‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 125 sur 300 · HÉSITES · texte numérisé non relu

HÉSITES

Les plantes appartenant à la famille des crucifères ne donnent pas d’essence, quand, au lieu de les distiller avec de l’eau, on les dessèche préalablement et qu’on les chauffe à 100°; lorsqu’on les épuise par de l’alcool, ce liquide ne contient pas d’huile, et le résidu distillé avec de l’eau ne fournit aucune essence. Il résulte des expériences de M. Pless : 1° Que les grains et les feuilles du Thlaspi arvense , distillés avec de l’eau, donnent un mélange d’essence de moutarde et d’ail ; 2° que la première de ces deux essences se produit seule par la distillation, en présence de l’eau et des plantes suivantes: Iberis amara; Capsella Bursa-pastoris; Raphanus Raphanistrum ; Sisymbrium officinale. D’après M. Wertheim, les racines d Wlliaria offic inalis cpntien neip au priptemps une petite quantité d’essence identique avec l’huile essentielle de moutarde. Le Lepidium ruderale , le Lepidium sativum , et le Lepidium compostum , fournissent une essence sulfurée différente des essences de moutarde et d’ail.

L'essence de la graine de capucine (Tropœolum majus) et l’essepce d’assa fœtida contiennent du soufre.

On reconnaît facilement les huiles sulfurées en mettant l’eau saturée de ces huiles avec du zinc et de l’acide sulfurique; l’hydrogène qui se dégage est mêlé alors d’acide sulfhydrique (M. Bernays).

RÉSINES

GÉNÉRALITÉS SUR LES RÉSINES

Les substances résineuses ont une grande importance industrielle. Elles sont abondantes dans la végétation ; mais leur étude chimique laisse encore beaucoup à désirer. On les extrait ordinairement en pratiquant sur les troncs de certains arbres des incisions qui laissent écouler des mélanges de résine et d’huile essentielle. On opère la séparation de ces deux corps en distillant la résine naturelle à feu nu ou bien en présence de l'eau.

Les résines présentent un certain nombre de propriétés générales qui ont été exposées dans un travail remarquable (pie l’on doit à M. Unverdorben. Leur consistance est variable. Elles sont souvent solides et translucides ; on les obtient rarement incolores. Quelques-unes sont plus lourdes que l’eau ; elles deviennent électriques par le frottement et ne conduisent pas l’électricité.

Les résines sont toutes insolubles dans l’eau et solubles dans l’alcool à chaud ; leur dissolution alcoolique, mélangée avec de l’eau, devient laiteuse et la résine s’en sépare. Quelques-unes, telles que la résine copal, sont insolubles dans l’alcool.

GÉNÉRALITÉS SUR LES RÉSINES. 287

La plupart des résines sont solubles dans l’éther. Cependant quelquesunes, comme la résine cle jalap, ne s’y dissolvent pas.

En général, les résines se dissolvent dans les huiles fixes et les huiles volatiles.

Quelques résines peuvent cristalliser, mais en général elles sont incristallisables. Lorsqu’on les soumet à l’action de la chaleur, elles se ramollissent, entrent en fusion et donnent naissance par la distillation à des carbures d’hydrogène solides, liquides et gazeux, à de l’acide phénique, etc.

Elles sont toutes combustibles : leur flamme est peu éclatante, très fuligineuse et laisse un dépôt charbonneux. L’oxygène n’exerce pas ordinairement d’action sur les résines ; on cite cependant la résine de gaïac, qui, exposée à l’air, se colore fortement en bleu .

Le chlore décolore les résines ; l’acide sulfurique les dissout souvent sans les altérer; quelquefois il les colore en rouge. Lorsqu’on chauffe un mélange d’acide sulfurique et de résine, il se dégage de l’acide sulfureux, de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, et l’on obtient un résidu qui a reçu le nom de tannin artificiel. M. Chevreul a soumis les tannins artificiels à une étude générale, et a démontré qu’ils étaient formés par la combinaison de la substance organique avec l’acide sulfurique. Cette observation peut être considérée comme le point de départ des recherches qui ont été entreprises dans la suite sur les acides doubles.

