HUILE DE BEN
Cette huile donne, par la saponification, de l’acide stéarique, de l’acide margarique et deux nouveaux acides fixes, X acide bénique et X acide moringique.
Vacide bénique C30H29O3,HO présente la plus grande analogie avec l’acide palmitique. 11 cristallise en mamelons volumineux, qui sont fusibles à 53°, et forme un éther bénique C4H5O,C30H29O3 soluble et cristallisable.
Vacide moringique , dont le nom est tiré de celui des semences de ben (. Moringa optera ), a pour formule C30H2703,H0. Il est liquide, incolore ou jaunâtre, d’une saveur et d’une odeur peu sensibles. Il cristallise quand on l’expose à la température de 0", et se colore en rouge foncé par le contact de l’acide sulfurique. (M. Walter.)
D’après M. Voelcker, l’huile de ben qu’on trouve dans le commerce de la droguerie, et qui est extraite des noix du Moringa oleifera , donnerait, par la saponification, de l’acide margarique, de l’acide oléique et deux acides gras solides différents des acides bénique et moringique.
HUILE DE RICIN
Cette huile, qui est employée en médecine comme purgatif, est extraite des semences du Iikinus commuais ; elle est d'une consistance épaisse, d’une couleur jaunâtre, d’une saveur fade, qui devient âcre lorsque
CORPS GRAS
l’huile a ranci ; elle se congèle à — 18\ Sa densité à 12° est 0,969. Elle se distingue des autres huiles par sa grande solubilité dans l’alcool et l’éther.
L’action des alcalis caustiques sur l’huile de ricin donne naissance à de la glycérine et à trois acides gras : Y acide margaritique , Y acide riciniqve et Yacide oléoricinique ou élaïodique (Bussy et Lecanu).
L’ammoniaque convertit l’huile de ricin en ricinolamide C38H35Az04
Lorsqu’on distille l’huile de ricin avec une dissolution de potasse, il passe dans le récipient de l’alcool caprylique, tandis qu’il reste dans la cornue du sébacate de potasse (M. Bouis).
L’huile de ricin, traitée par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, donne de l’acide œnanthilique et du valérol (M. Arzbaecher).
D’après M. Saalmuller, l’huile de ricin contient un acide solide, Yacide ricinoléique C38H3505,H0, qui fond à 7â° et se rapproche, par sa composition, de l’acide palmitique. La partie liquide contient un acide d’une densité égale à 0,9â , solide à — 10°, huileux à la température ordinaire, jaunâtre, sans odeur, d’une saveur âcre et persistante.
M. Saalmuller a obtenu Y éther ricinoléique et plusieurs ricinoléates.
L’huile de ricin, soumise à la distillation, se décompose vers 270° et donne naissance à divers produits volatils parmi lesquels se trouvent les acides rieinique, élaïodique, œnanthvlique, une petite quantité d’acroléine et une proportion considérable d’une substance particulière que M. Bussy a décrite sous le nom d 'œnanthol.
L’œnanthol peut être séparé, par des distillations réitérées, des acides qui l’accompagnent, et purifié par une rectification sur du chlorure de calcium .
Ce corps a pour formule Cl4H1402 ; il est incolore, très fluide, d’une odeur aromatique pénétrante assez agréable ; sa sa veur est sucrée d’abord, puis âcre et pénétrante ; il est à peine soluble dans l’eau, mais il se dissout en proportion considérable dans l’alcool et l’éther. 11 bout entre 155° et 160", en subissant toutefois une décomposition partielle, et forme avec l’eau un hydrate cristallisé C14H1402,H0.
L’oxygène et l’air le transforment avec une extrême rapidité, même à la température ordinaire, en acide œnanthvlique :
Œnanthol. Acide œnanfhylique.
Les divers agents d’oxydation opèrent facilement la transformation de l’œnanthol en acide œnanthylique. La potasse en fusion produit, avec l’ œnanthol, un dégagement d’hydrogène et de l’œnanthylate de potasse: C,4H1402 + KO, HO = K0,C14H1303 + H2.
AClDfc GENANTH. VL1QUE . 421
L’œnanthol réduit, comme l’aldéhyde, les sels d’argent ; les vases dans lesquels a lieu cette réaction se trouvent argentés.
