DOSAGE DES MATIÈRES CONTENUES DANS L’URINE
Pour doser i’urée contenue clans l’urine, on fait concentrer cette urine , on la traite par l’alcool , qui dissout l’urée et précipite l’acide urique, les tirâtes et les sels inorganiques. On fait ensuite passer l’urée à l’état d’azotate et on la dose à cet état. (M. Lecanu.)
L’azotate d’urée étant soluble dans l’acide azotique, les résultats obtenus par cette méthode ne présentent pas une grande exactitude.
Le procédé de dosage suivant , fondé sur le dédoublement en acide carbonique et en ammoniaque que subit i’urée quand on traite ce corps par l’acide sulfurique concentré, est plus certain.
On additionne de 30 gouttes d’acide chlorhydrique 6 à 8 grammes d’urine récente et refroidie , puis on abandonne ce mélange à lui-mème dans un endroit frais. La totalité de l’acide urique que renferme l’urine se dépose dans l’espace de vingt-quatre heures. On filtre et l’on recueille la liqueur claire dans un creuset de platine où l’on ajoute ensuite 6 grammes d’acide sulfurique. Ce creuset est chauffé doucement jusqu’à ce que le dégagement d’acide carbonique commence à s’opérer. On le recouvre, à ce moment, d’un verre de montre pour empêcher les pertes par projection et l’on continue à élever lentement la température , en ayant soin toutefois de ne pas dépasser 180°. Lorsque la décomposition de i’urée est achevée , ce qui est indiqué par l’arrêt du dégagement de gaz , on reprend par de l’eau le contenu du creuset, et, après avoir filtré la dissolution, on l’évapore presque à siccité ; le résidu se compose d’acide sulfurique, de sulfate de potasse, de sulfate de soude, de sulfate d’ammoniaque, de phosphates et de quelque peu de matière organique. On verse successivement sur ce résidu 20 gouttes d’acide chlorhydrique, un faible excès de bichlorure de platine dissous, et de l’alcool éthérisé : la potasse, l’ammoniaque existant normalement dans l’urine et celle qui provient de l’urée, se précipitent à l’état de combinaison avec le chlorure de platine. On jette, six ou huit heures après, le précipité sur un filtre, on le lave avec de l’alcool chargé d’éther et on le calcine dans un creuset taré. Le produit de la calcination est ensuite détaché à chaud du creuset au moyen d’une petite quantité d’acide chlorhydrique étendu, épuisé sur un filtre par le même acide et introduit avec ce filtre dans le creuset qui a déjà servi et que l’on porte au rouge. On obtient ainsi du platine métallique qui, déduction faite du poids des cendres du filtre, correspond à la quantité de potasse, d’ammoniaque et d’urée contenue dans l’urine.
Il faut maintenant évaluer les proportions de potasse et d’ammoniaque qui se trouvent normalement dans l’urine et que le bichlorure de platine a précipitées dans l’opération précédente. Pour cela, on ajoute dans 1 volume de la même urine une quantité convenable de bichlorure de
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platine, puis 3 volumes d’alcool et 1 volume d’éther. Le précipité qui se forme est recueilli après huit ou dix heures sur un filtre , calciné et lavé avec de l’acide chlorhydrique bouillant. On obtient ainsi un poids de platine qui, étant soustrait de celui que l’on a déterminé dans la première opération , indique la quantité de platine correspondant à l’urée. Or, puisque l’urée en se décomposant produit 2 équivalents d’ammoniaque, comme l’indique l’équation suivante,
C2II4Az202 -f 2 HO = 2C02 -f 2AztI3 ,
et que le chloroplatinate d’ammoniaque contient PtCl2,AzH3,HCl , il est évident que 2 équivalents de platine correspondent à 1 équivalent d’urée. Connaissant le poids de platine, on peut donc, au moyen d’une proportion, déterminer la richesse de l’urine en urée. (M. Heintz.)
