BENJOIN
Ce baume contient plusieurs résines différentes, de l’acide benzoïque et une huile essentielle d’une odeur agréable, analogue à l’hydrure de benzoïle et formant par son oxydation de l’acide benzoïque.
On peut admettre que le benjoin, au moment où il vient d’être sécrété, contenait deux substances liquides différentes : l’une qui a produit la partie résineuse du baume, et l’autre qui, en s’oxydant, s’est transformée en acide benzoïque.
Le benjoin, soumis à la distillation, donne naissance à plusieurs huiles parmi lesquelles on trouve de l’éther benzoïque (M. Cahours). Il est probable que cet éther benzoïque ne s’est pas formé par la distillation, mais qu’il provient du sucre du végétal qui, en fermentant en présence de l’acide benzoïque, a produit l’éther benzoïque.
On retrouve encore, parmi les produits de la distillation du benjoin, de l’acide phénique.
L’action de l’acide azotique sur le benjoin donne des dérivés appartenant à la série benzoïque et à la série phénique. L’acide sulfurique produit un acide double et deux résines.
Le benjoin sert à préparer l’acide benzoïque. 11 entre dans la composition du baume du Commandeur. Dissous dans l’alcool, il forme le lait virginal.
RÉSINE DE XANTHORRHEA HASTILIS.
Cette résine a été examinée par M. Stenhouse. Elle est d’une couleur jaune rouge, d’une odeur agréable, soluble dans l’alcool et dans l’éther.
RESINES.
Sa dissolution dans l’hydrate de potasse, traitée par l’acide chlorhydrique, laisse déposer de l’acide benzoïque et de l’acide cinnamique. L’acide azotique la convertit en acide carbazotique. Par la distillation, cette résine donne une huile volatile neutre et légère qui possède toutes les propriétés du cinnamène et une huile pesante et acide qui a les mêmes propriétés que l’acide pliénique.
MYROXOCARPINE. C48H3506.
Cette substance , extraite par M. Stenhouse du baume qu’exsude une espèce de Myrospermum des environs de San-Sonate , présente l’aspect de prismes incolores, qui sont fusibles à 115°, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther.
Le chlore attaque à chaud la myroxocarpine et la convertit en une matière amorphe. L’acide azotique bouillant la transforme en acide oxalique et en un corps incristallisable.
Nous ferons suivre l’étude des principales résines d’un tableau contenant. quelques caractères de plusieurs résines encore imparfaitement connues :
VEKNIS.
VERNIS
Les substances résineuses dont nous venons d’indiquer les principale^ propriétés sont ordinairement employées à la confection des vernis.
Un vernis peut être considéré comme une dissolution d’une ou de plusieurs matières résineuses dans un liquide volatil ou pouvant se dessécher à l’air.
La qualité d’un vernis dépend en général de la dureté de la résine qu’on a dissoute. Nous donnons la liste des principaux corps qui entrent dans la composition des vernis :
Liquides dissolvants.
Corps solides.
Colorants.
Huile d’œillette.
Copal.
Gomme-gutte.
Huile de lin.
Succin.
Sang-dragon.
Essence de térébenthine.
Mastic.
Aloès.
Essence de romarin.
Sandaraque.
Safran.
Alcool.
Laque.
Éther.
Élémi.
Esprit de bois.
Benjoin.
Acétone.
Colophane.
Arcanson.
Animé.
Caoutchouc.
Plusieurs résines peuvent entrer immédiatement dans la composition des vernis; mais d’autres, telles que la laque et le copal, demandent une préparation préalable qui détermine leur solubilité dans l’alcool et l’éther.
Des observations fort importantes, que l’on doit à MM. Soelmée, démontrent que l’on rend la résine laque soluble dans l’alcool en la laissant s’oxyder à l’air.
Les bons vernis doivent présenter les caractères suivants :
1° Après la dessiccation, ils doivent rester brillants, sans présenter un aspect gras ou terne.
T Us doivent adhérer intimement à la surface des corps, et par conséquent ne pas s’écailler, même au bout d’un temps assez long.
3° Leur dessiccation doit être aussi rapide que possible, sans que leur dureté soit diminuée.
On donne le nom de vernis gras aux vernis qui contiennent une certaine quantité d’huile grasse siccative. On emploie en général, dans les vernis gras de bonne qualité, le copal ou le succin.
Les vernis à l’alcool peuvent supporter le poli, mais présentent en général moins de solidité que les vernis à l’essence : l’alcool, en effet,
VERNIS
s’évapore plus rapidement que l’essence et laisse comme résidu la substance résineuse pure ; tandis que l’essence de térébenthine, s’oxydant au contact de l’air, forme une couche résineuse qui donne de la fixité aux résines. L’essence de térébenthine appliquée sur un objet pourrait produire à elle seule une sorte de vernis. On corrige souvent la sécheresse des vernis à l’alcool en y ajoutant une certaine quantité de substances huileuses ou bien des résines molles.