‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 172 sur 300 · ÉTHER STÉARIQUE. C72H7207 = C4H50,H0,C68H · texte numérisé non relu

ÉTHER STÉARIQUE. C72H7207 = C4H50,H0,C68H

. . . . 77, là

L’éther stéarique est incolore, solide et cristallisable ; il entre en fusion à 30°. Sa composition est fort remarquable, et confirme l’équivalent de l’acide stéarique ; il a pour formule C4H50,H0,C68H6605. On voit que cet éther peut être considéré comme un stéarate dans lequel l’acide est saturé à la fois par l’éther et l’eau.

Les alcalis hydratés décomposent l’éther stéarique en alcool et en acide stéarique pur, qui conserve son point de fusion à 70°.

On obtient l’éther stéarique en faisant passer jusqu’à saturation complète un courant de gaz acide chlorhydrique dans une dissolution d’acide stéarique dans l’alcool absolu. On chauffe ensuite le mélange et on l’agite avec de l’eau chaude, qui en sépare l’éther stéarique.

Le véritable éther stéarique neutre, qui aurait pour formule (C4H50)2, C68H(,605, n’a pas été obtenu jusqu’à présent. (M. Lassaigne.)

STÉARATE DE MÉTHYLÈNE. C70ll70O7 = C2H30,IIO,C68H6605.

Il70 ....

Le stéarate de méthylène, ou éther stéarique de l’esprit de bois, est cristallin, fusible à 85° et insoluble dans l’eau. On le prépare en faisant digérer pendant une demi-heure environ 1 partie d’acide stéarique, 2 parties d’esprit de bois, et 2 parties d’acide sulfurique concentré ; il vient nager à la surface du mélange. (M. Lassaigne.)

stéarate d’amylène. G78H7807 = C10H,,O,HO,C68H66O5.

. . . . 77,7 lx

Il78

Le stéarate d’amylène, ou éther stéarique de l’huile de pomme de terre, présente l’aspect d’une masse gluante et translucide, qui est fusible à 25°, 5, très soluble dans l’alcool et l’éther bouillants.

CORPS GRAS

Cet éther, traité par une dissolution alcoolique de potasse, se dédouble en alcool amyliqueet en acide stéarique pur.

On prépare le stéarate d’amylène en saturant par le gaz acide chlorhydrique une dissolution d’acide stéarique dans l’alcool amylique.

(M. Duffy.)

COMBINAISONS DE Ia’ACIDE STÉARIQUE AVEC LA GLYCÉRINE.

L’acide stéarique pur, fusible à 70°, forme avec la glycérine trois combinaisons particulières :

La monostéarine. G41I14208 (1).

La distéarine C78H78012.

Et la tristéarine C144H110O12.

Cette dernière combinaison est identique avec la stéarine naturelle.

La monostéarine se présente en grains arrondis produits par la réunion de fines aiguilles microscopiques. Cette substance est très peu soluble dans l’éther. Elle fond à 61° et se solidifie à 60° en une masse dure et cassante comme de la cire. Elle distille sans altération dans le vide barométrique. Chauffée à l’air, elle commence à se volatiliser, puis elle se décompose en répandant l’odeur caractéristique de l’acroléine. Elle est combustible et brûle avec une flamme blanche, très éclairante.

L’oxyde de plomb saponifie la monostéarine en quelques heures à la température de 100°, et régénère l’acide stéarique et la glycérine. Le même dédoublement s’opère quand on chauffe à 100°, pendant cent six heures, la monostéarine en présence de l’acide chlorhydrique.

Dans les mêmes conditions l’acide acétique ne fait éprouver aucune altération à la monostéarine.

On prépare la monostéarine en chauffant à 200°, pendant trente-six heures, dans un tube de verre scellé à la lampe, des poids égaux de glycérine et d’acide stéarique. Ces deux corps ne paraissent pas se combiner, et forment, après le refroidissement du tube, deux couches distinctes, audessus desquelles nage la monostéarine produite.

La monostéarine ainsi obtenue renferme ordinairement de l’acide stéarique. Pour la purifier, on la maintient pendant un quart d’heure à 100° en présence d’une petite quantité d’éther et de chaux éteinte, qui forme avec l’acide stéarique en excès un sel insoluble. En traitant alors la masse par l’éther bouillant, on en extrait la monostéarine, qui se dépose à l’état cristallin par le refroidissement.

(1) Nous conservons pour tous les corps gras obtenus par M. Berthelot les formules adoptées par ce chimiste.