L’œnanthol absorbe rapidement le chlore, produit de l’acide chlorhydrique et un corps analogue au chloral, qui a pour formule C14H11G1302.
L’acide azotique étendu et froid transforme l’œnanthol en une substance isomérique, inodore, cristallisable et fusible à 12°, nommée metœnanthol.
L’œnanthol se forme en petite quantité , lorsqu’on traite par l’acide azotique les acides stéarique et margarique ; mais il est alors mélangé à de l’acide œnanthylique résultant de l’oxydation de l’œnanthol.
(M. Bussy.)
L’acide azotique produit encore , en réagissant sur l’œnanthol , de l’acide caproïque, de l’acide oxalique et du nitrcicol , matière huileuse découverte par M. Redtenbaeher dans les produits de l’oxydation de l’acide choloïdique.
Lorsqu’on chauffe pendant vingt-quatre heures, en vase clos, à une température de 120°, l’œnanthol avec cinq ou six fois son poids de potasse concentrée , on en sépare une huile volatile que l’on considère comme un hydruve d’œnanthyle G14Hl40. Ce composé est facilement transformé en acide œnanthylique par l’acide azotique ou par la potasse en fusion. (M. Tilley.)
11 se forme en outre dans cette réaction de l’acide œnanthylique qui reste combiné avec la potasse. (M. Williamson.)
Les bisulfites alcalins produisent avec Lœnanthol des combinaisons cristallisables. Cette propriété peut servir dans la purification de l’œiianthol. Si, après avoir agité avec du carbonate de potasse les produits bruts de la distillation de l’huile de ricin , on chauffe le mélange , on décante la liqueur oléagineuse qui se sépare, et on la fait digérer à 'une douce chaleur avec une dissolution de bisulfite de soude, l’œnanthol se dissout, tandis que les substances étrangères restent insolubles, et peuvent être enlevées par décantation. La combinaison d’œnanthol et de bisulfite de soude cristallise par le refroidissement. En la décomposant à chaud par l’acide sulfurique étendu, on en sépare l’œnanthol (M. Bertagnini).
ACIDE OENANTHYL1QUE. Cl4H1303,tJ0.
le ricin, traitée y
>ar l’acide azotique.
donne naissance
CORPS GRAS
'ri *2
l’acide subérique. à de l’acide oxalique, et surtout à de l’acide œnanthylique.
L’acide œnanthylique est liquide, d’une odeur aromatique agréable, d’une saveur sucrée et piquante. L’eau n’en dissout que des traces ; il est soluble dans l’alcool, l’étlier et l’acide azotique. Soumis à l’action de la chaleur, il distille vers lû8°, mais une partie s’altère constamment et donne des produits empyreumatiqués.
L’acide œnanthylique ne se solidifie pas sous l’influence d’un abaissement de température de — 15° à — 20°. Il brûle avec une flamme claire et fuligineuse. Cet acide présente avec l’acide œnanthique une certaine analogie de composition et de propriétés. 11 ne diffère de l’acide œnanthique que par 1 équivalent d’oxygène : *
CU1J1303,H0 Acide œnanthylique.
C14H1302,fl0 Acide œnanthique.
Les œnanthylates ont pour formule générale M0,C14H1303. Le sel de potasse est incristallisable : sa dissolution concentrée produit une gelée épaisse et transparente. Il donne de l’acide œnanthylique anhydre lorsqu’on le distille avec de l’oxychlorure de phosphore.
L’acide œnanthylique anhydre est oléagineux, d’une odeur analogue à celle de l’acide caprylique anhydre. Sa densité, prise à 11°, est égale à 0,92. Il se change en œnanthylamide Cl4H15AzÜ2 sous l’influence du gaz ammoniac. (MM. Chiozza et Malerba).
Les œnanthylates de baryte et de strontiane se présentent en paillettes nacrées et brillantes.
L’œnanthylate de cuivre est soluble dans l’alcool, très peu soluble dans l’eau ; il cristallise en aiguilles d’un beau vert.
L’œnanthylate de plomb est aussi cristallisable. Le sel d’argent est blanc, insoluble, on peut l’obtenir par double décomposition.
