‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 60 sur 308 · RÉSUMÉ DES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA DIGESTION

Eti résumé, pour se transformer en sang, les aliments doivent d’abord être divisés dans la bouche par les dents , puis mélangés à un liquide sécrété par les glandes salivaires , qui est la salive.

Le rôle de la salive est à la fois physique et chimique. La salive est en général alcaline; elle facilite la digestion des aliments et peut opérer certaines modifications chimiques , comme la transformation en sucre des substances organiques neutres telles que l’amidon.

Les aliments ayant subi l’action de la salive portent le nom de bol alimentaire ; ils descendent, par suite du phénomène de la déglutition , traversent un tube élastique qui a reçu le nom d'œsophage , et arrivent dans V estomac.

La membrane muqueuse de l’estomac sécrète un liquide acide, le sue gastrique , dont le rôle chimique est fort important. Le suc gastrique agit chimiquement sur les aliments, les dig'ere , comme on le dit ; il modifie et dissout les substances azotées, n’agit pas sur les corps gras et hydrate les corps neutres.

Les aliments séjournent pendant un certain temps dans l’estomac et sont portés ensuite , par une série de contractions , de l’estomac dans le duodénum , où ils se trouvent arrosés par un suc particulier que l’on nomme suc pancréatique.

Le suc pancréatique émulsionne les corps gras et les rend absorbables; de plus, il transforme l’amidon en sucre. (M. Bernard.)

Le duodénum reçoit encore un autre liquide alcalin, la bile. La bile est sécrétée par le foie; elle est conservée pendant un certain temps dans la vésicule du fiel , et arrive dans le duodénum par un conduit particulier appelé le conduit cholédoque.

La bile est indispensable à l’acte de la digestion , mais on n’est pas

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d’accord sur la manière dont elle agit; on peut seulement affirmer qu’une portion de la bile est absorbée et que ce fluide agit sur les matières azotées dissoutes dans le suc gastrique. (Schwann.)

Les substances alimentaires , après avoir été soumises à l’influence de la salive, du suc gastrique, du suc pancréatique et de la bile, constituent le chyme et passent dans Y intestin grêle.

L’intestin grêle est un tube étroit dont le développement varie avec la nature des aliments qu’il doit recevoir. Chez l’homme, les intestins ont six à sept fois la longueur du corps. Chez les carnivores, ils ne sont pas très longs; chez le lion, ils ont environ trois fois la longueur du corps. Chez les herbivores, les intestins sont toujours développés ; ils peuvent avoir jusqu’à vingt-huit fois la longueur de l’animal.

Dans les intestins se trouve le sue intestinal qui opère la transformation des matières amylacées en glucose. Pendant que cette réaction s’accomplit, le chyme est poussé peu à peu par le mouvement vermiculaire de l’intestin grêle : sur cet intestin viennent s’insérer une multitude de vaisseaux appelés vaisseaux chylifères , qui sucent en quelque sorte l’intestin grêle et extraient du chyme un liquide blanc, quelquefois rosé, qui est le chyle .

Ce chyle arrive par les vaisseaux capillaires dans le système veineux , et rend au sang ce qu’il a cédé aux différents organes pendant la circulation.

Le chyme ayant perdu le chyle , c’est-à-dire la partie réparatrice et nutritive des aliments, devient de plus en plus solide, pénètre dans le gros intestin ; et enfin la partie non nutritive des aliments est rejetée par le rectum.

Nous avons vu comment les matières grasses, les matières amidonnées ou sucrées , et les matières azotées , passent dans le sang et servent à la vie de l’animal.

Les boissons alcooliques , introduites dans le canal digestif , n’y subissent aucune altération ; l’alcool , absorbé par les veines , est porté dans les poumons, où il est converti en eau et en acide carbonique par l’action de l’oxygène de l’air : quelquefois il se transforme en acide acétique.

CHYLE

Le chyle est un liquide constamment alcalin qui est puisé dans 1 intestin grêle par les vaisseaux chylifères : il parcourt successivement l’appareil chylifère depuis l’intestin jusque dans la veine sous-clavière gauche où il se déverse dans le sang.

CHYLE

Sur le trajet de l’appareil chylifère se rencontrent des ganglions nommés ganglions mésentériques , qui ont une certaine influence sur la composition du chyle.

On distinguait autrefois deux espèces de chyles. L’un, nommé chyle végétal , qui ne se remarquait que chez les herbivores, avait l’aspect d’un liquide clair, limpide et transparent. L’autre, qui était le chyle animal , se rencontrait chez les carnivores; il était formé par un liquide blanc, laiteux, d’une certaine consistance. Actuellement, il est reconnu que la teinte opaline et blanchâtre du chyle est due uniquement à la présence de la matière grasse existant dans le chyle à l’état d’émulsion (Magendie); il n’existe donc qu’un seul chyle.

On avait cru aussi que le chyle représentait la totalité des matières alimentaires dissoutes par les procédés digestifs, et que par conséquent le chyle devait être regardé comme le liquide nutritif par excellence. Il est prouvé maintenant que la plus grande partie des matières nutritives n’est pas absorbée par les vaisseaux chylifères : toutes les matières azotées, amylacées et sucrées, sont absorbées par les veines de l’intestin; les matières grasses seules sont absorbées par les vaisseaux chylifères.

Le chyle provient généralement du canal thoracique; pour l’examiner, on doit le prendre chez un animal en pleine digestion. Le chyle qu’on obtient ainsi est limpide ou laiteux.

Le chyle, lorsqu’il est limpide, se coagule comme le sang, par l’exposition à l’air, et le liquide se divise alors en deux portions : l’une constitue le sérum , l’autre le caillot. Si ce chyle est laiteux, une couche de graisse surnage le sérum. On a remarqué de plus que le chyle, exposé à l’air, prend une teinte légèrement rosée à sa surface. Emmert, le premier, a observé que le chyle présente quelques différences, suivant qu’on l’examine au sortir de l’intestin avant le passage à travers les ganglions mésentériques, ou suivant qu’on l’étudie plus tard dans le canal thoracique. Le chyle, avant d’avoir traversé les ganglions mésentériques , est blanchâtre; il se coagule difficilement ; son eoagulum est mou, la fibrine y est peu abondante. Le chyle qui présente ces caractères ne rougit pas à l’air.

Haller évalue à ÎDO grammes en moyenne la quantité de chyle qui se forme journellement chez l’homme.

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