ACIDE MARGARIQUE.

La distéarine se présente en lamelles obliques aplaties, qui fondent à 58°, et se solidifient à 55° en une masse semblable à de la cire. Cette substance donne de l’acroléine lorsqu’on la chauffe au contact de l’air. Elle se dédouble à 1 00°, sous l’influence de l’oxyde de plomb, en acide stéarique et en glycérine.

On obtient la distéarine :

1° En chauffant à 100°, pendant cent quatorze heures, un mélange formé de parties égales de glycérine et d’acide stéarique.

2° En maintenant pendant sept heures le même mélange à la température de 275°.

3° En chauffant à 260°, pendant trois heures, 1 partie de monostéarine avec 3 parties d’acide stéarique.

k° En faisant réagir pendant vingt-deux heures, à la température de 200°, la stéarine naturelle sur un excès de glycérine.

Préparée par l’un ou l’autre de ces divers procédés, la distéarine doit, comme la monostéarine, être purifiée par l’éther et la chaux.

La tristéarine est identique avec la stéarine naturelle (M. Berthelot).

ACIDE MARGARIQUE. C34H3303,H0.

HO

Il existe une relation fort remarquable entre l’acide stéarique et margarique : si l’on double en effet la formule de l’acide margarique, elle devient C68Hb606,21I0. On voit qu’elle ne diffère que par 1 équivalent d’oxygène de l’acide stéarique C68H6605,2H0.

Propriétés.

L’acide margarique ressemble, sous beaucoup de rapports, à l’acide stéarique ; il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther ; il fond à 60°. Lorsqu’on le soumet à la distillation, il se volatilise, mais une petite partie se décompose toujours, et l’acide distillé est mêlé d’un peu de margarone.

D’après un travail récent, publié par M. Ileintz, et dont voici le résumé, l’acide margarique ne serait qu’un mélange ou une combinaison d’acide stéarique et d’acide palmitique :

î° Quand on fait cristalliser l’acide margarique à plusieurs reprises

dans l’alcool, on finit par obtenir de l’acide palmitique pur, fusible à 62°.

2° On arrive , au moyen de précipitations incomplètes par l’acétate de baryte, à dédoubler l’acide margarique en acide stéarique et en acide palmitique.

3° Enfin, si l’on fond un mélange formé de 10 parties d’acide stéarique et de 1 partie d’acide palmitique, on obtient par le refroidissement une masse cristalline qui présente l’aspect et le point de fusion de l’acide margarique, quoique les deux acides employés ne fondent qu’à une température supérieure, 62° et 70°.

Préparation.

On prépare l’acide margarique par différents procédés :

1° En traitant l’acide stéarique par l’acide azotique à 32° de Baumé, on obtient des cristaux qui, purifiés par l’alcool, peuvent être considérés comme de l’acide margarique pur.

2° En soumettant l’acide stéarique à la distillation, on obtient une masse cristalline qui contient de l’acide margarique; on purifie ordinairement cet acide en le faisant entrer dans des combinaisons salines.

3° On obtient encore l’acide margarique en précipitant par un sel de plomb un savon d’huile d’olive, qui peut être considéré comme un mélange de margarate et d’oléate alcalin : il se forme par double décomposition de l’oléate et du margarate de plomb.

En épuisant ces deux sels par l’éther, on n’enlève que l’oléate de plomb ; on retire ensuite l’acide margarique du margarate de plomb.

lx° On peut obtenir l’acide margarique par la transformation du margarate et du stéarate neutre de potasse en bisels ; on traite ensuite les deux sels acides par l’alcool, qui dissout mieux le bimargarate que le bistéarate de potasse.

MARGARATES.

L’acide margarique étant monobasique , les margarates neutres ont pour formule générale M0,C34H3303.

La composition des margarates acides est représentée par MO, (C34H3303)2.

Les margarates neutres à base d’alcali sont solubles dans une petite quantité d’eau, dans l’alcool, et peu solubles dans l’étlier. Un excès d’eau les transforme en margarates acides.

Les autres sels formés par l’acide margarique sont insolubles dans l’eau, dans l’éther, et à peu près tous dans l’alcool.

On trouvera réunis dans le tableau suivant les formules, les caractères principaux et le mode de production des margarates les plus connus :

TABLEAU INDIQUANT LES NOMS, LES FORMULES, LES CARACTÈRES PRINCIPAUX ET LE MODE DE PRODUCTION

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