ASSOLEMENTS
Si l’on emploie d’une manière continue une certaine étendue de terrain à la même culture, on voit bientôt les récoltes diminuer de valeur, et l’on reconnaît, au contraire, qu’il est très avantageux de faire succéder sur un même terrain des cultures différentes. Cette pratique, • universellement adoptée aujourd’hui, a reçu le nom d 'assolement, et l’on appelle rotation le mouvement cultural qui fait succéder périodiquement sur un même sol une série de récoltes différentes.
En considérant les analyses nombreuses que nous avons données des cendres des végétaux, on est conduit, par la diversité même de leur composition, à conclure que chaque plante épuise le sol d’une manière spéciale, de sorte que, en faisant succéder dans un certain ordre les différentes cultures , on peut conserver plus longtemps le sol productif. Néanmoins cette influence des assolements serait très faible si l’on opérait sur un sol privé d’engrais, et d’où l’on enlèverait avec soin ce que les diverses cultures peuvent y introduire. C’est que le soi s’enrichit après chacune des phases de la rotation des débris qu’y a laissés le végétal de cette phase. Aussi l’ordre à suivre dans la rotation est très important. Une plante, dont les organes aériens sont très développés, comme la pomme de terre, par exemple, emprunte surtout à l’air atmosphérique les éléments qui lui sont nécessaires ; il sera donc convenable de faire succéder à cette récolte celle du froment, qui emprunte très peu à l’air et presque tout au sol, auquel on a restitué d’ailleurs, par l’enfouissement des fanes de pomme de terre, une partie des éléments que cette plante lui avait enlevés.
En un mot, il faut toujours faire succéder une plante très épuisante à une plante qui l’est fort peu. L’étude approfondie des assolements a fait supprimer dans plusieurs pays la jachère , qui consistait à faire produire au sol deux récoltes de céréales et à le laisser improductif une troisième année. Pendant cette année de repos, on donnait à la terre plusieurs labours pour enfouir les mauvaises herbes, et l’on fumait pour restaurer les terres épuisées par les récoltes de céréales.
On reproche, avec juste raison, à ce mode de culture, de laisser improductif le tiers des terres arables , lorsque ces mêmes terres peuvent être cultivées utilement , puisqu’elles laissent pousser des plantes de mauvaise qualité. On substitue maintenant quelquefois à la jachère morte une culture de plantes légumineuses, qui comporte des sarclages et qui permet ainsi d’extirper les mauvaises herbes. Toutefois, dans beaucoup de contrées où la terre n’a pas une grande fécondité et où les récoltes sarclées ne paient pas les dépenses qu’elles occasionnent, la jachère est