‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 126 sur 300 · TÉRÉBENTHINE ORDINAIRE · texte numérisé non relu

TÉRÉBENTHINE ORDINAIRE

La térébenthine ordinaire provient du P inus Larix (Lai'ix europœa).

Pour extraire la térébenthine, on enlève, à partir de quelques centimètres de terre, une bande d’écorce de 0m,12 de large sur 0n,,30 de haut ; on pratique alors une incision de 0m,007 de profondeur sur 0'",03 de hauteur, et l’on place au-dessous de l’incision une petite terrine dans laquelle vient se rendre la térébenthine. Lorsque la matière résineuse ne s’écoule plus, on pratique une nouvelle incision au-dessus de la première, et ainsi de suite jusqu’à la hauteur de 5 mètres.

Un arbre, dans les Landes, dure soixante-quinze ans et peut donner par an U kilogrammes de térébenthine.

On purifie la térébenthine, qui est toujours mélangée de matières ligneuses) en l’exposant au soleil et à la vapeur, puis en la décantant lorsqu’elle est devenue liquide. La partie solide est distillée dans des appareils de fonte ou de cuivre : c’est elle qui donne l’essence.

125 kilogrammes de térébenthine donnent environ 15 kilogrammes d’essence et 110 de matière résineuse qui porte le nom de colophane.

! Lorsque le bois est épuisé, on le coupe en morceaux, et en le distillant on obtient un goudron qui, mélangé au brai gras, sert dans le calfatage des navires.

COLOPHANE

Cette résine n’est pas un principe immédiat pur : elle contient tantôt deux, tantôt trois acides isomériques, qui sont désignés sous les noms d 'acides pinique, pimarique et sylvique. Ces trois acides ont le même équivalent, qui est exprimé par C40H2903,H0. Leurs sels ont pour formule M0,C40H29O3. (M. Laurent.)

L’acide pinique constitue la résine amorphe qui se trouve dans la colophane. Il présente beaucoup d’analogie avec l’acide sylvique.

Pour l’obtenir, on traite à froid la colophane par de l’alcool à 72°, puis on verse de l’acétate de cuivre dans la dissolution. 11 se précipite du pinate de cuivre qu’on recueille sur un filtre et qu’on décompose ensuite par un acide minéral, après l’avoir lavé soigneusement.

L’acide sylvique est insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther, l’acide acétique concentré, l’huile de naphte et l’essence de térébenthine. Il fond à 125" environ, et forme avec la potasse, la soude et l’ammoniaque, des sels solubles et incristallisables.

La dissolution alcoolique d’acide sylvique, abandonnée à elle-même, v. 19

RÉSINES

dépose au bout de quelque temps une substance particulière, Y acide oxysylvique (M. H. Rose).

On obtient ordinairement l’acide sylvique en épuisant à chaud, par de l’alcool, les résidus de la préparation de l’acide pinique. L’extrait alcoolique dépose en se refroidissant des lames rhomboïdales d’acide sylvique qu’on lave rapidement avec de l’alcool.

La térébenthine qui s’écoule du Pinus maritima contient , à la place de l’acide pinique, un autre acide quia été décrit sous le nom d ' acide pimarique. L’acide pimarique cristallise en prismes à base rectangulaire ou en prismes droits à six pans. 11 est soluble dans l’alcool bouillant et surtout dans l’éther ; il fond à 125° (M. Laurent).

L’acide pimarique cristallisé se transforme à la longue en acide pimarique amorphe , qui ressemble beaucoup à l’acide pinique, s’il n’est l’acide pinique même. L’acide pimarique qui a été fondu n’éprouve aucune modification. L’acide pimarique cristallisé dans l’alcool exige, pour se dissoudre, 10 fois son poids de ce liquide, tandis que le même acide, après avoir été fondu et réduit en poudre, peut se dissoudre presque instantanément dans son propre volume d’alcool. Cette dissolution est accompagnée d’une circonstance digne de remarque : une partie considérable de l’acide pimarique se sépare de la liqueur et repasse à la modification cristallisée (M. Laurent).

Lorsqu’on soumet l’acide pimarique à la distillation, il se forme un acide identique avec l’acide sylvique, et une substance huileuse C40H28O2 nommée pimarone (M. Laurent).

L’acide pimarique, dissous dans l’acide sulfurique concentré, puis précipité par l’eau, éprouve une hydratation, perd sa propriété. de cristalliser et se change en acide hydropimarique C4üH3004,H0.

Quand on traite l’acide pimarique par l’acide azotique, on produit un acide nommé acide azomorique ou nitromarique , et qui a pour formule C40H26(Az04)208 (M. Laurent).

Cet acide est jaune, amorphe, résineux et insoluble ; par la chaleur, il se ramollit et se décompose en entrant en fusion. Son sel ammoniacal, qui est très soluble, se dessèche en plaques transparentes d’un rouge orangé. L’acide azomarique est bibasique,

M. Caillot a trouvé dans la térébenthine de Strasbourg une substance cristalline qu’il a nommée abiétine , et qui est accompagnée d’acide abiétique. Ce chimiste a constaté dans cette térébenthine la présence de l’acide succinique.

La colophane est décomposée par la distillation. 1200 kilogrammes de résine donnent, quand on les distille, U5 kilogrammes d’huile essentielle, MO kilogrammes d’huile peu volatile, 950 kilogrammes de goudron.

On trouve dans les produits de cette dissolution quatre carbures d’hy-

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