Le dosage de l’urée à l’aide de l’azotite de mercure s’exécute de la manière suivante : On prépare de l’azotite de mercure en dissolvant, à une température peu élevée, 125 grammes de mercure dans 168 grammes d’acide azotique d’une densité égale à 1,5, puis on étend la liqueur de 2 fois son volume d’eau et on l’enferme dans un flacon. L’azotite de mercure ainsi obtenu peut se conserver longtemps sans perdre de son efficacité. Pour opérer le dosage, on introduit successivement 15 à 20 grammes d’urine et 50 à 50 centimètres cubes de la solution mercurielle dans un ballon de 150 à 200 centimètres cubes de capacité, et au col duquel on adapte un bouchon traversé par deux tubes : l’un de ces tubes est fermé à la lampe; l’autre communique avec un tube en U rempli de ponce sulfurique, et mis lui-même en communication avec un appareil à boule de Liebigque l’on a pesé après y avoir introduit une dissolution concentrée de potasse. La décomposition, qui commence à froid, exige, pour être complète, que l’on fasse bouillir un instant le mélange : elle est achevée lorsque des vapeurs rutilantes apparaissent dans le ballon. On adapte alors un tube d’aspiration à l’appareil de Liebig, on brise l’extrémité du tube fermé qui traverse le bouchon du ballon, et, en aspirant, on remplace l’acide carbonique par de l’air. L’augmentation de poids que subit le tube à potasse pendant l’opération est précisément égale au poids de l’acide carbonique produit. En multipliant ce poids par 1,731, (1,3636, M. Gerhardt), on obtient celui de l’urée que contient l’urine. (M. Millon.)
Pour obtenir l’acide urique, on prend le résidu du traitement de l’urée par l’alcool ; on y ajoute de l’acide chlorhydrique pur; les sels se dissolvent, et l’acide urique reste en suspension ; on filtre. L’acide urique est retenu par le filtre et peut être pesé après avoir été desséché.
On peut encore doser l’acide urique en ajoutant de l’acide acétique ou de l’acide phosphorique dans l’urine, laissant reposer quelque temps
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le mélange et recueillant l’acide
urique précipité
cet acide est pesé
après dessiccation.
Ce mode de dosage est très prompt, mais il donne en général un poids trop faible, à cause de l’insolubilité imparfaite de l’acide urique. Cependant, comme la perte ne dépasse pas en général 0,09 pour 1000 de l’urine employée, on peut avoir recours à cette méthode dans plusieurs cas.
Lorsque l’urine renferme de la bile, la perte en acide urique est plus forte; toutefois elle ne s’élève jamais au-dessus de 0,25 pour 1000 de l’urine employée. (M. Heintz.)
On obtient les sels de l’urine par la calcination dans un creuset de platine, et on les dose ensuite chacun séparément par les méthodes ordinaires.
Nous allons examiner successivement les variations que les principes existants dans l’urine peuvent subir, et les influences sous lesquelles ces variations se produisent.
La quantité d’eau contenue dans les urines est très considérable. L’homme rend en moyenne 1 228 grammes d’eau en vingt-quatre heures, et la femme 1337. ( M. Becquerel.)
L’urée et l’acide urique proviennent des matières azotées de l’alimentation des animaux ; ils se forment dans le sang et sont éliminés par les urines.
Une alimentation animale abondante augmente la quantité d’acide urique. Aussi fait-on disparaître l’acide urique dans les urines en donnant à l’homme ou aux animaux des aliments végétaux. Ainsi, dans la gravelle urique, on fait usage constamment d’aliments végétaux.
L’urée existe en très grande proportion chez les animaux à jeun ou nourris avec de la viande. Chez les herbivores, elle est en très faible proportion. Les herbivores contiennent un élément qui n’existe pas chez les carnivores en général : c’est l’acide hippurique.
Lorsqu’on enlève les reins, l’urée ne peut plus trouver issue par les voies urinaires ; alors elle s’échappe de l’économie par d’autres sécrétions, et surtout par les sécrétions intestinales, sous forme de sels ammoniacaux, et ce n’est que dans les derniers temps de la vie des animaux, lorsque l’urée ne peut plus être évacuée, que ce principe s’accumule dans le sang et peut y être retrouvé.
Les carbonates existent dans les urines alcalines.
Dans les urines des animaux à jeun ou des carnivores, il n’existe pas de carbonates. En général, on fait disparaître les carbonates par des aliments azotés.
Les phosphates se rencontrent dans les urines acides des animaux
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carnivores ; ils y existent à l’état de phosphate acide et disparaissent de l’urine sous l’influence du régime végétal.
L’urine contient de la créatine et de la créatinine. (M. Liebig.)
M. Wœhler vient de signaler la présence de l’allantoïne dans l’urine des jeunes veaux.
Le tableau suivant démontre que l’urine humaine peut donner des dépôts dont la composition est souvent très variable.
Nature
du
régime alimentaire.
Résidu
l'urine.
Urée.
Acide
lithénique.
Ac, lactique
et
tact al es.
Matières
extractives.
Régime mêlé
Régime animal ....
Régime végétal ....
Régime non azoté . . .
Zl1,68
(M. Lehmann.)
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