COMPOSITION DE QUELQUES VERNIS
Vernis siccatif pour meubles.
Copal tendre.
Sandaraque.
Mastic . . . , Térébenthine Verre pilé .
Alcool . . . .
90 grammes.
Vernis pour violons.
Sandaraque
Laque en grains
Mastic
Benjoin
Verre pilé
Térébenthine
Alcool
120 grammes.
Vernis à poncer pour meubles.
Sandaraque 050 grammes.
Mastic 26
Sarcocolle 25
Térébenthine de Venise 30
Benjoin 8
Alcool 500
Vernis pour donner au laiton la couleur de l’or.
Laque en grain. . . .
Succin fondu. ....
Gomme-gutte ....
Extrait de santal rouge
Sang-dragon
Safran
Verre en poudre. . . , Alcool
180 grammes.
VERNIS
Vernis pour les peintres.
Sandaraque
Mastic
Térébenthine de Venise
Huile de lin cuite
Essence de térébenthine
120 grammes.
Vernis changeant pour métaux.
Laque en grains
Sandaraque
Sang-dragon
Curcuma
Gomme-gutte
Verre pilé
Térébenthine
Essence de térébenthine
120 grammes.
Vernis à l’essence pour tableaux.
Mastic
Térébenthine
Camphre
Verre pilé
Essence de térébenthine
360 grammes.
Vernis de snccin pour le bois doré.
Colophane
Succin
Élémi
Essence de térébenthine
15 grammes. .
Vernis pour fer.
Colophane
Sandaraque
Gomme-laque
Essence de térébenthine
Alcool
120 grammes.
Vernis à graver sur enivre.
Cire jaune
Mastic
Asphalte
Vernis pour graver sur verre.
46 grammes.
Mastic
Térébenthine
Huile d’aspic
15 grammes.
CAOUTCHOUC
CAOUTCHOUC. C8H7
Historique.
Cette substance, décrite en 1751 par la Condamine, a été étudiée principalement par MM. Faraday et Payen.
MM. Gregory, Bpuchardat et Himly ont examiné les produits de la distillation du caoutchouc.
Propriétés.
A 25°, le caoutchouc pur est incolore, transparent, inodore, insipide, mou, flexible, extrêmement élastique et plus léger que l’eau : sa densité est égale à 0,925. 11 ne conduit pas l’électricité. Ses surfaces, récemment coupées, se soudent immédiatement entre elles.
En examinant au microscope une mince lame de caoutchouc, on reconnaît qu’elle est remplie de pores irrégulièrement arrondis, communiquant parfois entre eux, et qui se dilatent sous l’influence des liquides. Ainsi, un morceau de caoutchouc immergé pendant un mois dans l’eau en absorbe environ 26 pour 100.
Le caoutchouc est insoluble dans l’eau et l’alcool. A froid, le sulfure de carbone, l’éther, la benzine, l’huile de pétrole, le pénètrent rapidement, le gonflent et le dissolvent en partie.
L’action de ces dissolvants sur le caoutchouc prouve évidemment que ce corps n’est pas un principe unique. On a pu retirer en effet du caoutchouc du commerce, outre de petites quantités d’essence, de substance grasse, d’albumine végétale et de matière colorante :
1° Une partie facilement soluble, ductile et présentant une forte adhésion avec les corps sur lesquels on l’applique ;
2° Une autre partie élastique, tenace et peu soluble.
Si l’on fait réagir à l’ébullition les dissolvants que nous venons de citer sur le caoutchouc, ce corps paraît se dissoudre ; mais ce que l’on considère généralement comme une dissolution, n’est qu’un mélange formé par l’interposition de la partie qui s’est dissoute dans les pores de la partie insoluble, qui s’est gonflée considérablement et est alors devenue facile à désagréger. C’est en employant une quantité suffisante de dissolvant, renouvelée sans agitation afin de ne pas désagréger la partie gonflée, que l’on est parvenu à séparer les deux principes constituants du caoutchouc.
