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TRAITEMENT INDUSTRIEL DU CAOUTCHOUC

Nous donnons ici le résumé des principales transformations que

CAOUTCHOUC

subit le caoutchouc brut pour être converti en feuilles, en lames, et en étoffes.

Les détails de ce traitement nous ont été fournis par l’excellent précis de chimie industrielle publié dernièrement par M. Payen.

Les lames et les bouteilles de caoutchouc, suffisamment amollies par une immersion dans de l’eau à â0°, sont réduites en fragments que l’on convertit, à l’aide de la chaleur et d’une pression suffisante, en pains on blocs.

Ces blocs ainsi obtenus servent à préparer tous les objets de caoutchouc.

Feuilles de caoutchouc. — Pour obtenir des feuilles de caoutchouc, on peut soumettre un bloc à l’action d’un couteau mécanique, ou bien le faire passer entre les cylindres échauffés d’un laminoir : le premier procédé donne des lames épaisses; le second procédé les feuilles minces de caoutchouc.

Les feuilles minces de caoutchouc sont éminemment propres à la confection des pâtes et des dissolutions de caoutchouc. 11 ne faut, en effet, que les réduire en fragments et les broyer sous des cylindres, après les avoir plongées pendant vingt-quatre heures dans deux ou trois fois leur poids d’essence de térébenthine, pour les convertir soit en une pâte convenable pour souder le caoutchouc, soit en une solution qui sert à préparer les tissus imperméables.

Tissus imperméables. — Le caoutchouc s’applique sur les tissus par deux méthodes différentes :

La première méthode consiste à étendre successivement sur l’étoffe des couches de caoutchouc pâteux, en ayant soin de n’appliquer chacune d’elles que quand celle qui précède est complètement sèche.

La seconde méthode consiste à placer une feuille peu épaisse de caoutchouc entre deux tissus, et à soumettre le tout à l’action d’un laminoir. Cette dernière méthode présente, sur la première, l’avantage de fournir des tissus imperméables qui n’ont pas l’odeur désagréable que les dissolvants employés dans la préparation des pâtes de caoutchouc, communiquent aux objets caoutchoutés.

Feuilles de caoutchouc portant /’ empreinte d’étoffes. — Cette fabrication toute nouvelle est fort simple. Le caoutchouc, réduit en pâte, mêlé de soufre et coloré, est engagé dans un laminoir d’où il sort en feuilles minces qui s’enroulent dans un tube de tôle. On interpose entre chaque tour de la feuille de caoutchouc un tissu damassé ou rayé, selon le dessin que l’on veut obtenir. Les cylindres de tôle, maintenus par une enveloppe de toile lacée, sont fortement serrés et chauffés à 1 35°. Le caoutchouc se gonfle, se volcanise et garde ensuite par le refroidissement l’empreinte du tissu interposé, ce qui lui donne l’aspect d’une étoffe.

Caoutchouc durci. — On peut, en mélangeant le caoutchouc avec du

GUTTA-PERCHA

brai sec, du soufre et de la magnésie, lui communiquer une dureté qui permet de le tailler en forme de peigne, de baleines, etc. Les divers objets que l’on fabrique ainsi n’ont peut-être pas la flexibilité de la corne et des fanons de baleine, mais leur homogénéité parfaite les rend moins cassants : ils présentent l’inconvénient grave de développer une odeur très désagréable quand on les frotte.

Fils de caoutchouc. — Lorsqu’on veut obtenir des fils de caoutchouc, on découpe à l’emporte-pièce une lame de 1 à 2 centimètres d’épaisseur en disques de 8 centimètres de diamètre ; puis, à l’aide d’un couteau mécanique, on transforme ces disques en spirales ou rubans, que l’on volcanise à froid par immersion. Les spirales volcanisées sont ensuite présentées à une machine qui, à l’aide de cinq ou six paires de ciseaux, les divise en autant de fils.

La fabrication des fils cylindriques de caoutchouc est très simple. Le caoutchouc pâteux est introduit dans un appareil assez semblable à une presse à vermicelle, où, par une forte pression, on le force à sortir en fils déliés, qui se rendent séparément d’abord sur une toile sans fin saupoudrée de talc pour éviter l’adhérence, et ensuite dans des vases cylindriques animés d’un mouvement de rotation qui détermine les fils à s’enrouler en hélice.

Le long parcours qu’est obligé de faire chaque fil sur la toile favorise l’évaporation des dissolvants dont il est imprégné, de sorte qu’il arrive complètement desséché dans le récipient cylindrique destiné à le recevoir.

50 kilogrammes de caoutchouc pâteux peuvent fournir par ce traitement 120 000 mètres de fil cylindrique.

Pour augmenter la finesse de ces fils, on doit les enrouler sur un dévidoir, en les amenant, par une traction convenable, à occuper six fois leur longueur première, et les chauffer ensuite à la température de 150° ; le refroidissement ne les contracte plus.

GUTTA-PERCHA

On trouve depuis quelque temps dans le commerce une substance venant de Chine, que l’on désigne sous le nom de gutta-percha, , et qui offre une certaine analogie avec le caoutchouc.

La gutta-percha ressemble souvent à des rognures de cuir ou à de la corne. Elle est blanchâtre, dure, tenace, flexible et poreuse. Elle conduit mal l’électricité. Sa densité est égale à 0,979.