Pour obtenir l’acide œnanthylique, on chauffe dans un appareil distillatoire de verre 1 partie d’huile de ricin avec 2 parties d’acide azotique étendu du double de son volume d’eau. Il se manifeste une vive réaction. Après plusieurs heures cl’ébullition, on traite par l’eau les produits distillés qui contiennent de l’acide œnanthylique, de l’acide azotique et de l’acide hypo- azotique. On voit nager à la surface de la liqueur une substance huileuse qu’on distille de nouveau avec de l’eau. On la dessèche en dernier lieu au moyen de l’acide phosphorique fondu. L’acide œnanthylique est alors pur et anhydre et se sépare facilement de l’acide phosphorique qui a servi à le dessécher.
HUILE DE PALME
ÉTHER OENAÏVTHYL1QUE. C41150,C14H1303.
Cet éther est très mobile, plus léger que l’eau, d’une odeur agréable, qui diffère peu de celle de la nitrobenzine. Il est soluble dans l’alcool, l’esprit de bois et l’éther. Il cristallise confusément sous l’influence d’un Iroid de — 15° à — 20°.
L’éther œnanthylique se volatilise sans altération. On peut l’obtenir anhydre, en le distillant sur du chlorure de calcium, dans un courant d’acide carbonique.
Le procédé général de préparation des éthers que nous avons indiqué, et qui consiste à diriger un courant de gaz chlorhydrique dans la dissolution alcoolique de l’acide qu’on veut éthéri lier, est applicable à l’éther œnanthylique.
PALMINE. — ACIDE PALMIQUE. C34H3203,1I0.
HO
L’huile de ricin , traitée à froid par l’acide hypo-azotique , l’acide azotique ou l’acide sulfureux, donne naissance à une matière neutre, la palmine (M. F. Boudet).
La palmine, amenée à l’état de pureté par la pression et les dissolvants, est blanche, insipide, fusible à 53°, insoluble dans l’eau, soluble à 30° dans le double de son poids d’alcool, très soluble dans l’éther. La saponification peut changer la palmine en glycérine et en un acide particulier, V acide pal mi que, qu’on obtient aussi en traitant à chaud l’huile de palme par l’acide azotique pur, ou par l’acide hypo-azotique.
L’acide palmique , purifié par des cristallisations successives dans l’alcool, fond à 44°. 11 laisse après le refroidissement une masse de cristaux groupés en étoiles.
V éther palmique C4H50,C34H3205 forme des cristaux fusibles à 16", 5, presque insolubles dans l’eau et très solubles dans l’alcool. On l’obtient comme la plupart des éthers gras, en saturant de gaz acide chlorhydrique une dissolution alcoolique d’acide palmique.
HUILE DE PALME
Cette huile est retirée par expression des amandes d u fruit d’une espèce de palmier qui croit principalement en Guinée et au Sénégal.
L’huile de palme fond à 29°; elle a une odeur agréable, une couleur
CORPS OR AS
jaune ; on la décolore en la soumettant à l’action combinée de l’air, de l’eau et d’une température d’environ 100°.
L’huile de palme est principalement formée par une matière neutre, fusible à 50°, la palmitine , que les alcalis hydratés transforment en glycérine et en acide palmitique. Cette substance est mêlée dans l’huile de palme avec une matière colorante jaune et un ferment qui transforme peu à peu la palmitine en glycérine et en acide palmitique. L’huile de palme récente ne contient que de très faibles quantités d’acides gras libres, mais elle s’acidifie peu à peu et subit une véritable saponification spontanée. Son point de fusion s’élève alors, et elle peut contenir avec le temps jusqu’aux quatre cinquièmes de son poids d’acide libre (Boudet et Pelouze).
L’huile de palme est l’objet d’un commerce considérable, surtout en Angleterre, où l’on emploie annuellement une vingtaine de millions de kilogrammes de cette huile à la fabrication des savons et des bougies. Après l’avoir décolorée, on peut en séparer, par une pression convenablement ménagée, une huile liquide et une substance solide , fusible entre ù5° et ù9° (palmitine presque pure), avec laquelle on fait directement des bougies. L’huile fluide et l’huile dans son état naturel servent à fabriquer des savons.
PALMITINE.
* La palmitine est cristallisable, peu soluble dans l’alcool et soluble en toutes proportions dans l’éther. Elle présente trois points de fusion différents, 46°, 61°, 7, 62°, 8, qui correspondent, comme ceux de la stéarine, à trois modifications physiques distinctes (M. Dufty). Elle se solidifie à h 5°, 5.
