CAMPHRE. C20II1GO
Propriétés.
Le camphre est blanc, solide, cassant, d’une saveur brûlante, d’une v. 17
ESSENCES
odeur caractéristique, il cristallise en octaèdres; on peut le pulvériser facilement lorsqu’on l’humecte avec de l’alcool. Sa densité est 0,99f>.
Il fond à 175° et bout à 20 U°. Sa densité de vapeur est 3,317 ; la formule C20Hl6O2 représente U volumes de vapeur.
Le camphre se vaporise assez rapidement à la température ordinaire ; quand on jette sur l’eau des fragments de camphre, ceux-ci s’agitent vivement, et présentent un mouvement giratoire. Lorsqu’on place verticalement dans de l’eau un cylindre de camphre, assez élevé pour qu’une partie se trouve en dehors du liquide, le camphre imprime par son évaporation un . mouvement de va-et-vient à l’eau, et le cylindre se trouve bientôt coupé à la surface du liquide.
Le camphre dévie à droite la lumière polarisée ; il est combustible et brûle à la manière des huiles essentielles ; il est à peine soluble dans l’eau : 1000 parties d’eau ne dissolvent que 1 partie de camphre. L’eau peut dissoudre une plus grande quantité de camphre sous l’influence d’une pression considérable.
Le camphre est très soluble dans l’éther et dans l’alcool ; on le précipite en poudre, lorsqu’on traite ces dissolutions par l’eau.
Le camphre, distillé avec quatre ou cinq fois son poids d’argile, se transforme en un corps huileux. Lorsqu’on fait passer de la vapeur de camphre sur de la chaux portée au rouge, il se forme de la naphtaline et une substance liquide que l’on a nommée camphrone (Fremy).
La camphrone est une huile légère, soluble dans l’alcool et dans l’éther, insoluble dans l’eau et bouillant à 75°.
Le camphre, dissous dans du protochlorure de phosphore, et soumis à l’influence du chlore, donne un corps chloré représenté par la formule C20H10Cl6O2 (M. Clauss).
Le perchlorure de phosphore convertit le camphre en une substance cristalline qui a pour composition C20H16C12 (M. Gerhardt).
Le brome se combine avec le camphre et produit un composé rouge cristallisant en beaux prismes droits à base rliombe, qui ont pour formule C20H16O2Br2. Ce corps est décomposé par l’eau et régénère du brome et du camphre (M. Laurent).
L’acide phosphorique anhydre ou le chlorure de zinc peuvent, sous l’influence de la chaleur, enlever au camphre 2 équivalents d’eau et le transformer en cymene C20HlG.
Lorsqu’on traite le camphre par dix fois son poids d’acide sulfurique, on le transforme en un liquide isomérique avec le camphre (M. Delalande).
L’acide azotique dissout à froid le camphre , et forme une combinaison liquide qui a reçu le nom d 'azotate de camphre. Cette dissolution, ■ traitée par l’eau, est immédiatement décomposée et laisse déposer du camphre.
CAMPHKE.
Le camphre a la propriété de s’unir à plusieurs acides. 11 absorbe de grandes quantités d’acide sulfureux, d’acide chlorhydrique et de vapeur d’acide hypo-azotique. Toutefois la combinaison du camphre avec les gaz acides ne présente pas la fixité des combinaisons définies; elle variebeaucoup avec le degré de température et l’intensité de la pression. Ainsi à + 2â°, et à une pression de 0ni,52â, 100 parties de camphre absorbent 25,5 d’acide sulfureux, tandis qu’elles en absorbent 72 parties à + 2° et à 0m,650, et 70,5 parties à -f- U° et à 0m,70 (M. Bineau).
Le sulfite de camphre dissout, en conservant l’état liquide, une quantité de camphre d’autant plus grande que la température est plus élevée. Le produit saturé de camphre à 20° en contient U parties pour 1 partie d’acide sulfureux.
La proportion de gaz acide chlorhydrique qu’absorbe le camphre , quoique très variable, l’est moins cependant que celle du gaz sulfureux. Elle se trouve, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de celle qui correspondrait à des volumes égaux de vapeur de camphre et de gaz acide chlorhydrique.
L’acide hypo-azotique forme avec le camphre un composé liquide ; en faisant intervenir l’acide sulfureux, il se produit une combinaison blanche, cristalline, déliquescente, qui se décompose spontanément au contact de l’air.
Le camphre, soumis à l’action d’un mélange réfrigérant, absorbe la vapeur d’acide sulfurique anhydre, et produit une masse molle, bleuâtre, dont l’eau sépare la plus grande partie du camphre sans aucune altération.
Les acides hydrofluosilicique et sulfhydrique n’ont aucune action sur le camphre, à la température ordinaire.
Lorsqu’on fait bouillir le camphre avec l’acide azotique, il se produit d’abord de l’azotate de camphre qu’un excès d’acide azotique transforme en un acide particulier auquel on a donné le nom d'acide camphorique.
Exîractioai.
Le camphre s’extrait au Japon, en distillant avec une petite quantité d’eau les branches du La, unis camphora. En Europe, on raffine ordinairement le camphre en le distillant avec de la chaux vive.
L’essence de lavande laisse déposer une substance solide qui est identique avec le camphre du La, unis camphora ; les essences de valériane et de semen-contra peuvent se transformer en camphre lorsqu’on les traite par l’acide azotique (MM. Dumas, Labours et Gerhardt).
ESSENCES
ACIDE G AMPHORIQUE. C20Hl4O6,2HO.
. . . . 2Zi,00
(HO)2
Propriétés.
L’acide camphorique cristallise en petites aiguilles d’une saveur acide et amère ; peu solubles dans l’eau froide, très solubles dans l’eau cliaude, solubles dans l’alcool et l’étlier ; fusibles à 70°. Lorsqu’on le chauffe à une température plus élevée, il se transforme en acide camphorique anhydre. L’acide camphorique est bibasique. Les camphorates sont représentés par la formule générale (MO)2,C20H14O6.
L’acide camphorique dévie à droite les rayons de lumière polarisée comme le camphre, dont il dérive par une simple oxydation (M. Bouchard at).
L’acide camphorique, traité par l’acide sulfurique anhydre, forme à chaud un acide appelé acide sulfocamphorique , qui a pour formule C9H703S02,3H0 (Walter). Cet acide cristallise en prismes à six pans, incolores, très solubles dans l’eau, d’une saveur très acide, solubles dans l’alcool et l’éther : il se décompose par la chaleur.
Préparation.
On prépare ordinairement l’acide camphorique en chauffant dans une cornue de verre un mélange formé de 1 partie de camphre et de 10 parties d’acide azotique du commerce ; la liqueur évaporée est traitée ensuite par du carbonate de potasse qui détermine ainsi la séparation du camphre en excès ; on fait cristalliser le camphorate de potasse dont on retire l’acide camphorique à l’aide de l’acide azotique.