont placées dans les meilleures conditions d’alimentation et de développement .
CHIMIE VEGETALE.
L’air confiné dans la terre végétale doit donc avoir une composition différente de celle de l’air ordinaire, et il était important de la déterminer.
Cette recherche présentait de nombreuses difficultés pratiques ; car les procédés ordinaires au moyen desquels on recueille une portion de l’air contenu dans un espace quelconque sont ici tout à fait inapplicables. 11 fallait en outre éviter de remuer la terre sans précaution, pour que l’air extérieur ne vînt pas se mélanger à l’air confiné dont on voulait faire l’analyse. MM. Boussingault et Léwy ont prévenu tous les inconvénients qui auraient pu altérer l’exactitude de leurs recherches, par l’emploi d’un appareil que nous allons décrire.
L’air est puisé dans le sol à une profondeur de 0m,30 à 0m,40 au moyen d’un tube, terminé par une pomme d’arrosoir qu’on a remplie de petits cailloux, afin de diminuer sa capacité intérieure : ce tube est enfoui dans le sol vingt-quatre heures au moins avant le commencement de l’expérience, afin que l’air extérieur introduit en creusant le trou dans lequel on place ce tube puisse se mélanger convenablement à l’air confiné ; il communique au moyen d’un robinet avec un petit ballon dans lequel on a fait le vide : à la suite de ce ballon sont placées deux éprouvettes contenant de l’eau de baryte, et enfin un grand flacon rempli d’eau pour servir d’aspirateur. L’écoulement de l’eau de ce flacon 's’est toujours fait très lentement; il n’a jamais dépassé un litre d’eaù par heure.
L’appareil étant mis en place, on ouvre les robinets de façon à faire arriver l’air dans le ballon vide ; puis on fait écouler l’eau de l’aspirateur : l’acide carbonique est absorbé presque en totalité par l’eau de baryte dans la première éprouvette où se précipite le carbonate de baryte ; l’eau de baryte de la seconde éprouvette est rarement troublée.
Lorsqu’on veut terminer l’expérience, on ferme le petit ballon qui se trouve ainsi rempli d’air contenu dans la terre végétale; on analyse avec soin cet air : dans ce but, après l’avoir fait passer dans un tube gradué, on absorbe l’acide carbonique par la potasse, et l’oxygène par l’acide pyrogallique.
L’eau écoulée du flacon aspirateur donne, en faisant les corrections convenables de température et de pression, la mesure du volume de l’air dont l’acide carbonique a été précipité.
Le carbonate de baryte étant recueilli sur un filtre, lavé avec soin, calciné et pesé, on en déduit la proportion en poids et en volume de l’acide carbonique contenu dans l’air confiné.
Quand on veut doser l’ammoniaque, on remplace l’eau de baryte par une dissolution d’acide chlorhydrique exempte d’ammoniaque et qu’on prépare au moment même : après l’expérience on évapore à l’étuve la liqueur acide. Dans la plupart des recherches faites dans ce but, on n’a
ÉTUDE DU SOL
obtenu que des traces de sel ammoniac, suffisantes pour établir la présence constante de vapeurs ammoniacales dans l’air extrait du sol, mais ne permettant pas d’obtenir un dosage exact.
Les résultats des nombreuses expériences faites par MM. Boussingault et Léwy ont établi que, dans le sol, l’air est constamment chargé d’acide carbonique, car il en renferme en moyenne 22 à 23 fois autant que l’air normal. Cet acide carbonique provient évidemment en grande partie de la combustion du carbone des matières organiques du sol par l’oxygène de l’air, car le gaz acide carbonique trouvé représente à peu près le volume du gaz oxygène disparu. Nous donnons dans la dernière colonne du tableau ci-après la somme des volumes d’oxygène et d’acide carbonique contenus dans 100 volumes d’air extrait du sol : cette somme s’éloigne peu du nombre 20,9 qui représente le volume d’oxygène de l’air atmosphérique : néanmoins la différence qui se présente dans tous les cas permet de croire qu’une portion de l’oxygène est employée à brûler de l’hydrogène appartenant à la matière organique du sol.
La proportion d’air confiné contenu dans un volume donné du terrain est utile à connaître, si l’on veut savoir la quantité de gaz acide carbonique que la combustion lente de l’humus met à la disposition des racines des plantes. Pour arriver à ce résultat on remplit de terre un va'se cylindrique de 3à litres, en opérant autant que possible le tassement toujours d’une manière semblable : on verse alors de l’eau dans ce vase en favorisant la sortie de l’air par l’agitation, jusqu’à ce que le liquide soit sur le point de déborder; l’ouverture du vase est maintenue horizontale. Le volume d’eau qu’il faut employer mesure l’air déplacé. Cette opération se fait très promptement : malheureusement le tassement, qu’il est très difficile de régler, influe beaucoup sur les résultats: il faut les regarder d’ailleurs comme étant un peu faibles, parce que la terre a toujours été plus fortement tassée qu’elle ne l’est dans les champs.
Nous résumons dans le tableau suivant les résultats principaux des expériences de MM. Boussingault et Léwy.
554 CHIMIE VEGETALE.
ATR