‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 308 · COLLE D’OS · texte numérisé non relu

COLLE D’OS

Lorsqu’on maintient pendant quelque temps un os dans une dissolution d’acide chlorhydrique, il devient flexible, mou et transparent; dans cette immersion, l’acide dissout les sels calcaires et laisse à nu la substance gélatineuse, qui peut ensuite se transformer en gélatine sous l’influence de l’eau bouillante. C’est sur cette réaction chimique qu’est basée l’extraction de la gélatine des os, qui a été pratiquée en grand par d’Arcet.

Les os destinés à la fabrication de la colle sont lavés, cassés au moyen d’une hachette, ou divisés au moyen de cylindres mus par une machine à vapeur, comme cela s’exécute dans la fabrique de M. Capdeville, à la Glacière; les os sont portés ensuite à l’ébullition dans l’eau, afin d’en extraire la graisse, qui vient surnager à la surface du liquide.

Ces os ainsi dégraissés sont mis en digestion pendant vingt-quatre heures dans des baquets contenant de l’acide chlorhydrique ramené à la densité de 6° ; on réitère cette opération jusqu’à ce qu’on ait employé un poids d’acide à 22° égal à celui des os. Cette première opération dure à peu près dix heures ; les eaux de lavage sont déversées sur d’autres baquets, jusqu’à ce que l’acide soit entièrement saturé.

Les os, privés des sels calcaires, sont lavés avec soin pour leur enlever l’acide qu’ils peuvent retenir : à cet effet, on les immerge souvent dans de l’eau de chaux ou dans une dissolution de carbonate de soude ; on les porte ensuite dans une chaudière de fonte, où on les épuise par trois ébullitions successives : on n’emploie dans ce traitement qu’une quantité d’eau assez faible pour qu’il soit inutile de faire évaporer. La liqueur est soutirée dans un cuvier ; il s’y forme un précipité abondant ; on transvase la liqueur dans des moules doublés de plomb, et Ton procède comme pour la fabrication de la colle de peau. Lorsqu’on opère avec soin, on obtient une colle qui peut être comparée à la meilleure colle de peau. Les comblons et les os de la tête donnent 22 ou 23 pour 100 de colle ; les autres parties osseuses n’en rendent que là ou 15.

Dans les localités où l’on ne se procure pas facilement l’acide chlorhydrique, on procède à l’extraction de la gélatine en soumettant les os à la vapeur à haute pression dans un autoclave ou marmite de Papin ; mais on n’obtient par ce procédé (pie 15 pour 100 de colle d’une qualité inférieure ; à la vérité, les os, privés d’une partie de leur graisse et de leur substance gélatineuse, sont employés à la fabrication du noir animal.

Pour la préparation de la gélatine alimentaire, d’Arcet a proposé un appareil dans lequel les os sont placés dans un cylindre à mailles grillées

CHIMIE AMM ALE

et ne sont en contact qu’avec de la vapeur qui ne doit pas dépasser 106°. On évite ainsi la production d’ammoniaque.

Les os de bœul’ sont les seuls qu’on doive employer pour la préparation de la gélatine alimentaire ; ceux de porc, de veau et de mouton donnent un bouillon qui retient une écume noirâtre et qui présente une saveur de suif et une apparence laiteuse.

On trouve dans le commerce une colle forte, blanche, transparente, insipide, en feuilles extrêmement minces, qui porte le nom de grenétine et qui est fabriquée par M. Grenet, de Rouen. Ce fabricant extrait cette colle des peaux de jeunes animaux et de cartilages de veau.

Cette gélatine est préparée avec beaucoup de soin ; elle provient de matières fraîches ; aussi peut-elle être employée avec toute sécurité dans l’alimentation, pour le collage des vins, au lieu de colle de poisson.

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