Sous l’effort d’une traction qui peut doubler sa longueur, la guttapercha prend une texture fibreuse; devenue alors peu extensible, elle résiste facilement à des secousses qui l’auraient rompue dans son état primitif.

GUTTA-PERCHA

Lorsqu’on chauffe la gutta-percha, elle s’amollit et acquiert de l’élasticité : on peut en quelque sorte la pétrir dans l’eau bouillante. Soumise à la distillation, elle se décompose en donnant des huiles qui sont très inflammables.

La gutta-percha est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool et l’éther anhydres. Elle se dissout en petite quantité dans l’huile d’olive bouillante qui la dépose par le refroidissement. La benzine, le sulfure de carbone, le chloroforme et l’essence de térébenthine la dissolvent aisément à chaud. Elle résiste à l’action des dissolutions alcalines, de l’acide chlorhydrique et de l’acide fluorhydrique ; aussi peut-on conserver ce dernier acide dans des flacons de gutta-percha (M. Staedeler).

L’acide sulfurique concentré la charbonne; l’acide azotique la convertit en une matière résineuse jaune.

La gutta-percha contient, outre de petites quantités de matières étrangères, trois principes immédiats que l’on peut séparer à l'aide de l’alcool absolu et bouillant :

1° La partie non dissoute par l’alcool, et dont la proportion varie de 75 à 80 pour 100, constitue la g ut ta pure. Cette substance est blanche, opaque, élastique; fusible vers 100°, soluble dans la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone, l’essence de térébenthine, insoluble dans l’alcool et l’éther.

2° L’extrait alcoolique de gutta-percha dépose en refroidissant des cristaux mamelonnés qui, traités à froid par l’alcool, cèdent à ce dissolvant une résine ( fluavile ) jaunâtre, diaphane, cassante, plus dense que l’eau, fusible à 50°, soluble à froid dans l’éther, l’essence de térébenthine, le chloroforme, la benzine, inattaquable par les acides affaiblis et les dissolutions alcalines étendues.

3° La résine blanche [albanë) qui forme le résidu est cristallisable, Visible à 160°, très soluble dans l’alcool absolu, l’essence de térébenthine, le sulfure de carbone et le chloroforme. Elle se rapproche de la bréane par plusieurs de ses caractères. (31. Payen.)

La gutta-percha, arrivant de la Chine, n’est ordinairement employée qu’après avoir subi l’épuration suivante.

On râpe d’abord la gutta brute dans l’eau froide, qui enlève les sels solubles, la majeure partie des matières organiques et terreuses avec lesquels cette substance est toujours mélangée, puis on achève le lavage dans une série de grands bassins remplis d’eau tiède. Le résidu est ensuite maintenu à la température de 110° environ pour le réduire en une seule masse, et chasser les dernières traces d’eau qui, en s’interposant entre les molécules de gutta-percha, empêcheraient l’adhérence de ses parties et compromettraient la résistance de ses soudures.

Naphtaline.

Ainsi épurée et chauffée, ia gutta-percha est assez molle, adhésive, susceptible de s’étirer en tubes de tous diamètres, de se laminer en feuilles ou en courroies de toute épaisseur.

On en fabrique ordinairement des manches de fouet et des cravaches.

La gutta-percha s’altère spontanément, dégage une odeur piquante et devient très friable. Cette modification est souvent cause de la rupture des instruments de gutta-percha (M. Payen).

NAPHTALINE. C20H8

Historique.

Ce carbure d’hydrogène a été découvert, en 1820, par Garden, dans le goudron de houille ; sa composition a été déterminée par M. Faraday.

Depuis les beaux travaux de Laurent, la naphtaline est devenue un des corps les mieux étudiés de la chimie organique.

Propriétés.

La naphtaline cristallise en lames rhomboïdales, incolores et transparentes. Lorsqu’elle a été retirée du goudron de gaz, son odeur est forte et désagréable; elle est insoluble dans l’eau et se dissout facilement dans l’alcool et l’éther ; elle fond à 79’ et bout à 217°. Elle est combustible et brûle avec une flamme fuligineuse. Sa densité est 1,058; sa vapeur a pour densité 5,528 : elle est sans action sur les réactifs colorés.

Préparation.

La naphtaline se produit dans la distillation d’un grand nombre de corps organiques. On la trouve dans les produits de la distillation du benzoate de chaux, de la houille ; elle se forme quand on fait passer des vapeurs d’alcool ou de camphre à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge. On la prépare ordinairement en distillant le goudron de gaz :

NAPHTALINE

les premiers produits de la distillation donnent, par le refroidissement, des cristaux de naphtaline impure. On la purifie en la distillant dans une capsule que l’on recouvre d’un cône de carton ; elle se condense h la manière de l’acide benzoïque, en belles lames micacées qui se déposent contre les parois du cône.

On peut se procurer facilement de la naphtaline dans les usines à gaz, où on la trouve en quantité quelquefois très considérable dans les tuyaux de condensation. 1] suffit de la distiller une ou deux fois , et de la faire ensuite cristalliser dans l’alcool pour l’obtenir parfaitement pure.

Si l’on trouvait quelque application industrielle à la naphtaline, ce carbure d’hydrogène pourrait être livré à très bas prix au commerce.

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