CAOUTCHOUC
Les proportions dans lesquelles on trouve ces deux principes varient j avec la qualité du caoutchouc et la nature du dissolvant employé : l’éther anhydre extrait du caoutchouc de couleur ambrée 66 pour 100 de substance soluble blanche ; l’essence de térébenthine sépare de la variété commune du caoutchouc U9 pour 100 de matière soluble de . couleur jaune.
Le meilleur dissolvant du caoutchouc est un mélange de 6 à 8 parties d’alcool absolu et de 100 parties de sulfure de carbone. (M. Payen.)
Le caoutchouc est altéré par les acides sulfurique et azotique concen- ■ très ; mais il résiste à l’action du chlore et de la potasse. Lorsqu’on le \ refroidit à 0°, il se durcit fortement et ne reprend sa souplesse primitive que sous l’influence de la chaleur. Si on le chauffe graduellement, il perd sa consistance à 120°, devient visqueux à 155°,:et fond à 200° en donnant naissance à une substance huileuse : il parait, dans ce cas, éprouver une modification isomérique. Mis en contact avec un corps en ignition, il prend feu et brûle avec une flamme fuligineuse.
Quand on soumet le caoutchouc à la distillation, il se transforme en différents carbures d’hydrogène : le plus volatil de ces hydrogènes carburés, le caoutchene , entre en ébullition à 1 A-0, 5 ; il cristallise à — 15° en aiguilles brillantes qui fondent à — 10°. Le caoutchène est isomérique avec le gaz oléfiant. La partie la moins volatile des produits de la distillation du caoutchouc contient un autre carbure d’hydrogène également isomérique avec le gaz oléfiant, et qui a été nommé héuéene. Ce carbure bout à 351° et ne se solidifie pas par le froid (M. Bouchardat).
Les produits intermédiaires, dont le point d’ébullition varie entre 33° et 315°, paraissent avoir la composition de l’essence de térébenthine. On a pu en retirer un carbure d’hydrogène bouillant à 171°, et qui a reçu le nom de caoutchine. La caoutchine se combine facilement avec les acides chlorhydrique et bromhydrique. Le chlorhydrate de caoutchine est représenté par la même formule que le camphre artificiel solide de térébenthine (M. Himly).
Ces carbures d’hydrogène sont éminemment propres à la dissolution du caoutchouc.
État naturel. — Extraction.
Le caoutchouc existe dans le suc laiteux de 1 Hevea guianensis, du Ficus elasticci , du Jatropha elasticci , de l’ortie, des euphorbes, des asclépias, du pavot et de la laitue.
Au Brésil, à la Guyane et à «lava, pour se procurer le caoutchouc, on pratique au tronc des arbres des incisions transversales par lesquelles s’écoule un suc laiteux qui tient en suspension 31 pour 100 de caoutchouc. Ce suc est appliqué sur de petites bouteilles d’argile, servant de moules et qui ont la forme de poires. Qn fait ordinairement sécher ces
CAOUTCHOUC
moules à un feu de branchages dont la fumée les colore, puis on les brise; le caoutchouc qui reste conserve la forme de poires. On l’expédie en cet état ou bien après l’avoir tatoué de divers dessins.
En Europe, on rencontre souvent aussi le caoutchouc sous la forme de plaques épaisses. Depuis quelque temps on envoie dans nos contrées le suc naturel : en soumettant ce suc à l’ébullition, l’albumine qu’il contient se coagule et entraîne le caoutchouc.
Pour obtenir le caoutchouc pur, il faut étendre le suc naturel qui le renferme de k fois son poids d’eau, et abandonner le tout au repos pendant vingt-quatre heures. Le caoutchouc se sépare et vient nager à la surface de la liqueur sous la forme de crème. On l’enlève et après l’avoir mis en suspension dans de nouvelle eau, on le laisse se rassembler encore à la surface. En répétant cette opération jusqu’à ce que l’eau de lavage soit parfaitement limpide, on purifie à peu près complètement le caoutchouc. Il suffit alors, pour absorber l’eau dont il est imprégné, de l’étaler sur une plaque de porcelaine dégourdie, et de le comprimer ensuite k l’aide d’une presse (M. Faraday).
Usages.