La palmitine se rencontre non-seulement dans l’huile de palme (Fremy), mais encore dans la cire du Japon (Sthamer), dans la graisse humaine (Heintz) et dans les grains de café (Rochleder).
Pour retirer la palmitine de l’huile de palme, il faut exprimer cette huile, laver le résidu avec de l’alcool bouillant , et le purifier par des cristallisations successives dans l’éther.
On produit artificiellement la palmitine en combinant directement l’acide palmitique avec la glycérine (M. Berthelot).
PALMITATES.
ACIDE PALMITIQUE. G32H3,03,H0.
HO
Cet acide a été découvert il y a quelques années dans le savon d’huile de palme, dont il constitue la plus grande partie (Frein y). Il est identique avec l’acide éthalique, et très probablement aussi avec l’acide qui prend naissance quand on traite par la potasse fondue plusieurs corps gras, et particulièrement les acides oléique et élaïdique.
L’acide palmitique pur fond à 58°. La distillation l’altère légèrement; elle abaisse son point de fusion, mais on retrouve la plus grande partie de cet acide en le faisant cristalliser dans l’alcool.
L’acide palmitique se dépose, d’une dissolution alcoolique, en paillettes brillantes qui ressemblent à celles produites par l’acide margarique. Le chlore l’altère en formant de l’acide chlorhydrique et divers acides gras chlorés. L’acide palmitique impur, tel qu’on l’obtient directement en décomposant le savon d’huile de palme par un acide , contient , indépendamment de l’acide palmitique et d’un acide liquide, un nouvel acide volatil, fusible à 51°, complètement inaltérable par l’acide azotique, et qui a pour formule C3lH3003, HO. La composition de cet acide [acide palmitonique) a été confirmée par les analyses de plusieurs sels et de l’éther palmitonique (M. Schwartz).
Lorsqu’on expose pendant longtemps au contact de l’air l’acide palmitique à une température de 250“ à 300", 1 équivalent de carbone et 1 équivalent d’hydrogène se dégagent à l’état d’acide carbonique et d’eau, et il se produit de l’acide palmitonique :
G32H3204 4- O3 = GO2 -j- HO + G3,H3l04.
Acide palmitique. Acide palmitonique.
( M. Schwartz.)
On prépare l’acide palmitique en décomposant par l’acide chlorhydrique le savon d’huile de palme. L’acide palmitique, ainsi obtenu, doit être purifié par des cristallisations successives dans l’alcool.
PALMITATES.
L’acide palmitique étant monobasique, les pal mitâtes neutres ont pour formule générale M0,G3“H3l03.
CORPS GRAS
Excepté les palmitates de potasse, de soude et d’ammoniaque, tous les sels tonnés par l’acicle palmitique sont insolubles dans l’eau.
Les palmitates à base d’alcali se préparent directement en saturant l’acide palmitique par la potasse, la soude ou l’ammoniaque. Les autres palmitates se produisent par double décomposition.
Paimitate de potasse. K0,C32H3l03. — Ce sel est blanc, cristallisable, fusible, soluble dans une petite quantité d’eau, dans l’alcool, et insoluble dans l’éther. Un excès d’eau le décompose facilement.
Paimitate de soude. Na0,C32H3103. — Le paimitate de soude est blanc, soluble dans l’alcool et dans une petite quantité d’eau.
Les palmitates de baryte et de magnésie sont blancs et insolubles.
Paimitate de cuivre. Cu0,C32H3103. — Ce sel est pulvérulent, d’un bleu verdâtre, fusible et facilement décomposable par l’action de la chaleur.
Paimitate de plomb. Pb(),C32H3l03. — Le paimitate de plomb est blanc, cristallin, fusible vers 115°.
Paimitate d’argent. Ag0X32H3103. — Ce sel est blanc et amorphe ; la lumière l’altère difficilement.
ÉTHER PALMITIQUE. C36H3604 = C4H50,C32H3l03.
L’éther palmitique est solide, cristallisable, fusible à 2â°,2, soluble dans l’alcool. On l’obtient en faisant passer un courant de gaz acide chlorhydrique à travers une dissolution saturée d’acide palmitique dans l’alcool. (Fremy.)
