‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 308 · COLLE FORTE LIQUIDE · texte numérisé non relu

COLLE FORTE LIQUIDE

On fait usage depuis quelque temps d’une colle dite colle forte liquide , que l’on prépare en faisant dissoudre au bain-marie 1 kilogramme de colle de Givet dans 1 litre d’eau, et en ajoutant ensuite dans la dissolution 200 grammes d’acide azotique à 36°.

Cette colle reste liquide et peut être employée immédiatement.

ICIITII YOCQLLE (COLLE DE POISSON).

On donne le nom de colle de poisson à une substance gélatineuse qu’on retire de la vésicule aérienne de l’esturgeon dont on enlevé la peau extérieure. On la livre assez souvent au commerce en plaques minces, sèches, difficiles à diviser; on lui donne aussi la forme de tablette ou de lyre. Cette substance est soluble dans l’eau ; elle se combine avec le tannin, l’acide gallique et plusieurs oxydes métalliques en formant des précipités insolubles. Les acides coagulent la colle de poisson, qui entraîne alors avec elle toutes les substances tenues en suspension dans le liquide ; aussi s’en sert-on pour la clarification des vins blancs, de la bière, etc. Pour conserver à la colle de poisson sa blancheur, on l’expose à la vapeur de l’acide sulfureux : ce procédé n’est peut-être pas sans inconvénient , car l’ichthyocolle retient assez longtemps l’odeur de soufre brûlé.

L’ichthyocolle, traitée par l’acide sulfurique étendu, donne du sulfate d’ammoniaque et une matière sucrée qui se dédouble, sous l’influence des ferments, en acide carbonique et en alcool (M. Gerhardt).

La colle de poisson est employée pour certaines impressions de tissus, pour la préparation du carmin et pour la clarification des liqueurs ; pour être propre à ces différents usages, elle doit être divisée au moyen d’une forte percussion avec un marteau ou avec un pilon dans un mortier de fer.

CHITINE.

On la place ensuite dans un vase, on l’arrose avec de l’eau froide, qui la fait gonfler en lui faisant perdre sa cohésion. Lorsqu’elle présente un aspect gélatineux, ce qui a lieu au bout de vingt-quatre heures, on la manie avec les mains ; on continue à la mouiller avec de l’eau, du vin ou de la bière, et lorsqu’elle est presque liquide on la passe à travers un linge avec une forte torsion ; on l’étend ensuite, suivant l’usage auquel on la destine.

Usages de la colle.

Les usages de la colle sont fort nombreux : on se sert de cette substance dans la menuiserie, les apprêts des tissus, la peinture, la préparation du papier, la clarification du vin, la confection des capsules pharmaceutiques, des perles fausses, du papier glacé, des fleurs artificielles, des pains à cacheter, des taffetas adhésifs, des rouleaux d’imprimerie, dans le moulage des pierreries et des écailles factices, et dans le raccommodage des porcelaines.

La porcelaine se raccommode avec une dissolution gélatineuse décollé de poisson dans l’acide acétique cristallisable : on enduit de cette colle les surfaces de rupture, (pie l’on applique ensuite l’une contre l’autre en comprimant pendant quelque temps.

CHITINE.

La substance organique qui constitue en grande partie le squelette tégumentaire des crustacés est, comme on sait, identique avec celle qui forme le squelette tégumentaire des insectes. Braconnot lui a donné le nom de chitine.

Propriétés.

Cette substance est une des matières les plus remarquables de l’organisation animale par ses propriétés et sa composition. Elle est solide, transparente, d’aspect corné, insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. Les acides étendus et les alcalis n’exercent sur elle aucune action ; on peut la considérer comme une des substances organiques les plus inaltérables que l’on connaisse ; soumise à l’analyse, elle a présenté la composition suivante :

Carbone 6,7

Hydrogène Zt3,Z|

Oxygène A9,9

(Fremy.)

La chitine, calcinée avec un mélange de chaux et de soude, n’a pas dégagé d’ammoniaque.

Ces analyses démontrent que la chitine n’est pas azotée , et que sa composition correspond à celle de la cellulose, c’est-à-dire qu’elle peut être représentée par du carbone et de l’eau. Toutefois la chitine diffère essentiellement des corps neutres non azotés ; car soumise à l’action des acides concentrés ou étendus, elle ne produit pas de glucose, et traitée à froid par l’acide azotique fumant, elle n’éprouve aucune altération, et ne produit pas de composé comparable à la pyroxyline.

Les acides concentrés la transforment en un acide incristallisable , comparable à l’acide métapectique.

L’acide azotique bouillant la décompose, en la changeant finalement en acide oxalique.

Préparation.

La préparation de la chitine ne présente aucune difficulté ; elle s’opère de la manière suivante :

Les différentes parties du squelette tégumen taire d’un crustacé sont traitées d’abord à froid par de l’acide chlorhydrique étendu d’eau, de manière à dissoudre complètement les sels calcaires qui se trouvent à la surface du test ; on lave le résidu à l’eau distillée, et on le fait bouillir pendant plusieurs heures avec une dissolution de potasse, qui dissout les substances albumineuses adhérentes au test, et qui n’exerce pas d’action sur la chitine.

Cette substance est de nouveau lavée à l’eau distillée, puis purifiée au moyen de l’alcool et de l’éther.

CONCHIOLINE.

Certaines espèces de coquilles , traitées par l’acide chlorhydrique , laissent pour résidu une matière organique fort remarquable, d’un aspect brillant et feutré, insoluble dans l’eau, dans l’alcool et l’éther, et qui résiste à Faction des acides étendus.

Cette substance, que l’on a nommée conchioline , est isomérique avec l’osséine ; elle en diffère cependant par plusieurs caractères importants.

Elle ne produit pas de gélatine par l’action de l’eau bouillante ; les acides et les alcalis concentrés ne la dissolvent que très lentement.

La substance organique qui constitue l’axe corné des gorgones présente une grande analogie avec la conchioline ; elle ne donne pas de gélatine par son ébullition dans l’eau, et résiste pendant longtemps à Faction des acides et des alcalis. (Fremy.)

SANG

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