Les usages du caoutchouc sont nombreux, et chaque jour une application nouvelle de cette substance à l’industrie donne au caoutchouc une importance plus considérable :
En 1852, on a consommé en France 362 700 kil . de caoutchouc valant \ 088 000 fr. En 1853 — âOO 000 — 2 500 000 fr.
(M. Payen.)
Le caoutchouc sert à effacer les traces tie crayon sur le papier ; il entre dans la composition de la glu-marine , mélange remarquable par la forte adhésion qu’il détermine entre les pièces de bois contre lesquelles on l’applique.
La glu-marine est une dissolution de caoutchouc dans l’huile essentielle de goudron, à laquelle on ajoute de la gomme laque. On l’emploie à une température de 120° environ , pour la construction de mâts d’assemblage, pour réparer les cassures faites à la mer dans la mâture, les vergues, etc.
Le caoutchouc sert k préparer les tubes si fréquemment employés dans les laboratoires de chimie. On en fabrique certains instruments de chirurgie qui exigent de la souplesse et de la flexibilité ; mais son principal usage consiste dans la préparation des draps imperméables, des chaussures, des bretelles et des autres objets d’habillement qui demandent de l’élasticité.
Les dissolvants dont on fait usage dans les arts pour dissoudre le caoutchouc sont : l’éther, le sulfure de carbone, l’huile de goudron de
CAOUTCHOUC
houille, divers carbures d’hydrogène, et particulièrement ceux qui proviennent de la distillation même du caoutchouc; le liquide employé généralement est l’essence de térébenthine bien rectifiée.
Caoutchouc volcanisé. — On se sert beaucoup dans les arts du caoutchouc sulfuré, que l’on désigne généralement sous le nom de caoutchouc volcanisé.
Le caoutchouc acquiert par cette sulfuration des propriétés qui le rendent précieux pour l’industrie. Ainsi, tandis que le caoutchouc ordinaire durcit à mesure que la température s’abaisse au-dessus de 0°, ou se ramollit par l’action d’une chaleur de 30°, le caoutchouc volcanisé reste parfaitement flexible malgré le froid, et n’acquiert pas même à 50° cette mollesse qui oblige à restreindre les usages du caoutchouc pur. De plus, il ne présente aucune adhérence avec les corps sur lesquels on l’applique.
Il résulte d’expériences nombreuses, exécutées dans le but de connaître les conditions indispensables à la volcanisation du caoutchouc et la nature des produits de cette opération :
1° Que le caoutchouc plongé dans le soufre maintenu à 115° absorbe par capillarité 15 centièmes de son poids de soufre, sans que ses propriétés se modifient ;
2° Que la sulfuration exige pour s’effectuer une température de 150° environ, soutenue seulement pendant quelques minutes, car l’action de la chaleur, en se prolongeant, détermine l’absorption d’une plus grande quantité de soufre, qui rend le caoutchouc dur et fragile ;
3° Que pendant la réaction du soufre sur le caoutchouc, il se dégage constamment de l’hydrogène sulfuré sans que la composition du caoutchouc paraisse changer ;
U° Que le caoutchouc sulfuré convenablement retient seulement 1 à 2 centièmes de son poids de soufre en combinaison. Le reste de ce qui est absorbé, c’est-à-dire 15 ou 20 centièmes, se trouvant interposé dans les pores et pouvant être extrait, soit à l’aide de dissolvants tels que l’éther , la benzine , le sulfure de carbone , etc. , soit par une action mécanique comme le frottement, les extensions et contractions alternatives.
C’est à la présence de ce soufre interposé qu’on doit attribuer les altérations que subit le caoutchouc volcanisé lorsqu’on le chauffe au-dessus de 120°, ou bien lorsqu’on le laisse longtemps en contact avec certains métaux, tels que l’argent, le plomb, l’or, etc. Sous l’influence de la chaleur, le soufre, existant à l’état libre, se combine avec le caoutchouc et le rend cassant ; les métaux, de leur côté, se sulfurent et diminuent ainsi les proportions de soufre qui entrent dans la composition d’un caoutchouc volcanisé de bonne qualité.
Du reste, la combinaison du soufre interposé et du caoutchouc s’effectue