PALMITATE IVAMYLÈNE. C42H4204 = C^H1 ,0,G32H31 03.
Zi075,00
Le paimitate d’amylène, ou éther palmitique de l’alcool amylique, est solide, très mou et fusible à 13°, 5. On le prépare comme l’éther palmitique de l’alcool ordinaire. (M. Duffy.)
BEURRE OU HUILE DE COCO
COMBINAISONS DE L’ACIDE PALMITIQUE AVEC LA GIY CÉBINE ,
L’acide palmitique forme avec la glycérine trois combinaisons particulières :
La monopalmitine C38II38Q8.
La dipalmitine G7ôH70O12.
Et la tripalmitine C102H98O12.
La monopalmitine cristallise eu prismes incolores groupés autour d’un centre commun. Cette substance fond à 58û et distille sans altération dans le vide barométrique ; elle donne de l’acroléine lorsqu’on la chauffe au contact de l’air. Elle se dissout facilement dans l’éther.
L’oxyde de plomb dédouble à 100° la monopalmitine en glycérine et en acide palmitique.
On obtient la monopalmitine en chauffant pendant vingt-quatre heures à 200° un mélange formé de glycérine et d’acide palmitique.
La dipalmitine se présente sous l’aspect de tables ou d’aiguilles incolores, qui sont fusibles à 59°, se décomposent en donnant de i’acroléine quand on les chauffe au contact de l’air, et brûlent ensuite sans laisser de résidu. L’oxyde de plomb Ja saponifie rapidement à 100°.
On la produit en chauffant à 100°, pendant cent quatorze heures, un mélange de glycérine et d'acide palmitique.
La tripalmitine est solide, fusible à 60°, solidifiable à 46°. Elle se décompose, sous l’influence de l’oxyde de plomb, en glycérine et en acide palmitique. On l’obtient en maintenant, pendant cent vingt-huit heures, à 250° un mélange formé de 1 partie en poids de monopalmitine et de 10 parties d’acide palmitique.
La tripalmitine est isomérique avec la palmitine naturelle.
(M. Berthelot.)
BEURRE OU HUILE DE COCO
On extrait cette huile de la noix de coco. C’est une des matières grasses naturelles les plus complexes. On en retire, par la saponification, de la glycérine et six acides différents, circonstance qui semble indiquer, dans le beurre de coco, l’existence de six principes immédiats neutres.
Le beurre de coco est blanc ou légèrement coloré en jaune ; il fond entre 15° et 20". il rancit facilement, et son odeur, d’abord très faible, devient désagréable et rappelle celle du fromage fort.
Les acides qu’on peut retirer du savon de beurre de coco, en le décomposant par un léger excès d’acide sulfurique, sont Ses suivants ;
CÜKl’S G K AS.
L’acide caproïque C‘2EI1204
L’acide caprylique C16H1604
L’acide caprique C20H20O4
L’acide laurostéarique C2iH2404
L’acide myristique C28H2804
L’acide palmitique C32113204
La présence de l’acide sébacique dans les produits de la distillation des acides du beurre de coco semble démontrer la présence de l’oléine dans le beurre de coco (M. Saint-Evre).
LAUROSTÉARINE.
Cette substance a été extraite des baies de laurier, par M. Marston. Elle est contenue aussi dans le beurre de cacao et dans les fèves de pichurim.
La laurostéarine forme des aiguilles blanches, d’un éclat soyeux, fusibles vers l\L i°, peu solubles à froid dans l’alcool, assez solubles à chaud dans le même dissolvant, et très solubles dans l’éther.
La laurostéarine, soumise à la distillation, donne de l’acroléine. Elle se dédouble, sous l’influence des alcalis, en glycérine et en acide lauro stéarique.
Pour retirer la laurostéarine des baies de laurier, on épuise ces baies par l’alcool bouillant. L’extrait alcoolique, filtré à chaud, dépose en se refroidissant des cristaux de laurostéarine impure. Cette substance est fondue au bain-marie, filtrée pour la séparer d’une matière résineuse, et soumise ensuite à des cristallisations répétées dans l’alcool. On l’obtient ainsi dans un état de pureté absolue.
ACIDE LAURIOl’E OU LAUROSTÉARIQUE. C24H2303,H0.
