SUCCIN. — AMBRE JAUNE. — ÉLECTRON
Ce corps doit être considéré comme une résine fossile ; il se trouve dans les terrains d’argile plastique et dans la partie inférieure des terrains crétacés. On le récolte surtout sur les côtes méridionales de la Baltique, en Prusse. Il forme des rognons jaunes et transparents, assez semblables à la gomme, mais plus fragiles. Sa cassure est conchoïde ; sa couleur varie du jaune au brun. Sa densité est 1,081. Il fond à 287°; il brûle en répandant une odeur agréable, et laisse un résidu charbonneux; il est insoluble dans l’eau : l’alcool absolu ou l’étlier n’en dissolvent que 10 à 12 pour 100 de leur poids ; après avoir été fondu, le succin est devenu complètement soluble dans l’alcool ; ainsi modifié, il peut entrer dans la composition du vernis.
L’acide sulfurique concentré dissout le succin en prenant une teinte brune; l’eau, versée dans la dissolution, en sépare une combinaison de succin et d’acide sulfurique (M. Unverdorben).
Le succin, soumis à la distillation, donne : 1° plusieurs carbures d’hydrogène liquides, dont le point d’ébullition varie de 1Û0° à 190°; ces carbures sont isomériques avec l’essence de térébenthine ; 2° une matière cireuse qui se compose d’une substance jaune identique avec le chrysène et d’un corps cristallin blanc, que l’on a nommé succitérene ; 3° un acide volatil, Y acide succinique.
On obtient une plus grande quantité d’acide succinique en grillant le succin avec une faible proportion d’acide sulfurique. L’acide succinique paraît, du reste, préexister en partie dans le succin, car on peut le retirer en traitant cette résine, préalablement pulvérisée, par des dissolutions alcalines.
Le succin, distillé avec une dissolution concentrée de potasse caustique, produit un sublimé cristallin, identique avec le camphre ordinaire (Reich). Déjà M. Dœpping avait annoncé que le succin, traité par l’acide azotique, donne naissance à du camphre.
RÉSINE ICICA.
Cette résine a été étudiée par M. Francis Scribe. Elle se présente sous la forme de petites masses ou de grains opaques d’un blanc jaunâtre, d’une odeur douce et agréable. La résine icica est à peu près insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, plus soluble dans l’essence de térébenthine. Sa dissolution alcoolique ne précipite ni les sels de plomb, ni les sels d’argent.
On doit considérer la résine icica comme un mélange de trois résines
neutres, la bréane , Yicicane et la colophane , que l’on peut séparer en profitant de la différence de leur solubilité dans l’alcool.
La bréane est blanche, nacrée, sèche au toucher ; elle cristallise facilement en petites aiguilles radiées, non phosphorescentes, parfaitement neutres, brûlant avec une flamme fuligineuse, insolubles dans l’eau et les alcalis, presque insolubles à froid dans l’alcool, fusibles à 157°.
L’icicane diffère de la bréane par sa composition et par sa solubilité dans l’alcool, qui dissout 1/100 de bréane et 2/100 d’icicane. Elle paraît avoir beaucoup d’analogie avec la céroxyline.
La résine de gaïac est d’un brun verdâtre, friable, soluble en partie dans l’alcool, l’éther, l’essence de térébenthine, et insoluble dans les huiles grasses. Son odeur rappelle celle du benjoin, sa saveur est âcre ; elle laisse dans la gorge une sensation de chaleur prononcée.
L’acide azotique dissout la racine de gaïac en prenant une teinte verte; l’eau, versée en petite quantité dans la dissolution, y détermine la formation d’un précipité vert, tandis que la liqueur se colore en bleu ; l’addition d’une nouvelle quantité d’eau rend le précipité bleu et la liqueur brune.
La potasse et l’acide sulfurique dissolvent facilement la résine de gaïac. Le sous-acétate de plomb la précipite complètement de sa dissolution alcoolique.
La résine de gaïac a pour propriété caractéristique de se colorer en bleu sous l’influence des rayons violets du spectre et de se décolorer par les rayons rouges. Ce phénomène de coloration est dû évidemment à une oxydation, car il peut être produit immédiatement par le chlore. L’acide sulfureux décolore la résine de gaïac bleue.
On peut retirer delà résine de gaïac un acide particulier, 1 ’ acide ga'iacique (M. Thierry), qui a pour formule C12H806 (M. Deville). L’acide gaïacique cristallise en aiguilles. II est très soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, et se convertit facilement en gaïacyle.
Les produits de la distillation de la résine de gaïac ont été examinés par MM. Pelletier, Deville et Sobrero. On a obtenu d’abord une substance huileuse qui a été nommée gaïacyle , et qui a pour formule C10H8O2. Cette substance est incolore ; son odeur rappelle celle de l’essence d’amandes amères; elle bout à 118°. Sa densité est 0,87û. Le gaïacyle, exposé à l’air, absorbe l’oxygène et se transforme en une substance blanche et cristallisable en très belles lames.
Le gaïacyle est accompagné d’une autre substance liquide que l’on a nommée hydrure de gaïacyle, e t qui a pour formule C,4H804. Ce corps ne
IÎESINES.
diffère de l’hydrure de salicyle que par 2 équivalents d’hydrogène qu’il contient en plus. Il est incolore. Sa densité à 22° est 1,119; il bout à 210°; sa densité de vapeur est 4,9. Il est peu soluble dans l’eau, mais il se dissout dans l’alcool et l’éther ; il s’unit aux bases, et donne avec elles des composés cristallins ; il réduit les sels d’or et d’argent et ramène au minimum les sels de peroxyde de fer et de cuivre. Il forme, quand on le traite par le chlore et le brome, des acides cristallisés qui sont représentés par les formules C14H4C1404 — Cl4H4Br404.
La résine de gaïac provient du Guajacurn officinale.