ACIDE CRIQUE
lubie dans l’alcool et l’éther; il rougit légèrement un papier de tournesol humide.
Les borates alcalins, et particulièrement le borate neutre de soude (borax), jouissent de la propriété de dissoudre, surtout à chaud, une proportion considérable d’acide urique. Cet acide se dépose à l’état de pureté d’une dissolution bouillante dans le borax. Cette propriété pourrait être utilisée pour la purification de l’acide urique.
L’acide urique donne avec l’acide azotique une dissolution jaune, laissant par l’évaporation un résidu rouge pourpre qui se dissout dans l’eau sans lui communiquer de couleur. La dissolution azotique de l’acide urique devient violette sous l’influence des vapeurs ammoniacales. Ces deux caractères servent souvent à reconnaître l’acide urique.
On a reconnu que l’acide sulfurique concentré et chaud dissout l’acide urique et peut même s’unir en proportions définies avec cet acide. L’eau décompose cette combinaison et en sépare les deux acides ; l’acide urique, qui est à peine soluble dans l’eau chargée d’acide sulfurique, se dépose en presque totalité. Cette propriété permet d’extraire facilement l’acide urique des calculs (M. Fritzche).
L’acide urique ne parait subir à froid aucune altération dans le chlore sec, mais il est décomposé à chaud par ce gaz, et la réaction donne lieu à de l’acide chlorhydrique, à du chlorure de cyanogène et à une proportion considérable d’acide cyanique. En présence de l’eau, l’acide urique est aussi décomposé par le chlore, et donne comme produit final une grande quantité d’acide oxalique.
Soumis à faction de la chaleur, l’acide urique se décompose d’une manière compliquée; il donne de l’ammoniaque, des acides carbonique, cyanhydrique, de l’urée et beaucoup d’acide cyanique qui se transforme rapidement en cyamélide.
La présence de l’urée dans les produits de la distillation de l’acide urique est due à la réaction d’une certaine quantité d’acide cyanique sur l’ammoniaque ; une partie de l’urée se retrouve en combinaison avec de l’acide cyanurique : il reste constamment dans la cornue un résidu de charbon .
L’acide urique, traité par une dissolution bouillante de potasse, se convertit en un nouvel acide, l 'acide uroxanique C^H^Az4!)12, qui diffère de l’acide urique par les éléments de 6 équivalents d’eau.
L’acide uroxanique est cristallin, peu soluble dans l’eau froide, décomposable par l’eau bouillante. 11 forme avec la potasse, l’ammoniaque, la baryte et le plomb, des sels cristallisables (M. Staedeler).
L’action que les corps oxydants exercent sur l’acide urique a été examinée par MM. Liebig et Wœhler : elle constitue un des points les plus importants de la chimie organique, et donne naissance à une série de corps que nous étudierons plus loin.
CHIMIE ANIMALE
Étal naturel. — Extraction.
L’acide urique se trouve, comme l'urée, dans les urines des animaux carnivores; il est sécrété en quantité considérable par les oiseaux, les insectes et principalement par les serpents ; il se trouve fréquemment dans les dépôts urinaires, les calculs et les concrétions articulaires des goutteux.
On admet généralement qu’une urine normale contient pour 30 parties d’urée 1 partie d’acide urique. Du reste, la proportion d’acide urique contenue dans burine de l’homme varie avec l’alimentation; on trouve eh général cet acide en quantité notable dans burine à la suite de mauvaises digestions ou d’alimentations très échauffantes.
Pour extraire l’acide urique des différents produits de sécrétion que nous venons de signaler, on emploie une liqueur alcaline qui dissout l’acide urique; en décomposant par l’acide chlorhydrique la dissolution bouillante de l’urate alcalin, on obtient un précipité blanc d’acide urique que bon peut laver à grande eau. Au moment de la précipitation, l’acide urique retient 4 équivalents d’eau ; 2 équivalents d’eau se dégagent par la plus faible chaleur et même par l’exposition de cet acide à bair libre.
Les excréments de certains oiseaux qui, sur les côtes de l’Amérique, forment des bancs considérables désignés sous le nom de guano , contiennent aussi de l’acide urique.
On en retire cet acide par la méthode suivante :
Le guano est traité pendant quelques heures par une dissolution bouillante de carbonate de potasse à laquelle on a ajouté de la chaux éteinte. On filtre la liqueur, puis-on l’évapore à consistance de bouillie, et bon comprime fortement ie résidu, t a masse exprimée est délayée dans beau et décomposée par l’acide chlorhydrique. 11 se dépose aussitôt des flocons rouges d’acide urique, qu’on purifie en opérant plusieurs fois leur dissolution dans la potasse et leur précipitation par l’acide chlorhydrique.
100 kilogrammes de guano ainsi traités fournissent 2,250 grammes d’acide urique pur. (M. Bénsch.)