HO
Cet acide est cristallisable, d’une densité égale à 0,883, Il entre en fusion vers &3° et se dissout facilement dans l’alcool et l’éther.
L’acide laurostéarique , uni à la glycérine anhydre ( laurostéarine ), constitue la partie la plus considérable du beurre de coco. On le trouve aussi dans l’huile de laurier et dans les fèves de pichurim (M. Marston).
Pour obtenir l’acide laurostéarique, on traite la laurostéarine par une dissolution de potasse. Le savon ainsi produit est précipité par
ACIDE MYRISTIQUE. 429
le sel marin, dissous dans l’eau et décomposé à chaud par l'acide tartrique.
Les laurostéarates sont peu connus.
Y? éther* laurostéarique C4H50,C24H2303 ressemble à une huile; il a une saveur fade et une odeur de fruit. Sa densité est 0,65 à 20°. Il cristallise à — 10° et distille sans altération vers 26/i°. Cet éther se prépare en faisant passer un courant de gaz acide chlorhydrique dans une dissolution alcoolique d’acide laurostéarique. On ajoute de l’eau à la liqueur ; l’éther s’en sépare ; on le lave d’abord avec de l’eau légèrement alcaline, puis avec de l’eau pure, et on le dessèche sur du chlorure de calcium.
BEURRE OU HUILE DE MUSCADE
Cette huile, qui ressemble à du suif, s’extrait par expression des noix de muscade. Elle est formée d’une matière solide, blanche, et d’une matière liquide, jaune, indéterminée: elle contient une faible quantité d’une huile volatile qui lui communique l’odeur agréable de la muscade.
A l’aide de la compression dans du papier non collé, de dissolutions et de cristallisations réitérées dans l’éther, on extrait de l’huile de muscade une matière solide, la myristine.
MYRISTINE.
La myristine est cristallisable , insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther bouillants. Elle fond à 31° et s’altère par la distillation.
Les alcalis hydratés convertissent la myristine en glycérine et en acide myristique . La même transformation s’opère lorsqu’on fait digérer au bain-marie la myristine avec une dissolution de sous-acétate de plomb.
(M. Playfair.)
ACIDE MYRISTIQUE. C28H2703,H0.
. . . . ll,8/i
HO
Cet acide forme des cristaux blancs, soyeux, insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool froid, très solubles dans ce liquide bouillant, fusibles à /i3°. Ils ne peuvent être distillés sans éprouver une altération partielle.
On obtient l’acide myristique en saponifiant la myristine par la potasse, et en décomposant à chaud le savon de myristine par l’acide
UO
chlorhydrique. L’acide myristique se sépare sous la forme d’une huile incolore, qui se prend par le refroidissement en une masse cristalline. On le lave avec de l’eau bouillante pour enlever l’acide chlorhydrique dont il est imprégné.
Les myristates ont pour formule M0,C28H2703.
Le sel de potasse est cristallin, très soluble dans l’eau, dans l’alcool, et insoluble dans l’éther. Pour l’obtenir, on chauffe l’acide myristique avec une dissolution concentrée de carbonate de potasse, on évapore la liqueur à sec et l’on reprend le résidu par l’alcool.
Le myristate de potasse, traité à une douce chaleur par l’oxychlorure de phosphore, donne de l’acide myristique anhydre C28H27 03, qui présente l’aspect d'une masse solide, offrant quelques traces de cristallisation (MM. Chiozza et Malerba).
Les myristates de baryte et de choux sont des précipités blancs, fort peu solubles dans l’eau et l’alcool. Le sel de chaux, soumis à la distillation, donne la myristone G54H5402?, matière cristalline, incolore, inodore et fusible à 75° (M. Overbeck).
Le myristate d'argent est blanc, cristal iisable. insoluble dans l’eau et très soluble dans l’ammoniaque.
L’éther myristique C4H50,C28H2703 est liquide, huileux, transparent, faiblement coloré en jaune , d’une densité égale à 0,86^. Il est très soluble à chaud dans l’alcool et dans l'éther. On le prépare en faisant passer du gaz acide chlorhydrique à travers une dissolution alcoolique d’acide myristique, et eu versant dans le mélange de l’eau qui en sépare l’éther myristique.