Les alcalis dissolvent souvent les résines, qui se comportent dans ce cas comme des acides faibles. L’acide azotique les oxyde avec énergie.

M. Lnverdorben a proposé de diviser les résines en résines positives et résines négatives. Les résines négatives ou acides, comme la colophane, rpugissent les couleurs végétales et se combinent avec les bases. Les résines positives ou indifférentes ne s’unissent pas aux bases et n’exercent, aucune action sur les couleurs végétales.

Les résines forment avec les bases des sels qui portent le nom de résiliâtes^ et que l’on nomme improprement savons de résines. Les savons de résines moussent dans l’eau comme les savons formés par les corps gras, mais ils ne sont pas précipités par le sel marin Gomme les savons ordi naires.

M. Unverdorben a démontré que les résines sont ordinairement des mélanges de plusieurs corps résineux qu’il a séparés, soit au moyen des dissolvants tels que l’alcool, l’éther et l’essence de térébenthine, soit en ajoutant dans les dissolutions alcooliques de résines, des dissolutions également alcooliques de sels métalliques, tels que les acétates de plomb ou de cuivre qui précipitent certaines résines en combinaison avec l’oxyde métallique et laissent les autres en dissolution dans l’alcool. M. Unverdorben a donné aux corps résineux extraits d’une résine naturelle les noms de : résine alpha, bêta , gamma , etc.

RESINES.

Les résines dérivent en général de carbures d’hydrogène ou d’huiles essentielles qui, en absorbant l’oxygène, se résinifient. C’est ainsi que l’essence de térébenthine C20H16 se transforme en colophane C20Hl6O2 en absorbant 2 équivalents d’oxygène.

Quelques chimistes admettent que les carbures d’hydrogène, ou les essences dans leur résinification, perdent de l’hydrogène en absorbant l’oxvgène.

On a divisé les substances résineuses en cinq classes :

La première comprend les matières résineuses qui sont formées par une huile et une résine acide.

On place dans la seconde classe les substances résineuses qui contiennent une huile et une résine neutre.

La troisième comprend les résines qui ne sont pas accompagnées d’huiles volatiles.

On range dans la quatrième classe les gommes-résines , c’est-à-dire les substances qui peuvent être considérées comme des mélanges de résine et de matière gommeuse.

La cinquième classe comprend les baumes.

TÉRÉBENTHINES,

Les térébenthines sont des composés naturels formés par le mélange d’une résine acide de consistance molle avec une huile essentielle. Elles proviennent, pour la plupart, des arbres de la famille des conifères. Les principales sont :

La térébenthine de Bordeaux qui appartient au Pinus maritima : elle est d’une odeur désagréable, d’une saveur âcre et amère.

La térébenthine de Venise , d3 Alsace : elle provient du Pinus Picea (Abies pect inata) ; elle est transparente; sa saveur est amère.

La térébenthine ordinaire ou des Vosges découle du Pinus Larix ( Larix europœd).

La térébenthine de Boston , du Pinus austral is.

La térébenthine d3 Amérique provient du Pinus Sfrobus.

La térébenthine de Hongrie , du Pinus Mughus.

La térébenthine des monts Carpathes, du Pinus Cimbra.

Le baume du Canada provient de VAbies balsamea : il est presque incolore, d’une saveur âcre.

Le baume de la Mecque découle du Balsamodendron gileadense et opo balsamum .

La térébenthine de Chio est produite par le Pistacia Terebinthus : elle est d’une couleur citrine verdâtre, d’une odeur agréable, analogue à celle du fenouil, d’une saveur parfumée.

COLOPHANE

La sandar tique s’extrait du Juniperus commuais.

Le baume de copahu provient des ( lapai fera officinalis et hijuga (famille des légumineuses).

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