SUC PANCRÉATIQUE
Le produit de la sécrétion du pancréas vient se déverser dans la première partie de l’intestin grêle (duodénum), soit par un conduit isolé,
CHIMIE ANIMALE
soit par un canal commun avec la bile. Cet écoulement du suc pancréatique a lieu spécialement pendant la digestion, et, d’après les observations de M. Bernard, il s’en écoule environ 2 grammes par heure, en moyenne.
Le suc pancréatique a été étudié par Magendie, Tiedemann et Gmelin, MM. Leuret et Lassaigne, Bouchardat et Sandras, et surtout par M. Bernard.
Le suc pancréatique normal et non altéré est un liquide incolore, limpide, visqueux et gluant, coulant lentement par grosses gouttes perlées ou sirupeuses et devenant mousseux par T agitation. Ce fluide est sans odeur caractéristique ; placé sur la langue, il donne la sensation d’un liquide visqueux. Son goût a quelque chose de salé, qui est analogue à la saveur du sérum du sang. La réaction du suc pancréatique est constamment alcaline. Exposé à la chaleur, le liquide pancréatique se coagule en masse et se convertit en une matière concrète d’une grande blancheur. La coagulation est entière et complète, comme s’il s’agissait du blanc d’œuf; tout devient solide et il ne reste pas une seule goutte de liquide libre. Cette matière blanche du suc pancréatique est également précipitée par l’acide azotique, par l’acide sulfurique et par l’acide chlorhydrique concentré. Les sels métalliques, l’esprit de bois et l’alcool précipitent encore d’une manière complète la matière organique du suc pancréatique. Les acides acétique, lactique et chlorhydrique étendus ne coagulent pas le suc pancréatique. Les alcalis n’y produisent pas de précipité et redissolvent la matière organique quand elle a été préalablement coagulée par la chaleur, les acides ou l’alcool.
En résumant ces caractères du suc pancréatique, il semble que l’on soit en droit d’en conclure, ainsi que cela a été déjà fait par Magendie, Tiedemann et Gmelin, etc., que le fluide pancréatique se comporte avec les réactifs à la manière des liquides albumineux. Cependant il n’y a aucun rapport, sous le point de vue physiologique, entre le sucre pancréatique et un liquide albumineux. M. Bernard a trouvé des caractères qui permettent de distinguer chimiquement la matière pancréatique de l’albumine ; nous citerons le suivant : Lorsque la matière du suc pancréatique a été coagulée par l’alcool, puis desséchée, elle se redissout en totalité dans l’eau. Bien plus, en se dissolvant, cette matière communique à l’eau la viscosité particulière du suc pancréatique et toutes ses propriétés physiologiques. Or, lorsque ralbumine a été coagulée par l’alcool, elle ne se redissout plus d’une manière appréciable dans l’eau.
Indépendamment de cette matière organique active, le suc pancréatique contient de Veau et des sels .
SUC PANCREATIQUE.
Composition chimique du suc pancréatique du chien , par Tiedemann
et Gmelin.
Ce suc pancréatique est visqueux et se coagule par la chaleur et les acides énergiques. 11 contient :
Eau 91,28
Parties solides 8,72
100 parties de principes solides donnent en cendres 8,28
Ces cendres contiennent des carbonates alcalins en très grande abondance, des chlorures alcalins, une petite quantité de phosphates alcalins, très peu de sulfates alcalins. L’alcali qui prédomine dans les cendres est la soude. 11 y a de plus un peu de carbonate et de phosphate calcaires.
Les matières animales sont :
De l’osmazôme ;
Une matière qui rougit par le chlore ;
Une matière analogue à la caséine et probablement associée à la matière sali vaire ;
Beaucoup d’albumine constituant environ la moitié dû résidu sec.
Composition chimique du suc paucréatique de la hrebis , par Tiedemann
et Gmelin.
Ce suc pancréatique est visqueux et se coagule assez abondamment
par la chaleur et les acides énergiques.
Eau 94,81
Parties solides 5,09
100 parties solides incinérées donnent en cendres 2,97
Quant aux parties solides, leur composition ne parait pas différer sensiblement de celle du suc pancréatique de chien. Cependant elles ne contiennent pas de matière rougissant par le chlore.
D’après ces deux analyses, on voit que le suc pancréatique est bien différent de la salive, au point de vue chimique. Cette dissemblance est encore plus frappante, lorsque l’on considère les propriétés physiologiques du suc pancréatique.
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On remarquera encore que les matières animales du suc pancréatique sont nombreuses. On pourrait même y ajouter cette substance appelée diastase salivaire , car MM. Bouchardat et Sandras ont reconnu que le suc pancréatique transformait l’amidon en glucose.